68, du désordre aux représentations (1/10)

Sous les pavés, autre chose

Cette semaine, au travers d'une série de rencontres, d'analyse et d'archives, HV retrace le déroulement de Mai 68.
Caractérisés par une vaste révolte spontanée antiautoritaire de nature à la fois culturelle, sociale et politique, les événements de mai-juin 1968 constituent le plus important mouvement social de l'histoire de France du XXe siècle. Une fièvre révolutionnaire qui gagne aussi l'Europe: Angleterre, Belgique, Hollande où manifestations et affrontements se multiplient. Autour de la solidarité avec le Vietnam, une volonté révolutionnaire semble vouloir voir le jour.
Dimanche 29 avril à 20h40 sur RTS Deux, vous pourrez découvrir "Mai 68 avant l'heure", un documentaire d'Alex Mayenfisch (Suisse / 2018), coproduit par la RTS.

Photo: barricade à Bordeaux, rue Paul-Bert, mai 1968


68, du désordre aux représentations (2/10)

Sous les pavés, autre chose

Février, mars, avril 1968: dans le milieu étudiant de Nanterre, le cycle provocation-répression s'accélère. Six militants du "Comité Vietnam national" (un groupe français constitué à l'automne 1966 pour protester contre l'intervention américaine au Vietnam) sont arrêtés.
Le 22 mars se tient un meeting de protestation puis une occupation de la salle de conseil par 142 étudiants. C'est la naissance du mouvement où s'unissent la plupart des groupuscules, les divisions sont rangées au vestiaire.

Photo: des civils fouillent les ruines du quartier de Cholon, à Saïgon, Viêt Nam, 1968


68, du désordre aux représentations (3/10)

Sous les pavés, autre chose

D'heure en heure, de jour en jour, la révolte fait boule de neige. La semaine du 3 au 9 mai fut la première de mai 68. Les étudiants, révoltés contre les fermetures de Nanterre et de la Sorbonne, occupaient la rue où ils affrontaient la police, souvent très violemment.
Manifestations, répressions, pavés, matraques, grenades lacrymogènes, cocktails Molotov, des blessés des deux côtés, des étudiants arrêtés et parfois brutalisés.

Photo: place du Capitole, Toulouse 11 ou 12 juin 1968


68, du désordre aux représentations (4/10)

Sous les pavés, autre chose

14 mai 68, le Général De Gaulle part pour la Roumanie. Malgré les journées que Paris vient de vivre, il n'a pas voulu annuler son voyage.
Le même jour se tient un grand débat parlementaire: 400 députés sont présents, les tribunes sont pleines, majorité et opposition s'affrontent fiévreusement. Certains veulent en venir aux mains.

Photo: slogan de mai 68 (© Espencat)


68, du désordre aux représentations (5/10)

Sous les pavés, autre chose

Nous rencontrons Alex Mayenfisch, auteur et réalisateur du documentaire à voir dimanche 29 avril à 20h40 sur RTS Deux: "Mai 68 avant l'heure".
Ce film, pré-soixante-huitard, démarre le 30 avril 1968 et remonte au début des années 1960, en suivant le fil des différents faits et péripéties annonciateurs de cette révolte. Un film à rebours, pensé comme une reconnaissance envers ceux qui, en Suisse, ne voulurent plus du monde sclérosé d'alors. L'occasion rare de revisiter notre mémoire collective à travers les archives de la SSR.
Mai 68 a 50 ans
Alex Mayenfisch veut porter un autre regard sur cette révolte qui a pris tout le monde par surprise. Il revisite les années qui ont précédé l'événement. Mai 68 n'a pas surgi ex nihilo, tous ses composants préexistaient, y compris en Suisse. La pression est montée graduellement et la chaudière a fini par exploser. Son film est dédié à ceux qui voulaient radicalement se désolidariser d'un monde sclérosé, pour simplement "être au monde"…
Prospérité et frustration
Au tournant des années 60, les premiers baby-boomers à atteindre l'âge adulte découvrent une société paradoxale. L'essor économique entraîne une élévation du niveau de vie qui, avec la réduction progressive du temps de travail et l'avènement du temps libre, offre des perspectives d'affranchissement, jusque-là inédites. Pour la première fois dans l'histoire, les jeunes se mettent à acheter eux-mêmes des produits qui leur sont spécifiquement destinés, signes d'affirmation de leur indépendance. Mais cette relative allégresse est en décalage avec le poids des conceptions conservatrices qui prévalent encore en matière familiale, morale et de soumission à l'autorité. Ce qui est donné d'une main semble repris de l'autre…
Si, pour la plus grande partie de la jeunesse, se démarquer de ses aînés suffit, une frange de celle-ci entend s'affranchir de normes sociales encore largement conformistes et vécues comme aliénantes et étouffantes.
Sous l'impulsion de mouvements artistiques précurseurs ou émergeants apparaissent alors les signes d'une rébellion culturelle, d'une volonté de dissidence sociale et de protestations politiques. Cet état d'esprit naissant veut défier l'ordre dominant et son hypocrisie en amalgamant allègrement émancipation personnelle et désir d'un monde pacifié et harmonieux (la guerre froide et le péril nucléaire sont alors à leur paroxysme). Emerge alors une vraie volonté de changer la vie et la société, donc la vie en société.
Le processus, lancé dès la fin des années 50, se développe tout au long de la décennie suivante. Sous lʹimpulsion de gens aussi minoritaires que déterminés, les années qui précèdent Mai 68 sont riches d'événements qui donnent à cette décennie une aura particulière. C'est ce foisonnement qui fait la saveur et la force de cette histoire…

