Le point sur les nouvelles technologies DVD - ABE teste le bio

L'émission du 6 janvier 2004
ABE teste le bio et vous dit toute la vérité

En effet, le secteur du bio affiche plus de 6% de croissance de
2002 à 2003 et des ventes pour plus d'un milliard de francs. Les
paysans qui exploitent leur ferme de manière biologique en Suisse
sont environ 6500, ce qui correspond à 11% de la surface agricole
suisse.




Chaque habitant a acheté en moyenne pour 144 francs de produits
bio l'an dernier. Le revers de ce succès, c'est que le bio a du mal
à répondre à la demande.




Le bio se porte bien, les derniers chiffres annoncés le prouvent.
C'est même le seul marché en progression dans le secteur agricole.
Malgré un prix plus élevé, le lait bio coûte toujours environ 10%
de plus, les œufs bio sont eux deux fois plus chers, et, même dans
un environnement économique où le prix reste le critère d'achat
principal, les consommateurs achètent bio.




Des produits sains et naturels, voilà ce que souhaitent les
consommateurs qui achètent du bio. Des produits du terroir tels que
le lait, les fruits et les légumes, voilà les articles bio les plus
vendus en Suisse. Mais Coop et Migros, qui se partagent les
trois-quarts des ventes, voient dans le label un marché porteur. C'e
st pourquoi, depuis quelques années, le bio semble se décliner à l'i
nfini : hamburgers, pizzas, chips, sauces à salade, produits prêts
à être consommés.




François-Philippe Devenoge est membre du comité Bio Suisse. Nous
lui avons demandé de commenter cette nouvelle tendance : « Nous ne
sommes pas entrain d'adapter la nature à un nouveau mode de
consommation, nous sommes entrain d'adapter la consommation à une
vraie nature. Je préfère pour ma part consommer une pizza où je
sais que dedans il n'y a pas de conservateurs, pas de colorants et
tous les ingrédients qui sont sur cette pizza viennent d'espaces
bio cultivés de manière rigoureuse.»




Le bio doit-il s'adapter à notre rythme de vie ou alors rester
ancré à des valeurs plus fondamentales, c'est là toute la question.
Question que nous avons posée à Isabelle Eichenberger de la
Fédération romande des consommateurs : « La grande question,
effectivement, c'est de voir si les producteurs bio vont rester
liés à une philosophie ou est-ce que cela va être à l'avenir
uniquement un marché. C'est vrai que, quand on a vu le
développement des chips bio, de Bio Suisse, du Bourgeon, on a été
un peu surpris. Parce qu'il nous semble qu'effectivement cela n'est
plus du tout dans la lignée de base. »




Malgré ces changements, du côté de Bio Suisse, on se dit fidèle à
la philosophie de départ, à la conviction d'offrir au consommateur
un produit meilleur. Et pour le garantir, on mise sur les
contrôles. Autrefois, c'est Bio Suisse qui les effectuait. Depuis
1998, c'est la mission de bio-inspecta. Aujourd'hui, cet organe
contrôle plus de 80% de toutes les exploitations agricoles
biologiques de Suisse. Nous avons rencontré Maurice Clerc, le
responsable de l'antenne romande de bio-inspecta : « Les contrôles
sont fondamentaux et nécessaires. Les contrôles vont même en se
renforçant d'année en année. Les procédures aussi se précisent, il
y a beaucoup de choses qui se font de mieux en mieux d'année en
année. Mais, à part le contrôle, il y a une chose très importante
pour moi, c'est la collaboration avec tous les partenaires de la
filière.»

ABE teste le bio et vous dit toute la vérité Dans ces contrôles, la relation
avec le producteur ou le paysan semble primordiale, ainsi qu'avec
tous ceux qui travaillent à chaque étape de la production. C'est
pourquoi, l'inspecteur annonce sa visite. Une fois par année, il se
rend sur place pour assurer que chacun respecte l'Ordonnance
fédérale sur l'agriculture biologique, ainsi que le cahier des
charges de Bio Suisse. Mais, en cas de doute, il peut aussi
effectuer un contrôle à l'improviste et faire des recommandations,
voire des sanctions s'il constate une fraude.




