Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !

L'émission du 25 novembre 2008

En Suisse, l'eau coule à flot. Pourtant, malgré l'excellente qualité de l'eau qui s'écoule du robinet, beaucoup se méfient et privilégient l'eau en bouteille. Malgré des prix parfois prohibitifs et un coût écologique considérable.

Eau du robinet : traitement de choc


Lacs, rivières, puits, nappes phréatiques, en Suisse romande l'eau
de réseau provient de plusieurs sources différentes. Les
traitements pour la rendre potable diffèrent aussi. Enquête sur le
réseau nyonnais et dans le Jura.

Depuis le début des années 80, l'eau nyonnaise provient en
partie du lac. La prise d'eau se trouve à un kilomètre au large, à
50 mètres de profondeur. L'eau brute pompée là est envoyée
directement à la station de traitement située en périphérie de la
ville. Là, elle passe d'abord à travers des filtres à sable, dans
lesquels sont retenus matières organiques, fer et manganèse. L'eau
est ensuite ozonée, ce qui enlève les goûts et odeurs éventuels.
Enfin, de grands filtres à charbon actif retiennent les
micro-polluants et les éventuels résidus d'ozone. On ajoute encore
un peu de soude caustique pour corriger le pH de l'eau et un
minimum de chlore pour maintenir la qualité de cette eau
traitée.

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Technologie de
pointe





Dans le Jura on compte 86 sources d'approvisionnement différentes
dont la qualité va du meilleur au pire. Parmi elles, nombre de
sources karstiques. Claude Ramseier, inspecteur des eaux et
chimiste cantonal du Jura : « L'eau passe à travers le sous-sol
calcaire qui est énormément fissuré, ce qui fait qu'elle est mal
filtrée. L'autre source d'alimentation, ce sont des nappes
phréatiques, qui sont plus régulières puisque filtrées dans la
nappe alluviale ou dans une nappe à proximité ».
Cette
diversité de sources implique des installations capables de traiter
les eaux issues aussi bien de nappes phréatiques que de sources
karstiques, comme la station de filtrage et traitement de
Courtemaiche. De grandes cuves pleines de charbon actif et une
nouvelle génération de filtres à membranes permettent
l'ultrafiltration, soit la filtration et la désinfection
simultanée. L'ange gardien de cette station, c'est Yves Salomon
qui, comme tous les fontainiers, assume ce rôle à côté de son
activité professionnelle : « Pour gérer une station comme
celle-ci, il faut connaître l'hydraulique, il faut avoir quelques
connaissances en électricité, en informatique. On travaille aussi
avec des produits chimiques, donc il faut faire attention. »

La haute technologie ne libère cependant pas complètement les
fontainiers de leur plus grande crainte. « La pollution, s'il y
a un camion de mazout qui se renverse ou un accident ferroviaire
avec certains produits... »
. Il est alerté de tout problème
directement sur son téléphone portable et peut même, dans certains
cas, aussitôt intervenir sur les installations sans se
déplacer.

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !« Excellente qualité en
Suisse »





L'inspecteur des eaux, lui, supervise la gestion des sources et
l'entretien de toutes les installations du canton. Claude Ramseier
: « On fonctionne par sondage. Le but, c'est de bien contrôler de
temps en temps pour mettre ensuite les gens devant leurs
responsabilités. On essaie aussi de soutenir au maximum,
d'intervenir au niveau des discussions qui pourraient se créer dans
des assemblées communales pour bien expliquer les enjeux et je
pense que la population est sensible à ces arguments ». Ainsi, il a
suivi de près la décision de construction d'un nouveau réservoir
commun entre les communes de Courchavon et Courtemaiche, dont les
installations étaient obsolètes.




Au final, comment tous ces professionnels jugent-ils la qualité de
l'eau de réseau suisse ? Claude Ramseier : « L'eau potable est
d'excellente qualité en Suisse. On ne peut qu'inciter à la boire
».
Yves Salomon va encore plus loin : « Je trouve que
l'eau qui sort de cette station, comme de tant d'autres, est
meilleure que celle en bouteille ».

