TNT et vin chaud : ABE sillone la Romandie pour vous !

TNT et vin chaud: ABE sillone la Romandie pour vous!

L'émission du 22 février 2011

La TNT française recouvre une partie de la Romandie. Vaut-il encore la peine d'être abonné à un téléréseau, au satellite ou à un fournisseur d'accès à la TV via Internet ? ABE a fait le tour de la Suisse romande pour voir combien de chaînes françaises pouvons-nous capter ? ABE a prélevé, incognito, du vin chaud dans des stations de ski : dégustation par des experts, le verdict est parfois sévère !

Vous avez dit TNT ?

Moins de chaînes, moins d'ennuisA l’époque, c’était relativement simple. Un émetteur, comme celui de la Dôle, un poste TV et un seul programme. Et pour le capter,  il fallait parfois faire preuve d’ingéniosité. Aujourd’hui, le nombre de chaînes a explosé : certains télé-opérateurs en offrent  plus de 200 dans leurs abonnements. Et les moyens de distribution ont suivi.

Il y a d’abord le câble : téléréseau, téléphonie, internet … 85% des téléspectateurs helvétiques y sont raccordés. Il y a ensuite le satellite : un peu  plus de 10% reçoivent la télévision par ce biais. Arrive en dernier la TNT, soit la Télévision numérique terrestre.

Peut-être avez-vous déjà entendu une de ces campagnes pour la TNT : « VOUS N’AVEZ NI LE CABLE, NI LE SATELLITE, LA TNT, C’EST SIMPLE COMME BONJOUR !»

Simple et c’est elle qui a remplacé l’ancienne diffusion analogique par voie hertzienne. Mais, en Suisse, seul 4 % des téléspectateurs y recourent.

Alors, comment fait-on cette fameuse TNT ? Avec le passage au tout numérique, fini le temps où l’image captée en studio partait depuis les grandes antennes de la Tour TV.

Aujourd’hui, avant d’arriver sur vos écrans, Manuelle Pernoud doit passer par la cave.

Le tout numériqueDamien Corti, Responsable Projets et Développements RTS, nous l’explique :  « C’est depuis les locaux techniques du Centre de commutation de la Tour de la TSR situés au sous-sol que les signaux, partent. Avant, nous injections le signal depuis la Tour de la TV. Actuellement avec le signal numérique,  tous nos programmes que l’on diffuse, la vidéo, l’audio, le télétexte, sont transmis  à Zurich par deux tout petits fils, qui sont évidemment très importants, ce sont des fibres optiques. »

Une distribution tout azimutDes fibres optiques qui finissent au centre de distribution de la SSR, sur les bords de la Limmat. Et c’est là qu’est façonné le signal, comme le relève Hansruedi Jucker, Chef de la distribution SSR : «Ici ,on rassemble tous les programmes de la SSR, c’est-à -dire SF1, SF2 et SF Info qui proviennent de Zurich, TSR1 et TSR qui arrivent  de Genève,  et TSI1 et TSI2 qui nous sont envoyés depuis Lugano. C’est par fibre optique qu’ils nous sont transmis.. Ces signaux sont retravaillés dans un signal multiplex et transportés ici sur le satellite pour alimenter, entre autres, les téléréseaux ou les téléspectateurs avec une installation de réception satellite. Et c’est aussi depuis ici qu’on prépare le signal TNT qui est ensuite injecté par fibre optique dans un réseau Swisscom d’émetteurs, puis diffusé par voie hertzienne directement chez le client à la maison. »

Des antennes obsolètesEn Suisse,  il y a 200 émetteurs TNT,  comme celui de Chasseral. Avant le tout numérique, il y en avait plus de 800 répartis dans tout le pays. C’est à travers ces antennes que passe la TNT suisse. Techniquement, il y aurait de la place pour 28 programmes. Mais la SSR est la  seule à utiliser ces antennes actuellement.

