- Infidélité, la belle affaire ! - Le sexe, un tabou indien

L'émission du 17 juillet 2014

Infidélité, la belle affaire !

Des agences chargées de vous fabriquer un alibi solide à présenter dès que monsieur ou madame semble soupçonner une double vie. Des sites de rencontre sur internet, qui permettent de trouver un amant ou une maîtresse en toute discrétion… Aussi vieille que le mariage, l’infidélité est aujourd’hui organisée, professionnalisée. Enquête sur le business de l’infidélité, mais aussi sur les bons – et les moins bons – côtés de la double vie sentimentale.

Agences spécialisées, sites de rencontres… Le business de l’infidélité surfe sur une constante de l’humanité: le besoin urgent d’entretenir des relations parallèles au mariage. [RTS/CHRISTIN Philippe]

Agences spécialisées, sites de rencontre… Le business de l’infidélité surfe sur une constante de l’humanité : le besoin urgent d’entretenir des relations parallèles au mariage. Ces dernières années, le marché de l’infidélité a suscité de nouvelles vocations, inventé de nouveau métiers ou de nouvelles technologies. Désormais, des professionnels sont à disposition pour accompagner discrètement les amants et les maîtresses. Championne toutes catégories du business de l’infidélité, la société canadienne "Ashley Madison", plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires. L’une de ses cadres affirme d’ailleurs que « La Suisse, comme la France et la Belgique, ont une longue culture de l’infidélité ». Reste à savoir si des sites comme "Ashley" ou "Gleeden" tiennent leurs promesses.

Car c’est aussi de cela qu’il s’agit. Les motivations de l’infidélité, l’éternelle question de la liberté sexuelle et sentimentale. Ainsi, ce témoin, qui assure que c’est l’infidélité qui paradoxalement a sauvé son couple. Ou cette jeune femme belge qui raconte à visage découvert comment elle a trompé son mari des centaines de fois avant de trouver le compagnon idéal.

Rediffusion le vendredi 18 juillet 2014 à 1h45 et à 11h et le lundi 21 juillet 2014 à 15h20 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de François Mazure

Le sexe, un tabou indien

Mais que se passe-t-il au pays du Kamasutra? Pourquoi cette vague de viols sans précédent, dont même une touriste suisse a été la victime ? Les jeunes Indiens grandissent dans un univers extrêmement conservateur, alors qu’internet, le cinéma et la publicité façonnent dans leurs esprits une toute autre image de la femme, particulièrement dégradée. Depuis longtemps, les Occidentales sont assimilées à des femmes légères. Mais aujourd’hui, les films de Bollywood et les médias tendent à transformer, dans l’esprit des hommes, la femme indienne en objet sexuel.

Le temple de Khajurâho, en Inde, est connu pour ses représentations explicites de scènes érotiques. [RTS/Capture d'écran]

Ce sont les ouvrages qui circulent le plus dans les campagnes indiennes : des petits magazines qui s’échangent sous le manteau. Publiés à des dizaines de milliers d’exemplaires, ces romans-photos érotiques sont consommés avec ferveur dans les milieux populaires de toute l’Inde. Ces épopées racontent les aventures de fiers représentants de commerce, de camionneurs moustachus ou encore de chauffeurs de taxi. Dans ces pages pourtant, rien n’est vraiment montré, tout est suggéré. Une épaule, une cheville qui dépasse, un regard de braise lancé à une ménagère et les esprits s’enflamment… Le directeur de cette maison d’édition raconte cette tradition indienne. Il parle de l’effet apaisant de ces ouvrages sur les esprits. Pour lui, ils viennent combler un manque énorme dans une société totalement verrouillée sur le plan du sexe.

Dans ce pays, se tenir par la main est déjà choquant. La jeunesse indienne grandit dans la plus grande hypocrisie. A la maison ou à l’école, on ne parle jamais de sexe. C’est le plus grand des tabous indiens. Comment les jeunes vivent-ils les décalages entre leur vie et les règles très strictes imposées par leurs parents ? Comment s’organisent-ils pour leurs moments d’intimité ? Nous suivrons ces itinéraires à l’hôtel, chez des amis ou à Lodhi Garden, le grand parc du centre de New Delhi ou chaque week-end, à l’ombre des grands arbres, des couples se cachent pour se tenir la main ou se caresser la joue.

Chaque semaine sur une grande chaîne de télévision, Karuna anime "Life’s a Beach". Le concept est on ne peut plus vague, elle nous emmène à la découverte des plus belles plages du monde. Mais pas des plages désertes. Ce qu’il faut, c’est du bikini et des filles sexy. Durant le quart d’heure que dure le programme, pas un plan sans jeunes femmes allongées lascivement dans le sable, sans bimbo sortant des vagues. L’émission fait un malheur. Dans ce pays conservateur, c’est une révolution. Les photos de la présentatrice alimentent tous les sites érotiques ou pornographiques indiens. Karuna Ezara Parikh n’est pas dupe. Elle parle ouvertement de cette émission qui a réussi à contourner la censure. Elle est aussi écrivain et évoque cette hypocrisie poussée à son comble, celle d’un pays qui ne veut pas parler du sexe mais qui en consomme à haute dose.

Rediffusion le vendredi 18 juillet 2014 à 1h45 et à 11h et le lundi 21 juillet 2014 à 15h20 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Babel Press