Tableaux d'un pillage

Pendant la guerre, des milliers d'oeuvres d'art ont été spoliées par les nazis. Le parcours de certains tableaux et les différentes transactions dont ils ont été l'objet, constituent la trame de cette enquête quasi policière qui nous renvoie à un passé trouble.

Dans la crise des avoirs juifs en déshérence, la Suisse s'est trouvée presque seule au centre de la tourmente. Aujourd'hui, avec la question des assurances et des oeuvres d'art spoliées par les nazis, qui occupera notamment la conférence de Washington dès le 30 novembre prochain, d'autres pays comme la France, les Etats-Unis, la Hollande ou la Russie, sont plus directement concernés.



Si une bonne partie des oeuvres spoliées par les nazis ont été rendues à leur propriétaire au lendemain de la guerre, des centaines de tableaux de maîtres sont aujourd'hui encore dispersées dans le monde entier. Temps présent reconstitue les circonstances de ce pillage historique et, en suivant la trace de certains de ces tableaux, met en évidence le rôle joué par des intermédiaires et des acheteurs peu scrupuleux.



Pendant que les militaires se livraient une guerre sans merci, d'autres n'hésitaient pas à se remplir les poches. En marge du pillage systématique d'oeuvre d'art opéré par les nazis, de nombreux tableaux volés ont pu être rachetés pour des sommes dérisoires, faisant le bonheur de ces profiteurs de guerre. Marchands d'art ou collectionneurs ils ne pouvaient ignorer l'origine de ces tableaux, d'autant qu'ils traitaient parfois directement avec les nazis. Quelles ont été les filières de ce juteux commerce dont certaines ont aussi abouti en Suisse? L'histoire étonnante de certains de ces tableaux, leur parcours et les différentes transactions dont ils ont été l'objet, constituent la trame de cette enquête quasi policière qui nous renvoie à un passé trouble.