Un dérivé du surf

Choisir son skate : comme sur des roulettes?

L'émission du 7 septembre 2010

Il n’y aurait pas moins de 25 millions de skateurs de par le monde. Les filles comme les garçons ont succombé à cette mode qui touche aussi toutes les générations. Et dans le monde de la planche, l’offre est grande et la fourchette des prix est plus longue qu’une rampe ! Comment bien choisir son skate ?

Skate story 

Cet été 300 skaters venus d’une vingtaine de  pays se sont retrouvés à Bâle. Les champions  européens ont prouvé que le skateboard n’avait pas pris une ride. Son histoire est pourtant déjà longue et mouvementée.

Jim Zbinden dans son magasin, musée dédié au skate Le Genevois Jim Zbinden  la connaît par cœur. Ce passionné l’a d’ailleurs exposée sur les murs de son magasin,  transformé en véritable musée. « C’est un art, c’est une passion et un sport. En fait, c’est tout réuni en un. C’est le pratiquant qui décide ce qu’il en fait.  »

Un dérivé du surfTout commence à la fin des années 50, avec des surfers californiens qui, lassés d’attendre les vagues les jours sans vent, ont cherché à retrouver des sensations sur la terre ferme. «  Ils ont juste pris des choses qui ressemblaient à des surfs d’eau dans la forme, mis des axes et des roues dessus pour pouvoir simplement continuer à surfer le bitume au lieu de surfer les vagues. Je pense que les gens qui étaient derrière ces produits-là avaient aucune idée des évolutions qui nous amèneraient où on est aujourd’hui ! »

D’abord confidentiel, le skate va peu à peu séduire un public plus large. Mais les figures des débuts restent, plutôt rudimentaires. « Au lieu de déplacer la planche sous leur pied, ce qui se fait maintenant, c’est eux qui se  déplaçaient dessus et puis ils cruisaient. Ils allaient dans les rues en pente et ils partaient à 5 ou 6 et se suivaient. »

Autre époque autres moeursL’esprit rebelle de ces californiens souffle aussi sur l’Europe. C’est l’époque des premiers skateparks, comme à Genève en 1979. L’équilibre est encore approximatif et les figures parfois proches du numéro de cirque.

Apparaît alors une figure qui va révolutionner le skateboard  un saut appelé « le Ollie ». « Le ollie est né grâce à l’invention du tail, qui est simplement le  fait de relever l’arrière de la planche et qui permet de faire un levier sur les roues arrières et ce levier, ce balancier, permettent de faire cette première figure de base »

Le skater peut désormais sauter et éviter les obstacles de la rue. La ville devient son terrain de jeu favori. Ce qui  ne va pas sans déranger certains. L’étiquette de bad boy ne cessera de lui coller à la peau.

A la fin des années 70, la  forme et la taille des skateboards évoluent encore. «  On arrive dans ces planches en plastique  qui sont vraiment ce que tout le monde a connu dans nos grandes villes, qui étaient vendus dans les supermarchés des années 70 jusqu’aux années 80. »

 « Les années 80, c’est l’explosion du skate. On crée des vedettes dans le skate, les gens qui sont très forts on les médiatise énormément aux Etats-Unis. C’est vraiment l’apogée du skate, c’est la naissance de ce sport » précise Jim Zbinden.

Et ces  nouvelles icônes ont  pour nom  Tony Hawk, superstar de la rampe ou   encore Rodney Mullen, génial inventeur du street moderne. Leurs exploits fascinent les adolescents du monde entier.

Dans les années 90, le skate trouve ses contours définitifs avec la « double tail ». Grâce à ses deux bords relevés, cette planche permet de démultiplier les figures.

Aux Etats-Unis,  les X games, cette compétition de sport extrême spectaculaire, suivie par des millions de téléspectateurs, va relancer l’intérêt du grand public pour le skateboard.

