Sur les pistes des chimistes suisses de l'apartheid

L'émission du 29 avril 1999

Encore traumatisée par des décennies de ségrégation raciale et de violences, l'Afrique du Sud a entrepris de replonger dans son histoire douloureuse afin de rendre possible la réconciliation entre Noirs et Blancs. Bourreaux et victimes dévoilent les plans secrets du régime d'apartheid pour éliminer toute opposition. Comble de l'horreur, le programme militaire chimique ayant permis de liquider clandestinement des centaines de résistants à l'apartheid. Ce programme, dirigé par le docteur Wouter Basson a bénéficié de soutiens solides à l'étranger, en particulier en Suisse. «Temps Présent» a remonté la piste du Docteur Basson, des usines de la mort en Afrique du Sud, aux bureaux feutrés du Palais fédéral à Berne et tenté de comprendre comment les chimistes de l'apartheid ont eu accès aux secrets les mieux gardés de l'Helvétie. Et pourquoi, aujourd'hui, les Sud-Africains réclament des comptes à la Suisse pour les bonnes affaires menées au temps de l'apartheid.

Sur les pistes des chimistes suisses de l'apartheid [RTS]

Générique

Un reportage de Jean-Philippe CEPPI et Bertrand THEUBET
Image : Philippe Roulin Son : Beat Lambert Montage : Véronique Rotelli

Agim Suleimani a connu les geôles de Tito avant d'obtenir le statut de réfugié politique en Suisse en 1985. Membre très actif de la communauté kosovar en Suisse - il participe notamment à des collectes de fonds - cet homme marié et père d'un enfant est employé à la Poste d'Emmenbrücke. Une situation personnelle qui ne l'a pas empêché de répondre à l'ordre de mobilisation lancé par l'UCK et de se porter volontaire. Très vite, il a fallu procéder aux préparatifs, passer chez le coiffeur, acheter un uniforme, faire ses adieux.
De Lucerne jusqu'en Albanie, en passant par Ancône, Temps Présent a suivi le voyage d'Agim Suleimani qui faisait partie d'un groupe de dix personnes. A leur arrivée au port de Durres, ils sont pris en charge par l'UCK, qui les répartit dans les différents camps d'entraînements situés dans le Nord de l'Albanie. Ensuite, c'est le départ pour Kukes. Entre mille et deux mille Kosovars établis à l'étranger ont d'ores et déjà rejoint les rangs de l'UCK, qui concentre aujourd'hui tous les espoirs de libérer le Kosovo du joug serbe et de permettre le retour des populations en fuite.

Générique

Un reportage de Simon EDELSTEIN et Jean-Philippe SCHALLER
Image : Luc Weber Son : Blez Gabioud Montage : Christian Bonvin