Une semaine sans produits chinois : impossible !

une semaine sans produits chinois : impossible

L'émission du 29 mars 2011

Dans notre économie globalisée, la Chine est omniprésente. Il est presque impossible de réussir un défi qui peut sembler pourtant simple : se passer totalement de produits made in China pendant une semaine !

lundi/mardi

Gilles est à la maison la journée parce qu’il a perdu son emploi il y a quelques semaines. La production de son usine a été délocalisée en Chine et comme 300 de ses collègues, il s’est retrouvé au chômage.

Il bénéficie involontairement d’un peu de temps libre. Ce matin-là, il lit un livre trouvé dans une librairie d’occasions.

« Comment vivre une année sans produits chinois » a été écrit en 2007 par une journaliste américaine. L’auteur raconte les 1001 difficultés rencontrées lors de ce pari impossible.

Gilles et sa compagne Victoria sont moins ambitieux. Ils décident de tenter l’expérience pendant une semaine.

Lundi, un petit tour dans la cuisine leur suffit pour apprécier l’ampleur du défi: verres, tasses, couverts, la bouilloire, la casserole, la gourde et la boîte à thé, et même les accessoires frappés de la croix suisse sont fabriqués en Chine. Adieu le très helvétique corbillon pour conserver les pommes de terre au chaud.

Tour de vis chinoisGilles occupe une partie de son temps libre à bricoler dans l’appartement familial. Mardi, caisse à outils à la main, il est rapidement confronté à un réel problème, ils sont presque tous chinois.

Certains affichent pourtant des origines européennes. En réalité, ils ont aussi été fabriqués en Chine et ils changent de nationalité grâce à un tour de passe-passe.

Comme nous l’explique Olivier Heurteux, administrateur de la quincaillerie Baud : « La législation dit que si un article est à 51% fabriqué en Europe, il est européen. »

Le consommateur n’est pas totalement trompé. Car l’outil assemblé en Europe subit des contrôles de qualité au standard occidental. Mais l’appétit des fabricants chinois n’est pas rassasié.

Olivier Heurteux, Administrateur quincaillerie BaudSelon Olivier Heurteux, « ils maîtrisent le 80% du marché du premier prix, mais ils ont la volonté de se développer dans la qualité et d’en devenir maîtres. Mais ils ne sont pas encore prêts dans les innovations et le haut de gamme. »

En quelques années, la Chine est devenue l’atelier du monde. Ce n’est pas par hasard.

Philippe Cohen est journaliste à l’hebdomadaire français Marianne. Avec Luc Richard, il a cosigné un livre où il dit ce qu’il pense des méthodes chinoises.

Philippe Cohen - Journaliste

Philippe Cohen, journaliste à l’hebdomadaire français Marianne« Quand on dit vampire du milieu, c’est parce que la Chine est en train d’aspirer le travail industriel du monde entier. Elle vampirise l’économie mondiale. […]le coût du travail est 80% moins cher qu’en Europe. Le slogan de l’Europe est une économie libre et non-faussée. Dans le cas de la Chine, on voit que c’est un système économique ni libre, ni non-faussé.»

Ce n’est pas tout. A une main d’œuvre bon marché s’ajoute une monnaie nationale bon marché, le yuan, sous-évalué à hauteur de 40%. Explication avec Marian Stepczynski, journaliste économique :

Marian Stepczynski, journaliste économique« Le gouvernement tient très fortement son système bancaire en mains et maintient un contrôle des changes extrêmement strict et il est en mesure de soutenir des monnaies étrangères qui auraient tendance à se dévaloriser par rapport au yuan en les achetant massivement sur le marché des changes. C’est l’aspect le plus frappant de ce yuan qui se maintient très en dessous de ce qu’il devrait être si le marché des changes fonctionnait librement. »

Tout cela est possible parce que le pouvoir est unique ?

« C’est le cœur du problème. Le parti tient tous les leviers de commande de l’économie et en particulier les leviers qui déterminent le taux de change de la monnaie. »

On comprend mieux pourquoi presque tous les objets de notre vie courante sont fabriqués en Chine.

Une image donne une indication de leur volume. Cette première carte synoptique montre l’importance du trafic aérien dans le monde. Ce n’est pas une surprise, les Etats-Unis se taillent la part du lion.

