Les adeptes des lentilles de contact sont de plus en plus nombreux. [Keystone]

Lentilles de contact: attention les yeux!

Passer des lunettes aux lentilles? Oui, mais à condition d'être bien conseillé. Médicalement bien sûr, mais aussi sur le prix et les précautions d'utilisation. Enquête et tests: ABE a mis les verres de contact sous la loupe.


Les adeptes des lentilles de contact sont de plus en plus nombreux. Il faut dire que l’industrie optique a fait de gros progrès ces 10 dernières années, à tel point qu’on peut tout corriger ou presque avec ce petit bout de metylmetacrilate, mais ça reste un objet médical et un corps étranger dans l’oeil, même si la publicité fait tout pour en banaliser l’usage.




Il faut de la rigueur pour choisir une lentille, la fabriquer et l’utiliser. On commence par la fabrication. A ce propos, les lentilles de contact ont un illustre parrain : Léonard de Vinci. C’est lui qui dans ses nombreuses esquisses en a dessiné les grands principes. Mais les myopes attendront encore 4 siècles avant de pouvoir bénéficier de l'invention, et jusqu’aux années 50, en porter demandera un certain courage. "Il y a 50 ans", nous dit Monsieur Bruno Fantony, directeur du Laboratoire Techno-Lens au Mont-sur-Lausanne, "les lentilles étaient des lentilles sclérales, faites en plexiglass, et qui étaient destinées surtout à corriger les forts défauts visuels. La première évolution a été l'arrivée, au début des années 50, des lentilles cornéennes. Beaucoup plus petites - plus petites que le diamètre de la cornée- mais toujours fabriquées en plexiglass".




Comme son nom le suggère, une lentille cornéenne ne recouvre que la cornée. Mais elle ne la touche jamais, elle flotte en permanence sur un film de larmes. Comme il n'est pas toujours facile de s'habituer à cette présence étrangère, on a inventé, dans les années 60, les lentilles souples, plus grandes que les rigides et beaucoup plus faciles à supporter.




"La lentille souple", explique Bruno Fantony, "est faite d'un plastique qui a la particularité de se dilater, de se remplir d'eau". La cornée a un besoin permanent d'oxygène. Poser une coupole par dessus a donc tendance à l'asphyxier. C'est le casse-tête des fabricants de lentilles: Trouver des matériaux qui laissent passer le plus possible d'oxygène, tout en offrant les meilleures propriétés optiques et le plus grand confort. De ce point de vue, les souples sont plus agréables, mais offrent une moins bonne oxygénation.


Les dessous de la fabrication



Au départ, les lentilles se présentent sous la forme de boutons rigides, composés d'un mélange de plexiglass, de silicone et de fluor. Au Mont-sur-Lausanne, Techno-Lens est l'un des principaux fabricants de lentilles en Suisse. 50 000 pièces sortent de son atelier chaque année. Toutes sont fabriquées sur mesure.




La forme d'une lentille dépendra de la courbure de l'œil auquel elle est destinée, du diamètre de la cornée et de la correction optique à apporter. Tailler une lentille exige donc une précision de l'ordre du centième de millimètre.Toutes les lentilles suivent la même procédure, qu'elles soient souples ou rigides.




Une fois taillée, la lentille sera encore l'objet de différentes opérations de polissage. La moindre aspérité pourrait provoquer une micro-lésion de la cornée et faire courir au porteur des risques d’infection. Finalement, avant de rejoindre l’oeil auquel elle est destinée, la lentille devra encore subir plusieurs examens optiques. Le contrôle est sévère. Chez Techno-Lens, 8% des lentilles sont rejetées lors de ce contrôle.




Pour les lentilles souples reste une dernière étape. Plongée dans l'eau, la lentille va gonfler petit à petit comme une éponge. En fonction du matériau de départ, la capacité d’absorption représente entre 40% et 70% du volume final, et plus la lentille contiendra d'eau, mieux elle laissera passer l'oxygène. Une fois sur l'œil, ce seront les larmes qui empêcheront la lentille souple de se dessécher.




