- Délits de fuite et chasse à l'homme - Allemagne, par ici la misère

L'émission du 19 septembre 2013

Délits de fuite et chasse à l’homme

C’est devenu presque courant : vous retrouvez votre voiture, l’aile ou une autre partie de la carrosserie défoncée, et bien sûr, le fautif a pris la fuite. Pire, des automobilistes responsables d’un accident avec blessé, qui eux aussi s’enfuient sans même porter secours à leur victime. A Genève, on compte quatre accidents avec fuite par jour, selon les chiffres de la police. Mais ces fuyards font désormais l’objet d’une véritable traque menée par une unité d’experts dont la mission est de débusquer les conducteurs en fuite. Temps Présent a suivi le travail quotidien de ces limiers de la route.

Une unité de la police genevoise est spécialisée dans la recherche des chauffards ayant fui les lieux d'un accident.

En Suisse, ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit : dans 20% des accidents, le chauffard prend la fuite. Pour la plupart, ces fuyards ne causent que des dégâts matériels, mais dans 6% des cas, il s’agit aussi d’accidents avec blessés, et donc de délits de fuite punissables pénalement. C’est le canton de Genève qui détient le triste record suisse des accidents de la route avec fuite.

Pendant longtemps, faute de temps et de moyens, la police devait se résoudre à laisser filer les fuyards. Mais le temps de l’impunité touche à sa fin, car depuis 2 ans, une unité spéciale est chargée de les traquer. Trois policiers expérimentés, membres de la Brigade routière genevoise, ne font que ça ou presque. Leur spécialité, c’est la recherche de véhicules grâce au moindre indice laissé sur place. Une équipe de Temps Présent les a suivis plusieurs jours dans leurs investigations, et vous verrez, le plus petit détail les guide souvent sur la piste des chauffards fuyards.

Rediffusion le vendredi 20 septembre 2013 à 0h50 et le lundi 23 septembre 2013 à 16h05 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Françoise Weilhammer
    Image : Walter Hug Son : Benedetto Garro Montage : Patrick Guignet
Bonus de l'émission

Qu’est-ce qu’un délit de fuite?

Entretien avec Me Yvan Jeannerat, avocat spécialisé dans le droit de la route.

Allemagne, par ici la misère

Vous pensez que l’Allemagne, donneuse de leçons de l’Europe, ne connaît pas la crise? Détrompez-vous. Derrière les chiffres flamboyants et la gestion à la teutonne se cachent des millions d’emplois précaires, et une situation pas très reluisante. C’est ce qu’on appelle les "mini-jobs", rémunérés à 450 euros maximum par mois, quel que soit le nombre d’heures travaillées. Ils ont largement contribué à faire baisser le taux de chômage, mais à quel prix?

Aujourd'hui, 20% des travailleurs allemands vivent en dessous du seuil de pauvreté.

C’est l’envers du miracle économique allemand. Aujourd’hui en Allemagne, 20% des travailleurs vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un développement vers la précarité, dû en partie aux mini-jobs. Ces contrats de travail permettent d’embaucher une main-d’œuvre bon marché, sans obstacle bureaucratique. Les employés reçoivent un salaire plafonné à 450 euros, quel que soit le nombre d’heures travaillées. En échange, ils ne paient pas d’impôts, ni de cotisations sociales.

L’Allemagne compte aujourd’hui 7,5 millions de "mini-jobbers", dont des millions qui ne vivent que de ce maigre revenu. Ceux-là ont droit à une aide sociale et au paiement de leur loyer. Alors oui, le chômage de longue durée a considérablement diminué en Allemagne, mais à quel prix? Les syndicats dénoncent la précarité, le patronat applaudit, car cela permet aux entreprises une très grande flexibilité. A terme, le pays risque de voir sa population s’appauvrir – aujourd’hui déjà, des retraités sont obligés de prendre un mini-job.

Rediffusion le vendredi 20 septembre 2013 à 0h50 et le lundi 23 septembre 2013 à 16h05 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Françoise Weilhammer et Florence Fernex
    Image : Didier Charton Son : Beat Lambert Montage : Monique Preiswerk