Antonio Rivola, de l’Office fédéral de la communication, explique les raisons de ce choix : « Le Conseil fédéral demande à la SSR que chaque région ait les 2 canaux de la région linguistique plus, au minimum, 1 canal de chaque région linguistique du pays. C’est une obligation Il faut penser à un cas où le téléréseau ne fonctionne plus, où le satellite ne marche plus, donc si on ne peut pas recevoir de programme par cette entremise, il faut encore pouvoir recevoir des programmes suisses en Suisse, c’est la raison de la TNT »

Une manière de garantir aussi aux autorités un accès télévisuel à la population. Mais face à la TNT, tous les Suisses ne sont pas logés à la même antenne. Si 99 % des téléspectateurs captent bien l’offre gratuite helvétique,  Romands et Tessinois ne reçoivent que 4 des huit chaînes produites par la SSR. Les Suisses allemands 5 !

Selon Damien Corti, «il n’y a pas de discrimination parce que SF produit un troisième canal qui est SF Info et ce canal est vraiment dédié à la Suisse alémanique. C’est pourquoi il est sur le bouquet suisse alémanique. En Suisse romande,  pas de canal à info continu, c’est pour cela qu’il n’y a pas d’offre à ce propos. »

Une explication qui passe mal, notamment auprès des internautes. Les critiques sur les forums pullulent. Un avis partagé par les organisations de protection des consommateurs.

Nadia Thiongane de la Fédération romande des consommateurs ne s’explique pas cette situation. Selon elle, « il y a un déséquilibre c’est clair. Pourquoi on reçoit pas le même nombre de chaînes que les Suisses alémaniques ? Et finalement, on pourrait aller plus loin, la SSR ce n’est pas seulement 4 ou 5 chaînes, c’est 6 à 8 chaînes, plus sur le plan international, celles qui sont financées par notre redevance, donc on pourrait exiger du Conseil Fédéral qu’au niveau de la concession qu’il accorde à la SSR en matière de TNT, il soit plus exigeant sur l’offre minimale que la SSR doit  fournir. »

Antonio Rivola défend ce choix. «C’est un choix stratégique de la SSR, combien de programmes doivent être diffusés. La SSR est déjà diffusée par les téléréseaux et par les satellites. C’est le choix de la SSR d’investir de l’argent pour tous les programmes sur TNT ou pas. »

Pourtant, grâce à la TNT, la SSR a divisé par 4 ses coûts de distribution par voie hertzienne passant de 80 à 20 millions de francs par an. Malgré cette économie, la SSR n’entend pas pour autant accroître son offre numérique terrestre. 

Thomas Saner, chef technique et membre de la Direction générale de la SSR rappelle que « la redevance, c’est pour faire le contenu et pour distribuer nos programmes et si on dépense plus pour la distribution, on a moins pour le contenu, il faut une pondération de ces deux sommes ».

Économiser sur la diffusion pour renforcer le contenu? En matière de télévision, le débat n’est pas nouveau.

Faut-il garder son câblo-opérateur ?

La TNT est en pleine expansion et déborde en Suisse. Depuis l’été dernier, près d’une vingtaine de programmes peuvent être captés gratuitement dans une grande partie de la Suisse romande, dont toutes les chaînes de France télévision. Avec la TNT helvétique, ces 22 chaînes francophones gratuites représentant les 76% du marché télévisuel. Alors vaut-il encore la peine d’être abonné à un téléréseau payant ? Certains n’ont pas hésité à faire le pas, comme Christophe Kilchoer, de Plan-les-Ouates.  « Je suis en train d’envoyer une lettre de résiliation de mon téléréseau tout simplement parce qu’en fait, il y de la TNT qui est mise sur les ondes et ce service est gratuit »

Christophe Kilchoer renonce au téléréseauChristophe est un de ces propriétaires de villa qui a fait installer une antenne râteau sur son toit. Grâce à son téléviseur doté d’un décodeur TN,  comme plus de 90 % des appareils vendus aujourd’hui dans le commerce, il est en passe de s’affranchir totalement de son câblo-opérateur. Economie estimée:  300 francs par an au minimum.

« Là, j’ai tout la TNT française. Il y a une vingtaine de chaînes plus 2 suisses, TSR1 et TSR2, et puis la Suisse allemande et la Suisse italienne. Et tout ça gratuitement. Avec une qualité numérique parfaite ,ce que je n’avais pas avec le téléréseau. » Mais le choix offert avec le téléréseau reste plus important. «C’est vrai, il y a plein de chaînes que sincèrement je regardais jamais. Là , au contraire, j’ai une vingtaine de chaînes en français, réellement, je suis gagnant. »

Attention cependant, tous les endroits ne sont pas égaux devant la TNT, il vaut mieux vérifier la réception avant de passer son câblo-opérateur par pertes et profits.