Tout un système pour que le label soit garanti. Mais, qu'en est-il
quand le produit est importé ?




Maurice Clerc nous explique : « Il y a également tout un système
de contrôle pour les produits importés. Et à mon avis, il y a une
certaine garantie que les produits importés sont tout aussi fiables
que les produits bio produits dans le pays même.»




Pour répondre à la demande toujours plus grande, 20% des produits
biologiques sont importés. Ce sont des denrées qui ne peuvent pas
être cultivées en Suisse, tels que le café, les bananes et les
agrumes, des légumes hors-saison, mais également des matières
premières, comme les céréales, que les agriculteurs bio n'arrivent
pas à produire en quantité suffisante.




Des importations, qui en dehors des questions de contrôle et de
traçabilité posent également d'autres types de problèmes.




Maurice Clerc : «C'est un petit peu la question de l'information
du consommateur via l'étiquetage, c'est-à-dire : est-ce que le
consommateur est conscient que les produits bio sont en partie
importés ? Parce que c'est vrai que via les publicités, on véhicule
plutôt une image de proximité pour l'agriculture des produits bio.
»




Dans nos supermarchés, cette image de proximité, de terroir, ce n'e
st plus celle du bio aujourd'hui. C'est peut-être le prix à payer
pour pouvoir s'adapter au monde qui change et répondre aux demandes
des consommateurs et de la grande distribution.

ABE teste le bio


ABE teste le bio et vous dit toute la vérité Pour qu'un label obtienne la
confiance du consommateur, il faut la garantie que des contrôles
indépendants sont effectués sur le lieu de production bien sûr,
mais aussi lors de l'emballage, du transport et jusqu'au
supermarché en bout de chaîne. Des contrôles qui sont effectués par
les chimistes cantonaux. Pour vérifier si ces aliments respectent
bien l'Ordonnance fédérale sur l'agriculture biologique qui
interdit l'utilisation de tout pesticide, nous avons à notre tour
prélevé une série de fruits et légumes achetés sur plusieurs
semaines et nous les avons fait tester.




Première étape: le choix des produits à tester ! Sur les
recommandations du laboratoire, nous nous sommes orientés vers des
légumes classiques et très consommés : tomates, carottes, salades,
aubergines, courgettes, concombres, pommes de terre, etc. Sans
oublier les fruits : raisins, bananes, citrons, pommes et poires.
Au total, ce ne sont pas moins de 26 articles qui ont été
choisis.




Deuxième point important: la durée du test. Afin que nos résultats
soient plus représentatifs, nous avons décidé d'étaler nos achats
sur plusieurs semaines. C'est plutôt inhabituel pour l'équipe d'ABE
qui, normalement, réunit les produits à tester en 1 ou 2 jours. Les
achats ont donc commencé dès le 19 août pour les premiers légumes
et se sont étalés jusqu'à fin septembre. Nous avons acheté ces
produits chez Manor, dans différentes succursales de la Coop et de
la Migros en Suisse romande, mais aussi sur des marchés et dans des
magasins de diététique.




Et enfin, le but du test: vérifier si les fruits et légumes
étaient bien des produits bio comme ils nous avaient été vendus. Le
laboratoire a recherché principalement des résidus de produits
antiparasitaires, surtout des insecticides et des fongicides, des
substances qui sont interdites pour toute production biologique.
Pour ce faire, les chimistes ont procédé à une extraction des
pesticides à partir du fruit ou du légume prélevé pour pouvoir
ensuite les identifier et en calculer la concentration
présente.