Jeux vidéos,  accessoires de marques, sponsors  aujourd’hui, le skate est devenu un vrai business. L’esprit des pionniers et de la rue semble désormais bien lointain.  «  Il existe encore des skaters qui skatent pour le plaisir et qui sont encore rebelles. Mais c’est vrai que le skate s’est popularisé énormément, il s’est démocratisé et pis l’arrivée de grosses compétitions comme les X games aux USA ou la Money Cup où il y a 100'000 dollars de price money, a changé la donne ces dernières années. »

Grâce à du matériel plus léger, plus technique, le skate continue aujourd’hui de se réinventer notamment via internet. Jim est formel : « L’arrivée de nouveaux petits skaters qui aujourd’hui ont entre 6 et 10 ans va probablement encore faire évoluer les figures dans les années à venir… » 

Les anciens n’ont qu’à bien se tenir !

Les skates: le test

Les skates: le test 

L’important, quel que soit l’âge,  c’est de savoir ce qu’on a sous les pieds. Il faut savoir d’abord qu’elles sont presque toutes fabriquées en Chine, même celles des grandes marques américaines. Comme il peut y avoir plus de 300 francs de différences entre le bas et le haut de gamme, nous en avons testé afin de savoir si  ces différences de prix se justifient.

Pour notre tout premier comparatif de skateboard, pas de laborantins en blouse blanche ! Nos consultants sont des fous furieux de la glisse, mais aussi de vrais experts, qui n’ont rien épargné à nos planches.

Nos experts et leurs fichesRendez-vous  dans un skatepark genevois avec :Florent Marot, 25 ans,  skater  et snowboardeur professionnel, fondateur du Crew Ero-one

Maxime Kathari, 20 ans, semi-professionnel spécialiste du Street

Luc Boimond, 16 ans, jeune pousse du skate romand. Rideur semi-pro membre de « La fine équipe ». Il est  monté sur sa première planche à 11 ans.

Nous avons confié huit planches achetées en grande surface et dans des magasins spécialisés à nos trois experts. Leur prix : de 19.90 à 349 frs pour la plus chère, plateau, axes et roues comprises.

Leur mission, examiner et tester ces skateboards sous toutes les coutures : maniabilité, souplesse, roulement, réactivité et potentiel général d’utilisation. Pour que le test se fasse en toute impartialité, les 8 planches ont été peintes en noir. Ou plutôt : « avant d’être ridées sur notre spot , les 8 decks ont été peintes en black. »

Car oui, le langage skate c’est beaucoup d’anglais et de termes techniques. Mieux vaut être initié. Petit lexique pour les néophytes :

Oubliez la planche à roulette, ceci est un skateboard.

Composé d’un plateau en érable, appelé board ou deck.

L’arrière de cette planche est le tail -la queue en anglais, l’avant le nose- le nez.

Le grip, matière rugueuse noire collée sur la planche permet aux chaussures d’accrocher lors des figures, figures appelées des Tricks.

On  peut les réaliser en FLAT, soit sur un terrain plat, en STREET, c’est à dire  à partir de l’environnement urbain -escaliers, trottoirs- ou encore sur des rampes dans une version plus acrobatique.

Nos experts ont essayé tous les grands classiques du skateboard sur ces 3 terrains. Premières impressions : selon Maxime Kathari « Y a des nulles et des très bien ». Ce qui semble clair, c’est que de grosses différences existent.

En tête de ce classement, pas de miracle, les 3 planches les plus chères de notre test.

Control -Skate shopLe modèle CONTROL à 249 frs vendu dans les magasins spécialisés a fait l’unanimité, avec une  note de 4.33 sur 5.

Florent Marot  «  Au bout 5 min, c’est comme si c’était la mienne, j’ai réussi mes figures.