Pour Pascal EMERY ,de Geratronic, certaines précautions doivent être prises : « Je conseillerais aux téléspectateurs qui ont gardé leur antenne râteau d’abord de voir si elle est fonctionnelle, de faire une recherche automatique avec leur décodeur TNT, et de voir si ces chaînes arrivent. Par la suite, pour ceux qui n’ont pas cette antenne râteau, de se diriger dans une grande surface et d’acheter une petite antenne avec amplificateur incorporé d’un , coût aux environs de 60 francs. Et troisièmement, éventuellement de contacter un installateur d’antenne local qui pourra lui confirmer si la région est bien arrosée par les différents émetteurs. »

Nous avons donc pris notre antenne de pèlerin pour aller voir combien de chaînes TNT gratuites peuvent être captées par les téléspectateurs. Avec une voiture équipée d’un téléviseur muni d’un décodeur TNT et d’une antenne disponible dans le commerce, nous avons sillonné les routes romandes. Au total, un périple de 951 km 300. Avec 37 points de mesures effectuées dans 27 villes différentes.

Premier constat : les 4 chaînes de la TNT helvétique sont bien reçues dans tous nos points de contrôle. Certains téléspectateurs reçoivent même en plus l’offre complète suisse alémanique. C’est le cas par exemple de Tavannes,  Bienne, Fribourg et Sion.

Deuxième constat : la TNT française peut être captée par près de la moitié de la population romande.

Vaud GenèveAinsi, de Genève à Montreux, 10 à 19  programmes français sont captables.

JuraAutre région bien couverte par la TNT de nos voisins français : le Nord du Jura et une partie des Montagnes neuchâteloises. On passe ainsi de 11 chaînes à La Chaux-de-Fonds, à 13 à Porrentruy. La capitale de l’Ajoie est même la championne romande de la TNT gratuite. Entre programmes suisses, français et allemands, on peut y recevoir un total de 29 chaînes.

Valais Fribourg Trois-LacsLe sort télévisuel des habitants de la région des Trois-lacs, des cantons de Fribourg et du Valais est beaucoup moins enviable... Dans ces zones-là, seuls les 4 programmes de la TNT helvétique sont disponibles.

Attention, cependant, ce paysage télévisuel n’est pas définitif. En juin, plusieurs émetteurs français verront leur puissance modifiée. Et, au printemps 2012, d’autres entreront en fonction. Le nombre de programmes français gratuits pourrait donc s’accroître et leur zone de diffusion changer.

Aujourd’hui, entre TNT française et helvétique les chaînes offertes représentent 76% de parts de marché, soit plus des ¾ des programmes regardés par les téléspectateurs romands. Dans ces conditions, vaut-il encore la peine d’être abonné à un téléréseau ? La question, beaucoup se la posent. Mais attention, s’il est facile pour un propriétaire de résilier son abonnement au téléréseau, pour le locataire, cela peut être la croix et la bannière.

Dans certains cas, la résiliation n’est pas acceptée, car « cette prestation fait partie intégrante [du] bail à loyer », comme l’explique Andreas Fabian, secrétaire général (GE) à l’Union suisse des professionnels de l’immobilier: «Tout d’abord, il faut savoir si le locataire est au bénéfice d’un contrat ou d’un abonnement individuel au téléréseau ou un contrat collectif. Si c’est un contrat individuel, avec le locataire qui a signé un contrat directement avec le téléréseau, dans ce cas-là, le locataire doit regarder les conditions de résiliation et il doit pouvoir résilier une fois par an. Maintenant s’il est au bénéfice d’un contrat collectif, c’est soit le propriétaire, soit la régie qui a conclu un contrat pour l’ensemble  des appartements de l’immeuble et dans ce cas-là, l’abonnement au téléréseau, fait partie du contrat de bail, et il n’y a rien selon le droit du bail qui permet au locataire de demander une modification de son contrat. »

Selon Nadia Thiongane de la Fédération romande des consommateurs, l’offre et les moyens de diffusion évoluant, il serait normal que les consommateurs puissent faire un choix. «C’est clair que de notre point de vue, celui qui n’utilise pas son câble parce qu’il a choisi un autre mode de diffusion,  ne devrait pas avoir à le payer. Après, il faut aussi que les gérances, les câblo-opérateurs changent de façon de penser. Il est fini le temps où il n’y avait que des câblo-opérateurs sur le marché. Maintenant, d’autres modes de diffusion les concurrencent, il faut aussi qu’ils changent leur façon de faire».