Claude Corvi est le chimiste cantonal du canton de Genève. Il nous
fait part des résultats: « Les résultats sont excellents, puisque
nous n'avons décelé la présence de résidus de pesticides dans aucun
des échantillons que vous avez soumis à l'analyse. »

ABE teste le bio et vous dit toute la vérité Des résultats excellents pour cet
échantillon, mais des résultats à relativiser cependant avec les
chiffres obtenus sur l'ensemble de l'année 2003 par le chimiste
cantonal de Genève. Cette année, pas moins de 137 produits bio ont
été testés. Et, sur cet échantillon, la présence de résidus de
pesticides a été observée sur 14 produits, c'est-à-dire 10%.
Ceux-ci sont donc considérés non conformes. Et sur ces 14 produits
non conformes, deux ont carrément des résidus importants : « Cela
correspond à une tromperie pure et simple du consommateur, c'e
st-à-dire que ce sont des échantillons de fruits et légumes
classiques, de la filière traditionnelle, qui sont commercialisés
sous l'appellation biologique. Ce qui n'est absolument pas
acceptable. Et puis, dans 12 autres cas sur ces 140 échantillons
analysés, nous avons décelé la présence de traces de résidus, c'e
st-à-dire que probablement soit l'importateur, soit le commerçant
ne maîtrise absolument pas la séparation des filières
traditionnelles et biologiques et les produits sont certainement
contaminés. »




En fait, le pourcentage de produits bio non conformes se situe
toujours dans une fourchette de 8 à 10%. La situation ne s'aggrave
donc pas malgré les changements que subit le marché du bio en
Suisse. Reste que, quand on achète bio, on a envie d'être sûr à
100% de ce que l'on a dans l'assiette et cette marge d'erreur doit
impérativement diminuer. D'autant que le label bio subit la
concurrence de toute une série d'autres labels d'agriculture
intégrée, qui est un mode plus respectueux de l'environnement, mais
dont le cahier des charges n'est pas aussi sévère que celui du
bio.




Alors, pour savoir à quoi correspondent exactement des labels
comme Naturaplan, M-Engagement, le Bourgeon, IP-PI, etc., la FRC,
le WWF et la Protection suisse des animaux ont publié en novembre
dernier une brochure intitulée « Labels alimentaires ». Pour
commander cette brochure, vous pouvez envoyer votre demande à l'a
dresse suivante :




Secrétariat de la Fédération romande des consommateurs




Case postale 2820, 1002 Lausanne




Tél. 021/ 312.80.06




info@frc.ch




Prix : 25 francs + frais de port

Enregistreur DVD ou la mort annoncée des cassettes vidéo


132 minutes par jour en 1975, 200 minutes en 91. En 2002, chaque individu de 15 ans et plus regarde en moyenne la télévision 3h32 par jour, soit l’équivalent de neuf années de vie. Ces statistiques ont été publiées par le magazine Sciences humaines. Autour de la télévision sont venus se greffer de multiples équipements qui augmentent les possibilités de consommation d’images. Le magnétoscope est apparu à la fin des années 70. Il est encore présent dans la majorité des foyers car, jusqu’à récemment, il était le seul moyen d’enregistrer des programmes TV. Désormais, l’enregistrement numérique sur DVD vierge ou sur disque dur est au point techniquement. Les prix de ces appareils baissent ce qui les rend accessibles au grand public.


De la VHS au DVD...



Enregistreur DVD ou la mort annoncée des cassettes vidéo
Jusqu’au début des années 70, l’enregistrement vidéo était réservé aux professionnels de la télévision. Puis sont apparus les premiers enregistreurs vidéo transportables qui nous paraissent aujourd’hui des antiquités...




C’est finalement le VHS qui triomphe commercialement. Une véritable révolution pour les téléspectateurs. Ils peuvent désormais enregistrer les émissions qui les intéressent et les visionner quand ils le veulent. Inutile de dire qu’ils en profitent pleinement et leur vidéothèque personnelle enfle à vue d’oeil.




