Les huttérites vivent dans des "Bruderhof", des communautés agricoles qui rappellent les kolkhozes soviétiques ou les kibboutz israéliens. [Zoulou Cie]
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La vallée des utopies

L'émission du 25 mars 2012

Disséminées dans des vallées profondes, à la frontière des Etats-Unis et du Canada, loin des villes, quatre cents colonies agricoles vivant en autarcie abritent des utopistes chrétiens appelés "huttérites". Malgré leur refus total de la propriété individuelle, leurs affaires prospèrent.

Les huttérites ont conservé un mode de vie simple et austère qui prônent un modèle de vie communautaire, le partage de l’argent, la non-violence et le baptême à l’âge adulte. Leur histoire remonte à 1528, en Allemagne du Sud. Ils parlent, comme leurs ancêtres, un dialecte allemand. Ils sont aujourd’hui 40'000 disséminés dans des vallées profondes, à la frontière des Etats-Unis et du Canada. Loin des villes, ces utopistes chrétiens forment 400 colonies agricoles. Malgré leur refus total de la propriété individuelle, leurs affaires prospèrent. Ces lointains cousins des amish vivent sans radio ni télévision, dans des colonies agricoles, les "Bruderhof", qui rappellent les kolkhozes soviétiques ou les kibboutz israéliens.

La plupart des communautés huttérites vivent dans la région canadienne de Prince Albert. [Zoulou Cie]Les huttérites ou partisans du pasteur Jacob Hutter étaient à l’origine des anabaptistes originaires du sud de l’Allemagne et de l’Autriche. Comme les mennonites et les amish, ils refusaient de baptiser leurs enfants avant l’âge adulte. Installés dès 1529 en Moravie, les huttérites sont persécutés pour leurs croyances. Les rescapés entament un long voyage qui les mène, au cours des siècles, en Hongrie, Roumanie et en Russie tsariste. Ils arrivent en 1870 aux Etats-Unis. Leur refus de porter des armes pendant la guerre de 1914-1918 les fait suspecter d'intelligence avec l’ennemi. Après la guerre, la plupart décident d’émigrer plus au nord, dans la région canadienne de Prince Albert.

Mary Ann Kirby a quitté la communauté avec ses parents à l'âge de 10 ans. Auteure de "I’am Huterrite", elle a gardé des relations étroites avec les huttérites de Leask. Elle est l’un des témoins clefs du documentaire. Dans cette société très machiste, il a fallu rencontrer en premier lieu les hommes qui détiennent le pouvoir. Mais les femmes jouent également un rôle non négligeable. Car tout est fait maison: du vin fabriqué avec des fleurs de pissenlit, aux chaussures, en passant par les travaux des champs et l’élevage du cochon… Les huttérites vivent en autarcie presque totale.

A une époque de crise aiguë du capitalisme, de pertes de repères et de désastres écologiques, ces chrétiens utopistes témoignent d’une autre manière de vivre au sein de communautés où les mots "solidarité́" et "égalité" possèdent réellement un sens.
Un film de Thomas Risch
Production: Zoulou Cie
Proposé par Cédric Némitz, RTS