La TNT gratuite française,  mais  surtout la télévision par ligne téléphonique, pourraient bien contribuer à  changer la donne. Swisscom TV par exemple, compte déjà aujourd’hui près de 400.000 abonnés. Et on murmure que d’autres opérateurs téléphoniques envisagent d’imiter le géant bleu. Reste que pour vraiment changer les choses, il faudrait modifier le droit du bail pour permettre au téléspectateur le libre-choix de son mode de réception et de son opérateur. Comme le téléphone ou l’électricité qui font eux l’objet d’une facturation totalement séparée.

Il nous faut encore préciser que certains câblo-opérateurs n’hésitent pas aujourd’hui à capter cette TNT gratuite pour la réinjecter dans leur téléréseau sous une forme cryptée. Une manière d’obliger leur clientèle à acquérir ou louer un décodeur numérique supplémentaire. Il s’agit là d’un procédé pour le moins douteux. Les Chambres fédérales sont d’ailleurs en train d’examiner une motion à ce sujet visant à interdire de telles pratiques.

 

Vin chaud ou brûlé ? : le test

Vin chaud ou brûlé ? : le test 

Comment se réchauffer au ski ?Comment se réchauffer quand froid et neige sont au rendez-vous ? La recette est classique : un bon vin chaud. Et bien nous avons voulu tester le breuvage offert aux amateurs de poudreuse. Pour ce faire, nos récolteurs anonymes se sont rendus dans huit stations des Alpes valaisannes, vaudoises et bernoises entre le vendredi 21 et le dimanche 23 janvier. 

A chaque fois, nous avons  prélevé le plus discrètement possible 8 dl du breuvage servi dans le premier établissement public accessible en haut des pistes. Sauf à  Saint-Luc où il n’y avait plus assez de vin chaud disponible dans l’établissement situé à l’arrivée du premier télésiège.

Tous les échantillons ont ensuite été rapportés aux experts en oenologie de l’Ecole d’Ingénieurs de  Changins pour une double analyse chimique et organo-leptique.

Thierry Ducruet, enseignant-chercheur à l’Ecole d’ingénieurs de Changins a participé au test.. « On a reçu huit échantillons qui étaient identifiés par un simple numéro dont on ne connaissait pas la provenance. Ensuite on s’est mis à cinq, dans une salle d’analyse sensorielle,pour faire une dégustation de ces vins chauds. On a donc dégusté chacun d’une manière isolée, chaque dégustateur a donné son propre avis. On a réuni ces avis pour faire une synthèse. Et puis on a vérifié notre dégustation avec des analyses chimiques et des résultats précis sur ces huit vins chauds. »

Pratiqués en laboratoires, les analyses ont notamment permis de connaître le taux d’alcool de chaque échantillon. Et les variations sont énormes : on passe de 2,8 à près de 11 degrés d’alcool.

Acidité totale, intensité de la couleur et teneur en sucre… tout a été scrupuleusement quantifié.

Même l’acidité volatile, permettant de connaître l’état sanitaire du produit, a été mesurée. A ce titre, quatre échantillons sur 8 avaient des teneurs se situant au-delà des limites acceptables.  

Les résultats de cette analyse chimique, commentés par Thierry Ducruet, corroborent le verdict des fins palais de nos experts.

