Liste des films où apparaissent des personnages sourds

 "La vie de chien"


(Dog’s life), 1918, de Charlie Chaplin


Grandville Redmond est un peintre et comédien qui s’est lié d’amitié avec Chaplin qui lui confie plusieurs rôles dans ses films muets (sous un pseudo : Billy White). On ne remarque pas qu’il est sourd.


"Chéri Bibi"


FR, 1937, de Léon Mathot, avec Maurice Humbert


comédien sourd, rôle secondaire, 1 séquence intéressante : en prison, il apprend des éléments dactylologiques (alphabet de la Langue des signes) aux autres détenus ce qui les aide dans un projet d’évasion. Ce personnage n’a pas d’autres noms que le " sourd-muet ". Son handicap le désigne pour être une des premières victimes de la mutinerie.


 "Johnny Belinda",


de Jean Negulesco, 1948, USA, avec Jane Wyman


Belinda est le personnage central du film, montrée d’abord comme " Dummy " dans un milieu paysan, un docteur bien intentionné et connaissant la langue des signes va l’ouvrir aux autres, au langage, à la musique. Elle régresse au rang de victime lorsqu’un homme saoul la viole, puis deviendra justicière lorsque son bébé sera menacé. La comédienne (qui a eu un Oscar pour son rôle) est entendante mais elle s’est préparée en allant dans les écoles pour enfants sourds. Pour Guy Jouannet, journaliste et éducateur spécialisé et auteur du livre " l’Ecran sourd ", " c’est " la véritable date de naissance du personnage sourd devant les caméras ".


"La porte s’ouvre" (No way out)


1950, USA, de Joseph Leo Mankiewicz, avec Harry Bellaver


L’acteur n’est pas sourd, le personnage du sourd (et muet) est un second rôle (frère d’un des personnages principaux, un gangster, gangster lui-même), il y a néanmoins 3 scènes où son handicap devient un élément de dramaturgie (il peut lire sur les lèvres, il n’entend pas). Il signe et une autre femme entendante connaît aussi la Langue des signes.


"Zorro"


1957, Walt Disney, USA, série tv


Le serviteur de Zorro alias don Diego est muet, mais pas sourd comme on le croit souvent.


"Miracle en Alabama" (" The miracle worker ")


USA, Arthur Penn, 1962, avec Patty Duke


Très belle réalisation en noir  et blanc basée sur une histoire véridique. Une petite fille, Helen Keller, sourde-muette et aveugle rend la vie impossible à ses parents qui ne savent plus comment s’en occuper. Ils engagent une gouvernante, Annie, qui va se charger de la civiliser et de lui donner l’instruction dont elle a besoin (langue des signes pour les sourd-aveugles). Annie (the miracle worker) qui a elle-même souffert de cécité avant d’être soignée, sent comment s’y prendre avec Helen.


Ce film est à l’origine de nombreuses vocations de travailleurs sociaux.


"L’enfant sauvage"


FR, deFrançois Truffaut, 1969, avec Jean-Pierre Cargol


L’enfant sauvage trouvé par une paysanne dans l’Aveyron est le personnage principal du film avec le Docteur Jean Itard qui le prend en charge pour le civiliser (similitude dans le personnage avec Helen Keller de Miracle en Alabama). Le comédien n’est pas sourd.


Ce film fut tourné dans l’Institut national des jeunes sourds où nous allons faire l’iterview de Guy Jouannet.


"Silence mon amour" (Voices)


de Robert Markowitz, 1979, avec Amy Irving (entendante)


Une histoire d’amour entre un entendant (musicien et employé de l’entreprise de nettoyage de son père) et une Sourde (enseignante dans un institut pour sourds mais danseuse dans l’âme). Drew s’éprend de la belle Rose-marie ; lorsqu’il comprend qu’elle est sourde, il va chercher à se rapprocher en apprenant un peu la langue des signes, en se bouchant les oreilles pendant 3 jours… il la poussera à se présenter à une audition de danse qui donne lieu à une belle séquence. Plusieurs scènes aussi qui tentent de faire ressentir au spectateur ce que signifie la perte de l’ouïe.


