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L'émission du 13 février 2008
L'amélioration du confort passe par la rééducation du périnée

Les fuites au fil du temps

Mal tabou, l'incontinence urinaire est une affection très
fréquente qui touche quelque 200 millions de personnes dans le
monde. Plus de 400'000 en souffrent dans notre pays. Alors que les
femmes en sont plus souvent atteintes que les hommes, la fréquence
de l'affection augmente avec l'âge.




Consacrée à l'incontinence féminine, cette enquête pointe les
différentes causes de ce mal et les réponses qu'on peut lui donner.
Qu'il soit dû à l'effort, au stress, à un accouchement ou encore à
un prolapsus (descente d'organes), c'est d'abord par une
rééducation du périnée que l'on essaie d'améliorer le confort des
patientes. Un reportage signé Béatrice Mohr et Eric Bellot

Le dépistage systématique de la prostate suscite la polémique

Cancer de la prostate : la controverse du dépistage

Faut-il dépister tous les hommes de plus de 50 ans? La question divise. Un homme sur deux risque d'être
victime d'un cancer de la prostate au cours de sa vie. Faut-il dès
lors proposer un dépistage à tous les quinquagénaires ? Non
affirment les oncologues et les épidémiologistes. Le dépistage
n'abaisse pas la mortalité et les inconvénients des traitements
dépassent les bénéfices. Les urologues sont d'un avis
diamétralement opposé . Comment s'y retrouver dans cette
controverse médicale ? Y a t il des traitements moins mutilants que
d'autres ? Un reportage de Françoise Ducret et Jean-Alain
Cornioley.

L'option chirurgicale

La prostatectomie est la solution la plus souvent proposée en cas de cancer de la prostate En cas
de cancer de la prostate plusieurs options thérapeutiques existent.
Elles dépendent du stade de la tumeur de l'âge du patient et de son
espérance de vie. Si le cancer est resté confiné à l'intérieur de
l'enveloppe de la prostate, la solution chirurgicale est la plus
souvent proposée. Elle consiste en une prostatectomie radicale (on
enlève la prostate ) pour empêcher toute dissémination des cellules
cancéreuses à travers l'organisme. Cette opération peut se faire
par voie ouverte, (chirurgie classique) par laparoscopie (
chirurgie minimalement invasive) ou depuis peu par laparoscopie
robotisée. Une banque de données européenne a été constituée et on
devrait savoir d'ici une année ou deux si les équipes qui
travaillent avec un robot obtiennent de meilleurs résultats.




L'ablation de la prostate est un geste difficile et il arrive
souvent que le sphincter ou les bandelettes érectiles soient
touchées, avec à la clé des risques d'impuissance et d'incontinence
pour le patient.

Les autres thérapies

La radiothérapie, une autre option
Si la tumeur est petite ou que le patient est âgé (espérance de vie
de moins de 10 ans) l'une des options est de ne rien faire. Les
médecins surveillent activement l'évolution de la maladie et
n'interviennent que si le cancer devient plus agressif . Le patient
a l'avantage de pouvoir garder sa prostate et ne risque dès lors
pas de souffrir des effets secondaires post-opératoires.




La radiothérapie est une autre option. Elle peut être proposée à
titre curatif ou être un complément à la chirurgie si le cancer est
sorti de la capsule prostatique. Les effets secondaires immédiats
peuvent se produire au niveau de la vessie et du rectum et être
accompagnés de diarrhées. Sur le long terme, il peut également y
avoir des problèmes d'impuissance . Depuis peu , la tomothérapie
est proposée à des patients dont le cancer nécessite une
irradiation très spécifique.

Les causes

Certains chercheurs estiment que les toxiques qui envahissent notre quotidien pourraient être à l'origine de l'augmentation des cancers de la prostate. Le
nombre de personnes victimes d'un cancer de la prostate ne cesse
d'augmenter. Cela provient du vieillissement de la population ainsi
que du dépistage qui est de plus en plus souvent proposé aux hommes
à partir de 50 ans. Aucun gène de prédisposition au cancer de la
prostate n'a été clairement identifié comme cela a possible pour le
cancer du sein. Et pour l'heure, personne n'arrive à dire si
l'alimentation joue un rôle dans la genèse de la maladie. Des
théories totalement contradictoires circulent. Certains chercheurs
estiment toutefois que les produits chimiques, les toxiques qui
envahissent de plus en plus notre quotidien pourraient être à
l'origine de l'augmentation des cancers de la prostate.

La controverse du dépistage

Faut-il proposer à tous les hommes à partir de 50 ans de faire
un test du PSA et un toucher rectal ? La controverse est très vive
au sein du corps médical. Elle oppose une bonne partie des
urologues aux oncologues et épidémiologistes.




Alors que l'on dispose aujourd'hui de preuves suffisantes pour
dire que le dépistage systématique du cancer du sein pour les
femmes permet d'abaisser la mortalité de près de 30 pour cent,
cette preuve fait défaut concernant le cancer de la prostate.




Les tests de dépistage tels qu'ils sont proposés aujourd'hui ne
sont pas d'une très grande fiabilité. Le PSA (prise de sang pour
rechercher l'antigène spécifique de la prostate) n'est pas un
marqueur spécifique du cancer et sa valeur peut monter en cas
d'adénome (bénin) ou de prostatite (inflammation). Le toucher
rectal n'a pas une valeur prédictive suffisante. Enfin les biopsies
ne permettent pas de distinguer clairement les cancers qui sont peu
agressifs de ceux qui sont mortels. Et c'est là où le bât blesse.
Car une très grande partie des hommes vont développer un cancer de
la prostate sans que celui-ci ne se manifeste du point de vue
clinique. La grande majorité des hommes va mourir avec un cancer de
la prostate mais pas à cause de lui. Sachant que les traitements
peuvent générer des effets secondaires entravant sérieusement la
qualité de vie, il y a lieu de réfléchir si cela vaut la peine de
se faire dépister. Les urologues estiment sauver des vies en
éradiquant les cancers pris à leur début.