- Emplois frontaliers, les Suisses d'abord - Ma maison, du rêve au cauchemar

L'émission du 8 décembre 2016

Emplois frontaliers, les Suisses d'abord !

Genève, qui occupe le haut du tableau du chômage, a introduit une directive qui prône la préférence cantonale à l’emploi, une première nationale. En clair, tout employeur du secteur public et subventionné doit favoriser les chômeurs locaux, une mesure ressentie par certains comme “anti-frontalière”. L’idée fait des émules, par exemple dans le Canton du Jura et pourrait devenir la norme fédérale, dans le fil de la votation du 9 février 2014. Mais comment ça marche en pratique ?

Frontaliers, les Suisses d'abord

C’est sous l’égide du Conseiller d’Etat MCG Mauro Poggia, qu’est émise en 2014 une directive prônant la préférence cantonale à l’emploi. Désormais, tout employeur des secteurs parapublics et subventionnés doit proposer  en priorité ses postes vacants à l’Office cantonal de l’emploi (OCE), autrement dit aux chômeurs locaux. « La Plaine », le dernier né des EMS cantonaux, vient ainsi d’engager un tiers de son personnel via l’OCE. L’Office a d’ailleurs partiellement réformé ses structures pour favoriser le placement des chômeurs locaux. Une brigade de choc, composée de huit conseillers en recrutement, travaille à la mise en contact rapide et ciblée entre demandeurs d’emploi et recruteurs. Le procédé est unique en Suisse. Seulement voilà, il est aussi controversé. Certains accusent même l’Etat de se livrer à une forme de chantage pour imposer l’application de sa directive. En clair : « Si tu n’engages pas mes chômeurs indigènes, je te retire une partie de tes subventions ! »

Côté français, on s’insurge contre une mesure qualifiée d’ « anti-frontaliers ». Michel Charrat, président du Groupement transfrontalier, rappelle que Genève compte quelques 100'000 travailleurs français, une manne de plus de 600 millions de francs pour le Canton ! Pour lui, les frontaliers ne prennent pas le gagne-pain des Genevois, mais participent plutôt à l’essor économique de la région.

Par sa directive, Genève a ouvert une brèche.  Depuis deux ans, plusieurs cantons sont tentés par l’expérience. Dans le Jura, par exemple, quelques élus pressent leur gouvernement de s’inspirer du modèle genevois. Et ils s’attaquent au problème par le petit bout de la lorgnette en fustigeant les 19 employés français de l’administration cantonale. Ils ne représentent pourtant que 1% de l’ensemble du personnel de l’Etat.

La directive genevoise fera-t-elle boule de neige ? Répond-elle au bon sens ou est-ce une mesure xénophobe ? La question va devenir nationale, avec la mise en application de la votation du 9 février 2014 sur la libre circulation.

Rediffusion le vendredi 9 décembre 2016 à 10h30 et le lundi 12 décembre 2016 à 15h00 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Wilfred Rebetez
    Image : Philippe Mory Son : Christophe Jaquier Montage : Chloé Seyssel

Ma maison, du rêve au cauchemar

Devenir propriétaire, c’est le rêve de chacun. Et décider de construire sa maison, c’est une aventure et pas des moindres. Portée par une bonne conjoncture économique, la construction se porte bien en Suisse mais la qualité des constructions est en baisse, selon les spécialistes. Les entrepreneurs ne sont pas toujours à la hauteur, voire carrément incompétents. Trois familles racontent leur désarroi alors qu’elles pensaient construire un nid pour un avenir douillet.

Ma maison, du rêve au cauchemar

C’est l’histoire d’un couple de jeunes femmes de Siviriez  (FR),  qui ne désirait travailler qu’avec des entreprises locales pour un projet qu’elles avaient dessiné elles-mêmes. Hélas, l’histoire tourne mal : un trou dans la toiture plate et le rêve devient cauchemar. Sonia en est tombée malade.

Toujours dans le canton de Fribourg, un jeune couple d’ingénieurs, se fait lui aussi prendre au piège avec une entreprise générale, plus que douteuse qui … disparaît en cours de chantier.  Il faudra l’aide de leur papa, 70 ans, pour finir la maison, avec l’aide de nouvelles entreprises. Et bien sûr : un dépassement du budget assuré.

Il y a aussi ce projet à Echallens (VD), un beau projet sur le papier, qu’on surnomme le “Palais des Glaces”. Mais les propriétaires de cette PPE n’en reviennent pas. Le chantier pourtant assuré par le leader suisse de la construction ne tient pas ses promesses et une bataille entre avocats doit s’engager.

La Fédération Fribourgeoise des Entreprises qui a commandé une étude sur la qualité des constructions en Suisse, le confirme : la qualité générale et le savoir-faire sont en baisse régulière.

Rediffusion le vendredi 9 décembre 2016 à 10h30 et le lundi 12 décembre 2016 à 15h00 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Christian Fargues
    Image : Jeanne Gerster Son : Emilie Spierer Montage : Roland Joseph