Mais nous ne sommes pas tous égaux devant les larmes. Pour supporter les lentilles à haute hydrophilie, comme on les appelle, il ne faut pas avoir l’œil trop sec, sous peine de souffrir et faire souffrir sa cornée. En fait, chaque œil est différent et peut changer, influencé par des facteurs comme les hormones, la prise de médicaments, la sécheresse de l’environnement de travail, l’âge, etc.


La visite chez l'opticien



On ne peut donc pas choisir tout seul une lentille. Il faut confier ses yeux à un opticien spécialisé, on les appelle des contactologues ou adaptateurs.




Adapter une lentille, ce n'est pas une opération qui se déroule en 5 minutes. Il faut que votre opticien ou votre adaptateur vous accorde du temps et de l'attention. Un premier rendez-vous sérieux dure au moins trois quarts d'heure. A la première étape, on parlera motivation, santé, allergies éventuelles, etc.




Deuxième étape : observation de l’état général de l’œil et examen de la vue. "Les défauts les plus courants", précise Martin Mischler, secrétaire de l'Association Genevoise des Contactologues, "sont la myopie, l’astigmatisme, l’hypermétropie, et, depuis peu, la presbytie, ainsi que les combinaisons de ces défauts. Bref, on peut presque tout corriger avec une lentille".




Et puis vient la première rencontre entre l'oeil et la lentille. L’adaptateur essayera différents types de matériaux pour trouver celui qui convient. Et quand ça se passe bien, pour le porteur de lunettes, c’est une révélation : "Il faut comprendre que la lunette, ça corrige la vue", poursuit Martin Mischler "mais il y a une distorsion de la vue, parce qu'on corrige à une certaine distance de l'œil. Tandis qu'avec une lentille, on corrige le problème directement sur l'œil, là où il est, et on évite ainsi cette distorsion de l'image. Quelqu'un qui a une lentille voit comme quelqu'un qui n'a pas besoin de correction, comme quelqu’un qui voit parfaitement".




Une fois choisi le meilleur type de lentille, reste à effectuer le test de tolérance qui peut se faire le même jour. Il sert à voir comment l’œil et la lentille vont se comporter. "L’adaptateur a donc vu au premier rendez-vous ce qu'il peut imaginer comme type de lentilles", continue Martin Mischler. "Le client vient alors une deuxième fois, c'est un rendez-vous court, cinq ou dix minutes, on lui pose les lentilles et il repart avec. Il peut prendre congé ou retourner au travail, poursuivre une activité tout à fait normale, et il revient trois à quatre heures plus tard pour voir comment ça s'est passé. Il explique aussi comment il a ressenti les lentilles, si ça lui plaît, s'il veut continuer. Si c'est le cas, alors on prend des mesures supplémentaires pour pouvoir commander une lentille à ce moment-là".




Mais ce n’est pas fini. Après tout cela, il faudra encore apprendre à mettre et à enlever ses lentilles, ainsi qu’à les entretenir. Ce n’est pas très compliqué, mais c’est un coup à prendre, surtout quand on est complètement miro au point d’avoir du mal à voir sa lentille au bout du doigt. Avec l’habitude, ces gestes deviennent naturels.




Les yeux, comme les lentilles, sont très fragiles, il faut les traiter avec douceur et ils exigent un suivi assez strict. Une fois par an, une visite chez l’adaptateur s’impose. A la moindre gêne, ou en cas de rougeur, il faut absolument aller montrer oeil et lentille à son adaptateur, qui vérifiera la bonne santé de l’un et de l’autre.




Enfin, un entretien scrupuleux des lentilles et un nettoyage intensif de temps en temps chez l’opticien peut prolonger la durée de vie d’une lentille.




