- Quand je serai grand, je serai paysan - Mafia, la trahison des femmes

L'émission du 11 décembre 2014

Quand je serai grand, je serai paysan

Plus de mille domaines agricoles disparaissent chaque année en Suisse. Est-ce la mort annoncée des paysans ? Pas sûr ! Car en même temps, plus de mille jeunes sortent chaque année des écoles d’agriculture et parient sur les métiers de la terre. Faut-il être inconscient pour se lancer aujourd’hui dans cette voie ? Faut-il se préparer à une vie de sacrifices, un métier dur et ingrat, proche de la précarité ? Manon et Alexandre, eux, y croient et ont décidé de suivre la voie de leurs parents.

La famille Koller à Bourrignon. Rémi le père entouré de ses filles Manon et Maude, qui se préparent à reprendre l'exploitation agricole familiale. [Laurent Bleuze - RTS]

Manon Koller a 26 ans, Alexandre Geiser en a 23. Ces deux jeunes Suisses ont grandi avec le bétail, ont vu leurs parents se battre pour survivre et pourtant, ils sont décidés à poursuivre la voie tracée par leurs ancêtres. Tous deux viennent de terminer leur apprentissage de paysan et vont s’associer dans un premier temps à leur père.

Chez les Koller, Manon n’est pas seule sur les rangs. Sa sœur aussi souhaite reprendre le domaine familial. Malgré les 50 hectares à disposition – presque le double de la taille moyenne des exploitations en Suisse – la ferme ne pourra cependant pas nourrir deux familles. Le père devra-t-il trancher ?

Quant à Alexandre, il se lance avec une inconnue de taille. Les installations laitières de sa ferme ne correspondent plus aux normes de la Confédération. Il faudrait investir près d’un million de francs pour continuer.

Plongée dans un monde parfois trompeusement bucolique, où la dépendance face aux aides publiques décidées par Berne est dans tous les esprits.

Rediffusion le vendredi 12 décembre 2014 à 1h55 et 10h30, le lundi 15 décembre 2014 à 16h10 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Raphaël Engel
    Image : Patrice Cologne Son : Raphaël Crohas Montage : Valérie Wacker

Mafia, la trahison des femmes

Léa Garofalo a 28 ans quand, au péril de sa vie, elle quitte son compagnon mafieux. Elle veut élever sa fille loin de la N’drangheta, la mafia calabraise. Pour obtenir la protection de la police italienne, elle balance tout: les noms des boss, les planques, les trafics. Deux autres femmes prennent aussi le risque de se repentir pour que leurs enfants échappent à la loi du clan. Mais ces actes de liberté et de rébellion signent leur arrêt de mort. Reportage au cœur de la N’drangheta, où règnent l’omerta et les crimes d’honneur.

A Milan, le 19 octobre 2013, hommage et enterrement de Léa Garofalo assassinée. [RTS/capture d'écran]

Dans le sud de l’Italie, la N’drangheta continue de tisser son réseau. Pieuvre invisible centenaire qui lie à jamais les familles calabraises dans le silence et par le sang, cette mafia extrêmement puissante est dirigée par les hommes. A leurs côtés, à la maison et aux fourneaux, les femmes. Si elles ne participent pas aux trafics de stupéfiants, ni aux crimes, elles en sont les témoins privilégiés: "Quand mon père commet un meurtre, je sais quand il l’a fait et comment il l’a fait", résume la fille d’un mafieux filmée anonymement. En contrepartie, les femmes du clan bénéficient de nombreux passe-droits: "Tu peux aller dans les magasins sans payer, tu n’attends pas chez le docteur", poursuit-elle.

Peu d’entre elles acceptent de collaborer avec la justice, car elles risquent d’être éliminées à tout instant. C’est ce qui est arrivé à Léa Garofalo, 35 ans, dont l’histoire édifiante est racontée dans cette enquête. La protection policière pendant sept ans, le soutien de son avocate et de sa fille n’ont pas suffi : Léa a été étranglée par son ex-compagnon.

Maria Concetta Cacciola, mère de trois jeunes enfants, s’était elle aussi placée sous protection policière. Mais ses proches lui manquaient. Elle a appelé. Sa mère l’a suppliée de revenir. C’était un piège.

Quant à Giuseppina Pesce, mère de deux jeunes enfants, elle est encore en vie. Après s’être repentie, elle a raconté à la police les activités criminelles de sa famille. Depuis, elle vit cachée sous protection policière.

La réalisatrice Barbara Conforti a recueilli les témoignages rares de ces femmes qui ont osé parler. Une gageure dans cette région marquée par l’omerta et les crimes d’honneur.

Rediffusion le vendredi 12 décembre 2014 à 1h55 et 10h30, le lundi 15 décembre 2014 à 16h10 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Barbara Conforti