Hautes fréquences

L'émission du 1 juin 2014

Le printemps de l'Église d'Angleterre

Depuis dix ans, l'Église anglicane britannique connaît un étonnant phénomène de développement: des microéglises naissent sur tout son territoire.

Les spécialistes estiment que 2'000 de ces nouveaux groupes sont actifs et que le phénomène appelé "fresh expressions of Church" est en progression.

Rompant avec les paroisses traditionnelles, ces "fresh expressions" font preuve d'une grande diversité. Elles s'adressent à des groupes définis: familles, jeunes, défavorisés, skaters, etc. De nouvelles formes religieuses s'élaborent: des cultes dans des bars ou des cafés, des groupes qui se retrouvent dans des domiciles privés, des formes de présence dans des lieux publics.

Préoccupée par son avenir, l'Église anglicane d'Angleterre accueille très favorablement la créativité qui émerge. Elle forme des "ministères pionniers", à savoir des prêtres spécialisés dans l'implantation d'Églises, et se penche avec attention sur l'évolution de ces groupes. Bev Botting, responsable des statistiques de la Church of England confirme qu'à partir de l'étude de ces groupes, l'Église d'Angleterre cherche à mieux profiler son offre spirituelle et sociale.

Pour" Hautes fréquences", Jean-Christophe Emery s'est rendu à Londres pour y rencontrer l'une de ces "fresh expressions".

Depuis sept ans, un stand est dressé tous les dimanches dans un marché de rue dans un quartier périphérique du nord de la capitale. À la tête de cette microéglise d'une trentaine de personnes, Frances Shoemaker, une prêtre de l'Église d'anglicane. En quelques années, elle est devenue la figure de proue des sans-abri ou des toxicomanes qui forment l'essentiel de sa communauté locale.

Les analyses du Dr George Lings, spécialiste de ces groupes, situent le phénomène dans son histoire récente. Dans une démonstration de pragmatisme anglo-saxon, il décrit les liens entre la vénérable Église de Sa Majesté et ces nouvelles offres qui déménagent.

Musulmans vaudois en quête de reconnaissance

Mardi 27 mai 2014, l'Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM), a présenté ses objectifs pour la prochaine décennie. Une reconnaissance par l'État en fait partie.

La faîtière des musulmans vaudois, créée en 2004, a dressé la liste des chantiers où elle entend s'investir. La création de "carrés musulmans" dans les cimetières en fait partie.

"L'UVAM estime que son éventuelle reconnaissance d'intérêt public dans le canton de Vaud serait bénéfique pour toute la société. Elle contribuerait non seulement à une meilleure perception des musulmans et de leur religion par cet acte de "normalisation", mais aussi à soutenir les efforts d'intégration".

Cet extrait, tiré du document que l'Union vaudoise des associations musulmanes a rendu public cette semaine, rappelle l'une des ambitions centrales de cette fédération créée il y a 10 ans par quelques centres islamiques du canton.

Si elle est agréée par le parlement vaudois, cette demande placerait la communauté musulmane sur le même pied que la communauté juive vaudoise. À ce jour, aucune communauté musulmane cantonale ne bénéficie en Suisse d'un tel statut.

Mais le document détaille aussi un certain nombre de chantiers que l'UVAM estime prioritaires, comme la mise sur pied d'une solution d'ensevelissement "selon les rites et coutumes spécifiques" de la communauté musulmane: "un carré musulman de taille appropriée dans les cimetières existants ne devrait poser aucun problème", estime-t-elle.

Fabien Hünenberger revient sur les points centraux de cette feuille de route des musulmans vaudois en compagnie de Pascal Gemperli, président de l'UVAM.

Il y a 50 ans, la Minute Œcuménique (5/8)

La chronique radiophonique la "Minute Œcuménique" a accompagné le réveil des Romands durant de longues années.

Née de l'Exposition Nationale de 64, elle a rendu populaire le terme "œcuménique" en Suisse Romande.

Durant toute l'Exposition nationale de 64 à Lausanne, les visiteurs comme les auditeurs de la radio romande, peuvent entendre prêtres et pasteurs se relayer, à midi pile, pour une courte réflexion existentielle et spirituelle en dehors du carcan confessionnel. C'est le début de la "Minute Œcuménique".

Réclamée par les auditeurs à la fin de l'Expo, elle va perdurer sur les ondes dans le "Journal du matin". Une minute pour dire une parole qui ne fâche ni les catholiques, ni les protestants, mais qui donne une touche d'espérance aux Romands pour toute leur journée. Ella va accompagner et favoriser le rapprochement entre protestants et catholiques qui se connaissaient fort peu jusqu'ici.

Au fil du temps et de l'évolution du paysage religieux, cette chronique a beaucoup évolué. Aujourd'hui encore, elle peut se vanter, même si c'est dans un tout autre genre, d'avoir une petite fille, la chronique "Juste ciel", qui donne un éclairage de l'actualité religieuse à 6h27 sur la Première.

"Hautes fréquences" vous propose d'ici fin juin de réentendre quelques chroniques de la "Minute Œcuménique" avec le souvenir et l'expertise d'André Kolly, Michel Kocher, journalistes pour RTS religion, et Francis Python, historien.

Une série de chroniques proposées par Evelyne Oberson