Hautes fréquences

L'émission du 9 décembre 2012

Je vous lègue ma Shoah

A 85 ans, la rescapée Magda Hollander Lafon parle pour placer les humains face à leurs responsabilités.

Présente en Suisse à l’une de ses conférences, une fille d’officier de l’armée allemande lui fait écho.

Magda Hollander Lafon, 85 ans, est d’origine hongroise. Après 30 ans de silence, elle a publié un premier livre en 1977 sur sa déportation à Auschwitz en 1944. Elle prolonge ce premier récit dans le titre qu’elle vient de signer aux Éditions Albin Michel et qui s’intitule « Quatre petits bouts de pain » ; elle y fait référence au geste d’une mourante qui, dans le camp d’extermination, lui a donné quatre petits bouts de pain moisis pour qu’elle vive et puisse témoigner un jour. Le sous-titre « Des ténèbres à la joie » donne quant à lui le ton du message qu’elle souhaite laisser et qui consiste à « transformer cette mémoire de mort en appel à la vie ».

De passage en Suisse le mois dernier, elle a témoigné de son vécu dans les camps de la mort. Dans le public du centre Crêt-Bérard à Puidoux (VD), Annegret Vattrodt, 68 ans, était présente. Cette Allemande essaie de gérer le passé de sa famille impliquée dans la Shoah. Les deux femmes ont accepté d’évoquer leur rencontre au micro de Gabrielle Desarzens.

« Racontez ! Ecrivez ! » Septante ans après la Conférence de Wannsee qui a mis au point ce qui s'est appelé la Solution finale, des victimes prennent ainsi encore la parole, suivant cette interpellation qu’a lancée Simon Doubnov du ghetto de Riga, juste avant d’être assassiné en décembre 1944.

Mais comment la mémoire survivra-t-elle une fois les derniers témoins de la Deuxième Guerre mondiale disparus ? Pour le savoir,  Gabrielle Desarzens a également interrogé la Française Annette Wieviorka, directrice de recherche au CNRS.

NB: La série d'émissions consacrées à Magda Lafon sera rediffusée dans "A vue d'esprit" du 17 au 21 décembre 2012.

Cachez ce mendiant que je ne saurai voir

Les réformés vaudois se trouvent empruntés sur le projet de législation de la mendicité. Faut-il l’interdire, la délimiter, l’autoriser sous condition?

Leur dilemme pose à toutes les Églises la question des limites de la charité. Hautes fréquences reçoit un invité pour en débattre.

L’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) rejette aujourd’hui tant le contreprojet que l’initiative visant l’interdiction de la mendicité. D’abord opposée à l’initiative du Parti libéral-radical (PLR), jugée humainement dégradante, elle avait annoncé soutenir avec des réserves le contre-projet déposé par la municipalité de gauche. Ces réserves ont pour finir eu raison de ce soutien, car s’il ne condamnait a priori pas la mendicité, le contre-projet vise lui aussi à interdire le fait d’interpeller les passants ou les prendre à partie pour recevoir un peu d’argent.

Pour étayer ses positions, l’EERV se fonde sur les réflexions du groupe de travail « Église et mendicité », qui réunit des pasteurs actifs dans l’accompagnement des personnes en situation de précarité. Elle veut considérer la question de la mendicité dans le contexte de la grande pauvreté. Les personnes concernées sont pour une partie Roms, mais aussi suisses. Et pour ce groupe de réflexion, il paraît dommageable pour une personne dans le besoin de lui demander de rester uniquement passif ou de la contraindre au silence.

"Hautes fréquences" revient sur les enjeux de ce débat avec
Laurent Zumstein, pasteur, coordinateur du service solidarité de l’EERVl pour
comprendre le malaise que la mendicité suscite et comprendre comment une
Église, pour qui la notion de charité compte, tient compte de toutes ces
questions.

La religiographie de Jean-François Mayer 3/6

Jean-François Mayer, historien des religions et animateur du site religioscope.org, porte son regard acéré et son verbe précis sur le fait religieux au près comme au loin, hier comme aujourd'hui.

Episode 3: Zoom sur le paysage religieux.