Maxime Kathari « Très concave, très légère, avec des bons roulements :

Luc Boimond « J’ai aimé la forme, l’arrière est pas trop relevé, dans l’ensemble elle était  bien. »

2ème sur le podium avec une note de 3.83:

Element -Skate shopELEMENT Tony Tave, la planche la plus chère du test, achetée 349 frs  en magasin spécialisé.

Florent Marot  « Elle avait de la polyvalence, j’ai aimé skater avec cette planche »

Real -Skate shopREAL POP ICON vendue  159 frs dans les skate shops se classe 3e  Elle obtient la note de 3.41.

World industries-Skate shopFlame Boy de World Industries à 129 frs qui obtient une moyenne de 3.17.

Florent Marot  « J’ai eu l’impression que c’était une planche pour les enfants. Elle était assez petite. »

Maxime Kathari  « Je l’ai trouvée un peu petite pour moi. Mais je pense qu’elle était de bonne qualité. »

Positiv -OchsnerPositiv Sandro Dias d’Ochsner Sport à 149.90 obtient la note de 2.75, à peine plus que la moyenne. Une bonne forme, mais des roues jugées trop molles.

Enfin, trois planches se sont distinguées par leurs mauvais résultats. Ce sont  aussi les moins chères de notre test.

Pulp -ManorPulp Redskateboarding de chez Manor à 59.90 obtient une mauvaise note de 2.08 notamment à cause de problèmes d’axes..

Luc Boimond « Ils tournaient trop d’un côté ou de l’autre. Et même quand on les serrait, ils restaient bloqués. »

Florent Marot  « C’est limite dangereux. Tu as du mal à rouler. Ca glisse bizarrement. 

Empire -Migros SportXXEMPIRE Edo Geisha de chez Migros Sportxxx, vendue 109 frs fait encore moins bien….. 2 sur 5…

Maxime Kathari  « Ce genre de planche, ça peut être limite dangereux. Il faut que la planche croche au pied. Sinon on risque de tomber à côté ou se faire une entorse. »

K-Tec -AthleticumK-tec Evensky vendu 19.90 chez Athleticum. Dernière du classement avec une moyenne  de 1.42, la planche la moins chère du test.

Maxime Kathari  « Le skate est trop lourd, au niveau des axes et de la planche. »

Luc Boimond « Je l’ai mal notée, elle était sans forme. Les axes étaient nuls. »

Florent Marot  « C’est pas des skateboard. »

Pourtant ce type de planche à roulette bon marché est largement présent dans la grande distribution…Alors comment reconnaître un mauvais skateboard  lorsqu’on n’est pas un expert… ? Quatre détails font toute la différence :

La forme du skate est importanteJim Zbinden  « Si elle est plate, qu’elle n’a aucune forme, aucune courbe, c’est juste une planche de bois lamellé-collé, c’est déjà un signe d’une planche de très mauvaise qualité. Comme ces produits sont manufacturés en Chine en général, ils sont faits à la chaîne. On peut trouver des morceaux de plastic incrustés dans les vis et c’est de mauvaise qualité.

Autre élément crucial, la qualité des axes :

Jim Zbinden  « On le voit tout de suite en dévissant. L’axe bouge dans tous les sens. On voit que ce n’est plus solidaire avec la base. Ca peut être dangereux.  Enfin les roues, on sent bien la qualité du plastique... De bonnes roues sont faites en uréthane, un alliage de plastique. Tandis que sur ce skate, le plastique est le même que celui employé pour faire n’importe que jouet. » 

Dernier conseil,  avant d’investir dans un skateboard, mieux vaut si possible l’essayer et se méfier des apparences !

Jim Zbinden  « Les manufacturiers en Chine et les grandes boîtes qui font du skate très populaire savent que les enfants vont se laisser accrocher par l’esthétique et vont donc mettre une grosse pression là-dessus. Mais esthétique n’est pas un gage de qualité. »

Moralité de ce petit test : acheter une planche la moins chère possible n’est pas un bon calcul, sauf pour un enfant qui débute. Dans ce cas, mieux vaut commencer avec une planche bon marché et voir si l’enfant croche ou pas! Pour les mordus qui veulent un skate de qualité, il faut compter entre 200 et 250.- , tout en sachant que les vrais pros vont devoir racheter régulièrement un plateau.