Pendant ce temps, la technologie, elle, continue de progresser. De l’analogique, on passe au numérique avec un nouveau support, le CD audio, puis sa version vidéo, le DVD: un petit disque optique de 12 cm de diamètre qui est lu par un rayon laser. Après les simples lecteurs DVD, arrivent maintenant sur le marché des lecteurs-enregistreurs DVD qui se présentent comme les successeurs incontournables du VHS.




Il existe deux familles de DVDscopes. Il y a d’un côté les graveurs simples qui permettent d’enregistrer les programmes TV sur des DVD vierges. Et puis, il y a les graveurs munis d’un disque dur. C’est sur ce disque dur qu’on enregistre les programmes. On a alors le choix entre seulement les visionner, puis enregistrer par-dessus autre chose ou décider d’archiver ces programmes en les transférant sur un DVD enregistrable.




Sachez qu’il y a deux normes, les plus et les moins, et deux sortes de DVD vierges : les DVD R que l’on ne peut graver qu’une fois et les DVD RW qui sont réenregistrables jusqu’à un millier de fois.




Mais quels sont vraiment les avantages du DVD sur le VHS ? Nous avons posé la question à Gilles Gérin, responsable de la rubrique matériel du magazine Les Années Laser : « Le DVD permet d’accéder à la qualité DVD, en tous cas si on ne dépasse pas deux heures et demie de durée maximum. A ce moment-là, on a une très bonne qualité d’image. On peut aussi profiter des atouts de l’interactivité, ce qui est absolument impossible sur une VHS ».


Enregistreur DVD ou la mort annoncée des cassettes vidéo
En effet, fini le rembobinage à la précision aléatoire. Avec le DVDscope, on peut accéder directement à toute séquence de l’enregistrement. Et puis, il y a une nouvelle fonction appelée « pause-tv » ou « time-shifting ». C’est la possibilité de visionner le début d’un enregistrement pendant qu’il se poursuit. Enfin, certains appareils sont équipés d’une prise DV qui permet de brancher son caméscope et de copier directement le contenu de la cassette DV sur un DVD.




Gilles Gérin nous explique : « Les enregistreurs vont même jusqu’à proposer des fonctions de montage simple. Maintenant, quant à savoir si c’est utilisé concrètement, ça c’est une autre affaire.»




Mais finalement, faut-il avoir fait Polytechnique pour pouvoir utiliser ces appareils ?




« On place son disque dans le tiroir et on choisit sa chaîne. Par défaut, il y aura un mode de compression qui est appliqué. On appuie sur la touche « record » comme on voit dans la publicité, ça fonctionne comme ça, donc effectivement pour une utilisation simple, c’est simple. Maintenant, si on veut aller un petit peu au-delà, faire du montage, enlever les publicités, mettre des points de chapitrage pour accéder directement à ses moments favoris, bon effectivement, c’est vrai, que cela demande une petite recherche, mais pas bien compliquée. Enfin, dans la majorité des platines, cela reste quelque chose d’accessible fort heureusement ».




En général, tous les appareils sont faciles à utiliser, pour autant qu’on les utilise régulièrement. Le problème, c’est que sans cette pratique régulière, d’une fois à l’autre, on oublie le maniement et on est bon pour ré-ingérer le contenu du manuel d’utilisation, à supposer qu’on soit encore capable de mettre la main dessus !!!




Bref, dans la théorie, c’est toujours simple, dans la vraie vie, beaucoup moins. La question pour les adeptes modérés de la copie est simple : est-ce que cela vaut la peine de laisser tomber le système VHS pour le graveur de DVD ?


Faut-il investir pour un graveur DVD ?



