Tatouages : ABE soulève le derme !

Tatouages : ABE soulève le derme !

L'émission du 17 février 2004

Fini l'époque où le tatouage était un signe de rébellion, où il était la marque de la marginalité. Votre expert comptable porte peut-être une jeune vierge qui chevauche un dragon orange sous son costume trois pièces. Allez savoir !


A l'origine c'était le signe d'une appartenance tribale, puis c'est devenu un symbole de virilité. Aujourd'hui, les femmes se font tatouer aussi, jusque dans les recoins les plus intimes de leur anatomie. Si le tatouage est un art, c’est aussi un acte quasi-médical qui consiste à injecter de l’encre à 1 millimètre sous la peau. Une machine à tatouer, ça pique jusqu’à 3500 fois par minute. Il paraît que lorsqu’on y a goûté, on a souvent envie de recommencer.




Les tatouages, c’est comme les terrasses, on en voit partout en été. Ce dévoilement saisonnier est d’ailleurs à peu près la seule manière de constater l’ampleur du récent boom du tatouage. On estime grosso modo aujourd’hui qu’un bon 15% des Suisses sont tatoués, mais dans ce domaine, il est presque impossible de trouver des statistiques fiables, car le tatouage reste aussi un jeu très privé entre le visible et le caché.




Davis Le Breton, anthropologue, nous explique : « Le tatouage relève aujourd’hui d’une culture plutôt que d’une mode. Le tatouage, comme le piercing, ce sont des nouveaux bijoux qui ont envahi notre société. Ce sont des manières d’embellir son corps comme il y a des manières d’apprêter ses cheveux ou d’avoir des boucles d’oreilles. Dans certaines écoles, par exemple, on finit par compter les adolescents qui ne portent ni tatouage, ni piercing. La culture du tatouage a envahi le sport. En l’espace de deux ou trois ans, énormément de footballeurs, de tennismen ont marqué leur corps de dessins relativement importants. Les jeunes générations ont fait du piercing un emblème de leur classe d’âge. On peut dire que le tatouage date du début de l’histoire de l’humanité. La parure du corps pour des raisons religieuses, rituelles, esthétiques ou autres a fait son apparition dès l’origine de la condition humaine




Le tatouage est donc une vieille connaissance de l’humanité, mais il a eu quelques problèmes avec la civilisation judéo-chrétienne, même si les premiers chrétiens se tatouaient encore de symboles religieux.


Tatouages : ABE soulève le derme !
Davis Le Breton : « La Bible, par exemple, dit qu’il n’est pas pensable de modifier le corps qui a été un objet de la création de Dieu. Donc, il y a des commandements très précis qui interdisent la parure sous forme d’un tatouage ou autre. La vraie renaissance du tatouage, dans nos sociétés occidentales, date du milieu du 18ème siècle quand les marins de Cool découvrent dans les îles du Pacifique des indigènes pourvus de splendides parures corporelles. Les marins vont s’empresser de les imiter et puis vont diffuser cette culture du tatouage dans tous les ports du monde. De là, la culture du tatouage va passer du côté des truands et des marginaux, plus tard du côté des milieux ouvriers. Donc, pendant un peu plus d’un siècle, le tatouage va jouir d’une réputation un peu sulfureuse




Le vrai retour à large échelle du tatouage en Occident s’est fait dans les années 60 et 70. D’abord chez les motards avec les Hell’s Angels, il a été recyclé par le mouvement hippie, les punks l’ont complété avec le piercing et, enfin, presque tout un chacun s’y est mis joyeusement.




Le tatouage, aujourd’hui, est une affirmation d’individualité mêlée à une petite goutte de tribalisme, un petit rêve qui ne nous quitte plus.