Au final, en queue de peloton, on trouve l’échantillon recueilli dans la station huppée de Gstaad

GstaadGstaad, nettement insuffisant
« LE 8, il nous a surpris notamment par sa couleur légère, cela a été corrélé par l’intensité colorante qu’on a constatée en spectrométrie. On a aussi un nez éventé, des notes pharmaceutiques, du girofle, puis en bouche, c’est vraiment dilué, aqueux, avec peu de structure et peu de sucre dans ce produit. Il nous a déstabilisés parce que nous n’avons pas retrouvé nos repères par rapport aux autres produits »

L’air de Crans-Montana ne réussit pas au breuvage hivernal. L’échantillon prélevé dans la station valaisanne arrive avant dernier, avec notamment la teneur en alcool la plus basse du test. Soit 2,8 %.

Crans-MontanaCrans-Montana, insuffisant
« Sur le cinq, on a tout de suite constaté une couleur brune marquée, un trouble très net. Au nez, on voit tout de suite des notes de brûlé, de caramel trop cuit, de solvant et de plastique. En bouche, on a des tanins râpeux rêches, avec des goûts de noix très marqués. Et un vrai manque d’équilibre. On corrobore cela avec les analyses chimiques puisqu’on a très peu d’alcool sur ce produit et on a une couleur intense avec une acidité volatile très élevée. On peut estimer que ce vin a été cuit trop longtemps et a brûlé, son alcool s’est évaporé et cela a brûlé ses arômes »

VerbierPrélevés sur le haut des pistes à Verbier

Saint Lucet en station à Saint-Luc, les deux échantillons suivants font à peine mieux. En cause, principalement le manque d’équilibre de ces 2 vins chaud.

C’est aux Diablerets que nos récolteurs ont prélevé le premier échantillon de vin chaud qui a trouvé enfin grâce aux palais aiguisés de nos experts.

Les DiableretsLes Diablerets, moyen
« Sur le produit 7, on a un nez plus discret, plus léger, mais avec des notes de caramel, d’écorce d’orange légèrement oxydée. On a aussi une bouche qui est aussi équilibrée. On a un produit élégant et agréable. »

Passons maintenant aux vins chauds qui ont le plus séduit nos dégustateurs. L’absence de voitures dans les deux stations concernées a-t-il joué un rôle ? En tout cas, les échantillons récoltés respectivement à Saas-Fee et à Zermatt sont qualifiés de bons.

Saas feeSaas-fee, bon
«Sur le 2 ,on a une belle intensité colorante avec un léger trouble, ce qui est normal, on a un nez très marqué avec des senteurs d’épices, de la cannelle, mais également  avec du citron. Une belle acidité avec un équilibre intéressant. Une petite amertume finale, mais c’est un vin qui est assez bien équilibré ».

ZermattZermatt, bon
«Le 3 avait une couleur à l’œil plus évoluée, fruitée, très marqué, sur l’orange et la pêche. Il a une bonne amertume en bouche, toujours avec une petite note finale amère. Un produit assez agréable.».

Enfin, le vin chaud qui arrive en tête de notre test, nos récolteurs anonymes l’ont prélevé sur les pistes de la station valaisanne de Morgins. Aux Portes du Soleil. 

MorginsMorgins, bon
« Le six on a une couleur très intense, des notes d’agrumes, mentholées et de cardamome. C’est un produit assez épicé. Et en bouche, on a une bonne structure, un bel équilibre, c’est un produit très agréable. » 

C’est  dans un restaurant  situé en haut des pistes de Morgins, face aux dents du Midi, que nos récolteurs ont débusqué ce vin chaud qualifié d’agréable par nos experts. Il est servi dans le restaurant de La Foilleuse. C’est non seulement le vin chaud qui sort en tête de notre dégustation, mais c’est aussi le moins cher des huit vins prélevés pour notre test.

Hervé Monnay, gérant de la Foilleuse à Morgins nous dévoile certains de ses secrets :  « Je mets de l’orange, du citron de la cannelle et de l’étoile d’anis. J’ai goûté une fois et j’ai trouvé bon. Je fais entre 700 et mille litres par an. Et pour le vin, lequel utilise-t-il ? Surprise, c’est une base de vin chaud, en berlingot ! »

Eh oui, le meilleur vin chaud de ce test est produit industriellement. C’est dans les locaux de la centrale laitière de Sierre qu’il est conditionné.  Par un des deux principaux producteurs de vin chaud du marché helvétique.