Eaux du robinet : test probant


Pour
avoir une vision globale de la situation en Suisse romande, nous
sommes allés faire des prélèvements dans 17 villes, choisies pour
leur représentativité des différentes sources d'approvisionnement
d'eau potable, à savoir :

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Valais : Sion, Martigny,




Fribourg : Estavayer-le-Lac, Fribourg,




Vaud : Vevey, Morges, Aigle,Yverdon-les-Bains, Lausanne,
Nyon




Genève : Genève




Jura : Porrentruy, Delémont




Neuchâtel : Neuchâtel, Le Locle




Berne : Bienne, Tavannes




Nous avons décidé de prélever, selon un protocole strict, de l'eau
au robinet des toilettes des gares CFF, un lieu neutre qui met
toutes les villes sur le même plan. Le laboratoire a effectué
toutes les analyses nécessaires pour vérifier l'hygiène et la
potabilité chimique des eaux prélevées.




Verdict : Les eaux des dix-sept villes répondent parfaitement aux
normes légales suisses concernant l'eau potable. Tous ces réseaux
sont continuellement contrôlés.




Alors, avec une eau du robinet de très bonne qualité, cela vaut-il
la peine d'utiliser en plus un des systèmes de filtres à
disposition sur le marché ? Claude Ramseier : « Dans un seul
cas : pour diminuer la quantité de calcaire. Certains appareils ne
supportent pas de grosses concentrations de calcaire à cause des
dépôts. Autrement, ça ne se justifie pas, ni au niveau des métaux
lourds, ni au niveau des pesticides, ni au niveau des bactéries. Et
il faut savoir que les filtres, quels qu'ils soient, doivent être
régulièrement changés. Si on les garde trop longtemps, c'est des
nids à bactéries ».

Les goûteurs d'eau des SIG


A
Genève, comme dans les autres cantons, l'eau du réseau est sous
surveillance en continu. Tous les jours, sauf le dimanche, des
échantillons sont prélevés à plusieurs points du réseau. Ainsi
9'000 prélèvements par an donnent lieu à 110.000 analyses. Mais les
SIG se préoccupent aussi du goût de l'eau.

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Des critères
révélateurs





Deux fois par mois, des prélèvements supplémentaires sont
effectués en vue d'une dégustation. Dominique Mantegazzi,
responsable du laboratoire d'eau potable des SIG, connaît bien la
palette des goûts de l'eau : « L'eau, c'est la molécule H2O
plus tous les sels minéraux. Dans des eaux faiblement minéralisées,
on ressent beaucoup plus toutes les saveurs acides et amères. Par
contre, une eau peu minéralisée donnera plus une sensation de
fraîcheur. Une eau fortement minéralisée va laisser une impression
un petit peu pâteuse ou épaisse en bouche sans forcément
désaltérer. »
Les SIG ont mis sur pied une équipe de goûteurs
d'eau recrutés parmi leur personnel. Ces goûteurs ont été
sélectionnés au cours de tests olfactifs et gustatifs, puis formés
pour acquérir un vocabulaire commun. Lors des dégustations, ils
doivent juger sur une échelle de 0 à 4 les sensations ressenties
sur la langue, ainsi que les goûts et odeurs détectés dans
l'arrière-gorge. Ces critères n'ont pas qu'un intérêt gustatif
puisqu'ils donnent des pistes sur d'éventuels problèmes, explique
Dominique Mantegazzi : « Un goût de moisi, de terre, pourrait
provenir des métabolites de plancton et d'algue qui, en quantité,
révèle une filtration pas optimale. »

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Chlore et coloration de
l'eau





Du côté des usagers du réseau, à Genève comme ailleurs, quand ils
se plaignent, c'est surtout à propos d'un arrière-goût de chlore.
Un goût facile à éliminer : « Pour assurer en fait une qualité
microbiologique jusqu'au consommateur, c'est impératif d'avoir une
dose de désinfectant qui évite tout développement microbiologique
ultérieur au traitement. Ce goût de chlore peut être éliminé
simplement en remplissant une carafe, en la mettant au frigo et
puis en buvant l'eau quelques dizaines de minutes plus tard. »

Le distributeur d'eau n'est responsable de la qualité de l'eau
pendant son acheminement que jusqu'en limite de propriété.
Dominique Mantegazzi : « A partir du domaine privé, c'est au
propriétaire de la villa ou de l'immeuble ou du bâtiment d'assurer
que la qualité de l'eau n'est pas dégradée. Si l'installation
intérieure n'est pas de très bonne qualité ou mal dimensionnée, on
a des phénomènes de stagnation qui conduisent à des phénomènes de
corrosion. L'eau peut paraître jaune, c'est pour ça qu'on
recommande aux consommateurs de laisser couler l'eau quelques
minutes s'ils ont ce problème. »

Sels minéraux: le test


Un des principaux arguments utilisés par
les minéraliers pour promouvoir leurs eaux en bouteille, ce sont
les sels minéraux qu'elles contiennent. Pourtant, l'eau du réseau
n'a pas forcément à pâlir de la comparaison.




