Quelle place pour la religion musulmane ?

Touche pas à mon Dieu!

Face aux organisations religieuses, l'Etat doit-il financer, contrôler ou au contraire s'en mêler le moins possible ? Des représentants du monde religieux, culturel et juridique sont réunis pour en débattre.

Qui surveille qui?

Il y a quelques semaines, un coup de tonnerre secouait le ciel
habituellement discret de la Grande Mosquée de Genève. Le nouveau
directeur décidait le jour même de son entrée en fonction le
licenciement de 4 collaborateurs dont le porte-parole de la
Fondation. Au-delà des raisons légitimes ou non, cet épisode
révélait au public l'étroite dépendance de la Fondation culturelle
islamique de Genève avec l'Arabie Saoudite et la ligue islamique
mondiale. C'est en effet cette dernière institution qui a pris la
décision de nommer cette nouvelle direction. La question qui ne
manque pas de se poser est celle de savoir si une telle procédure
ne devrait pas faire l'objet d'une consultation avec, par exemple,
un organe de surveillance. Que peut faire et que doit faire l'Etat
en matière de contrôle? L'Etat laïc qui a fondé la Suisse en se
séparant des Eglises n'a-t-il donc plus aucune tâche en la matière?
Est-ce le rôle des cantons? Mais dans un canton qui affiche
clairement sa laïcité comme Genève, qui peut avoir un droit de
regard? Ces questions rebondissent aujourd'hui de façon plus
générale avec parfois, on commence à la percevoir, une mise en
danger de la paix religieuse. La construction des minarets ne
vient-elle pas révéler l'impossibilité pour l'Etat de se
débarrasser des questions religieuses en les renvoyant purement et
simplement dans la sphère privée?




Le problème peut aussi se poser avec certains nouveaux mouvements
religieux susceptibles de représenter un danger pour la population,
comme, par exemple, la Scientologie. Là encore, quelle
responsbilité faut-il attribuer à l'Etat, aux cantons et aux autres
acteurs de la vie religieuse? Des questions qui ne manqueront pas
d'alimenter ce débat qui se voudra avant tout constructif et
expliquatif.

Invités:

Ahmed BENANI, anthropologue et historien des religions

Elie ELKAIM, avocat, président de la LICRA

Jean-Claude BASSET, théologien, spécialiste des minorités religieuses

Jean-Blaise FELLAY, Père jésuite

Jean-Noël CUENOD, écrivain

Journaliste: Jacques Zanetta

Réalisation: Tiziana Caminada

Production: Daniel Wettstein