Prise de terre

L'émission du 27 février 2016

Climatosceptiques: entre doutes déraisonnables et manipulation (1/2)

Imposture, mensonge, escroquerie! Voilà ce que serait le réchauffement climatique selon ses rares détracteurs. Malgré les preuves accumulées, le mouvement climatosceptique continue de nier l’évidence: la planète se réchauffe et l’homme en est le principal responsable.

Qui sont-ils? Quelles sont leurs motivations? Comment est né et s’est propagé ce mouvement?
Dossier en 2 volets sur des "semeurs de doutes" que le journaliste enquêteur du "Monde" Stéphane Foucart qualifie de "populistes du climat".

Né aux USA à la fin des années 80, le mouvement climatosceptique s’est répandu en quelques années comme un virus dans la blogosphère d’abord, puis dans les médias, pour atteindre finalement un pic au tournant des années 2010.

Aujourd’hui, le mouvement semble s’essouffler en Europe, mais reste très actif aux Etats-Unis notamment au sein du parti Républicain. Or, alors que se jouent en ce moment les primaires américaines, l’enjeu est de taille: si les Etats-Unis, premiers émetteurs au monde de gaz à effet de serre doivent encore signer l’Accord de Paris. En cas de victoire des Républicains, rien de ne dit qu’il le sera.

"Prise de Terre" consacre un vaste dossier en 2 parties au mouvement climatosceptique. Ses origines, sa rhétorique, ses objectifs, son idéologie, ses financements.

Dans cette première partie, Bastien Confino a rencontré et écouté les arguments de 2 climatosceptiques déclarés: Benoit Rittaud, mathématicien, maître de conférence Université Paris XIII, et Michel de Rougemont, consultant en entreprise dans la chimie et l’agriculture.

En studio, la climatologue du WSL Martine Rebetez et le journaliste enquêteur Stéphane Foucart, spécialiste du mouvement climatosceptique, analysent et débusquent les approximation et/ou les contre-vérités de leur argumentaire.

Au-delà de la question de la crédibilité scientifique, la pensée climatosceptique soulève une question de fond: celle de la liberté de parole. Bâillonner la parole climatosceptique, est-ce le meilleur moyen d’en combattre les idées?

Claire Nouvian, abbesse des abysses

Ancienne journaliste et réalisatrice de films animaliers, Claire Nouvian se bat depuis plus de 12 ans contre l’exploitation des grands fonds marins.

Lucile Solari l’a rencontrée à l’occasion de l’exposition dont elle est la commissaire "Abysses" au Musée d’Histoire Naturelle de Neuchâtel du 21 février au 14 août 2016.

Au début des années 2000, Claire Nouvian, alors jeune journaliste visite l’aquarium de Monterey en Californie pour y voir un film sur les abysses: c’est le coup de foudre. C’est aussi le début d’un long et acharné combat en faveur de la protection de cet environnement méconnu mais extrêmement riche en biodiversité et pourtant déjà menacé par l’exploitation minière et la pêche en eau profonde.

En 2004, elle  réalise "Expédition dans les abysses", un documentaire scientifique de 52 minutes sur les grandes profondeurs marines. La même année, elle fonde l’association Bloom qui a vocation à relayer son combat au moyen de l’éducation et de la sensibilisation du grand public.

En 2006, son livre "Abysses" est traduit en 10 langues et reçoit de nombreux prix. Dans la foulée de ce succès, Claire Nouvian monte l’exposition éponyme qui depuis, voyage dans de nombreux pays. L’exposition s’arrête cette année au Musée d’Histoire Naturelle de Neuchâtel jusqu’au 14 août.