Tant l'eau du réseau que les eaux en bouteille contiennent des
sels minéraux. La question est de savoir combien. Nous avons
comparé le taux de 4 minéraux principaux, entre six eaux minérales
parmi les plus courantes sur le marché romand et l'eau de trois
réseaux (prix moyen : un dixième de centime le litre.

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Calcium, essentiel
à la solidité des os et des dents. Apport journalier recommandé :
800 à 1000 mg. pour un adulte.




On constate qu'il n'y a pas de grande différence entre eau du
réseau et eau minérale, à part Valser et Eptinger qui sont les plus
riches en calcium des vingt eaux minérales que nous avons
répertoriées.




Mais faut-il compter sur l'eau pour l'apport en calcium ?




Petra Mèche : « Non. En principe, si on a une alimentation
suffisante en quantité et variété, vous n'avez pas besoin de boire
une eau riche en calcium pour couvrir vos besoins. Une exception :
on la recommande aux personnes qui ne consomment pas de produits
laitiers et aux personnes âgées qui ont de l'ostéoporose. »
Et
sachez qu'une eau chère n'est pas garante d'un apport élevé en
calcium. Regardez plutôt : Voss 5,8 mg/l (Fr. 7,73 /l) ou Ty Nant
22,5 mg/l (Fr. 12,80 /l) en ont largement moins que l'eau du réseau
genevois (44mg/l).

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Magnésium, qui
remplit de multiples fonctions, notamment en relation avec les
muscles, les nerfs, ainsi que la résistance au stress et aux
infections. Apport journalier recommandé : 400 mg.




Eptinger ainsi que, dans une moindre mesure, Coop Prix Garantie et
Valser s'avèrent riches en magnésium. Les trois autres eaux
minérales sont plus proches des taux des eaux de réseau.




Cela dit, ici, on peut faire le même constat que pour le calcium :
un prix cher ne veut pas forcément dire une haute teneur en
magnésium : Hildon 1,7 mg/l (Fr. 6,52) ou Ogo 5,9 mg/l (Fr. 10,30),
c'est moins que l'eau du réseau au Locle (16,4mg/l).

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Les sulfates,
utiles pour la composition de nombreuses cellules du corps, en
particulier des ongles, de la peau et des cheveux.




Evian, Henniez et M-Budget affichent des teneurs proches des eaux
de réseaux. Les trois autres eaux minérales contiennent beaucoup
plus de sulfates. Mais la richesse en sulfate pose un petit
problème. Petra Mèche : « Les eaux riches en sulfates vont
entraîner, dans l'élimination par l'urine, le calcium et le
magnésium. Et, malheureusement, les eaux riches en calcium et en
magnésium le sont également en sulfates ».

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Sodium




Teneur assez proche pour les eaux de réseau avec Eptinger et Coop
Prix Garantie.




Teneur plus élevée pour Evian, Henniez, M-Budget et Valser.




Certaines eaux en bouteille en contiennent beaucoup plus : Badoit
165 mg/l, Chateldon 240 mg/l, et le pire Vichy 1172, mg/l,
c'est-à-dire 120 fois plus que l'eau du réseau genevois.




Or, on l'a dit et répété : on mange en général trop de sel, 10 à
13 g/jour alors qu'on n'en aurait besoin que d'environ 1,5
g/j.




Petra Mèche : « Si vous buvez un litre de Vichy Célestin, vous
avez déjà 3 g de sel sur la ration quotidienne, c'est énorme. En
plus, une eau riche en sodium va également favoriser une
élimination par urine du calcium et du magnésium. »

A la lumière de ces comparaisons, y a-t-il une raison de boire
de l'eau en bouteille plutôt que l'eau du robinet ? « On a
besoin de minéraux, mais en buvant suffisamment d'eau du robinet et
en ayant une alimentation variée et suffisante, on couvre aussi ses
besoins en minéraux ».
Et pour préparer les biberons ? «
En Suisse, ce n'est pas justifié parce que l'eau est suffisamment
propre pour pouvoir faire des biberons propres. On conseille
jusqu'à trois, voire six mois, de bouillir cette eau puis de la
laisser refroidir pour faire les biberons. »

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Dernière comparaison, entre le
réseau lausannois et BlingH2O(138 francs le litre), qui se veut
l'eau de la jet set : côté teneur en sels minéraux, malgré ses
strass et paillettes, elle fait bien pâle figure à côté de l'eau du
réseau lausannois. De la poudre aux yeux à prix d'or.




