Tadjikistan : le peuple pris en otage

Tadjikistan : le peuple pris en otage

L'émission du 29 janvier 1997

Au Tadjikistan, une république de l'ex-URSS à la frontière nord de l'Afghanistan, gouvernement mafieux et opposition islamiste se livrent un combat fratricide pour le partage des richesses du pays. Le gouvernement néo-communiste actuel se maintient au pouvoir par tous les moyens et s'accroche aux privilèges qui lui sont associés. Il contrôle les richesses naturelles (coton, aluminium). L'opposition tadjike, des islamistes pour l'heure modérés, se sont nourris du discours indépendantiste pour rassembler des forces. Ils ont la mainmise sur le trafic d'armes et de drogue. Entre les deux, la population est exsangue et n'a plus qu'un rêve : revenir au temps béni de l'Union soviétique.

Le départ du Grand Frère a laissé de nombreux pays de l'ex-URSS dans une situation catastrophique. Le sort du Tadjikistan, ravagé depuis 1992 par une guerre civile qui a déjà fait près de 50'000 morts, est de ce point de vue largement représentatif.
Le gouvernement néo-communiste actuel se maintient au pouvoir par tous les moyens et s'accroche aux privilèges qui lui sont associés. Il contrôle les richesses naturelles, (coton aluminium). L'opposition tadjike, des islamistes pour l'heure modérés, se sont nourris du discours indépendantiste pour rallier des forces. Ils ont quant à eux la main mise sur le trafic d'armes et de drogue.
Temps Présent s'est rendu au coeur de ce conflit oublié. A Duchanbé, la capitale, sur la ligne de front, dans la vallée du Garm. Marcel Schupbach a notamment eu l'occasion de rencontrer des représentants du gouvernement, un commandant de l'opposition. De part et d'autres, on se bat dit-on "pour la démocratie", "au nom du peuple tadjike".
De vaines paroles, puisque depuis le départ des Russes en 1991, et même si une division de l'armée est encore présente, l'économie du pays est au point mort et la population exsangue. Une partie des habitants, des montagnards vivant pratiquement en autarcie, ont souvent du mal à comprendre les enjeux et surtout les raisons de toutes les souffrances qu'il doivent endurer. Des gens ordinaires qui ne sont pas impliqués dans les combats ont dû fuir leur foyer. Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux ont rejoint Duchanbé où ils vivent chez des amis ou dans des centres du CICR. L'organisation humanitaire a, dès l'automne 1995, intensifié son action dans ce pays.
Après cinq ans d'indépendance, la population civile du Tadjikistan a perdu tout espoir dans l'avenir. De radieux, il a pris des allures de cauchemar. Les seuls rêves que s'autorisent les gens ordinaires évoquent un retour aux temps passés. Et il est encore trop tôt pour juger de la portée réelles des récentes discussions entre le gouvernement tadjike et les opposants islamistes sur la mise en oeuvre des accords de paix conclus à Moscou en décembre 1996.