Du bon, du beau, du bio?

Du bon, du beau, du bio?

L'émission du 18 septembre 2007

Le bio n'est, de loin, plus une affaire de paysans écolos idéalistes ou de consommateurs baba-romantiques. Il est devenu une niche marketing et un segment du marché qui intéressent très sérieusement l'industrie agroalimentaire et les grandes surfaces. Alors, quel avenir pour le bio, à l'ère du prêt-à-manger et de la consommation à contre-saison ?


Le bio, ça goûte quoi ?



Du bon, du beau, du bio?
Le temps d'un matin, A Bon Entendeur a monté un stand au marché traditionnel de Carouge (GE) pour y rencontrer des consommateurs. Nous espérions ainsi répondre à une question qui empêche l'équipe de dormir depuis des mois: les produits bio sont-ils reconnaissables au goût et, surtout, sont-ils meilleurs que les aliments issus de l'agriculture conventionnelle ?




Sur notre étalage, cinq produits différents: des tomates, des carottes, du jambon, du yogourt à la fraise et du chocolat noir. Chaque produit est présent à la fois en version bio et en version conventionnelle. Le but du jeu : reconnaître les produits bio au goût, à l'aveugle, et indiquer le produit que l'on préfère.


Du bon, du beau, du bio?


Résultat: les 32 dégustateurs qui se sont prêtés au jeu ont reconnu les produits bio dans deux-tiers des cas. Le plus reconnu est le yogourt bio - 83% des dégustateurs l'ont trouvé, suivi par les carottes, le jambon et le chocolat.




Par rapport aux produits conventionnels, une majorité des consommateurs ont préféré le bio dans 3 produits sur 5 - les carottes, le chocolat et le yogourt. Les tomates bio et non bio ont terminé à égalité. Par contre, le jambon classique, plus salé que le bio, a emporté l'adhésion d'une petite majorité de dégustateurs. C'est donc une courte victoire du bio au niveau du goût, si l'on en croit notre petit coup de sonde.


Pesticides: le test



En plus de l'aspect gustatif, une dégustatrice nous a donné une autre raison pour favoriser le bio : « Il n'y a pas de pesticides ou d'autres produits qui peuvent nuire à la santé. »




Pas de résidus de pesticides dans les produits bio ? Là-aussi, nous avons voulu vérifier.




Nous avons acheté des fruits et légumes d'origine suisse et étrangère chez quatre grands distributeurs différents, soit Migros, Coop, Carrefour et Manor. Dans chaque enseigne, nous avons acheté les mêmes fruits et légumes en agriculture conventionnelle et en bio. Une carotte bio et une carotte conventionnelle, une pomme bio et une pomme conventionnelle et ainsi de suite jusqu'à 66 échantillons, 33 bio et 33 non-bio. Nous avons ensuite préparé pour chaque enseigne une salade de légumes et une salade de fruits bio et non bio que nous avons déposées au laboratoire du chimiste cantonal de Genève pour analyse. La mission : rechercher les traces de pesticides présentes dans ces produits.




Les résultats sont édifiants. Pour les produits issus de l'agriculture conventionnelle, on retrouve des pesticides dans tous les plats (Voir les résultats détaillés ci contre):


Du bon, du beau, du bio?
Chez Carrefour, 10 pesticides dans la salade de fruits et 2 dans la salade de légumes.


Du bon, du beau, du bio?
Chez Manor, 7 pesticides différents dans la salade de fruits et un pesticide dans la salade de légumes.


Du bon, du beau, du bio?
Chez Migros, 3 pesticides différents dans la salade de fruits et 3 dans la salade de légumes.


Du bon, du beau, du bio?
Chez COOP, 10 pesticides différents pour les fruits et 4 pour les légumes.