Jacques Germanier, directeur de la Cave du Tunnel à Conthey, produit cette brique : « Je produis du vin chaud depuis plus de 10 ans. »  Et avec quel vin ? « Du vin étranger, rouge, avec des extraits d’herbe naturelle et des extraits de fruit naturel.>

Impossible d’en savoir plus, ni sur l’origine, ni sur les cépages utilisés par Jacques Germanier pour produire les 200.000 litres de vin chaud qu’il écoule chaque année. Mais l’élaboration de sa recette a fait l’objet de toutes les attentions : « Nous avons élaboré ce produit avec les étudiants de l’École d’ingénieurs à Sion. Le vin est tranquille, du premier au dernier jour, et parfaitement équilibré. »

Entendez par-là qu’il est pasteurisé. Cela dit, la majorité des vins chauds de notre test sont des vins de confection industrielle. Mais apparemment,  tous n’ont pas encore bien compris comment leur conserver saveur et qualité tout au long d’une journée de ski.

La semaine prochaine

 

À l’avant-veille de l’ouverture du 81 salon international de l’Auto ABE se penche sur la progression des véhicules électriques. Le stade du prototype est dépassé. Mais les prix correspondent malheureusement à du haut de gamme! Et d’autres bémols persistent : autonomie limitée, problème de la recharge. Comment rouler électrique ?

Bonus de l'émission

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Des antennes obsolètes

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A chaque fois, nous avons  prélevé le plus discrètement possible 8 dl du breuvage servi dans le premier établissement public accessible en haut des pistes. Sauf à  Saint-Luc où il n’y avait plus assez de vin chaud disponible dans l’établissement situé à l’arrivée du premier télésiège.

Tous les échantillons ont ensuite été rapportés aux experts en oenologie de l’Ecole d’Ingénieurs de  Changins pour une double analyse chimique et organo-leptique.

Thierry Ducruet, enseignant-chercheur à l’Ecole d’ingénieurs de Changins a participé au test.. « On a reçu huit échantillons qui étaient identifiés par un simple numéro dont on ne connaissait pas la provenance. Ensuite on s’est mis à cinq, dans une salle d’analyse sensorielle,pour faire une dégustation de ces vins chauds. On a donc dégusté chacun d’une manière isolée, chaque dégustateur a donné son propre avis. On a réuni ces avis pour faire une synthèse. Et puis on a vérifié notre dégustation avec des analyses chimiques et des résultats précis sur ces huit vins chauds. »

Pratiqués en laboratoires, les analyses ont notamment permis de connaître le taux d’alcool de chaque échantillon. Et les variations sont énormes : on passe de 2,8 à près de 11 degrés d’alcool.

Acidité totale, intensité de la couleur et teneur en sucre… tout a été scrupuleusement quantifié.

Même l’acidité volatile, permettant de connaître l’état sanitaire du produit, a été mesurée. A ce titre, quatre échantillons sur 8 avaient des teneurs se situant au-delà des limites acceptables.  

Les résultats de cette analyse chimique, commentés par Thierry Ducruet, corroborent le verdict des fins palais de nos experts.

Au final, en queue de peloton, on trouve l’échantillon recueilli dans la station huppée de Gstaad

GstaadGstaad, nettement insuffisant
« LE 8, il nous a surpris notamment par sa couleur légère, cela a été corrélé par l’intensité colorante qu’on a constatée en spectrométrie. On a aussi un nez éventé, des notes pharmaceutiques, du girofle, puis en bouche, c’est vraiment dilué, aqueux, avec peu de structure et peu de sucre dans ce produit. Il nous a déstabilisés parce que nous n’avons pas retrouvé nos repères par rapport aux autres produits »

L’air de Crans-Montana ne réussit pas au breuvage hivernal. L’échantillon prélevé dans la station valaisanne arrive avant dernier, avec notamment la teneur en alcool la plus basse du test. Soit 2,8 %.

Crans-MontanaCrans-Montana, insuffisant
« Sur le cinq, on a tout de suite constaté une couleur brune marquée, un trouble très net. Au nez, on voit tout de suite des notes de brûlé, de caramel trop cuit, de solvant et de plastique. En bouche, on a des tanins râpeux rêches, avec des goûts de noix très marqués. Et un vrai manque d’équilibre. On corrobore cela avec les analyses chimiques puisqu’on a très peu d’alcool sur ce produit et on a une couleur intense avec une acidité volatile très élevée. On peut estimer que ce vin a été cuit trop longtemps et a brûlé, son alcool s’est évaporé et cela a brûlé ses arômes »

VerbierPrélevés sur le haut des pistes à Verbier

Saint Lucet en station à Saint-Luc, les deux échantillons suivants font à peine mieux. En cause, principalement le manque d’équilibre de ces 2 vins chaud.