Autant dire que le prix n'a aucune influence sur la teneur en sels
minéraux ! Sur le plan de la santé maintenant : en principe, une
alimentation équilibrée couvre nos besoins en sels minéraux, mais
en cas de déficience de l'organisme, certaines de ces eaux
minérales peuvent contribuer à rééquilibrer l'apport en sels
minéraux indispensable. Les minéraux dans l'eau du réseau: tous les résultats .

Eaux en bouteille : une aberration ?


L'eau en bouteille représente un marché juteux pour les
producteurs. Pas sûr pourtant que les consommateurs ne la
distinguent vraiment, au goût, de celle du réseau. A cela s'ajoute
un nouveau facteur : elle est de plus en plus critiquée pour son
coût écologique et le gaspillage énergétique qu'elle induit.

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Pour fabriquer, transporter,
distribuer, réfrigérer et éliminer un litre d'eau en bouteille PET,
il faut environ un quart de litre de pétrole. Depuis quelque temps,
dans plusieurs pays, y compris aux Etats-Unis notamment, des
mesures sont prises pour mettre un terme à ce gaspillage ou tout au
moins le limiter. En Suisse, le conseiller national Jacques
Neirynck, a déposé cet automne une initiative parlementaire
demandant l'interdiction en Suisse de l'eau en bouteille : «
L'initiative fait la distinction entre les bouteilles PET dont je
demande qu'elles soient complètement interdites, et les bouteilles
en verre recyclées. Cela donnerait un avantage aux gens qui
produisent de l'eau minérale localement. L'eau de distribution est
d'excellente qualité, donc il n'y a pas de raison de la transporter
de façon aussi compliquée que cela. Ça s'inscrit dans un vaste plan
d'économies d'énergie. On doit petit à petit prendre toutes sortes
de petites mesures qui, cumulées, vont réduire notre consommation
d'énergie, si possible au tiers de ce qu'elle est maintenant
».





Pour Jacques Neirynck, l'eau en bouteille ne répond pas à un
besoin réel, c'est une pure affaire de marketing : « Il y a
dans la publicité pour les eaux en bouteille des tentatives de
déprécier l'eau de la distribution. C'est une pure manipulation par
la publicité. Les gens qui achètent de l'eau en bouteille dépensent
leur argent pour rien du tout. Ou plus exactement pour des
illusions - je fais référence au slogan avec lequel on fait la
publicité de l'eau d'Evian : "source de jeunesse". J'ai le
sentiment que même si j'en bois des hectolitres, je ne rajeunirai
pas. »





Vous buvez l'eau du robinet ici?




« Oui je bois l'eau du robinet. Je confesse que je bois aussi
d'autres liquides que l'eau du robinet ».

Eau du robinet: traitement de choc

Eau du robinet: traitement de choc

Eaux du robinet : test probant

Pour avoir une vision globale de la situation en Suisse romande,
nous sommes allés faire des prélèvements dans 17 villes, choisies
pour leur représentativité des différentes sources
d'approvisionnement d'eau potable, à savoir :

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Valais : Sion, Martigny,




Fribourg : Estavayer-le-Lac, Fribourg,




Vaud : Vevey, Morges, Aigle,Yverdon-les-Bains, Lausanne,
Nyon




Genève : Genève




Jura : Porrentruy, Delémont




Neuchâtel : Neuchâtel, Le Locle




Berne : Bienne, Tavannes




Nous avons décidé de prélever, selon un protocole strict, de l'eau
au robinet des toilettes des gares CFF, un lieu neutre qui met
toutes les villes sur le même plan. Le laboratoire a effectué
toutes les analyses nécessaires pour vérifier l'hygiène et la
potabilité chimique des eaux prélevées.