Ces résultats n'étonnent pas vraiment Patrick Edder, adjoint au chimiste cantonal genevois. Patrick Edder : « Je dirais même que c'est une bonne saison. Si on avait fait ce test au printemps, on aurait trouvé plus de pesticide. Dans nos activités, il n'est pas rare de trouver 9 ou 10 pesticides dans un seul aliment. »




En quantité, aucune des traces de pesticides retrouvées ne dépassait les normes par produit, mais, tout de même, trouver autant de pesticides différents dans d'honnêtes salades de fruits et de légumes, ça plombe un peu le repas. « C'est un peu le problème actuel. On utilise un certain nombre de produits actifs pour chaque culture. Comme notre alimentation doit être la plus variée possible, on a une exposition aux pesticides plus importante qu'on veut le croire. » Avec quelles conséquences à long terme ? « Aujourd'hui, il n'y a pas d'évidence claire qu'il existe un gros problème de ce côté. Les traces sont infimes. Mais il faudrait appliquer le principe de précaution : on connaît très mal les effets à très long terme ou l'effet des interactions entre produits. »


Pesticides dans l'agriculture bio


Du bon, du beau, du bio?


Pour les produits issus de l'agriculture biologique, les résultats sont, par contre, excellents. Sur les 33 produits testés, 32 ne contenaient aucune trace de pesticides. Patrick Edder: « Ces résultats correspondent à ce qui ressort de nos activités de contrôle. La très grande majorité des produits bio ne renferme pas de pesticides [...]. Il y a très clairement eu une amélioration au cours du temps. Au début des labels, on avait très fréquemment des traces de pesticides [...]. Aujourd'hui, cela reste exceptionnel ».




Toutefois, une nectarine bio espagnole achetée à la COOP était contaminée par deux pesticides. Quant aux causes de la contamination de cette nectarine, selon Patrick Edder, elles ne proviennent pas nécessairement du fait que le producteur a triché. Il peut s'agir d'une contamination accidentelle, à la production ou pendant la récolte, mais aussi durant le transport ou le stockage des fruits avant l'achat.




Au final, tout de même, le résultat du bio est excellent : seul 1 produit sur 33 était contaminé par des pesticides. Un résultat tout à fait conforme à ceux des contrôles réguliers effectués par les chimistes cantonaux.


Le bio, cet inconnu



Les jardins de Cocagne


Du bon, du beau, du bio?
Les Jardins de Cocagne, c'est une coopérative de production et de consommation de légumes biologiques, nichée dans la campagne genevoise. Créée à toute petite échelle, il y a près de 30 ans, dans le bouillonnement alternatif des années 70, elle exploite aujourd'hui 4 hectares de bonne terre.




Claude Mudry, l'un des jardiniers responsables de la coopérative : « Une quarantaine de personnes se sont organisées pour produire pour elles-mêmes des légumes, avec un jardinier. Pour nous, il allait de soit de ne pas mettre de la m... dans la terre que l'on travaillait. L'idée était d'avoir des produits qui venaient de près, [...] et de ne pas être à la merci d'un distributeur ».




La coopérative respecte scrupuleusement le cahier des charges de l'agriculture biologique. En terme de rendement, on évalue ici la production en moyenne aux 3/4 d'une exploitation en pleine terre conventionnelle, parfois moins, parfois plus selon les types de légumes. Les Jardins ont obtenu dès 1991 le label bourgeon de Bio Suisse. Plus qu'un cahier des charges, le bio est, ici, une vraie philosophie, indissociable de la production locale, du respect des saisons et de la vente directe. Claude Mudry : « La grande distribution dicte de plus en plus sa loi aux producteurs. Le producteur ne travaille plus pour le consommateur mais pour le distributeur. » La coopérative vend une petite partie de sa production sur des marchés, mais son principe cardinal de fonctionnement, c'est le cornet de légumes hebdomadaire livré aux coopérateurs.


Du bon, du beau, du bio?
Ceux-ci paient un abonnement annuel partiellement en fonction de leur revenu et doivent travailler 4 demi-journées au jardin par année. Coût hebdomadaire maximum de l'abonnement : 30 francs environ pour le cornet standard et la tranche de salaire la plus élevée, ça reste très raisonnable. Et ça marche : aujourd'hui, les Jardins fournissent des légumes de saison à 420 ménages et la liste d'attente des nouvelles adhésions ne désemplit pas.