C’est aux Diablerets que nos récolteurs ont prélevé le premier échantillon de vin chaud qui a trouvé enfin grâce aux palais aiguisés de nos experts.

Les DiableretsLes Diablerets, moyen
« Sur le produit 7, on a un nez plus discret, plus léger, mais avec des notes de caramel, d’écorce d’orange légèrement oxydée. On a aussi une bouche qui est aussi équilibrée. On a un produit élégant et agréable. »

Passons maintenant aux vins chauds qui ont le plus séduit nos dégustateurs. L’absence de voitures dans les deux stations concernées a-t-il joué un rôle ? En tout cas, les échantillons récoltés respectivement à Saas-Fee et à Zermatt sont qualifiés de bons.

Saas feeSaas-fee, bon
«Sur le 2 ,on a une belle intensité colorante avec un léger trouble, ce qui est normal, on a un nez très marqué avec des senteurs d’épices, de la cannelle, mais également  avec du citron. Une belle acidité avec un équilibre intéressant. Une petite amertume finale, mais c’est un vin qui est assez bien équilibré ».

ZermattZermatt, bon
«Le 3 avait une couleur à l’œil plus évoluée, fruitée, très marqué, sur l’orange et la pêche. Il a une bonne amertume en bouche, toujours avec une petite note finale amère. Un produit assez agréable.».

Enfin, le vin chaud qui arrive en tête de notre test, nos récolteurs anonymes l’ont prélevé sur les pistes de la station valaisanne de Morgins. Aux Portes du Soleil. 

MorginsMorgins, bon
« Le six on a une couleur très intense, des notes d’agrumes, mentholées et de cardamome. C’est un produit assez épicé. Et en bouche, on a une bonne structure, un bel équilibre, c’est un produit très agréable. » 

C’est  dans un restaurant  situé en haut des pistes de Morgins, face aux dents du Midi, que nos récolteurs ont débusqué ce vin chaud qualifié d’agréable par nos experts. Il est servi dans le restaurant de La Foilleuse. C’est non seulement le vin chaud qui sort en tête de notre dégustation, mais c’est aussi le moins cher des huit vins prélevés pour notre test.

Hervé Monnay, gérant de la Foilleuse à Morgins nous dévoile certains de ses secrets :  « Je mets de l’orange, du citron de la cannelle et de l’étoile d’anis. J’ai goûté une fois et j’ai trouvé bon. Je fais entre 700 et mille litres par an. Et pour le vin, lequel utilise-t-il ? Surprise, c’est une base de vin chaud, en berlingot ! »

Eh oui, le meilleur vin chaud de ce test est produit industriellement. C’est dans les locaux de la centrale laitière de Sierre qu’il est conditionné.  Par un des deux principaux producteurs de vin chaud du marché helvétique.

Jacques Germanier, directeur de la Cave du Tunnel à Conthey, produit cette brique : « Je produis du vin chaud depuis plus de 10 ans. »  Et avec quel vin ? « Du vin étranger, rouge, avec des extraits d’herbe naturelle et des extraits de fruit naturel.>

Impossible d’en savoir plus, ni sur l’origine, ni sur les cépages utilisés par Jacques Germanier pour produire les 200.000 litres de vin chaud qu’il écoule chaque année. Mais l’élaboration de sa recette a fait l’objet de toutes les attentions : « Nous avons élaboré ce produit avec les étudiants de l’École d’ingénieurs à Sion. Le vin est tranquille, du premier au dernier jour, et parfaitement équilibré. »

Entendez par-là qu’il est pasteurisé. Cela dit, la majorité des vins chauds de notre test sont des vins de confection industrielle. Mais apparemment,  tous n’ont pas encore bien compris comment leur conserver saveur et qualité tout au long d’une journée de ski.

La semaine prochaine

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