Joli portrait de famille du côté de Drew (4 hommes, gd-père, le père et les deux frères, seconds rôles sympathiques) qui amène une touche humaine et vivante au film. Du côté de Rose, qui vient d’une famille bourgeoise, la maman s’inquiète de cette relation avec le musicien, elle a peur que sa fille se fasse avoir par Drew et le monde des entendants (Rose a un compagnon sourd, qui est bien installé socialement), qu’elle ne puisse pas partager la musique si importante pour Drew.


"Boy meets girl"


de Léos Carax, 1984, avec Albert Braun


"L’âme soeur"


CH, 1985, Fredi Murer, avec Thomas Nock (entendant)


Selon Guy Jouannet : " L’âme sœur parvient grâce à sa simplicité et à la force de ses images à nous dépeindre un milieu rural et montagnard où une famille se défait à cause du fils sourd qui vit à l’abri des tabous et de toute morale. L’harmonie trompeuse dissimule l’inceste qui va s’accomplir entre le garçon est sa sœur. L’importance documentaire donne une précision sensorielle importante. Le " bouèbe " doit pouvoir toucher et palper les choses et l’ouïe manquante est palliée par des instruments qui renvoient aux autres sens (la vue, le toucher, le goût…. ) "


"Jean de Florette",   


FR, 1985-86, Claude Berri


Chantal Liennel, comédienne sourde joue la rôle de domestique.


"Les Enfants du silence",


1986, de Randa Haines, avec Marlee Matlinet William Hurt, en anglais " Children of a lesser god ", enfants d’un dieu inférieur !


Un film type hollywoodien, très bien interprété, même si reposant encore sur la problématique récurrente: la Sourde a un problème d’intégration, quelqu’un (un professeur amoureux d’elle) va l’aider à s’ouvrir à la vie. Belles scènes psychologiques entre le couple (la Sourde est jouée par  Marlee Matlin, comédienne sourde). Le film permet aussi des scènes de groupe intéressantes entre Sourds (école pour Sourds, spectacle).


"La Leçon de piano",   


Australie, 1992, Jane Campion, avec Holly Hunter


Remarquable personnage de muette pour un mélodrame magnifique.


Guy Jouannet : il faut souligner que l’éternelle confusion avec les personnages muets persiste toujours, ainsi nous avons eu droit, dans la presse, à une Ada (Holly Hunter), l’héroïne de la leçon de piano, présentée comme sourde-muette. Ont-ils vu le film alors que l’argument principal est le piano, autour duquel s’affrontent puis s’aiment la femme muette et son rustre voisin analphabète ?


"Quatre mariages et un enterrement",


(Four weddings and a funeral) de Mike Newell, 1993, GB, avec David Bower


Belle palette d’acteurs (Hugh Grant, Andie Mc Dowell, Kristin Scott Thomas) pour ce film sympathique, drôle et touchant. Un groupe d’amis d’enfance aisés, tous célibataires sont invités à diverses cérémonies de mariages (grandes fêtes, plus ou moins réussies, amenant rencontres et petits drames au sein de cette communauté. Malentendus, explications, retrouvailles). Le frère d’un des héros principaux joué par Hughes Grant est sourd. Il communique avec lui en Langues des signes. C’est un personnage secondaire mais " complet ", amenant même le déroulement final positif du film en faisant avouer à son frère en pleine cérémonie qu’il n’est pas amoureux de sa promise, mais d’une autre.


Selon Guy Jouannet. : " film élégant et drôle, qui prend pour cible l’institution universelle du mariage, on reste surpris de rencontrer des personnages complètement atypiques comme le couple homosexuel et le sourd-muet, présenté comme un personnage positif et heureux. Les dialogues gestués avec son frère Charles (Hugh Grant) ne manquent pas de saveur et d’insolence. "


"Ridicule"


de Patrice Lecomte, 1995, France, avec Bruno Zanardi


Jolie comédie historique de mœurs française sur les travers de la cour du roi Louis XVI, très plaisante à regarder. Bien écrit, belle lumière, avec quelques belles performances d’acteur (Giraudeau, Ardant, Berling). Le Sourd est un personnage secondaire (joué par un Sourd dont c’est la première apparition au cinéma), mais comme cela se passe à l’époque de l’Abbé de l’Epée, il y a quelques scènes avec ce dernier et ses protégés, instructives sur l’époque (comment les Sourds étaient perçus) et intéressantes pour nous à utiliser.