Evidemment, tout ça fait de la lentille un objet cher. Même si les prix ont diminué ces dernières années, il faut quand même compter plusieurs centaines de francs, alors quand ça disparaît dans le lavabo de votre salle de bains, il y a deux solutions, pleurer ou filtrer le contenu du siphon dans une passoire à thé.




C’est entre autres pour cette raison que l’industrie de l’optique a mis au point les lentilles jetables. C'est beaucoup moins cher à l'unité, mais là on quitte le sur mesure. Les lentilles jetables sont moulées en grande série et elles n'existent pas dans toute les pointures. Il y a des standards qui correspondront plus ou moins idéalement à votre oeil. Il y en a trois catégories: celles qu'on jette au bout d'un mois, celle qu'on jette après 15 jours et les one day, qu'on change chaque jour. Nous avons voulu tester la qualité de ces lentilles.


ABE teste les lentilles



Pour ce test, nous nous sommes rendus là où la majorité des opticiens du pays apprennent leur métier : l'Ecole Supérieure Suisse d'Optique à Olten.




Nous leur avons apporté 28 boîtes de lentilles jetables, achetées dans les magasins d'optique. Dans cet échantillonnage, les principales marques étaient représentées, ainsi que les différents types de lentilles, one day, 2 semaines, ou mensuelles.




L'école a prélevé 40 lentilles et les a soumises aux tests de qualité qui correspondent aux normes actuellement en vigueur.




Première vérification : la puissance de correction. Le chiffre annoncé par l'emballage était de 5,5 dioptries en myopie, mais 12% des lentilles testées présentaient une puissance supérieure, au delà de la norme de tolérance. A la longue, cela peut augmenter la fatigue oculaire, notamment durant la lecture.




Ensuite, le diamètre : 10% des lentilles dépassaient en diamètre ce qui était indiqué sur l'emballage. Cela dénote certains problèmes de maîtrise du processus de fabrication.




Cela se vérifie aussi avec la mesure de la courbure. Une lentille sur 4 ne correspondait pas exactement à la valeur indiquée par le fabricant. En général, elles étaient plus serrées. L'école nous a rappelé qu'une lentille trop serrée fait souffrir la cornée.




Enfin, l'école a vérifié l'état physique des lentilles. "Trois lentilles se sont déchirées lors des manipulations pourtant effectuées par des professionnels", commente Hilmar Bussacker, directeur de l’Ecole Supérieure Suisse d’Optique à Olten.




Evidemment, cela n'est pas dangereux, pour autant que l'on s'en aperçoive avant de poser la lentille sur l'œil. Ce qui est plus préoccupant par contre, ce sont les défauts indécelables à l'œil nu.




Trois autres lentilles présentaient des altérations de la bordure. "Si les bords ne sont pas bien lisses, pas bien réguliers" poursuit Hilmar Bussacker, "ça peut provoquer des irritations en contact avec la conjonctive et des micro lésions".




Nous avons choisi de ne pas citer les marques, d'abord parce que toutes présentent les problèmes qu'on vient de voir, et que, pour les distinguer entre elles, il aurait fallu tester des centaines de lentilles, ce qui était matériellement et financièrement impossible. Mais ce qu'on peut retenir, c'est qu'en achetant au hasard, vous avez proportionnellement le même risque que nous de tomber sur des lentilles qui posent problème.




Tout ceci montre que les fabricants ne maîtrisent pas encore totalement la production des lentilles jetables. Il faut dire que produire un objet aussi délicat en grandes séries, ce n'est pas facile, mais ce n'est pas une raison pour trouver d'aussi mauvais résultats, et on espère bien que les fabricants feront des progrès très vite. D'autant que, contrairement à ce qu'on peut penser, les jetables sur une année, ce n'est pas bon marché.


Aïe aïe aïe! Ca coûte cher...



Pour autant que l'on parvienne à s'y habituer, les lentilles rigides offrent assurément le meilleur rapport qualité optique/prix. Comptez entre 200 et 350 francs pour les lentilles et de 180 à 380 francs par année pour les produits d'entretien. Bref, la fourchette oscille entre 380 et 730 francs la première année. Car en plus, les rigides durent en moyenne 3 ans.