Et quand vous avez acheté une planche, il faut savoir qu’elle a déjà beaucoup voyagé avant d’arriver sous vos pieds : les grandes marques américaines qui dominent le marché envoient le bois en Chine, où la planche est fabriquée, elle repart aux Etats-Unis, pour être ensuite renvoyée en Europe ! Il y a quand même des exceptions. Deux marques suisses se sont fait  une petite place au milieu de ces géants américains :  l’une est suisse alémanique,  Worldskate,  et l’autre se trouve en vallée de Joux.

Skateboards made in Switzerland

Laurent Golay dans son atelierLoin de la Californie, le Brassus a toutefois un point commun avec la Mecque du skateboard. Ici aussi on produit des planches. Laurent Golay est fabricant de skateboard.

500 planches swiss made sortent de l’atelier de Laurent Golay chaque année. Signe particulier : du bois de qualité, des finitions soignées et des motifs « terroir », histoire de se démarquer.

Laurent Golay « On essaie de travailler avec des artistes locaux qui nous font des design un peu différents. Là, on avait toute une série avec les animaux du bois. Et puis y a une autre série avec les outils du bois, avec justement serre-joint, tournevis… »

Laurent Golay s’est lancé dans la fabrication de skate il y a 10 ans. A l’époque snowboardeur professionnel et skateur émérite, il laisse tout tomber pour réaliser son rêve d’enfant : « C’était ma passion, c’était ma vie le skate. Puis, j’me suis dit, tiens j’ai une opportunité avec c’te menuiserie, pourquoi pas essayer de créer ma marque et de faire mes produits quoi. »

Problème : pour fabriquer un skateboard il n’y pas de mode d’emploi ! Parti de zéro, Laurent Golay doit alors tout inventer. Y compris ses propres machines, comme cette presse à chambre à air tout droit sortie de son imagination.

Une ingéniosité qui n’a pas empêché quelques erreurs de débutant. « Quand j’ai commencé à faire mes skates, j’pensais savoir mieux que tout le monde. J’ai dit je vais acheter de l’érable en Europe au lieu d’acheter de l’érable canadien, comme ça ce sera plus local. J’ai commencé à coller mes skates en érable européen, pis en fait, ça cassait comme du verre. Alors je me suis retrouvé avec 500 m2 de bois qui me servait à rien !!! »

Pas découragé, avant même de savoir s’il vendra le moindre skateboard, Laurent rachète pour 5000 dollars d’érable canadien et démarre son affaire.

Une presse faite maisonDepuis, le skater menuisier a affiné ses techniques et entraîné sa femme Patrizia dans l’aventure. C’est elle qui tient les comptes et gère les commandes. Pas facile pour les petits Suisses de régater face aux grandes marques américaines. Mais le couple a fait de sa taille et son éthique des arguments de vente, comme le rappelle l’épouse de Laurent Golay : « On cherche vraiment dans la proximité, dans le local. Tiens, regarde c’est un produit suisse. Avec ça il a pas fait le tour du monde le skateboard..  Il est venu ici, il a été fabriqué ici, il est stocké ici et pis maintenant il part directement dans tes mains. Et pis ça, c’est le gars qui les a faits. Et pis ça, on voit que ça touche les gens et de plus en plus les jeunes aussi. »

Résultat : de plus en plus de clients -suisses et européens- prêts à dépenser 120frs pour un skate signé LGS. La petite PME se porte bien, mais Laurent ne compte pas ses heures et les marges restent faibles : 10 frs sur chaque planche vendue.