Voici maintenant la carte du volume du trafic des conteneurs dans les ports. La Chine écrase tout, le reste du monde a quasiment disparu.

Il faut bien faire voyager cette montagne de biens de consommation.

Comment ces marchandises arrivent-elles jusqu’à nous ?

Des importations massives par voie maritimeA Bon Entendeur s’est rendu à Rotterdam, le plus grand port d’Europe. En 2009, 387 millions de tonnes de marchandises sont passées par-là.

Bienvenue au royaume du gigantisme. Nous sommes au terminal ECT Delta dont les installations sont presque totalement automatiques. Elles traitent 100'000 conteneurs chaque semaine.

Le déchargement des porte-conteneurs se fait par ces portiques géants. A quarante mètres du sol, deux hommes suffisent à la manœuvre, un grutier et un contrôleur qui vérifie les numéros et les scellés de chaque conteneur, longs de six ou douze mètres.

Après un bref trajet entre ciel et terre, le conteneur est déposé sur un chariot sans pilote qui l’amène vers un premier centre de répartition.

Parce qu’ils offrent une bonne protection contre les intempéries, les vols et un avantage déterminant dans le porte-à-porte, les conteneurs se sont imposés dans le trafic maritime.

Au terminal Delta, un deuxième portique automatique approche ensuite le conteneur du camion qui va l’emmener en Suisse ou ailleurs.

Enfin une dernière grue, pilotée par un humain celle-ci, effectue la manœuvre finale. Dans quelques heures, 5000 téléviseurs ou 100’000 paires de chaussettes entreront en Suisse.

Mercredi/jeudi/vendredi

Gilles se cherche activement un nouveau travail et mercredi, il consulte les petites annonces sur internet. Problème, si son ordinateur a été pensé au Japon, il sort en droite ligne d’une usine chinoise.

Gilles a payé 1450 francs un ordinateur sorti de l’usine à 150. Les 1300 francs de différence servent à payer la recherche, le développement, le marketing, les importateurs et surtout les actionnaires.

Des conditions de travail contestablesQuant aux ouvriers, ils travaillent souvent dans des conditions épouvantables.

A Bon Entendeur l’a démontré en s’infiltrant en mai 2008 dans une usine de la région de Canton. Les ouvriers travaillent 14 heures par jour, six jours sur sept pendant de longues périodes, parfois même sept jours. Le salaire mensuel moyen est d’environ 150 francs. L’âge des employés ne dépasse pas 25 ans. Le logement est assuré par l’employeur, en dortoirs d’une dizaine de lits.

Dans un contexte de concurrence effrénée, ces sacrifices ne suffisent pas. Les coûts doivent encore être réduits. Cela passe par une main d’œuvre encore moins chère. Confirmation avec Erik Izraelewicz, directeur du journal Le Monde, qui vient d’écrire son deuxième livre sur la Chine :

« Le phénomène est identifié. Le niveau de développement sur la côte Est est élevé. Alors les entreprises délocalisent vers les provinces moins chères. Mais c’est positif et soutenu par le pouvoir politique. »

Dans la foulée, Gilles doit se passer de son téléphone portable, pourtant fabriqué en Hongrie, mais dont la batterie est chinoise. Il ne peut plus regarder la télévision non plus. Et il angoisse à l’idée de devoir changer une ampoule.

Chaque pièce de l’appartement cache un nouvel écueil. Victoria en fait l’expérience le jeudi lorsqu’elle trie le linge sale.

La majorité des textiles vient de Chine, y compris une vieille connaissance, ce veston pour hommes de La Redoute. Vendu 85 francs plus cher sur le site suisse que sur le site français, il a été fabriqué en Chine. Le voilà condamné au placard.

Vendredi, la cuisine est inutilisable et le moral du couple commence à flancher. Heureusement, la pizzeria du coin vend des pizzas à l’emporter. Chic ! Et choc lorsque nous leur apprenons que les Chinois produisent et exportent du concentré de tomates et que celui-ci peut se retrouver sur leur pizza.

En 1984, lorsque le pouvoir central chinois décide d’en planifier la production, personne n’a vu de tomates dans la province du Xianjiang. Aujourd’hui, la Chine se place au premier rang mondial des producteurs de tomates devant les Etats-Unis.