Du côté de l'agriculture traditionnelle, certains regardent ce genre de production avec un peu de condescendance. Walter Willener, directeur de l'Association des groupements et organisations romands de l'Agriculture : « [Les Jardins de cocagne], c'est du jardinage pas de l'agriculture [...]. L'agriculture est une activité professionnelle, qui demande des infrastructures ». Et que pense-t-il du bio en général ? « C'est un créneau de production qui répond à une demande effective d'une partie des consommateurs. Mais j'estime que c'est un secteur qui ne doit pas être surestimé et surévalué par rapport au reste de la production agricole. »


Du conventionnel au bio


Du bon, du beau, du bio?
Aujourd'hui, la culture biologique n'est plus du tout réservée aux petites exploitations ou aux coopératives. Le Domaine de Roveray à Aubonne, dans le canton de Vaud, elle s'étend sur 25 hectares, dont 12 hectares de pommiers, 7 hectares de vignes et d'autres fruits comme les framboises. Il y a une dizaine d'années, cette exploitation familiale était encore conventionnelle, jusqu'à ce que Christophe Suter, propriétaire du domaine, prenne le risque de passer tout son domaine en bio. « C'était un gros risque. Mais avec les connaissances, les moyens que la recherche met à notre disposition aujourd'hui, ce risque est de plus en plus restreint » Le bio, une révolution culturelle pour les paysans ? « Oui, mais pas à mon niveau. Je n'ai pas connu l'époque où plus l'on produisait, plus l'on gagnait, comme mon père. Pour lui, l'agriculture biologique a sans doute été une petite révolution ».


Du bon, du beau, du bio?
Le bio ce n'est pas laisser faire la nature sans intervenir. Il s'agit d'un mode de production difficile et très pointu : cultiver sans pesticides en évitant les maladies et en assurant la durabilité des sols, ça ne s'improvise pas. Jean-Luc Tschabold, ingénieur agronome à l'Institut de recherche de l'agriculture biologique (FIBL) : « La culture bio est plus compliquée que l'agriculture conventionnelle, il faut connaître beaucoup mieux l'environnement du verger, les interactions entre le sol et la plante. Cela demande une observation beaucoup plus pointue des phénomènes de la nature, pour pouvoir intervenir avec les armes que nous avons à disposition, parfois moins efficaces que les armes conventionnelles. A l'arrivée, on ne produit pas forcément beaucoup moins, mais on a une irrégularité de production un peu plus marquée. »




Pour écouler ses produits, Christophe Suter passe en partie par la distribution traditionnelle. Il a également ouvert son épicerie à la ferme. Pour compléter son assortiment, il s'est allié avec trois autres familles de producteurs bio de Suisse romande. En supprimant les intermédiaires, il peut vendre du bio pratiquement au prix des produits conventionnels.




Le bio, aujourd'hui, en Suisse, représente environ 10% des terres cultivées et plus d'un milliard de francs de chiffre d'affaires par année. Reste à savoir s'il va se développer encore ces prochaines années et dans quels magasins. Vente de proximité ou supermarchés, c'est un peu à nous de décider.


En savoir plus



- Les Jardins de Cocagne
- Le marché à la ferme du Domaine de Roveray (Aubonne)


Le bio, ce marché juteux



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Hilcona est le n°1 suisse du prêt-à-manger rapide, cette fameuse convenience food qui répond, paraît-il, à notre mode de vie moderne et stressé. De plus, l'entreprise exporte largement ses produits dans l'Union européenne. On est ici dans le monde de l'industrie alimentaire, rien à voir à première vue avec la nourriture biologique. De fait, pas du tout : Hilcona a rapidement flairé le marché, et le bio représente déjà 3% de son chiffre d'affaires. ABE a rendu visite à sa filiale liechtensteinoise de Schaan.


Le bio comme cahier des charges


Du bon, du beau, du bio?
Que représente le bio pour Hilcona ? Paul Margadant, responsable de contrôle qualité de l'entreprise : « Je pense que c'est une bonne philosophie pour l'agriculture. Personnellement, je suis persuadé que nos produits conventionnels sont également très bons et de très bonne qualité pour le consommateur. Le bio est un segment de marché sur lequel nous voulons être présents. Nous nous y sommes adaptés en nous faisant certifier pour avoir le droit de produire du bio, que ce soit le bio européen ou le bio suisse avec le label bourgeon. » Ici, le bio, c'est donc surtout un cahier des charges industriel à respecter, avec des ingrédients de base certifiés bio. Plusieurs cahiers des charges même, puisque les règles du label bourgeon suisse ne sont pas tout à fait les mêmes que celles du bio européen, par exemple.