Une production artisanaleMais Laurent Golay et sa femme ne cèdent pas au sirènes asiatiques « On reçoit régulièrement des offres d’usines en Chine, qui nous produiraient nos skates en petite série, avec notre design, tout, pour en gros 13 à 15 dollars livrés ici ! Alors que nous, ça, c’est le prix de la fourniture d’une planche. Donc bon ben voilà, on est pas très intéressés par ce genre de trucs, parce que nous ce qui nous intéresse c’est de fabriquer nos produits quoi, donc on continue à faire nos petites marges.»

Cédric, skater à Yverdon, vient demander des modifications sur sa plancheLe skateboard, une philosophie de vie plus qu’une  affaire de gros sous pour Laurent. Aujourd’hui, il préfère se faire connaître en sponsorisant de jeunes talents régionaux… comme Cédric, un skater d’Yverdon. Ce jour là, il vient discuter de certaines modifications pour son skateboard : « Donner mon avis pour la forme d’une deck c’est quelque chose dont tous les jeunes rêvent en fait. C’est une chose qui serait impossible à faire dans des autres marques, en fait. »

Laurent Golay éprouve la même émotion qu’à ses débuts : «  Quand j’vois les jeunes qu’on sponsorise qui gagnent au championnat de Suisse ou comme ça, ben ça fait plaisir. Ca continue ce qu’était ma vie quand moi j’avais leur âge quoi. Et puis ça me fait plaisir de les voir skater sur mes skates. C’est moi qui les ai fabriqués, c’est  un petit peu de moi. Et puis les gars ils ont du plaisir à faire leur sport avec mon produit quoi.»

Les filles aussi font du skate

Pour l’instant, nous n’avons parlé que de garçons! Or la planche à roulette n’est pas un sport sexiste, même si on tombe et on se râpe les genouxAujourd’hui, les filles sont de plus en plus nombreuses dans le paysage du skate. Elles ont leurs propres équipes, leur compétition, leurs revues. Et l’une des premières Romandes du skate au féminin porte l’uniforme pendant ses heures de travail.

Delphine est passionnée de skateboardDelphine  vient de Savièse. Et ici, une fille sur planches à roulette, c’est plutôt rare ! « En Valais, quand j’ai commencé il y a 15 ans, y en avait pas. Au niveau suisse, je pense qu’on était 3, voire 4. Et puis actuellement, j’imagine qu’on doit être une dizaine au niveau suisse, et encore...»

Delphine et le skateboard, c’est une affaire qui roule depuis plus de 20 ans. A 6 ans, elle dévale déjà les rues de son village sur sa planche en plastique. Il faut dire que par ici, la glisse, on a ça dans le sang.

 « En étant valaisanne, moi, j’ai commencé par le ski, le ski de compétition. Après, j’ai fait du snowboard de compétition et puis là, ça devenait la logique que les gens qui faisaient du snowboard,  se mettaient au skateboard en été. Donc, c’était une évidence. »

Delphine enchaîne alors voyages et  compétitions. Elle a même des sponsors. Mais le skate reste avant tout un hobby. « Maintenant en Europe y a deux trois filles qui arrivent gentiment à vivre du skate. C’est extrêmement dur. Et puis si elles gagnent des petits revenus, elles habitent encore chez leurs parents. Moi personnellement, j’ai jamais voulu faire de ça mon métier. J’ai mon métier, je l’aime, et j’aurais pas envie de faire autre chose.»

Delphine dans son bleu de travailEt le métier de Delphine est plutôt étonnant : chaque matin, la skateuse redevient l’appointé Gaillard, agent de police à Sion. Elle nous amène là où sa passion a débuté. « On est place de la Plantaz à Sion. C’est l’endroit où  j’ai commencé le skateboard, comme  beaucoup de gens en Valais.»