Pour simplifier le transport, la Chine produit surtout du concentré, mais celui-ci n’a pas la réputation de ses concurrents. Alors les Chinois ont trouvé un truc. Leur concentré passe par l’Italie où il change souvent d’origine.

Lorenzo Bazzana, cadre à ColdirettiA Bon Entendeur s’est rendu à Rome pour rencontrer Lorenzo Bazzana, cadre à Coldiretti, l’organisation faîtière des entreprises agricoles italiennes :

« Nous sommes très inquiets : l’Italie est le 3 producteur mondial de tomates, mais il est aussi le premier exportateur de tomates transformées, surtout pour ce qui est des produits de qualité, comme les tomates en boites, les coulis, les tomates concassées.

Ce qui nous porte préjudice, ce sont ceux qui mélangent le concentré chinois avec des produits italiens afin d’obtenir les produits finis que je viens de citer. Cela nuit à l’image de la production italienne.

Même si le concentré ne peut être utilisé que dans un certain type de produits, des coulis par exemple, ou des produits finis, comme les sauces toutes prêtes, parce qu’il perd facilement son identité. »

Lorenzo Bazzana nous présente des cas concrets de fraudes pratiquées par les producteurs chinois de concentré.

« Le fût que vous voyez là a une capacité de 200 kg de concentré. C’est dans ce genre de fûts que le concentré chinois arrive en Europe. Nous avons également trouvé des boîtes de conserve de ce genre, celles-ci viennent du marché africain. Il s’agit d’une double contrefaçon : d’abord sur l’identité de l’entreprise. La marque a été copiée, de même que le graphisme de l’emballage. Mais ça va plus loin. Ces boîtes contenaient des tomates chinoises, mais elles sont étiquetées « Made in Italy ». Il y a donc fraude au niveau de l’identité de l’entreprise ainsi qu’au niveau de la provenance de la tomate, qui se fait passer pour italienne. Ca fait une double fraude.

Là, nous avons un autre exemple : il s’agit d’un produit que nous avons trouvé à la foire de Paris. Nous avons là un produit chinois qui affiche des textes en italien. Cela peut induire en erreur le consommateur distrait, qui pense acheter un produit italien lorsqu’il tend le bras dans le magasin vers ce genre de produit à l’étiquette en italien. En réalité, il ramène chez lui un produit chinois. Nous recommandons donc aux consommateurs de bien lire les étiquettes : ellespermettent de vérifier si un produit est italien ou pas. »

Philippe Cohen l’a déjà dit, les Chinois pratiquent la technique de l’aspirateur :

« Les Chinois sont les plus gros producteurs de tomates du monde. Mais le problème c’est qu’ils produisent que trois ou quatre sortes de tomates. La particularité de la France, c’est que l’on a une très grande richesse, une très grande diversité de tomates. Et c’est ce savoir-faire qu’ils ont essayé d’aspirer à travers le cas de Cabanon. »

Le Cabanon est une entreprise du Vaucluse, spécialisée dans la tomate transformée. En 2005, elle va mal  c’est alors qu’elle est approchée par le groupe chinois Chalkis.

Le président du groupe ne s’en cache pas, il vise le savoir-faire des Français en matière de ketchup pour s’attaquer au marché américain. Les Chinois injectent 10 millions d’euros, font poser le directeur français devant le drapeau chinois et licencient 150 des 300 employés. Ceux qui restent sauvent leur job, mais les cadences augmentent.

Ce qui diminue, c’est la part de tomates produites localement, 10% seulement. Le reste vient de Chine et repart avec une origine provençale.

Dans son livre, Erik Izraelewicz cite un autre exemple, tout aussi ravageur pour les économies européennes, de ce que l’on pourrait pudiquement appeler un transfert de technologie :

Erik Izraelewicz, directeur du journal Le Monde« Je pense que le grand problème aujourd’hui c’est de savoir si le pays va passer de la copie à l’innovation. Regardez ce qui s’est passé pour le TGV, il y avait une compétition Siemens/Alsthom. Maintenant le TGV est chinois. Ils ont copié les technologies, ils ont acheté quelques pièces et les ont copiées. Ils les ont un peu améliorées et maintenant le TGV sera chinois en Chine. Mais peut-être qu’en Californie, en Afrique du Sud ou en Arabie Saoudite, trois pays qui veulent se doter de TGV, il sera aussi chinois.»