Ensuite viennent les jetables prévues pour durer un mois. On trouve ces lentilles aux alentours de 200 francs par année. Le prix des produits d’entretien varie entre 200 et 300 francs par année. Au total, cela revient entre 400 et 500 francs. Mais il faudra dépenser cette somme chaque année.




Avec des lentilles souples fabriquées sur mesure, le prix oscille entre 200 et 420 francs. Les produits coûtent entre 270 et 400 francs. Au total, il faudra débourser entre 470 et 820 francs la première année. En moyenne, une paire dure un an et demi.




Pour des lentilles jetables après 15 jours, comptez entre 420 et 440 francs par année pour les lentilles et entre 200 et 300 francs pour les produits. Cela revient donc entre 620 et 740 francs.




Enfin, la solution la plus coûteuse si vous portez des lentilles chaque jour, ce sont les lentilles one day. Il faut compter entre 850 et 950 francs environ par année. L'avantage de ces dernières, c'est qu'il n'y a pas besoin de produits d'entretien, mais les ophtalmologues sont unanimes: ce sont des lentilles d'appoint, pour le sport ou en voyage, on ne devrait pas les porter toute l'année. Et même portées de temps à autre, achetées à l'étranger ou sur Internet, elles doivent être adaptées par un professionnel qui assurera le suivi.




Enfin, ce n'est pas parce que ces lentilles sont jetables qu'elles vous dispensent d'observer les règles d'hygiène de base, à commencer par se laver soigneusement les mains et les ongles avant de les manipuler, sous peine d'avoir des problèmes.


Attention les yeux !



Chez les porteurs de lentilles, les problèmes sont rares, mais comme l’oeil est un organe sensible, ça peut vite devenir sérieux. D'autant que certaines affections ne sont pas forcément visibles ou douloureuses. "Une lentille posée sur l'œil diminue l'oxygénation de la cornée", précise Chantal Bornet, ophtalmologue, Hôpital Jules Gonin à Lausanne. "Elle sera d'autant plus diminuée si la lentille présente des dépôts, si la lentille est détériorée parce que la durée de vie du matériau est dépassée, ou si la lentille est mal adaptée, notamment si elle est trop serrée. Si chroniquement la cornée ne reçoit pas assez d'oxygène, il va y avoir des petits vaisseaux qui vont pousser et qui vont envahir la cornée et à terme gêner la vision. C’est ce qu’on appelle une néo-vascularisation. Pour compenser le manque d’oxygène extérieur, l’oeil fabrique des vaisseaux sanguins pour amener l’oxygène par l’intérieur, ce qui finira par recouvrir la partie transparente de l’oeil. Traitée suffisamment tôt, cette complication peut être enrayée".




Mais ce n’est pas le seul risque que courent les porteurs de lentilles: "le risque majeur", poursuit Chantal Bornet, "c'est un risque infectieux, notamment au niveau de la cornée. Pour qu'une infection se développe au niveau de l'oeil, il faut qu'il y ait une contamination bactérienne. Cette contamination pourra se faire si on manque d'hygiène, par exemple si on ne nettoie pas suffisamment ses lentilles, si on ne nettoie pas suffisamment son boîtier, parce que plus il y aura de bactéries, plus elles se fixeront à la surface de la lentille. Une autre condition pour qu'une infection se développe au niveau de la cornée, il faut qu'il y ait ce qu'on appelle une porte d'entrée, ça va être une petite lésion de l'épithélium de la cornée. Cette petite lésion, elle va se produire par exemple si on manipule trop brutalement la lentille ou si on la porte trop longtemps, ce qui peut entraîner une souffrance de l'épithélium. Ca peut être grave, surtout si ce n'est pas soigné à temps. L'extrême, ce serait d'avoir une ulcération de la cornée, un abcès qui serait au centre de l'oeil et qui menacerait la vision".