Adaptation à la grande distribution


Du bon, du beau, du bio?
Les produits fabriqués chez Hilcona se retrouvent par exemple à la Coop sous le label Betty Bossy. La Coop a été l'un des supermarchés précurseurs en Suisse pour les produits bio. Elle propose aujourd'hui 1400 produits munis du bourgeon dans son assortiment, en comptant, les plats préparés industriellement.




Raymond Léchaire, directeur régional des ventes pour la Suisse romande de Coop : « Le bio n'est plus un marché de niche. Il représente chez nous 8% de l'alimentaire, soit un peu plus de 600 mio. de francs de chiffre d'affaires. L'optique pour notre société est de développer encore ce secteur et d'agrandir l'assortiment ». Pour être largement présent dans les supermarchés, le bio a dû s'adapter à la société de consommation. C'est-à-dire assurer un approvisionnement régulier à des prix raisonnables et être le plus possible disponible tout au long de l'année. Alors, on importe quand on ne trouve pas la matière première sur le marché suisse. Dans des tortellini bio à la ricotta et aux épinards, par exemple, les oeufs et les épinards peuvent provenir de l'Union Européenne et la semoule de blé dur de l'Union Européenne et de l'Amérique du Nord. Dans les étalages de Coop, on trouve aussi de l'huile de sésame... d'Ouganda. L'Ouganda, un pays notoirement certifié bio ? « Le pays, certainement pas », répond Raymond Léchaire, « mais le produit, tel qu'il arrive et tel qu'il a été contrôlé, nous donne en principe toutes les garanties ». Du côté de Bio Suisse, on se défend de laisser importer du bio à tort et à travers. Jacqueline Forster-Zigerli, porte-parole de Bio Suisse : « Ces importations sont très strictes : on suit d'abord la production indigène, et, pour rallonger les saisons, on importe aussi des légumes ». Un détail qui a son importance, Bio Suisse interdit les importations par avion, mais les transports en camion, par contre, sont autorisés.


Le bio sectoriel


Du bon, du beau, du bio?


La dernière adaptation du bio aux envies de l'économie, c'est le bio sectoriel, c'est-à-dire la possibilité de faire à la fois du bio et du conventionnel sur une même exploitation agricole. Acceptée d'abord par l'Union Européenne, le Parlement suisse a entrouvert la porte à cette pratique dans notre pays en juin dernier. A l'origine de ce vote, certains céréaliers qui voulaient par exemple pouvoir cultiver du blé bio, sans pour autant passer leurs autres cultures en bio. Walter Willener, directeur d'AGORA : « Le marché suisse ne peut pas fournir certaines marchandises donc elles sont importées. Si nous plaidons pour une ouverture sectorielle spécifique, par exemple uniquement pour les céréales, c'est aussi pour que l'agriculture puisse approvisionner le marché suisse ». Bio-Suisse est farouchement contre : « il y a peut-être des avantages économiques pour un paysan, mais à notre avis ça devient un bio self-service : aujourd'hui c'est le blé qui monte, demain c'est les carottes, après-demain le bétail... Ce n'est pas crédible pour le consommateur », explique Jacqueline Forster-Zigerli. En consultation, l'Union Suisse des Paysans s'est également montrée très réservée sur le sujet la semaine dernière.




Le bio va-t-il réussir à changer largement notre vie alimentaire ou sera-t-il simplement soluble dans la société de consommation ? Nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins.


Entretien avec Jean-Marie Pelt, fondateur de l'Institut européen de l'écologie



Du bon, du beau, du bio?


Disponible uniquement en vidéo

Bonus de l'émission

Le bio, ça goûte quoi ?


Pesticides: le test


Le bio, cet inconnu


Le bio, ce marché juteux


Entretien avec Jean-Marie Pelt, fondateur de l'Institut européen de l'écologie

Sommaire

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Le bio, ça goûte quoi ?

Le bio, ça goûte quoi ?