"Professeur Holland" (Mr Holland’s opus)


de Stephen Herek, 1995, avec Nicholas John Renner, Joseph Anderson, Anthony Natale


Drame psychologique américain facile à regarder, bien fait, excellent acteur principal. Il présente un compositeur de musique obligé à enseigner la musique en milieu scolaire pour gagner sa vie. A contre cœur d’abord, puis il découvre ce que peut lui apporter cet échange avec les étudiants et devient une sorte de " prof modèle ", renonçant à sa carrière de compositeur. Heureux en couple, il s’éloignera néanmoins plusieurs années de sa famille lorsqu’il apprendra que leur fils est Sourd. En effet, le handicap de son fils l’empêche de créer un vrai lien avec lui (il ne fait pas d’effort pour apprendre la langue des signes par exemple et se consacre davantage à ses élèves). Ce n’est qu’à la fin du film, lors de sa propre retraite et à la majorité de son fils qu’il comprendra son erreur et tentera de combler le vide en retrouvant une communication avec celui-ci. Il cherche à lui faire comprendre la musique (concert avec des lumières et chanson en langue des signes en hommage à son fils). Le fils est un personnage secondaire néanmoins à l’origine d’une des principales problématiques du film, créant de l’émotion (le fils est joué par 3 acteurs sourds selon les différents âges de sa vie).


"Sur mes lèvres"


FR, 2001, Jacques Audiard, avec Emmanuelle Devos (entendante)


Carla Behm, une jeune femme de 35 ans au physique plutôt moyen et malentendante, est secrétaire à la Sédim, une agence immobilière, mais elle est payée une misère et souffre d’un manque de considération de la part de ses employeurs. Son existence triste et solitaire va prendre une tournure différente avec l’arrivée dans la société de Paul Angeli, une nouvelle recrue de 25 ans, plutôt beau gosse, mais qui n’a aucune compétence dans la promotion immobilière.


Celui-ci cherche à se réinsérer après avoir fait de la prison. Une histoire d’amour improbable va naître, doublée de manipulation réciproque, entre ces deux marginaux.


"L’amour secret",  (Stille Liebe)


de Christoph Schaub, 2003 ?, Suisse, avecEmmanuelle Laborit et Lars Otterstedt


(2 comédiens sourds comme héros principaux, c’est rare !)


Film touchant bien qu’un peu austère, servi par de bons acteurs. Les deux protagonistes sont sourds, mais ce sont des personnages à part entière avec leurs défauts, qualités,  particularités, envies et  pas uniquement dépendants des entendants. Intéressant aussi pour les entendants car il essaime des informations sur la réalité sourde au long du film (chœur, théâtre, langue, université…). Les deux acteurs sourds utilisent des  Langues des signes différentes mais le réalisateur a dû avoir recours à deux interprètes.


"Zulu, love letter"


de Ramadan Suleman, 2004, Afrique du Sud


Pas encore regardé !


"Be with me"


Singapour, d’Eric Khoo, avec Teresa Chan, 2005


Beau film de réalisateur, poétique et sensible, qui nous permet de ressentir les émotions des personnes. Film à plusieurs voix  (histoires qui se croisent dans une même ville), dont un des personnages principaux est une vieille femme sourde-aveugle (jouée par une comédienne sourde et aveugle). Leur quête est celle de tous : la recherche de l’autre, l’âme sœur, l’amour.


