La méthode Calmy-Rey

L'émission du 18 décembre 2003

Il y a ceux qui la trouvent naïve ou arrogante et ceux qui la jugent courageuse et efficace. En une année, Micheline Calmy-Rey a beaucoup fait parler d'elle et de la Suisse. De sa première rencontre à Davos avec Colin Powell, à la signature de l'initiative de Genève entre Palestiniens et Israéliens, en passant par la Conférence humanitaire sur l'Irak, la conseillère fédérale socialiste a-t-elle vraiment bouleversé la diplomatie suisse ?

temps présent/Calmy-Rey

Le 4 décembre 2002, l'Assemblée fédérale élit au Conseil Fédéral Micheline Calmy-Rey. Elle devient le 106e membre du gouvernement et remplace ainsi la conseillère fédérale démissionnaire Ruth Dreifuss. En janvier de l'année suivante, elle prend la tête du Département des Affaires Etrangères (DFAE). Les nombreux troubles internationaux à venir auront tôt fait de mettre la conseillère fédérale socialiste sous le feu des projecteurs.
Avec sa première démonstration de franc-parler lors de sa rencontre avec Colin Powell à Davos, elle a ouvert la voie à ce que l'opinion publique qualifiera bientôt de « diplomatie publique ». Elle va rapidement mettre en œuvre plusieurs actions qui feront parler d'une Suisse ouvertement engagée sur la scène internationale. La première restera sans nul doute la Conférence humanitaire sur l'Irak du mois de février, avant la très controversée mais néanmoins très médiatisée Initiative de Genève. Micheline Calmy-Rey va également multiplier les contacts diplomatiques, faire de l'aide au développement son cheval de bataille et cultiver les symboles : sa traversée de la frontière des deux Corée en est la parfaite illustration.
Un bilan de la première année passée au Conseil Fédéral par Micheline Calmy-Rey, c'est le reportage qui vous est proposé ce jeudi par Temps Présent. Un retour sur les moments forts de son premier mandat fédéral : les nombreux coups médiatiques, les rencontres au sommet, les scandales aussi et les tensions que ses déclarations et ses initiatives ont créées au sein du collège fédéral. Mais également une chronique de ses récents déplacements à la rencontre ministérielle du Conseil de l'Europe en Moldavie et sa visite officielle en Pologne. Au travers d'interviews accordées spécialement pour ce reportage, Micheline Calmy-Rey défend son style politique face aux regards extérieurs que portent des politologues et des observateurs de chacun des partis gouvernementaux. Un portrait contrasté d'une conseillère fédérale socialiste qui ne manque pas de relief.

  • Générique

    Un reportage de Alec Feuz

    Image : Jean-Pierre Jordan et Philippe Roulin Son : Mathilda Angullo Montage : Brigitte Duc
<p>Temps Présent vous propose une enquête exclusive dénonçant un nouveau système d’arrestation, de détention et d’interrogation de l’armée américaine, un élément-clé de la croisade contre le terrorisme des Etats-Unis suite aux attentats d’il y a deux ans.<br/><br/>
Le Président George W. Bush, alors soutenu par une grande partie de l’opinion publique américaine (avant les récents événements en Irak), est convaincu que le camp de détention de Guantanamo Bay est absolument nécessaire et représente un gage de sécurité pour nous tous. Car les pensionnaires de ce camp d’un autre âge sont aux yeux du gouvernement américain des « gens mauvais ».<br/><br/>
Lors du reportage, les journalistes ont pu pénétrer dans la base militaire US et parler avec les soldats chargés de surveiller les prisonniers, mais aucune interview n’a été autorisée avec les détenus. Pour réellement savoir ce qui se passe derrière les barbelés de Guantanamo Bay, c’est ailleurs qu’il a fallu trouver des témoins. Des hommes, relâchés après plus d’une année de détention, qui racontent comment ils ont été menacés, humiliés, parfois même torturés par les soldats d’un état censé défendre les libertés fondamentales. <br/><br/>
Cette enquête nous amène en Asie, en Afrique, en Europe et en Amérique et pose à juste titre la question de savoir si les éventuelles menaces auxquelles sont exposés l’Amérique et le reste du monde peuvent réellement justifier des camps de détention arbitraire tel celui de Guantanamo. Des camps qui nous rappellent les dérives d’une nation habituée aux tristes guerres…</p>
  • Générique

    Un reportage de Vivian White