La Suisse n’est pas en reste dans le domaine, on compte ici quelques grandes stars du tatouage qui déplacent des adeptes de la planète entière. Pendant longtemps, les autorités n’ont pas pris la mesure du phénomène qui ne fait que s’amplifier depuis les années 90, si bien que la législation n’a jamais suivi. Mais on ne parle plus d’un épiphénomène qui ne concerne que quelques marginaux. On estime que cela concerne entre 10 et 15% de la population, en comptant le maquillage permanent, qui n'est rien d'autre qu'un tatouage. Mais, pour l'instant, rien ne protège les consommateurs d’éventuelles mauvaises pratiques. Pourtant, le tatouage se fait au grand jour. Environ 400 studios de piercing et de tattoo, qui ont pignon sur rue, ont été répertoriés à travers le pays. Il existe même de grandes réunions. Comme le salon des arts ménagers, il y a maintenant des salons de l'art du tatouage. On appelle cela des conventions. Il s'en tient dans toutes les grandes villes régulièrement. L'occasion de se faire de nouveaux amis bariolés.


Rencontre avec un tatoueur



Tatouages : ABE soulève le derme !
En novembre dernier, à Lausanne, la convention du tatouage a rassemblé 4000 personnes. Dans la foule, quelques joyeux excentriques, mais aussi Monsieur et Madame tout le monde. Une bonne occasion pour découvrir ce petit monde coloré, l’occasion aussi pour les aficionados de rajouter une pièce à leur toile personnelle. Le tatouage a bien quitté l’ombre pour le grand jour. Mais ce succès tout neuf a aussi attiré l’attention des administrations et des médias sur le mode de travail des tatoueurs. Et ce petit monde de passionnés a dû se standardiser quelque peu, surtout au niveau de l’hygiène. Serge Rolland, tatoueur depuis 12 ans, a dû parfaire sa formation. Il nous explique : « La stérilisation a changé. Maintenant, on est obligé de stériliser par autoclave. Avant, c’était un peu plus abstrait ce que l’on nous demandait de faire. Aujourd’hui, on utilise plus facilement des désinfectants de surface, les aiguilles sont forcément changées et l’usage des gants est systématique. »




Et comment avez-vous appris tout cela ? « On a suivi un cours chez le médecin cantonal de Genève. On a été informé des risques concernant le SIDA ou les hépatites




Reste qu’aujourd’hui encore, en Europe comme en Amérique, le tatouage ne fait l’objet d’aucune législation. Pour tenter d’y remédier, le Conseil de l’Europe a édicté l’année dernière une liste de recommandations sur la question, un premier embryon de législation européenne. En Suisse, un groupe de travail réfléchit actuellement à une loi au niveau national. Après l’hygiène, c’est aujourd’hui la composition des encres de tatouage qui est remise en question.


ABE teste les encres



Tatouages : ABE soulève le derme !
En l'absence de texte et de recommandations, nous avons voulu vérifier le contenu des encres qui sont injectées dans la peau des personnes tatouées. Nous avons testé 11 couleurs pour tatouage. Ces marques ont été commandées pour nous par des tatoueurs professionnels. Les analyses ont été confiées à un laboratoire spécialisé en Allemagne.




Ce que nous avons cherché dans ces produits, c’est la présence d’amines aromatiques. Ces amines sont des molécules libérées par des colorants organiques largement utilisés dans l’industrie.




Jacques Diezi, professeur à l’institut de toxicologie de l’Université de Lausanne, les connaît bien : « Ce ne sont pas des substances naturelles. Tous les pigments organiques de cette nature sont fabriqués. Il y a quelques substances naturelles utilisées dans les tatouages rituels, mais celles-ci ne sont pas naturelles. »




Le laboratoire a donc cherché, dans les encres que nous lui avons fournies, les amines qui, d’après une résolution du Conseil de l’Europe, ne devraient pas se retrouver dans de la peinture pour tatouage.


Voici les résultats :




- Apache Red de chez Spaulding Colors




5300 ppm de 2,4-Diaminotoluène, classe de toxicité 1 (la plus dangereuse), cancérigène possible.