 « C’est un atout parce que je pense quand même que je connais bien comme on dit un peu la « street génération ». Tous ces jeunes qui traînent dans la rue. C’est vrai que souvent, même en uniforme, y a des petits jeunes qui font : Hé, c’est toi la skateuse ! » Et puis ça a surtout tendance à détendre l’atmosphère et bien passer. »

Delphine en profite pour combattre certains préjugés. « J’pense y a quand-même une image négative parce que les gens ils voient uniquement que c’est des jeunes qui traînent dans la rue. Mais faut savoir que pour avoir un bon niveau en skate, faut pas seulement traîner dans la rue. Faut vraiment passer du temps sur sa planche. On est quand même des sportifs à la base quoi ! »

Et ce week-end  notre sportive a « compète »  direction les  Championnats d’Europe à Bâle. Car depuis quelques années, les filles débarquent  en force dans le skateboard. Pour cette édition, elles sont une trentaine en compétition, venues d ‘Espagne, de France ou du Danemark. Un renfort bienvenu…

Delphine et Candy, skateuse de 20 ans « C’est un peu tout le monde vient chacun de son petit coin et on est toujours seule à skater. Tandis que quand on vient ici, on se dit Ah ! on est pas la seule ! Du coup on s’entend très bien. Ca devient gentiment comme une petite famille et vraiment y a une super ambiance entre les filles. Je crois qu’on se soutient encore plus que les garçons ! »

Une petite famille qui ne cesse de s’agrandir. La Hollandaise Candy Jacobs, 20 ans, en est l’une des étoiles montantes.

Candy Jacobs :«  Chaque année, il y a de nouvelles filles qui arrivent  et le niveau monte à toute vitesse. Il y a 2-3 ans, ça suffisait de faire des sauts simples comme le kickflip. Maintenant, on doit faire des sauts à 360 degrés, en arrière … »

Certes Candy  n’a pas encore la renommée ni le salaire de ses collègues masculins. Mais déjà un titre européen, de nombreux sponsors et des vidéos partout sur le net.

Niveau casse cou, les skateuses n’ont plus grand chose à envier aux garçons. Candy Jacobs : «Chaque fois que tu apprends une nouvelle figure, tu as cette montée d‘adrénaline en toi. C’est vraiment très agréable. Je pourrais pas m’imaginer faire autre chose !»

La concurrence est rude pour Delphine. Classée 24, la finale ça ne sera pas pour elle !  « J’crois que je suis vraiment dans la catégorie après les vétérans. C’est les Senior non ? ou c’est avant les senior. J’sais pas ! »

A 29 ans, Delphine songe désormais à prendre sa retraite sportive. Et sa reconversion est déjà toute trouvée : juge de compétition ! «  On se fait toujours juger par les garçons. J’suis pas du tout une féministe mais j’aimerais bien pouvoir amener mon expérience et puis un regard féminin sur le jugement. » 

Skateboard, comment se protéger ?Entretien avec Simon Regard, secouriste de l’Association Genevoise des Sections de Samaritains ( AGSS)

Dans le milieu du skateboard, les protections restent un peu trop souvent à la maison ! Peu d’adeptes portent le casque, les genouillères ou des gants de protection pour les mains et les poignets. Pourtant, les risques sont évidents.

La semaine prochaine

Les huiles essentielles détendent et soignent, tout en étant totalement naturelles. Ce marché est en constante expansion. Sur Internet, dans  les magasins bio, les instituts de soins, les pharmacies  on en trouve partout. Nous avons testé leur qualité, avec de grandes différences d’un produit à l’autre. Sans oublier que certaines huiles essentielles sont potentiellement dangereuses ! Les consommateurs sont-ils correctement informés des risques en pharmacie ? Une enquête édifiante, voire inquiétante, en Suisse romande. Vous avez des questions sur les huiles essentielles ? N’hésitez pas à nous les poser à la fin de l’émission.

