A bout de souffle

L'émission du 15 avril 2004

L'asthme, une maladie à prendre au sérieux puisqu'elle tue 180 000 personnes dans le monde chaque année. Mais surtout cette maladie chronique empoisonne souvent la vie non seulement de la personne atteinte mais de tout son entourage. Elle peut même vous obliger à changer de profession.C'est aussi un mal qui connaît une progression foudroyante: le nombre d'asthmatiques a quintuplé au cours de ces 20 dernières années et les principales victimes sont les enfants.

TP/A bout de souffle

Etymologiquement issu d'un mot signifiant " respiration
difficile ", l'asthme est une maladie inflammatoire chronique des
voies respiratoires qui touche près de 500'000 personnes en Suisse,
dont 12% de nos enfants. Au-delà des explications scientifiques,
Temps Présent a voulu comprendre comment on vivait avec ce nouveau
fléau dans notre pays.




L'asthme est une maladie paradoxale. Alors qu'on n'a jamais aussi
bien compris les mécanismes de l'asthme, le nombre de personnes qui
en souffrent ne cesse d'augmenter. Preuve de la relative
impuissance de la recherche, cette maladie progresse principalement
dans les pays développés. Chez les enfants notamment, la cause
serait le monde trop propre dans lequel ils évoluent en bas âge. Le
fait de ne pas être couramment en contact avec des bactéries ou des
virus, couplé à l'usage systématique des antibiotiques, empêcherait
les enfants de développer un système immunitaire suffisamment
efficace.




Les enfants représentent à ce titre la population la plus touchée
par l'asthme. Une maladie qui se traite efficacement de nos jours,
mais au prix d'un suivi quasi permanent : entre le traitement
médical, la physiothérapie respiratoire, la natation et les
contrôles quotidiens, l'enfant est soumis à une palette de soins
relativement contraignante. Cette contrainte doit également être
supportée par son proche entourage. Il s'agit souvent d'une lourde
et angoissante responsabilité pour les parents, d'autant que lors
de chaque crise aiguë se profile le spectre de l'asphyxie. Des
situations qui requièrent beaucoup de sang-froid et qui
représentent une charge émotionnelle extrêmement éprouvante pour
les parents.




On peut également développer cette maladie une fois adulte.
Souvent, il s'agit d'allergies dues aux acariens, aux poils d'a
nimaux ou aux pollens. Pire, de plus en plus de professions
développent des cas similaires : boulangers, pâtissiers,
carrossiers, infirmiers. L'environnement dans lequel ils évoluent,
les substances qu'ils inhalent régulièrement, deviennent la cause
de leur maladie et les obligent à quitter leur travail et tenter
une reconversion pas toujours évidente. Et preuve que personne n'e
st à l'abri, cette inflammation touche régulièrement des sportifs
de haut niveau. Dans le ski de fond par exemple, on estime que 80 %
des athlètes sont exposés à un risque d'asthme. Là, les principales
causes sont le froid extrême et l'humidité. Laurence Rochat, la
meilleure skieuse suisse de fond du moment, est régulièrement
victime de crises d'asthme lors de conditions extrêmes. Une
incertitude qui peut la forcer à l'abandon un jour et néanmoins lui
permettre d'être médaillée de bronze aux jeux olympiques de Salt
Lake City le lendemain…




L'asthme est une maladie qui se soigne bien à condition qu'elle
soit bien comprise et que les traitements soient rigoureusement
suivis. Les 300 morts qu'on dénombre chaque année en Suisse se
trouvent parmi des gens qui nient leur maladie et qui refusent les
traitements.

  • Générique

    Un reportage de Françoise Ducret et Bernard Romy

    Image : Yves Dubois Son : Christophe Jaquier Montage : Jacques Morzier
TP/Le voile qui cache la forêt

<p>A l’occasion de la Journée internationale de la femme qui a lieu le 8 mars, Temps Présent s’est penché sur la condition des femmes algériennes en France et plus précisément sur l’ambiguïté que représente l’application de lois discriminatoires à leur encontre dans une société occidentale où l’égalité entre les sexes est en principe affirmée.<br/><br/> Le code de la famille a été introduit en Algérie en 1984, inspiré par la charia, la loi islamique. Pour beaucoup de femmes, comme elles le racontent dans ce reportage, ce code de la famille est en vérité celui de l’infamie. Selon elles, les hommes ont tous les droits : ils peuvent avoir quatre épouses, ils peuvent répudier leur femme, ils ont seuls l’autorité parentale en cas de divorce…<br/><br/> Plus étonnant, ce reportage révèle que le code de la famille algérien vient poursuivre les femmes jusque sur le sol français où elles résident parfois depuis des décennies.<br/><br/> Aujourd’hui, vingt ans après l’introduction de ce code de la famille, des femmes se révoltent. Elles veulent abroger ce code de la honte.<br/><br/> Entre Paris, Lyon et Marseille, au travers de nombreux témoignages, ce reportage soulève un problème de fond lié au phénomène de l’immigration : pourquoi l’Etat ne fixe-t-il pas une limite claire au droit international afin de garantir les droits fondamentaux de ses résident(e)s ? Le débat ne fait que commencer…</p>

  • Générique

    Un reportage de Pierre Hazan et Marcel Schüpbach

    Image : Claude Paccaud Son : Beat Lambert Montage : Catherine Merglen
  • Notre invitée :

    Me Catherine Jaccottet-Tissot, avocate