Quelques conseils



"Les piscines sont des endroits où les lentilles peuvent être contaminées. Il y a énormément de germes dans les piscines, alors ce qu'on conseille, c'est soit d'éviter de porter des lentilles pour aller à la piscine, soit de porter des jetables one-day que l'on jettera après le bain", nous dit Chantal Bornet.




Certains porteurs de lentilles les rincent en les passant sous l'eau du robinet ou encore en les mettant dans la bouche. "Il n’est évidemment pas recommandé non plus de rincer ses lentilles à l’eau du robinet ou en les mettant dans la bouche. L’eau du robinet peut contenir des amibes, particulièrement dans les pays chauds, il ne faut donc jamais faire ça en voyage, et la bouche n’est pas un lieu particulièrement stérile".




Et concernant ces lentilles qu’on met pour une soirée ou comme déguisement, Chantal Bornet précise: "le principal problème de ces lentilles, c'est que l'oxygénation se fait mal, plus mal qu’à travers une lentille non colorée". Donc, à réserver pour les occasions rares. Les lentilles colorées ne devraient pas non plus être portées en permanence, mais réservées à des ports occasionnels.




Enfin, il faut attendre une heure après s'être levé pour mettre ses lentilles et les enlever une heure avant de se coucher, c'est un minimum. De toutes façons, il est indispensable d'avoir en plus une paire de lunettes et de laisser l'œil respirer en faisant une pose lentille de temps en temps, par exemple le week-end.




La conclusion de tout ça, c'est que les lentilles, c'est quand même un sacré progrès, les porteurs le disent tous, ils ne pourraient plus s'en passer, mais ce ne sont ni des jouets, ni des gadgets. Et puis, malheureusement, comme les lunettes, elles ne sont pas remboursées par les assurances. Seules certaines complémentaires participent aux frais, soit des lunettes, soit des lentilles, mais on ne peut pas cumuler.


Participation des caisses-maladie aux frais de lunettes ou de lentilles



(les renseignements suivants ont été communiqués par l'Association Genevoise des Contactologues)




Assurance de base: prestation de l'assurance de base (LaMal) pour des verres de lunettes correcteurs : SFR 200.- tous les cinq ans (chaque année pour les enfants jusqu'à 15 ans). Cette prestation est soumise à la franchise et à une ordonnance médicale.




Assurance complémentaire: les prestations des assurances complémentaires pour des lunettes ou des lentilles de contact sont listées dans le tableau ci-dessous [Caisse - Prestations des assurances complémentaires (Montant / Délai)] :




ACCORDA - SFr. 200 / 1 an




AGRISANO - SFr. 200 / 2 ans




AQUILANA - SFr. 200 / 5 ans




ASSURA - SFr. 0




CAISSE VAUDOISE - 50 à 100.- / 1 an




CFF - SFr. 0




CONCORDIA - 150 à 250.- / 3 ans




CPT - SFr. 200 / 1 an




CSS - SFr. 200 / 3 ans




FEDERALE - SFr. 0




FTMH - 90 5, max 150.- / 1 an




GALENOS - 50 à 200.- / 1 an




GROUPE MUTUEL - 0 à 200.- / 3 ans




HELSANA - 0 à 100.- / 1 an




INTRAS - 100 à 300.- / 3 ans




KBV - 90 %, max 200 à 300.- / 1 an




KOLPING - SFr. 200 / 3 ans




OEKK - 100 à 300.- / 5 ans




PHILOS - SFr. 200 / 1 an




PROGRES - SFr. 150 / 1 an




PROVITA - 75 %, max 300 à 900.- / 1 an




SANITAS - SFr. 300 / 3 ans




SUPRA - 0 à 100.- / 3 ans




SWICA - 200 à 800.- / 3 ans




UNITAS - 150 à 250.- / 1 à 3 ans




WINCARE - SFr. 200 / 3 ans