Verdict : Les eaux des dix-sept villes répondent parfaitement aux
normes légales suisses concernant l'eau potable. Tous ces réseaux
sont continuellement contrôlés.




Alors, avec une eau du robinet de très bonne qualité, cela vaut-il
la peine d'utiliser en plus un des systèmes de filtres à
disposition sur le marché ? Claude Ramseier : « Dans un seul
cas : pour diminuer la quantité de calcaire. Certains appareils ne
supportent pas de grosses concentrations de calcaire à cause des
dépôts. Autrement, ça ne se justifie pas, ni au niveau des métaux
lourds, ni au niveau des pesticides, ni au niveau des bactéries. Et
il faut savoir que les filtres, quels qu'ils soient, doivent être
régulièrement changés. Si on les garde trop longtemps, c'est des
nids à bactéries ».

Sels minéraux: le test


Un des principaux arguments utilisés par les minéraliers pour
promouvoir leurs eaux en bouteille, ce sont les sels minéraux
qu'elles contiennent. Pourtant, l'eau du réseau n'a pas forcément à
pâlir de la comparaison.




Tant l'eau du réseau que les eaux en bouteille contiennent des
sels minéraux. La question est de savoir combien. Nous avons
comparé le taux de 4 minéraux principaux, entre six eaux minérales
parmi les plus courantes sur le marché romand et l'eau de trois
réseaux (prix moyen : un dixième de centime le litre.

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Calcium, essentiel
à la solidité des os et des dents. Apport journalier recommandé :
800 à 1000 mg. pour un adulte.




On constate qu'il n'y a pas de grande différence entre eau du
réseau et eau minérale, à part Valser et Eptinger qui sont les plus
riches en calcium des vingt eaux minérales que nous avons
répertoriées.




Mais faut-il compter sur l'eau pour l'apport en calcium ?




Petra Mèche : « Non. En principe, si on a une alimentation
suffisante en quantité et variété, vous n'avez pas besoin de boire
une eau riche en calcium pour couvrir vos besoins. Une exception :
on la recommande aux personnes qui ne consomment pas de produits
laitiers et aux personnes âgées qui ont de l'ostéoporose. »
Et
sachez qu'une eau chère n'est pas garante d'un apport élevé en
calcium. Regardez plutôt : Voss 5,8 mg/l (Fr. 7,73 /l) ou Ty Nant
22,5 mg/l (Fr. 12,80 /l) en ont largement moins que l'eau du réseau
genevois (44mg/l).

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Magnésium, qui
remplit de multiples fonctions, notamment en relation avec les
muscles, les nerfs, ainsi que la résistance au stress et aux
infections. Apport journalier recommandé : 400 mg.




Eptinger ainsi que, dans une moindre mesure, Coop Prix Garantie et
Valser s'avèrent riches en magnésium. Les trois autres eaux
minérales sont plus proches des taux des eaux de réseau.




Cela dit, ici, on peut faire le même constat que pour le calcium :
un prix cher ne veut pas forcément dire une haute teneur en
magnésium : Hildon 1,7 mg/l (Fr. 6,52) ou Ogo 5,9 mg/l (Fr. 10,30),
c'est moins que l'eau du réseau au Locle (16,4mg/l).

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Les sulfates,
utiles pour la composition de nombreuses cellules du corps, en
particulier des ongles, de la peau et des cheveux.




Evian, Henniez et M-Budget affichent des teneurs proches des eaux
de réseaux. Les trois autres eaux minérales contiennent beaucoup
plus de sulfates. Mais la richesse en sulfate pose un petit
problème. Petra Mèche : « Les eaux riches en sulfates vont
entraîner, dans l'élimination par l'urine, le calcium et le
magnésium. Et, malheureusement, les eaux riches en calcium et en
magnésium le sont également en sulfates ».

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Sodium




Teneur assez proche pour les eaux de réseau avec Eptinger et Coop
Prix Garantie.




Teneur plus élevée pour Evian, Henniez, M-Budget et Valser.




Certaines eaux en bouteille en contiennent beaucoup plus : Badoit
165 mg/l, Chateldon 240 mg/l, et le pire Vichy 1172, mg/l,
c'est-à-dire 120 fois plus que l'eau du réseau genevois.




Or, on l'a dit et répété : on mange en général trop de sel, 10 à
13 g/jour alors qu'on n'en aurait besoin que d'environ 1,5
g/j.




