Versus

L'émission du 16 juin 2017

Les lumières en Suisse romande

Spécialiste du XVIIIe siècle littéraire dans lʹespace de la "Suisse romande" sous lʹAncien Régime, François Rosset réhabilite un territoire culturel qui a longtemps passé pour une "terra incognita" au cœur de lʹEurope, un désert de lʹexpression poétique ou romanesque, à part deux ou trois exceptions. Or, le terreau romand, si éloigné de la culture de cour et du centrisme français, nourri par surcroît de pratiques républicaines propres aux communautés restreintes, a favorisé une littérature spécifique proprement "décentrée". On songe à Rousseau bien sûr et sa détestation de la culture monarchique, mais aussi à lʹaudace dʹune Isabelle de Charrière, au couple formé par Germaine de Staël et Benjamin Constant, au rayon des expérimentations littéraires et politiques. Ces noms qui ont échappé à lʹoubli en croisent beaucoup dʹautres dans la nébuleuse romande, du pied du Jura vaudois à Soleure en passant par Lausanne: un goût partagé pour le développement des idées, des connaissances; une sociabilité qui œuvrait de concert pour établir les libertés, grande conquête des Lumières, combat jamais vraiment gagné, comme nous le rappelle François Rosset dans son essai.
Avec, en direct, François Rosset, Professeur de littérature française à lʹUniversité de Lausanne, et auteur de "L'enclos des Lumières - Essai sur la culture littéraire en Suisse romande au XVIIIe siècle".
A lire: "LʹEnclos des Lumières. Essai sur la culture littéraire en Suisse romande au XVIIIe siècle", François Rosset, Georg Editeur, 2017
Par Christian Ciocca, et la collaboration de Nicole Corpataux

Ecouter-sans voir: la chasse aux discriminations 2/2

La seule vision de l'acte musical est-elle susceptible de modifier notre perception auditive?
A la faveur d'un concert à l'aveugle intitulé "Rien à voir" et organisé conjointement par le Festival Lavaux-Classic et Espace 2, le 28 juin au Temple de Cully, deux émissions sont consacrées aux diverses discriminations émaillant l'histoire de la musique.
Deux des auteurs d'un travail de recherche portant sur l'impact du paravent dans la lutte contre les discriminations sexuées, ethniques ou portant sur l'âge ou les handicaps, Hélène Périvier et Hyacinthe Ravet abordent deux aspects de leur travail qu'elles ont réalisé au sein des orchestres parisiens:
1. Les femmes en musique (15 juin 10h.10)
2. Le paravent comme panacée à la discrimination (16 juin 10h.10)

August Strindberg: "Ecrits sur lʹart"

August Strindberg doute de tout et dissèque, sans concession, ce qu'il voit. Son écriture théâtrale met en lumière et sur le devant de la scène, la violence des sentiments humains. Son regard critique n'épargne rien, ni à lui-même, ni à ses contemporains et encore moins à l'art. August Strindberg était un misanthrope autant qu'il était un amateur d'art. Un art de son temps et essentiellement d'Europe du nord - la peinture plus particulièrement -, qu'il analysera tout au long de sa vie, et dès son plus jeune âge.
La maison d'édition Macula, maison suisse basée à Paris, publie un recueil de 26 textes critiques d'art écrits par August Strindberg et traduits par Elena Balzamo. C'est le philosophe, écrivain et critique d'art français, Jean Louis Schefer qui en signe la préface. Une préface dense, précise et essentielle. Et c'est lui qui répond aux questions de Versus-lire.

Par Linn Lévy
Invité: Jean Louis Schefer
A lire: August Strindberg : "Ecrits sur l'art", préface de Jean-Louis Schefer, Editons Macula