Christophe Meili, traître et héros

Alors que la crise provoquée par l'affaire des fonds juifs en Suisse prenait chaque jour plus d'ampleur, Christoph Meili récupérait - dans un container de documents à détruire - des archives concernant les activités d'une banque suisse rachetée par l'UBS après la guerre et les transmettait à la Communauté israélite de Zurich. Cet acte, de prime abord courageux, allait le conduire à l'exil. Montré du doigt par la justice, les autorités et l'opinion publique, timidement soutenu par la presse, Christoph Meili a quitté la Suisse pour se réfugier aux Etats-Unis. Erreur stratégique monumentale de la part de la Suisse, puisque Christoph Meili est aujourd'hui témoin numéro un dans le procès intenté par l'avocat Ed Fagan aux trois grandes banques suisses.

L'histoire de Christoph Meili, c'est un peu celle de David contre Goliath. Le combat inégal d'un modeste gardien de nuit qui a sauvé de la destruction des archives de l'UBS, contre l'ensemble de la place financière suisse.



Les banques suisses sont-elles réellement déterminées à faire toute la vérité sur l'affaire des fonds juifs? Les promesses n'ont pas manqué jusqu'à présent. Mais l'affaire Meili apparaît aujourd'hui comme un pavé dans une mare déjà trouble.



Temps Présent a mené une enquête détaillée sur "l'affaire Meili" en Suisse et aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, le traître fait figure de héros, mais risque bien d'être lâché par ses amis américains lorsque ceux-ci n'auront plus besoin de lui. En Suisse, le reportage montre le décalage flagrant entre les déclarations officielles des banques et des autorités et le traitement réservé à l'un de ses citoyens qui voulait oeuvrer pour la recherche de la vérité. Il révèle l'ambiguïté de l'attitude de la classe politique et économique suisse dans l'affaire des fonds juifs.