Skate story

Skate story

Les skates: le test

L’important, quel que soit l’âge,  c’est de savoir ce qu’on a sous les pieds. Il faut savoir d’abord qu’elles sont presque toutes fabriquées en Chine, même celles des grandes marques américaines. Comme il peut y avoir plus de 300 francs de différences entre le bas et le haut de gamme, nous en avons testé afin de savoir si  ces différences de prix se justifient.

Pour notre tout premier comparatif de skateboard, pas de laborantins en blouse blanche ! Nos consultants sont des fous furieux de la glisse, mais aussi de vrais experts, qui n’ont rien épargné à nos planches.

Nos experts et leurs fichesRendez-vous  dans un skatepark genevois avec :Florent Marot, 25 ans,  skater  et snowboardeur professionnel, fondateur du Crew Ero-one

Maxime Kathari, 20 ans, semi-professionnel spécialiste du Street

Luc Boimond, 16 ans, jeune pousse du skate romand. Rideur semi-pro membre de « La fine équipe ». Il est  monté sur sa première planche à 11 ans.

Nous avons confié huit planches achetées en grande surface et dans des magasins spécialisés à nos trois experts. Leur prix : de 19.90 à 349 frs pour la plus chère, plateau, axes et roues comprises.

Leur mission, examiner et tester ces skateboards sous toutes les coutures : maniabilité, souplesse, roulement, réactivité et potentiel général d’utilisation. Pour que le test se fasse en toute impartialité, les 8 planches ont été peintes en noir. Ou plutôt : « avant d’être ridées sur notre spot , les 8 decks ont été peintes en black. »

Car oui, le langage skate c’est beaucoup d’anglais et de termes techniques. Mieux vaut être initié. Petit lexique pour les néophytes :

Oubliez la planche à roulette, ceci est un skateboard.

Composé d’un plateau en érable, appelé board ou deck.

L’arrière de cette planche est le tail -la queue en anglais, l’avant le nose- le nez.

Le grip, matière rugueuse noire collée sur la planche permet aux chaussures d’accrocher lors des figures, figures appelées des Tricks.

On  peut les réaliser en FLAT, soit sur un terrain plat, en STREET, c’est à dire  à partir de l’environnement urbain -escaliers, trottoirs- ou encore sur des rampes dans une version plus acrobatique.

Nos experts ont essayé tous les grands classiques du skateboard sur ces 3 terrains. Premières impressions : selon Maxime Kathari « Y a des nulles et des très bien ». Ce qui semble clair, c’est que de grosses différences existent.

En tête de ce classement, pas de miracle, les 3 planches les plus chères de notre test.

Control -Skate shopLe modèle CONTROL à 249 frs vendu dans les magasins spécialisés a fait l’unanimité, avec une  note de 4.33 sur 5.

Florent Marot  «  Au bout 5 min, c’est comme si c’était la mienne, j’ai réussi mes figures.

Maxime Kathari « Très concave, très légère, avec des bons roulements :

Luc Boimond « J’ai aimé la forme, l’arrière est pas trop relevé, dans l’ensemble elle était  bien. »

2ème sur le podium avec une note de 3.83:

Element -Skate shopELEMENT Tony Tave, la planche la plus chère du test, achetée 349 frs  en magasin spécialisé.

Florent Marot  « Elle avait de la polyvalence, j’ai aimé skater avec cette planche »

Real -Skate shopREAL POP ICON vendue  159 frs dans les skate shops se classe 3e  Elle obtient la note de 3.41.

World industries-Skate shopFlame Boy de World Industries à 129 frs qui obtient une moyenne de 3.17.

Florent Marot  « J’ai eu l’impression que c’était une planche pour les enfants. Elle était assez petite. »

Maxime Kathari  « Je l’ai trouvée un peu petite pour moi. Mais je pense qu’elle était de bonne qualité. »

Positiv -OchsnerPositiv Sandro Dias d’Ochsner Sport à 149.90 obtient la note de 2.75, à peine plus que la moyenne. Une bonne forme, mais des roues jugées trop molles.