"Babel"


de Alejandro Gonzalez Inarritu, avec Brad Pitt, Cate Blanchett 2006


Très beau film de réalisateur, un peu dur, mais fort, avec une narration non linéaire très intéressante. Quatre histoires ou drames, se déroulant dans quatre pays différents mais avec toutes un lien avec l’histoire principale : un couple d’Américains en rupture cherche l’évasion et retrouvailles dans un voyage organisé au Maroc. Ces vacances s’avèrent un cauchemar, la femme se faisant accidentellement blesser par une arme à feu en plein désert (tir d’un enfant imprudent). Un conflit politique international en découle, amenant une enquête policière. Le fusil avait été donné à un guide en reconnaissance de son travail par un chasseur japonais en vacances. La fille de celui-ci est une adolescente sourde vivant une puberté difficile. Elle est le personnage principal d’un des 4 récits, très émouvant. Conflits d’adolescence exacerbés par son histoire familiale lourde et le handicap.


"Les fantômes de Goya"


Espagne-USA, de Milos Forman, 2007, avec Stellan Skargard


Film dur sur une société décadente et extrême, que le spectateur observe au travers des yeux du peintre Goya, personnage central du film. L’artiste est lui-même un acteur et un observateur de ses contemporains qu’il peint dans ses tableaux sans complaisance. Au milieu de sa vie et du film, il devient complètement sourd. On le voit communiquer en Langue des signes avec un interprète (seul film parmi ceux que j’ai vu avec interprète), son handicap sert bien sûr par moment la dramaturgie, mais n’est pas l’élément essentiel.


"There will be blood"


USA, de Paul Thomas Anderson, 2007


Selon Guy Jouannet.: " Le pétrole découvert en Californie par Daniel Plainview apportera à la fois la fortune et le désastre de l’industriel. Même son fils, sourd, tournera le dos à son père.


Une œuvre adulte et remarquable ".


D’autres films me semblent néanmoins plus pertinents pour notre échantillon restreint ! Le personnage du fils reste secondaire.


"Little New York" (Staten Island)


 USA, 2009, de james Demonaco, avec Seymour Cassel


Drame à plusieurs voix (3 histoires qui se croisent).


Guy Jouannet : " Seymour Cassel, comédien entendant (dans un film de John Cassavetes), joue le rôle d’un petit épicier sourd-muet qui vient à bout d’une bande mafieuse. Il est absolument réjouissant avec son carnet, sa lecture labiale, sa connaissance du langage gestuel. "




Filmographie  d’Emmanuelle Laborit


"La vie silencieuse de Marianna Ucria"


Italie-France-Portugal, 1996, de Roberto Faenza, avec Emmanuelle Laborit


Premier long-métrage d’Emmanuelle Laborit.


"Un air si pur"


1996, France-Pologne-Belgique, d’Yves Angelo avec Emmanuelle Laborit


"11’09’’01 September 11"


2002 : Pour évoquer l'ampleur de l'onde de choc des attentats du 11 septembre 2001 à New York, saisir la dimension de cette tragédie et témoigner de sa résonance dans le monde entier, 11 courts métrages de 11 minutes chacun, réalisés par 11 réalisateurs d'origine et de culture différente, avec une entière liberté d'expression.


Celui de Claude Lelouch, France, avec Emmanuelle Laborit :


Un film principalement silencieux. Il met en scène une jeune femme sourde, jouée par Emmanuelle Laborit. Celle-ci vit à Manhattan et pourtant elle sera une des dernières à être au courant de l'attentat du 11 septembre, étant insensible à l'agitation qui règne alors que son histoire amoureuse s'effondre en même temps que les tours.


"Amour secret"(Stille Liebe)


de Christoph Schaub, 2000, Suisse, avec Emmanuelle Laborit et Lars Otterstedt


Film touchant bien qu’un peu austère, servi par de bons acteurs. Les deux protagonistes sont sourds (avec ce que cela ajoute comme ressort dramatique), mais ils sont des personnages à part entière avec leurs défauts, qualités,  particularités, envies et ne sont pas uniquement dépendants des entendants. Intéressant aussi pour les entendants car il essaime des informations sur la réalité sourde au long du film (chœur, théâtre, langue, université). Les deux acteurs sourds utilisent des  Langues des signes différentes.