Trois ans dans la tempête

En août 1998, les banquiers suisses ont accepté de payer un milliard 250 millions de dollars pour délivrer la Suisse de la crise des fonds juifs. Comment en est-on arrivé là? Cette enquête extrêmement fouillée démonte les stratégies des deux camps, les erreurs et les hésitations suisses et la redoutable efficacité des organisations américaines.

« Les Américains jouaient au poker alors que les Suisses croyaient qu'on jouait au Jass », dit Rolf Bloch, le président des communautés israélites helvétiques. Une formule qui résume bien le formidable choc culturel qui a secoué le pays.



En août 1998, les banquiers suisses acceptent de payer un milliard 250 millions de dollars pour délivrer la Suisse de la crise des fonds juifs. La tempête s'est apaisée mais le pays reste marqué par trois années d'attaques incessantes qui l'ont obligé à se remettre profondément en cause. La Suisse est apparue isolée, sans amis sur la scène internationale. Son gouvernement s'est révélé extrêmement désemparé et peu préparé à réagir rapidement et efficacement en cas de conflit important. Les méthodes américaines, brutales et spectaculaires, basées sur l'utilisation des médias et de l'émotion ont étonné et choqué les Suisses, les laissant pratiquement sans voix et sans capacité de riposte.



Pour Temps Présent, Daniel Monnat a rencontré presque tous les acteurs suisses et américains de la crise des fonds juifs. Cette enquête extrêmement fouillée a demandé de nombreux mois de travail. Elle décortique les stratégies des deux camps, les hésitations du Conseil Fédéral, les divergences entre les banques et le monde politique suisse, ainsi que les arrière-pensées des organisations juives et des avocats américains.