- 50 ans, what else? - Sang pitié

L'émission du 11 juin 2014

Sang pitié

Symbole de vie, symbole de mort, le sang est aussi un précieux médicament. Les hôpitaux ne pourraient pas fonctionner sans le sang de donneurs. Mais depuis le scandale du sang contaminé, le principe de précaution est devenu religion… au risque de provoquer la pénurie! Certains critères de restrictions sont aujourd’hui remis en question.

Poches de sang [RTS]

Chaque jour en Suisse, on procède à près de 1000 transfusions sanguines. Accidents, traitements médicaux, actes chirurgicaux programmés, de nombreux patients ont besoin de ce tissu vivant. Pour répondre à cette demande, le corps médical compte en premier lieu sur les dons. Mais ce symbole de vie peut aussi entraîner la mort. Les risques de transmission de virus, de bactéries et autres parasites requièrent un contrôle drastique des donneurs.

2014. 36.9 Sang pitié [RTS/]Si les progrès médicaux ont permis de diminuer le recours aux transfusions, les besoins en sang restent importants. Un remplacement de valve aortique nécessite par exemple quatre poches de sang, soit quatre dons. Un chiffre qui prend l'ascenseur dans le cas de traitements contre le cancer. Les chimiothérapies ont un effet dévastateur sur les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes sanguines. Des transfusions sont alors nécessaires pour remplacer ces composants sanguins: jusqu'à 50 litres de globules rouges, l’équivalent de 200 donneurs.
Pour compliquer encore les choses, le sang a une durée de vie limitée. Les globules rouges se conservent 42 jours à 4 degrés. Selon les saisons, les hôpitaux travaillent à flux tendu, par exemple lorsque les donneurs partent en vacances. Une solution existe dans certains cas: la transfusion autologue. Le sang du patient est recyclé durant l’opération et le patient reçoit ses propres globules rouges.

Lors des transfusions, la sécurité du sang est un enjeu essentiel. La découverte du HIV et la crise de la vache folle dans les années 80, puis le scandale du sang contaminé en France dans les années 90 ou encore la découverte de l'hépatite C en 1989 ont conduit les autorités sanitaires à établir une sélection de plus en plus stricte des donneurs. Aujourd'hui, devant le manque de donneurs, certains critères sont remis en question. L’exclusion à vie des homosexuels par exemple, compréhensible dans les années sida, lorsqu’on connaissait mal le mode de transmission de la maladie, pourrait être remplacé par une restriction des donneurs ayant des pratiques sexuelles à risque.

La sécurité des produits sanguins s’effectue aussi après le don. Le contrôle du sang fait l'objet de toutes les attentions. Le laboratoire central de la Croix-Rouge de Berne analyse 3000 échantillons chaque jour. Les avancées scientifiques comme les tests génétiques permettent également de réduire les risques de transmission de virus ou de bactéries, tout comme la photo-inactivation, qui permet de débarrasser après-coup les plaquettes de tous leurs pathogènes.

Bonus de l'émission

CQFD du 12 juin

A quoi sert le sang? Quelle dose de sang est nécessaire pour une opération? Où en est la recherche sur le sang artificiel? Les réponses dans l'émission CQFD de la 1ère.


Donner son sang: mode d'emploi

Outre les restrictions relatives au don du sang, qui peut faire don de son sang? A quelle fréquence? Combien de temps cela prend-il? Est-ce dangereux?Réponses de Stéfano Barelli, chef de clinique au centre de transfusion sanguine d’Epalinges.



Grand Angle

Opération spéciale Du sang! Une collaboration entre CQFD, On en parle et 36,9°.

50 ans, what else?

Arrivée la cinquantaine, pourquoi prend-on du ventre, quels changement physiques et physiologiques faut-il affronter et comment mettre toutes les chances de son côté pour rester en bonne santé?

Après 50 ans, les corps d'hommes subissent des modifications pas toujours simples à vivre. [RTS]

Après 50 ans, la graisse s'accumule autour des organes. [RTS]Les hommes semblent avoir plus de mal que les femmes à aller chez le médecin. Par peur ou par pudeur, ils rechignent à consulter. Mais avec le temps qui passe, le corps change. Une évolution qui peut, dans certains cas, augmenter les risques de maladies mortelles. L'apparition d'une ceinture graisseuse autour de l'abdomen est un facteur de risque pour le diabète de type 2. Un taux de cholestérol élevé, auquel vient parfois s'ajouter le tabagisme, augmente les risques de maladies cardio-vasculaires. Les risques de cancer de la prostate et du côlon augmentent de manière exponentielle à partir de 50 ans. Comment prévenir ces risques sans devenir hypocondriaque ? Comment faire son bilan de santé en évitant les examens coûteux et inutiles?
La bonne nouvelle pour les quinquagénaires, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour prendre soin de sa santé. Une activité physique régulière peut par exemple protéger votre corps. Et pas besoin de faire du sport. Un peu de marche, de vélo, prendre les escaliers plutôt que l'ascenseur, les occasions ne manquent pas à l'homme sédentaire pour faire de petits efforts réguliers au cours de la journée. S’il n'existe pas de remède contre la vieillesse, on peut entretenir sa santé par des gestes simples : bouger, manger moins gras, modérer l’alcool ou arrêter de fumer. Mais comme les habitudes ont la vie dure, le défi est souvent difficile à relever. Un médecin généraliste peut alors être un bon accompagnant pour redéfinir nos priorités.