Pesticides: le test

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Le bio, cet inconnu

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Le bio, ce marché juteux

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Entretien avec Jean-Marie Pelt, fondateur de l'Institut européen de l'écologie

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Pesticides: le test

En plus de l'aspect gustatif, une dégustatrice nous a donné une
autre raison pour favoriser le bio : « Il n'y a pas de
pesticides ou d'autres produits qui peuvent nuire à la santé.
»





Pas de résidus de pesticides dans les produits bio ? Là-aussi,
nous avons voulu vérifier.




Nous avons acheté des fruits et légumes d'origine suisse et
étrangère chez quatre grands distributeurs différents, soit Migros,
Coop, Carrefour et Manor. Dans chaque enseigne, nous avons acheté
les mêmes fruits et légumes en agriculture conventionnelle et en
bio. Une carotte bio et une carotte conventionnelle, une pomme bio
et une pomme conventionnelle et ainsi de suite jusqu'à 66
échantillons, 33 bio et 33 non-bio. Nous avons ensuite préparé pour
chaque enseigne une salade de légumes et une salade de fruits bio
et non bio que nous avons déposées au laboratoire du chimiste
cantonal de Genève pour analyse. La mission : rechercher les traces
de pesticides présentes dans ces produits.




Les résultats sont édifiants. Pour les produits issus de
l'agriculture conventionnelle, on retrouve des pesticides dans tous
les plats (Voir les résultats détaillés ci contre):

Du bon, du beau, du bio? Chez Carrefour, 10 pesticides dans
la salade de fruits et 2 dans la salade de légumes.

Du bon, du beau, du bio? Chez Manor, 7 pesticides différents
dans la salade de fruits et un pesticide dans la salade de
légumes.

Du bon, du beau, du bio? Chez Migros, 3 pesticides
différents dans la salade de fruits et 3 dans la salade de
légumes.

Du bon, du beau, du bio? Chez COOP, 10 pesticides différents
pour les fruits et 4 pour les légumes.

Ces résultats n'étonnent pas vraiment Patrick Edder, adjoint au
chimiste cantonal genevois. Patrick Edder : « Je dirais même
que c'est une bonne saison. Si on avait fait ce test au printemps,
on aurait trouvé plus de pesticide. Dans nos activités, il n'est
pas rare de trouver 9 ou 10 pesticides dans un seul aliment.
»





En quantité, aucune des traces de pesticides retrouvées ne
dépassait les normes par produit, mais, tout de même, trouver
autant de pesticides différents dans d'honnêtes salades de fruits
et de légumes, ça plombe un peu le repas. « C'est un peu le
problème actuel. On utilise un certain nombre de produits actifs
pour chaque culture. Comme notre alimentation doit être la plus
variée possible, on a une exposition aux pesticides plus importante
qu'on veut le croire. »
Avec quelles conséquences à long terme
? « Aujourd'hui, il n'y a pas d'évidence claire qu'il existe un
gros problème de ce côté. Les traces sont infimes. Mais il faudrait
appliquer le principe de précaution : on connaît très mal les
effets à très long terme ou l'effet des interactions entre
produits. »

Pesticides dans l'agriculture bio

Du bon, du beau, du bio?

Pour les produits issus de l'agriculture
biologique, les résultats sont, par contre, excellents. Sur les 33
produits testés, 32 ne contenaient aucune trace de pesticides.
Patrick Edder: « Ces résultats correspondent à ce qui ressort
de nos activités de contrôle. La très grande majorité des produits
bio ne renferme pas de pesticides [...]. Il y a très clairement eu
une amélioration au cours du temps. Au début des labels, on avait
très fréquemment des traces de pesticides [...]. Aujourd'hui, cela
reste exceptionnel ».





Toutefois, une nectarine bio espagnole achetée à la COOP était
contaminée par deux pesticides. Quant aux causes de la
contamination de cette nectarine, selon Patrick Edder, elles ne
proviennent pas nécessairement du fait que le producteur a triché.
Il peut s'agir d'une contamination accidentelle, à la production ou
pendant la récolte, mais aussi durant le transport ou le stockage
des fruits avant l'achat.




Au final, tout de même, le résultat du bio est excellent : seul 1
produit sur 33 était contaminé par des pesticides. Un résultat tout
à fait conforme à ceux des contrôles réguliers effectués par les
chimistes cantonaux.