Dans le palmarès des pays capables d’innover, la Chine n’est que 22ème pour l’instant. Alors que la Suisse est 3ème! Mais la production part massivement en Asie. Pourtant certains font le choix inverse. Après avoir délocalisé en Asie, le groupe Atol a ramené sa production en France.

Samedi/dimanche

Samedi, Victoria a congé. Elle en profite pour passer en revue le contenu de sa salle de bains. Et ça commence plutôt mal, ce bijou jamais porté est mis de côté parce que chinois.

La jeune femme bénéficie d’un court répit avec les produits de maquillage, enfin avec ceux­-ci. Mais elle connaît une nouvelle alerte avec le rasoir. Et puis une mauvaise nouvelle tombe, le nounours s’en va aussi, confirmant au passage que même les peluches ne sont plus faites en Suisse. Il est rejoint par le canard pour le bain, accompagné par le pèse-personne et enfin par un rideau de douche tout neuf. Le coup de grâce est asséné par une paire de lunettes de soleil.

Victoria ne le sait pas, mais en choisissant une autre marque de lunettes, elle aurait peut-être pu les conserver.

Des lunettes "Made in France"Car dans la lunetterie, certains groupes français ont rencontré en Chine des problèmes de qualité, mais aussi de délais de livraison. Ils ont commencé à relocaliser une partie de leur production en France voisine, notamment à Morez. C’est le cas d’Atol, une coopérative d’opticiens.

D’après Philippe Peyrard, directeur général délégué de la coopérative, si les opticiens paient leurs lunettes plus chères, ils ont gagné en sécurité :

« Il est évident que le « made in France » nous a apporté d’autres avantages qui sont la qualité, notamment les contrôles qualité qui sont opérés en France sont plus fréquents et sécurisants pour le consommateur puisque notre base logistique se situe à Beaune, à 150 km de Morez, on peut en un après-midi faire vérifier sur une chaîne de fabrication si tout est bien conforme au cahier des charges. On ne va pas prendre l’avion, comme ça d’une heure à l’autre pour aller en Chine vérifier ce qui se passe. Le deuxième point, c’est la problématique en termes de disponibilité en terme de stock.

Le fait que nos sous-traitants nous conservent les stocks de produits semi-finis permet de passer commande et de l’avoir en trois semaines, là où pour avoir une finition totale en Chine, vous aviez besoin de trois mois. »

L’opération de relocalisation a coûté un million et demi d’euros à Atol. Mais le groupe a gagné un capital de sympathie qui ne peut être chiffré.

L’absence ou le laxisme des contrôles de qualité en Chine débouche sur des dérapages. Le dernier en date est encore présent dans toutes les mémoires.

A l’automne 2008, des fraudeurs ajoutent de la mélamine, un produit de synthèse, dans le lait en poudre. Des bébés chinois meurent parce que des escrocs ont voulu augmenter le volume de protéines du lait et se faire plus d’argent.

Le lait contaminé n’est pas sorti de Chine, mais il est utilisé dans la fabrication de bonbons à la crème. Ceux-ci sont exportés et l’on en trouve jusque dans les rayons des magasins suisses d’où ils seront heureusement retirés à temps.

Mattel et Fischer Price doivent rappeler des millions de jouetsEn 2007, les firmes de jouets Mattel et Fischer Price doivent rappeler des millions de jouets fabriqués en Chine. Certains sont revêtus d’une peinture au plomb toxique, d’autres comportent des petites pièces qui peuvent se détacher. Des enfants américains en ont avalé. Ces jouets ont surtout été fabriqués chez des sous-traitants qui échappent aux contrôles de qualité.

Dimanche, dernier jour de l’expérience. Victoria garde le sourire. C’est l’anniversaire de Gilles. Elle a acheté un gâteau avec la certitude qu’il n’est pas chinois. Rien ne va gâcher la fête.

Mais la Chine est partout… Les bougies ont fait 9000 kilomètres pour arriver sur le gâteau. Le jouet pour le chien aussi.

Et les consommateurs chinois dans tout ça ? Avec tout l’argent qui rentre dans leur pays, est-ce qu’ils pourraient mettre un peu plus la main au porte-monnaie, ce qui soulagerait les économies occidentales ?