Petra Mèche : « Si vous buvez un litre de Vichy Célestin, vous
avez déjà 3 g de sel sur la ration quotidienne, c'est énorme. En
plus, une eau riche en sodium va également favoriser une
élimination par urine du calcium et du magnésium. »

A la lumière de ces comparaisons, y a-t-il une raison de boire
de l'eau en bouteille plutôt que l'eau du robinet ? « On a
besoin de minéraux, mais en buvant suffisamment d'eau du robinet et
en ayant une alimentation variée et suffisante, on couvre aussi ses
besoins en minéraux ».
Et pour préparer les biberons ? «
En Suisse, ce n'est pas justifié parce que l'eau est suffisamment
propre pour pouvoir faire des biberons propres. On conseille
jusqu'à trois, voire six mois, de bouillir cette eau puis de la
laisser refroidir pour faire les biberons. »

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Dernière comparaison, entre le
réseau lausannois et BlingH2O(138 francs le litre), qui se veut
l'eau de la jet set : côté teneur en sels minéraux, malgré ses
strass et paillettes, elle fait bien pâle figure à côté de l'eau du
réseau lausannois. De la poudre aux yeux à prix d'or.




Autant dire que le prix n'a aucune influence sur la teneur en sels
minéraux ! Sur le plan de la santé maintenant : en principe, une
alimentation équilibrée couvre nos besoins en sels minéraux, mais
en cas de déficience de l'organisme, certaines de ces eaux
minérales peuvent contribuer à rééquilibrer l'apport en sels
minéraux indispensable. Les minéraux dans l'eau du réseau: tous les résultats .

Les goûteurs d'eau des SIG

Les goûteurs d'eau des SIG

Eaux du robinet : test probant

Pour avoir une vision globale de la situation en Suisse romande,
nous sommes allés faire des prélèvements dans 17 villes, choisies
pour leur représentativité des différentes sources
d'approvisionnement d'eau potable, à savoir :

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Valais : Sion, Martigny,




Fribourg : Estavayer-le-Lac, Fribourg,




Vaud : Vevey, Morges, Aigle,Yverdon-les-Bains, Lausanne,
Nyon




Genève : Genève




Jura : Porrentruy, Delémont




Neuchâtel : Neuchâtel, Le Locle




Berne : Bienne, Tavannes




Nous avons décidé de prélever, selon un protocole strict, de l'eau
au robinet des toilettes des gares CFF, un lieu neutre qui met
toutes les villes sur le même plan. Le laboratoire a effectué
toutes les analyses nécessaires pour vérifier l'hygiène et la
potabilité chimique des eaux prélevées.




Verdict : Les eaux des dix-sept villes répondent parfaitement aux
normes légales suisses concernant l'eau potable. Tous ces réseaux
sont continuellement contrôlés.




Alors, avec une eau du robinet de très bonne qualité, cela vaut-il
la peine d'utiliser en plus un des systèmes de filtres à
disposition sur le marché ? Claude Ramseier : « Dans un seul
cas : pour diminuer la quantité de calcaire. Certains appareils ne
supportent pas de grosses concentrations de calcaire à cause des
dépôts. Autrement, ça ne se justifie pas, ni au niveau des métaux
lourds, ni au niveau des pesticides, ni au niveau des bactéries. Et
il faut savoir que les filtres, quels qu'ils soient, doivent être
régulièrement changés. Si on les garde trop longtemps, c'est des
nids à bactéries ».

Sels minéraux: le test


Un des principaux arguments utilisés par les minéraliers pour
promouvoir leurs eaux en bouteille, ce sont les sels minéraux
qu'elles contiennent. Pourtant, l'eau du réseau n'a pas forcément à
pâlir de la comparaison.




Tant l'eau du réseau que les eaux en bouteille contiennent des
sels minéraux. La question est de savoir combien. Nous avons
comparé le taux de 4 minéraux principaux, entre six eaux minérales
parmi les plus courantes sur le marché romand et l'eau de trois
réseaux (prix moyen : un dixième de centime le litre.

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Calcium, essentiel
à la solidité des os et des dents. Apport journalier recommandé :
800 à 1000 mg. pour un adulte.




On constate qu'il n'y a pas de grande différence entre eau du
réseau et eau minérale, à part Valser et Eptinger qui sont les plus
riches en calcium des vingt eaux minérales que nous avons
répertoriées.