Enfin, trois planches se sont distinguées par leurs mauvais résultats. Ce sont  aussi les moins chères de notre test.

Pulp -ManorPulp Redskateboarding de chez Manor à 59.90 obtient une mauvaise note de 2.08 notamment à cause de problèmes d’axes..

Luc Boimond « Ils tournaient trop d’un côté ou de l’autre. Et même quand on les serrait, ils restaient bloqués. »

Florent Marot  « C’est limite dangereux. Tu as du mal à rouler. Ca glisse bizarrement. 

Empire -Migros SportXXEMPIRE Edo Geisha de chez Migros Sportxxx, vendue 109 frs fait encore moins bien….. 2 sur 5…

Maxime Kathari  « Ce genre de planche, ça peut être limite dangereux. Il faut que la planche croche au pied. Sinon on risque de tomber à côté ou se faire une entorse. »

K-Tec -AthleticumK-tec Evensky vendu 19.90 chez Athleticum. Dernière du classement avec une moyenne  de 1.42, la planche la moins chère du test.

Maxime Kathari  « Le skate est trop lourd, au niveau des axes et de la planche. »

Luc Boimond « Je l’ai mal notée, elle était sans forme. Les axes étaient nuls. »

Florent Marot  « C’est pas des skateboard. »

Pourtant ce type de planche à roulette bon marché est largement présent dans la grande distribution…Alors comment reconnaître un mauvais skateboard  lorsqu’on n’est pas un expert… ? Quatre détails font toute la différence :

La forme du skate est importanteJim Zbinden  « Si elle est plate, qu’elle n’a aucune forme, aucune courbe, c’est juste une planche de bois lamellé-collé, c’est déjà un signe d’une planche de très mauvaise qualité. Comme ces produits sont manufacturés en Chine en général, ils sont faits à la chaîne. On peut trouver des morceaux de plastic incrustés dans les vis et c’est de mauvaise qualité.

Autre élément crucial, la qualité des axes :

Jim Zbinden  « On le voit tout de suite en dévissant. L’axe bouge dans tous les sens. On voit que ce n’est plus solidaire avec la base. Ca peut être dangereux.  Enfin les roues, on sent bien la qualité du plastique... De bonnes roues sont faites en uréthane, un alliage de plastique. Tandis que sur ce skate, le plastique est le même que celui employé pour faire n’importe que jouet. » 

Dernier conseil,  avant d’investir dans un skateboard, mieux vaut si possible l’essayer et se méfier des apparences !

Jim Zbinden  « Les manufacturiers en Chine et les grandes boîtes qui font du skate très populaire savent que les enfants vont se laisser accrocher par l’esthétique et vont donc mettre une grosse pression là-dessus. Mais esthétique n’est pas un gage de qualité. »

Moralité de ce petit test : acheter une planche la moins chère possible n’est pas un bon calcul, sauf pour un enfant qui débute. Dans ce cas, mieux vaut commencer avec une planche bon marché et voir si l’enfant croche ou pas! Pour les mordus qui veulent un skate de qualité, il faut compter entre 200 et 250.- , tout en sachant que les vrais pros vont devoir racheter régulièrement un plateau.

Et quand vous avez acheté une planche, il faut savoir qu’elle a déjà beaucoup voyagé avant d’arriver sous vos pieds : les grandes marques américaines qui dominent le marché envoient le bois en Chine, où la planche est fabriquée, elle repart aux Etats-Unis, pour être ensuite renvoyée en Europe ! Il y a quand même des exceptions. Deux marques suisses se sont fait  une petite place au milieu de ces géants américains :  l’une est suisse alémanique,  Worldskate,  et l’autre se trouve en vallée de Joux.

Skateboard made in Switzerland

Skate 5265

Les filles aussi font du skate

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Entretien avec Simon Regard, secouriste de l’Association Genevoise des Sections de Samaritains (AGSS)

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