Selon Marian Stepczynski, cela aurait un effet positif sur l’économie occiedentale :

Marian Stepczynski, journaliste économique« Le jour où ils se mettront à consommer davantage, il y aura un rééquilibrage par le biais de l’augmentation de la demande intérieure. Mais aujourd’hui, ils se sentent tous obligés d’épargner beaucoup. D’une part parce que les systèmes financiers se sont pas assez développés pour bien placer son argent et d’autre part parce que le système de protection sociale est rudimentaire, donc les gens épargnent une grande partie de leur revenu. »

Donc les gens épargnent parce qu’il n’y a pas de système de caisse de retraite ?

« Il y a un système rudimentaire et ils craignent pour l’avenir en général. » 

Alors le présent de Gilles et Victoria, c’est ce marché aux puces composés de tous les produits chinois mis de côté pendant une semaine.

Tout est chinoisEnfin presque tous, parce qu’un Chinois peut en cacher un autre !

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Un inquiétant nuageLes images qui nous parviennent depuis deux semaines de Fukushima nous apprennent qu’une catastrophe nucléaire n’est pas forcément spectaculaire, du moins à première vue. Pourtant, à  travers ces ferrailles tordues que l’on devine sous la neige, nous assistons bien médusés et impuissant à un accident nucléaire majeur, dont les conséquences pour la région, mais aussi pour le monde entier, sont encore imprévisibles. Imprévisible, parce que rien n’est résolu à Fukushima, que les fuites radioactives commencent à contaminer le milieu marin et que personne ne peut vraiment dire aujourd’hui comment tout cela va finir.

Fin avril 1986, l’accident de Tchernobyl, le plus grave de l’histoire du nucléaire civil, provoque une explosion qui relâche un nuage de gaz et de particules radioactives à plus de 1000 mètres d’altitude, un nuage qui traverse l’Europe en quelques jours. Très vite, des taux de radioactivité élevés sont mesurés dans diverses régions de Suisse et les autorités émettent une série de recommandations: bien laver les légumes frais, ne pas consommer l’eau de citerne, renoncer au lait frais pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes. 22 jours plus tard, la plupart des mesures de précautions sont levées, mais on enregistre encore des taux de radiations assez élevés dans le sud du Tessin.

Daniel Brélaz s'opposait déjà au nucléaire en 1986Daniel Brélaz, alors conseiller national écologiste, relève au Téléjournal le  24 mai 1986 que:  « Tchernobyl nous a montré que le nucléaire  n’est pas seulement  lié à un  pays - la Suisse, la France ou l’Allemagne - mais à l’ensemble de l’Europe, voire au monde entier d’après les répercutions que nous avons eues à plus de 1'000 kilomètres. ».  Il appelle même les Etats européens à renoncer au nucléaire, « dans les meilleurs délais, d’ici à 2000 ou 2010 ».

En 1990, le peuple suisse approuve un moratoire de 10 ans sur la construction de nouvelles centrales nucléaires, mais refuse l’abandon progressif de l’énergie atomique.

Aujourd’hui encore, on peut détecter en Suisse des substances radioactives déposées par le nuage de Tchernobyl, mais les valeurs mesurées sont proches de celles d’avant la catastrophe, sauf pour certaines espèces de champignons sauvages et le gibier.  En 2006, la Confédération estimait que la Suisse devrait faire face à environ 200 cas de cancers mortels supplémentaires à cause de l’accident de Tchernobyl.

Des particules émises par la centrale japonaise ont atteint la Suisse la semaine dernière, mais, selon les autorités, avec des niveaux de radioactivité plus faibles que la limite de détection des appareils. A 6000 mètres d’altitude, un avion de l’armée suisse a trouvé une quantité anormale d’iode 131 radioactive mercredi dernier, mais à une concentration 20'000 moins élevée que la limite admise dans notre pays, selon l’Office Fédéral de la Santé Publique.

Pendant ce temps, du côté des Japonais, l’angoisse nucléaire s’ajoute aux deuils et aux privations nés du tremblement de terre. La semaine dernière, certains légumes et le lait cru provenant de 4 préfectures proches de la centrale ont été interdits à la vente. Comme un terrible arrière goût de déjà vu.

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