- Sun Yellow de chez Spaulding Colors




60 ppm d’ortho-Anisidine, classe de toxicité 1, cancérigène possible.




- Pacific Blue de chez Spaulding Colors




Rien trouvé.




- Tulip Yellow de chez Spaulding Colors




150 ppm d’ortho-Anisidine, classe de toxicité 1, cancérigène possible.




80 ppm de 2,4 Diaminoanisole, classe de toxicité 3, cancérigène possible.




- Light Red de Starbrite Colors (Papillon)




>10000 ppm de 2,4 Diaminotoluène, classe de toxicité 1, cancérigène possible.




- Bubblegum Pink de Starbrite Colors




Rien trouvé.




- Country Blue de Starbrite Colors




45 ppm 2,4-Diaminotoluène, classe de toxicité 1, cancérigène possible.




- Orange de chez Micky Sharpz




2000 ppm 3,3 Dichlorobenzidine, classe de toxicité 1, cancérigène possible.




- Tribal Paste (noir) de chez Micky Sharpz




Rien trouvé.




- Jaune 70F de Jet France




750 ppm d’ortho-Anisidine, classe de toxicité 1, cancérigène possible.




50 ppm de 2,4-Diaminoanisole, classe de toxicité 3, cancérigène possible.




- Bleu Ciel 32 F de Jet France




Rien trouvé.


Tatouages : ABE soulève le derme !
Dans notre test, nous avons donc retrouvé 4 amines différentes. Toutes les marques testées sont touchées, mais il n’y en a pas dans tous les produits.




Jacques Diezi nous commente ces résultats: « Il y a quatre amines dont on sait qu’elles sont cancérigènes pour l’homme. Celles dont il est question ici sont proches chimiquement et puis certaines sont cancérigènes chez l’animal. Elles sont mutagènes dans des cellules et des bactéries, donc tout laisse penser que ces substances sont potentiellement cancérigènes pour l’homme. L’exposition à de tels produits n’est pas souhaitable, que ce soit par ingestion, par inhalation ou par injection directe. Bon, la mise dans le derme elle-même n’expose probablement pas à de très grandes quantités de substance. »




Plus inquiétant encore, la présence de ces quatre amines est interdite au-dessus de 30 mg/kg dans des textiles ou des articles de cuir susceptibles d’entrer en contact prolongé avec le corps humain. Que dire alors d’une injection sous la peau sachant que, plus généralement, cette grande famille de colorants est aussi utilisée dans les encres d’impression ou dans la peinture de carrosserie de voitures ? « C’est pour le moins inattendu, effectivement. Ce n’est pas destiné a priori à cela, mais on constate que cela s’utilise. »




Le vrai problème, on le voit, c’est l’absence de législation dans ce domaine et donc une vraie opacité dans la composition des encres. Même si le tatouage bio reste encore à inventer, il va tout de même falloir réussir à limiter l’utilisation de ces pigments.




Jacques Diezi : « Cela m’étonnerait que l’on trouve des alternatives chimiques, d’autres pigments qui aient les mêmes qualités de durée, d’éclat, de couleurs et qui n’auraient pas cette toxicité. Vraisemblablement, cette catégorie-là va continuer à être utilisée. Ce qu’il faudrait faire, encore une fois, c’est cadrer, réglementer l’utilisation de telles substances comme c’est le cas, par exemple, pour les colorants alimentaires. On a mis des limites qui permettent de dire, là on peut utiliser dans un certain cadre ces colorants de manière sûre. Il est parfaitement imaginable de faire la même chose pour les pigments utilisés dans les tatouages. »


Visite chez un fournisseur d'encres à tatouage



Tatouages : ABE soulève le derme !
Birmingham, deuxième ville du Royaume-Uni. Nous y avons rendu visite à Micky Sharpz, une véritable légende dans le domaine, l’un des artisans du récent succès du tatouage dans le monde. Micky Sharpz fabrique et distribue des produits pour tatouage dans le monde entier, des encres aux machines.




