Appels obscènes (" Foul mouths ")

L'émission du 30 septembre 1999

Le téléphone, cet outil indispensable à la communication moderne, peut dans certains cas devenir une arme redoutable lorsqu'il véhicule des discours sexuellement avilissants à l'intention de femmes fragiles et désemparées. Portrait de victimes harcelées par des malades.

Chaque année, il y a quinze millions de coups de téléphones
obscènes en Grande-Bretagne. Dans 80% des cas, la victime connaît
son interlocuteur. Le reportage de Stuart Clarke donne la parole à
des femmes qui ont été ainsi, des mois voire des années durant,
importunées, agressées verbalement par un tortionnaire invisible.
Ce qui transparaît dans le témoignage de ces femmes, en butte à l'i
ncompréhension de leur entourage, c'est le dégoût, l'humiliation et
la peur : l'impression de n'être plus en sécurité dans leur propre
foyer, d'être constamment observées, épiées dans leurs moindres
mouvements, de n'avoir plus la moindre vie privée.




Avec l'aide de Martyn Shrewbury, psychothérapeute spécialisé dans
l'étude et le traitement de ces obsessions, l'émission établit une
sorte de typologie des agresseurs : des hommes plutôt jeunes, de
milieu modeste, fréquemment des chômeurs. Ils sont animés non pas
tant par le besoin d'assouvir une pulsion sexuelle que par le désir
maladif de manifester leur pouvoir, leur domination sur l'autre. La
plupart du temps, ce sont des hommes faibles, peu sûrs d'eux, dont
c'est la seule manière de s'affirmer. Ils choisissent leur victime
dans leur entourage, parmi leurs collègues ou les épouses de leurs
amis. Certains d'entre eux sont de véritables « serial-callers »
qui procèdent, depuis des cabines téléphoniques publiques, à des
centaines d'appels par semaine. Très rarement, ce sont des femmes
qui appellent des hommes, en général, leur ex-mari. Mais ce genre
de harcèlement est d'une tout autre nature. Néanmoins, chacune de
ces intrusions par la voie des ondes est un martyre pour ceux qui
les subissent, «comme un robinet qui goutte dans la nuit ».




La récente législation anti harcèlement entrée en vigueur au
Royaume-Uni a donné à la police des moyens renforcés pour agir,
autorisant, par exemple, la surveillance des cabines publiques et
le dépistage des communications illicites avec la collaboration d'u
n bureau spécialisé dans les écoutes. Ces mesures ont conduit à l'a
rrestation des coupables et à leur condamnation. Mais de l'avis des
victimes comme de celui des médecins, la prison n'apporte aucune
solution de fond à ces cas pathétiques. D'ailleurs, l'un des
auteurs de harcèlement a continué, chaque semaine, à téléphoner à
sa victime depuis sa prison....

Des villages rasés (160.000 maisons détruites), tout le Kosovo est à reconstruire, et cela commence déjà dans un grand désordre, avec tous ces réfugiés des camps revenus en masse et s'activant à réparer de la guerre l'irréparable outrage. Mais c'est également au plan des institutions qu'il faut tout reconstruire. Comment ? Pour nous le montrer, l'équipe de « Temps présent » a mené l'enquête dans trois villes du Kosovo.
Première escale à Mitrovica, dans le nord, où vit l'essentiel de la communauté serbe restée au Kosovo, et où la situation reste très conflictuelle dans une ville littéralement coupée en deux. Les téléspectateurs pourront suivre durant trois jours un détachement de gendarmes français chargés de saisir des armes, d'enquêter sur des criminels de guerre et qui en ont déjà arrêté plusieurs.
Ce reportage nous transporte également à Pecs, lieu exemplaire d'u ne étrange cohabitation où l'administration internationale chapeautée par l'ONU côtoie le pouvoir mis en place par l'UCK, l'A rmée de libération du Kosovo, qui a profité de remplir le vide institutionnel créé par le retrait de l'armée et des représentants du pouvoir serbe. Toutes choses vues en accompagnant notamment le représentant de l'administration internationale qui est pour cette région le bras droit de Bernard Kouchner.
Troisième lieu visité par les envoyés spéciaux de « Temps présent », les bâtiments de l'Académie de police serbe, à Vucitern, recyclés récemment en école où l'on forme les futurs policiers du Kosovo. On espère mettre sur pied en une année et demie une force de 3.000 policiers que l'on souhaite multi-ethnique... même si, pour la première volée en formation, un seul des 24 Serbes prévus (sur un contingent de 200 élèves) s'est présenté. Un chiffre qui à lui seul situe l'ampleur des problèmes à résoudre avant que le Kosovo retrouve une existence pacifiée.
Pour l'heure, malgré les efforts des représentants des Nations-Unies, c'est le chaos qui règne dans la région, ce dont témoigne ce reportage.