Enregistreur DVD ou la mort annoncée des cassettes vidéo
« VO Only » à Paris, pionnier européen du DVD et spécialiste du Home Cinéma. Que pense son fondateur Yvan Coriat de l’utilité des DVDscopes : « Le truc, c’est de savoir si on est vidéophile ou pas. Si l’on a toujours eu un magnétoscope, qu’on a en permanence acheté des cassettes vierges sur lesquelles on a enregistré des films que l’on a stockés au fil du temps, oui ça vaut le coup d’acheter un graveur DVD. Il vaut mieux les stocker sur DVD et pouvoir dire dans dix ans, je vais me taper ce film de 50 qui est passé une seule fois. Si par contre, on utilise un magnétoscope de manière sporadique, vous utiliserez aussi votre graveur DVD de manière sporadique. J’ai moi-même acheté un graveur DVD avec disque dur il y a un an et demi. Je crois, qu’aujourd’hui, j’ai dû graver trois DVD et puis j’ai cinq programmes sur mon disque dur. Et pourtant, je suis un malade de ça. Mais en fait, globalement, je n’enregistrais pas sur magnétoscope et il n’y avait pas de raison que ça change. »




Avis aux vidéophiles : un graveur DVD permet de transférer leurs chères VHS sur DVD. Bien sûr, sans gain de qualité possible, mais au moins, on passe sur un support qui a une certaine garantie de pérennité.




Autre question intéressante : si on enregistre un film soi-même sur DVD, le résultat est-il comparable à un DVD pré-enregistré ? « Il y a une différence fondamentale. Un DVD préenregistré est un DVD où, si l’éditeur a bien fait son travail, il s’est créé un master où il a étalonné plan par plan. En télé, vous savez comment ça passe, c’est à peu près n’importe quoi, il y a toujours des problèmes de transmission. On va graver comme ça vient. Donc, à la sortie, vous aurez un DVD qui aura une image de qualité, mais qui restera médiocre par rapport à ce que le DVD peut être ».


Enregistreur DVD ou la mort annoncée des cassettes vidéo
Les DVD pré-enregistrés ont un système de protection qui empêche de les recopier, du moins avec un simple DVDscope. Et, un jour, il pourrait bien en être de même pour certains programmes diffusés par les chaînes TV. En tous cas, les DVDscopes sont déjà équipés de petites puces permettant de détecter des signaux anti-copie. Côté prix, on trouve actuellement des graveurs DVD à moins de 700 francs et les graveurs avec disque dur dès 1600 francs. Mais les spécialistes estiment que d’ici un an, les prix auront diminué de moitié. Sans compter que l’industrie nous proposera certainement un jour de remplacer nos DVDscope par un autre appareil encore plus performant !




Yvan Coriat nous fait part des tendances qu’il entrevoit : « Je pense qu’à terme, on aura une espèce de boîte qui gérera l’audio et la vidéo. On utilisera le streaming, c’est-à-dire qu’on travaillera sur des serveurs qui permettent de récupérer des films en deux-trois minutes avec l’accord de la major sur un disque dur énorme. J’imagine que pour combattre le piratage, ce sera les majors qui proposeront un choix et on ne pourra plus avoir un choix aussi vaste qu’actuellement. Ce sera la mort des supports vierges. »




En attendant d’être définitivement libéré de la contrainte du support, il semble que les appareils de la prochaine génération technologique pourront encore lire nos DVD actuels.




Avant de se passer totalement de support, on transitera certainement par la télévision haute définition qui offre une qualité de son et d’image incomparable. Mais, pour restituer cette haute définition sur un disque, il faut augmenter la capacité des DVD à stocker les données. Cette nouvelle technologie existe déjà au Japon et aux Etats-Unis. Elle utilise un laser bleu et non plus un laser rouge. Alors que le DVD enregistreur entre à peine dans les salons occidentaux, une guerre des formats se profile déjà à propos du futur standard DVD de deuxième génération Blue-Ray ou Blu-Ray et personne ne peut prédire lequel des géants de l’électronique l’emportera.


La technologie du futur : le Blue-Ray



Enregistreur DVD ou la mort annoncée des cassettes vidéo
D'un côté, on trouve le Blue-Ray Disc soutenu par Sony, Philips, Matsushita et LG. Basé sur la technologie du laser bleu et permettant de stocker cinq fois plus de données que le DVD actuel, le Blue-Ray est déjà commercialisé au Japon par Sony et devrait être lancé dans le monde entier d'ici la fin du mois de décembre.