Ce jour-là, il reçoit des importateurs québécois désireux de distribuer ses produits dans la Belle Province. Parmi leurs questions, la qualité des encres. Gaétan David, importateur québécois, nous explique : « C’est important de savoir ce que l’on vend. Il faut savoir ce que l’on met sous la peau des gens pour ne pas avoir de problème. C’est très important. »




Alors, vous les testez sur vous au fond ? « Sur moi, sur d’autres employés, sur notre petit entourage avant, pour voir s’il n’y a pas de problème, mais on n'a jamais eu de problème. »




Même si Micky Sharpz affirme sur son site Internet qu’il fait analyser ses encres par un laboratoire indépendant, notre test montrait tout de même la présence de dichlorobenzidine dans un flacon d’encre orange provenant de chez lui. Voici sa réaction : « Vous avez trouvé 2000 parties par million de dichlorobenzidine. C’est moins qu’avant dans ce pigment. Il y en a eu plus que ça dans le passé. On a progressivement éliminé ce produit au cours du temps, car on doit s’adapter à des pigments plus modernes et plus propres. Mais pour moi, ceci n’est pas un problème. Ce pigment orange est là, dans mon bras, depuis 1969 et il a été implanté dans des milliers et des milliers de personnes. Le pigment orange est un pigment commun et je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec un problème à cause de lui. Si je changeais ce pigment pour un autre qui ne contiendrait pas cette quantité de benzidine, un pigment nouveau que je ne connaîtrais pas et qui n’aurait pas d’histoire, à quel point alors cela serait-t-il dangereux ? Ce serait partir dans l’inconnu: ce n’est pas parce qu’il ne contiendrait pas ce produit chimique qu’il serait forcément sans danger. Ce qui rend ce pigment sans danger, c’est qu’il a été largement utilisé et que nous savons qu’il ne cause pas de réaction. Le tatouage, c’est quelque chose d’étrange, de différent, ce n’est pas comme si vous mangiez ce produit. Ce n’est pas comme si vous l’injectiez dans une veine, ce n’est pas comme si vous vous le mettiez à la surface de la peau et que vous le laissiez longtemps. Là, vous vous injectez quelque chose sous la peau, mais ce quelque chose sera de toute façon isolé de votre corps par le collagène. C’est comme cela que ça marche, sinon la couleur ne resterait pas, elle serait soit absorbée, soit rejetée par votre corps. C’est justement le processus qui fait tenir le tatouage et qui le rend en même temps sans danger. »


Tatouages : ABE soulève le derme !
Pour nous faire mieux comprendre cette jungle des encres, Micky Sharpz nous propose d’aller voir son spécialiste des pigments, à 100 kilomètres au nord de Birmingham. Dans le monde des couleurs, rien n’est simple.




Renseignements pris auprès de l’ETAD, l’association faîtière des producteurs de pigments organiques, aucun de ses membres ne produit de pigments spécifiquement recommandés pour le tatouage.




John Sargerson, tatoueur et spécialiste des pigments, nous explique : « Le monde de la couleur est un champ de mine, parce qu’il y a tellement de pigments disponibles que si vous ne savez pas exactement ce que vous faites, vous pouvez prendre n’importe quel vert ou rouge en pensant qu’il est bon pour le tatouage et vous vous trompez lourdement. Ce que j’entends par champ de mine, c’est que si vous ne savez pas ce que vous faites, choisir un pigment, c’est comme marcher en aveugle dans un champ de mine. Mais si vous savez ce que vous faites, c’est bon. Les entreprises qui vendent les différents pigments se vendent et se rachètent entre elles. Cela peut changer les produits ou leurs noms, mais vous devez toujours être capable de retrouver le pigment que vous cherchez."