Mais faut-il compter sur l'eau pour l'apport en calcium ?




Petra Mèche : « Non. En principe, si on a une alimentation
suffisante en quantité et variété, vous n'avez pas besoin de boire
une eau riche en calcium pour couvrir vos besoins. Une exception :
on la recommande aux personnes qui ne consomment pas de produits
laitiers et aux personnes âgées qui ont de l'ostéoporose. »
Et
sachez qu'une eau chère n'est pas garante d'un apport élevé en
calcium. Regardez plutôt : Voss 5,8 mg/l (Fr. 7,73 /l) ou Ty Nant
22,5 mg/l (Fr. 12,80 /l) en ont largement moins que l'eau du réseau
genevois (44mg/l).

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Magnésium, qui
remplit de multiples fonctions, notamment en relation avec les
muscles, les nerfs, ainsi que la résistance au stress et aux
infections. Apport journalier recommandé : 400 mg.




Eptinger ainsi que, dans une moindre mesure, Coop Prix Garantie et
Valser s'avèrent riches en magnésium. Les trois autres eaux
minérales sont plus proches des taux des eaux de réseau.




Cela dit, ici, on peut faire le même constat que pour le calcium :
un prix cher ne veut pas forcément dire une haute teneur en
magnésium : Hildon 1,7 mg/l (Fr. 6,52) ou Ogo 5,9 mg/l (Fr. 10,30),
c'est moins que l'eau du réseau au Locle (16,4mg/l).

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Les sulfates,
utiles pour la composition de nombreuses cellules du corps, en
particulier des ongles, de la peau et des cheveux.




Evian, Henniez et M-Budget affichent des teneurs proches des eaux
de réseaux. Les trois autres eaux minérales contiennent beaucoup
plus de sulfates. Mais la richesse en sulfate pose un petit
problème. Petra Mèche : « Les eaux riches en sulfates vont
entraîner, dans l'élimination par l'urine, le calcium et le
magnésium. Et, malheureusement, les eaux riches en calcium et en
magnésium le sont également en sulfates ».

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille !Sodium




Teneur assez proche pour les eaux de réseau avec Eptinger et Coop
Prix Garantie.




Teneur plus élevée pour Evian, Henniez, M-Budget et Valser.




Certaines eaux en bouteille en contiennent beaucoup plus : Badoit
165 mg/l, Chateldon 240 mg/l, et le pire Vichy 1172, mg/l,
c'est-à-dire 120 fois plus que l'eau du réseau genevois.




Or, on l'a dit et répété : on mange en général trop de sel, 10 à
13 g/jour alors qu'on n'en aurait besoin que d'environ 1,5
g/j.




Petra Mèche : « Si vous buvez un litre de Vichy Célestin, vous
avez déjà 3 g de sel sur la ration quotidienne, c'est énorme. En
plus, une eau riche en sodium va également favoriser une
élimination par urine du calcium et du magnésium. »

A la lumière de ces comparaisons, y a-t-il une raison de boire
de l'eau en bouteille plutôt que l'eau du robinet ? « On a
besoin de minéraux, mais en buvant suffisamment d'eau du robinet et
en ayant une alimentation variée et suffisante, on couvre aussi ses
besoins en minéraux ».
Et pour préparer les biberons ? «
En Suisse, ce n'est pas justifié parce que l'eau est suffisamment
propre pour pouvoir faire des biberons propres. On conseille
jusqu'à trois, voire six mois, de bouillir cette eau puis de la
laisser refroidir pour faire les biberons. »

Eaux minérales : ne forcez pas sur la bouteille ! Dernière comparaison, entre le
réseau lausannois et BlingH2O(138 francs le litre), qui se veut
l'eau de la jet set : côté teneur en sels minéraux, malgré ses
strass et paillettes, elle fait bien pâle figure à côté de l'eau du
réseau lausannois. De la poudre aux yeux à prix d'or.




Autant dire que le prix n'a aucune influence sur la teneur en sels
minéraux ! Sur le plan de la santé maintenant : en principe, une
alimentation équilibrée couvre nos besoins en sels minéraux, mais
en cas de déficience de l'organisme, certaines de ces eaux
minérales peuvent contribuer à rééquilibrer l'apport en sels
minéraux indispensable. Les minéraux dans l'eau du réseau: tous les résultats .

Eaux en bouteille: une aberration?

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