De l'autre côté, le HD DVD soutenu par Toshiba, Nec, Thomson et Pioneer. Basé lui aussi sur la technologie de lecture/gravure au laser bleu et permettant également de stocker entre quatre et cinq fois plus de données que le DVD actuel, le HD DVD vient de voir ses premières spécifications de format approuvées par le DVD Forum.




Même si le format Blue-Ray bénéficie d'une avance certaine (les premiers HD DVD verront le jour courant 2004) et du soutien du leader mondial de l'EGP, le HD DVD peut prétendre gagner la partie, et ce pour deux raisons.




D'une part, le HD DVD bénéficie du soutien du DVD Forum comprenant des industriels tels que Pioneer, Hitachi et Toshiba qui fourniront donc des produits compatibles avec ledit format. D'autre part, contrairement au Blue-Ray Disc, le HD DVD bénéficie d'une compatibilité totale avec les DVD actuels. L'industrie de l'électronique grand public espère que la démocratisation des téléviseurs à haute définition (HD) soutiendra la demande de disques DVD-vidéo de grande capacité.




Le DVD Forum, qui regroupe quelque 220 entreprises d'électronique et des médias, a décidé le mois dernier de soutenir le format HD DVD à l'exclusion de tout autre, mais l'information n'a été rendue publique qu'en fin de semaine dernière. A la guerre des normes encore en cours sur le format des DVD enregistrables viendra donc s'ajouter celle des DVD du futur.




Cette opposition ne devrait toutefois pas durer aussi longtemps dans la mesure où les futurs disques à laser bleu sont destinés à être pré-enregistrés et non enregistrables.




Or les constructeurs d'électronique doivent s'assurer du plein et entier soutien de l'industrie du cinéma à un seul format avant de fournir des films sur disques pré-enregistrés. Hollywood ne soutiendra probablement pas deux formats différents ont estimé des analystes, et le DVD Forum semble avoir l'oreille de l'industrie du divertissement.


Enregistreur DVD ou la mort annoncée des cassettes vidéo
Les partisans du Blue-Ray n’abandonnent pas. Sony, qui commercialise un lecteur Blue-Ray depuis le 1er décembre, veut profiter de son avance pour occuper le terrain et contrarier la décision du DVD Forum. Les précédents existent : dans une autre bataille de formats, qui dure depuis trois ans, le DVD+RW a pu conquérir plus de la moitié du marché des DVD gravés sans le soutien du DVD Forum, accordé au DVD-RW. Seulement, la bataille entre HD DVD et Blu-Ray ne devrait pas s’éterniser, car il s’agit cette fois de DVD enregistrés. Le choix d’Hollywood, notoirement proche du DVD Forum, sera donc déterminant. L’enjeu est de taille et pas seulement technique. Les développeurs du futur DVD bénéficieront en effet de la vente de licences juteuses de leur format. C’est justement en réaction à cette politique de licence (estimée à 10 dollars par machine) qu’un consortium chinois, soutenu par son gouvernement, a déjà annoncé qu’il développera son propre format de DVD de nouvelle génération, l’EDV.




Ça, c’est de la techno fiction. Pour l’instant, on ne peut pas trouver de Blue-Ray dans les magasins et la TV haute définition n’est pas encore sur le marché européen. En revanche, ce que les spécialistes prédisent, c’est que le graveur de DVD est l’appareil technologique qui va faire un carton cette année, à moins que le consommateur ne résiste, ce qui ne va pas être facile. En effet, toutes les marques vont sortir leur modèle et tout mettre en œuvre pour nous convaincre que c’est absolument et totalement indispensable. Mais, avant d’acheter, n’oubliez pas que, pour le porte-monnaie, le duo gagnant pour l’instant, cela reste encore le lecteur simple et le vidéo club !