John Sargerson ou Micky Sharpz sont donc bien conscients que l’avenir de leur entreprise passera obligatoirement par une législation pour clarifier le marché et tranquilliser le consommateur.




Micky Sharpz : « En fait, je pense que c’est une bonne chose de mettre en place cette législation. Mais je pense que c’est une mauvaise chose d’avoir peur ou de s’inquiéter irrationnellement. Par exemple, si les gens s’inquiètent de la quantité de produits toxiques dans les pigments, c’est bien. Mais se surinquiéter et être effrayé par cela, cela cause de la panique et de l’angoisse chez les gens. Je veux dire, je suis dans le tatouage depuis 1968, j’ai utilisé ces pigments, je sais comment ils fonctionnent et comment ils s’implantent dans la peau et je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur de les vendre. »




Pour anticiper la législation, Micky Sharpz nous a affirmé qu’il venait de racheter un laboratoire d’analyses et qu’il testera bientôt lui-même tous ses produits. C’est donc une affaire à suivre.




Les producteurs de ces pigments ne veulent pas savoir si leur produit va se retrouver sur une carrosserie de voiture ou sous la peau d'un individu. En fait, les usines de fabrication de couleurs ne veulent pas prendre de responsabilités quant à leur utilisation et les tatoueurs ne peuvent pas trouver sur le marché des pigments spécifiquement mis au point pour être injectés sous la peau. Alors, ils achètent des sacs de 25 kilos de pigments et font eux-même leurs produits, ce sont les marques que nous avons testées.


Quel risque pour la santé ?



Tatouages : ABE soulève le derme !
A ce stade, la question que se pose toute personne tatouée ou tout candidat au tatouage est : existe-t-il des études scientifiques qui démontrent un lien entre la présence de pigments sous la peau et un risque accru de maladie ou de cancer ?




Pour savoir si l’on avait remarqué des problèmes de santé provoqués par des tatouages, nous sommes allés voir le dermatologue Maurice Adatto, membre du groupe de travail sur le tatouage mis en place par la Confédération : « Depuis des siècles et des siècles que l’homme se tatoue, il n’y a pas de rapports de maladies toxiques liées au tatouage. Il y a des maladies allergiques bien connues et bien répertoriées, qui sont maintenant relativement rares vu le type de pigments utilisés, mais des maladies proprement toxiques, non. »




Puisque l’on parle de produits possiblement cancérigènes, est-ce qu’aujourd’hui des tatouages ont provoqué des cancers chez des gens ?




« Non, jusqu’à présent aucun tatouage n’a provoqué de cancer chez des gens tatoués. »




Alors pourquoi est-ce que l’on s’inquiète finalement ?




« On s’inquiète parce qu’en l’absence de base légale, il est possible que, dans un avenir proche, un fabricant X ou Y vienne avec un produit hautement toxique, qu’il puisse le mettre sur le marché et que ce produit soit utilisé par les tatoueurs par méconnaissance, puisque les tatoueurs n’ont pas les moyens de contrôler la composition des produits et que ce nouveau produit-là vienne à provoquer des intoxications ou des problèmes de santé majeurs. »




Interview de Michel Donat, docteur en pharmacie, responsable de la section objets usuels, cosmétiques et tabac de l’Office fédéral de la santé publique et président du groupe de travail tatouage mis sur pied par l'OFSP. UNIQUEMENT DISPONIBLE EN VIDEO.

Historique du tatouage

Historique du tatouage

Rencontre avec un tatoueur

Rencontre avec un tatoueur

ABE teste les encres

ABE teste les encres

Interview de Michel Donat de l'OFSP

Interview de Michel Donat de l'OFSP

Visite chez un fournisseur d'encre pour tatouage

Visite chez un fournisseur d'encre pour tatouage

Quels sont les risques pour la santé ?

Quels sont les risques pour la santé ?

Suite de l'interview de Michel Donat (OFSP)

Suite de l'interview de Michel Donat (OFSP)