Photo tirée du film "Mai 68 avant l'heure", de Alex Mayenfisch


Mai 68: activismes revendiqués (6/10)

Mémoires de révolutionnaires

Pour cette deuxième semaine consacrée à Mai 68 et au travers d'une série de rencontres, d'analyse et d'archives, Histoire Vivante retrace le déroulement de ces évènements.
En 1986, on propose à Daniel Cohn-Bendit, un des leaders du mouvement Mai 68, de réaliser un travail sur ce que furent les années révolutionnaires 1960 et 1970. Pendant deux années, "Dany le Rouge" voyagera de Francfort à Rio, de Paris à New York en passant par la Pologne, sillonnant les routes d'Allemagne, de France, d'Italie, de Hollande pour retrouver une vingtaine d'années plus tard ce que sont devenus quelques-uns des principaux créateurs des mouvements contestataires modernes qui ont ébranlé la planète au cours des années 1960.
Dimanche prochain à 22h25 sur RTS Deux, vous pourrez découvrir "Les années 68, l'explosion", un documentaire de Don Kent (France, 2018).

Photo: Daniel Cohn-Bendit, alias "Dany le Rouge", le 22 mai 1968 (© Jac. de Nijs / Anefo)


Mai 68: activismes revendiqués (7/10)

Mémoires de révolutionnaires

Nous retrouvons les carnets de route de Daniel Cohn-Bendit, parti réaliser en 1986 un travail sur ce que furent les années révolutionnaires 1960 et 1970.

Photo: arrestation d'une femme durant un sit-in de protestation contre la guerre du Viêt Nam à Détroit, Michigan, le 16 octobre 1965. (© Wystan - flickr)


Mai 68: activismes revendiqués (8/10)

Mémoires de révolutionnaires

Suite des carnets de route de Daniel Cohn-Bendit, parti réaliser en 1986 un travail sur ce que furent les années révolutionnaires 1960 et 1970.

Photo: contestation de la guerre du Viêt-Nam, 27 novembre 1967, La Haie, Pays-Bas (© PHOTO/NA/Anefo/Jac. de Nijs)


Mai 68: activismes revendiqués (9/10)

Mémoires de révolutionnaires

Nous avons le plaisir de rencontrer Daniel Cohn-Bendit dans un entretien exclusif avec Jean Leclerc. L'occasion pour nous de retracer avec lui son propre parcours, ses origines, ses choix, ses erreurs, sa vie.

Photo: Daniel Cohn-Bendit au Conseil de l'Union européenne, Bruxelles (Belgique), 16 juin 2011 (© Heinrich-Böll-Stiftung / flickr)


Mai 68: activismes revendiqués (10/10)

Mémoires de révolutionnaires

Pour terminer la série, nous retournons au cœur de l'action, à La Sorbonne, ruche bourdonnante et anarchique, qui tente d'organiser son autogestion entre les conflits des groupes rivaux se disputant le comité d'occupation.

Photo: entrée du bâtiment principal de la "nouvelle" Sorbonne, construit par Henri-Paul Nénot, rue des Écoles, Paris (© NonOmnisMoriar / Wikimedia commons)