Le labo

L'émission du 7 février 2016

20-21h: De la Grenade sortiront mille danseurs...

De la grenade sortiront mille enfants, expression arabe reprise par la danseuse et chorégraphe Josette Baïz au moment de la création du Groupe Grenade en 1992.

Sandrine Jorand enquête sur une aventure artistique et pédagogique sans pareil, où les petits dansent comme des grands.

De la Grenade sont sortis des dizaines d'enfants, des danseurs, tous plus talentueux les uns que les autres. Josette Baïz les appelle avec affection et respect mes petits, mes minots. Elle les forme à la danse comme des professionnels, crée avec eux des chorégraphies et les emmène en tournée dans toute la France, parfois aussi en Europe. En 1998, la chorégraphe créée la compagnie professionnelle, Grenade, composée en grande partie, de ces enfants, devenus de jeunes adultes.

Aujourd'hui, le Groupe et la Compagnie s'entraînent, créent, répètent dans les nouveaux studios, plus de 300 m2 à Aix-en-Provence, un lieu qui tend à devenir un Centre Chorégraphique pour la Jeunesse, espace unique en France. L'aventure débute en 1989 dans l'école de la Bricarde des quartiers Nord de Marseille. Josette Baïz, ancienne danseuse d'Odile Duboc, y est en résidence. Pendant un an, elle travaille avec une centaine d'enfants. Elle développe avec eux une écriture singulière, s'inspirant de leurs origines: les danses orientale, gitane, africaine et indienne ainsi que le hip-hop, le break dance et le smurf, qu'elle mêle à la danse contemporaine. Cela faisait un drôle de style, se souvient-elle. Le regard clair et pétillant, elle résume C'était pour moi une nécessité de me laisser envahir par toutes ces danses qui me ressemblaient. Aujourd'hui, on parle couramment du style Grenade, la fondatrice de la compagnie précise qu'il est le fruit de près de dix ans de travail. Mais le style Grenade c'est aussi ce que ces jeunes danseurs âgés de 7 à 18 ans dans le Groupe et de 18 à 25 ans dans la Compagnie transmettent sur scène: la fraîcheur, la passion, la joie et l'enthousiasme. Une atmosphère liée aussi à la personnalité de Josette Baïz.

En plus de ses propres chorégraphies Josette Baïz collabore avec de nombreuses personnalités. En France, Gallotta, Preljokaj, Decouflé, entre autres, perpétuent le travail de transmission. Venus de l'étranger, ils sont aussi quelques-uns à se passionner pour cette jeune troupe: le Britanique Wayne McGregor, l'Israélien Hofesh Shechter ou encore l'Américaine au style minimaliste Lucinda Childs. De la grenade sortiront mille enfants...et ces enfants n'ont pas fini de nous enchanter. Bientôt, ils monteront sur scène avec la chorégraphie qu'ils préparent actuellement: Alice au pays des merveilles.

 

Avec:

Josette Baiz, danseuse et chorégraphe, fondatrice du Groupe et de la Compagnie Grenade
Sinath, danseuse de la Compagnie Grenade et professeur de danse du Groupe Grenade
Monique Brun, administratrice
Les danseurs, Mathieu, Sarah, Roman, Romane P., Louis, Tony, Samuel, Rose, Jossilou, Lola R., Blanche, Marissa, Clémence et Gaspar

 

Un documentaire conçu par Sandrine Jorand, co-réalisée avec Jean-Philippe Zwahlen

Une production inédite du Labo (David Collin)

Short Stories 5.vol: Mouv 1, l'entraînement

Immersion dans le monde de l'entraînement de la danse : de l'en-dehors soigné à la barre, en passant par la concentration sur le centre du corps pour aboutir à "l'intelligence du corps". Le tout au plus près du souffle, pas, sauts et cris des danseurs.

Avec :

Isabelle Toutain et ses élèves de 1er cycle à l'Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille (ENSDM), Federico Filippi, pianiste accompagnateur à l'ENSDM, Silvia Siriczman, danseuse contemporaine et Victor Callens, danseur au Ballet National de Marseille

Auteure et réalisatrice: Sandrine Jorand

Remerciements  au Grenier du Corps à Marseille pour nous avoir accueillis et aux élèves de l'Atelier de la Danse à Berlin

« La danse entre tous les arts est sans doute le plus heureux et le plus désespéré. Car ce qu'elle crée, meurt, aussitôt d'être créé. Mais cette création recommence. Sur l'ombre à peine effacée du mouvement évanoui se dessine un autre mouvement. Cette incessante pulsation naît pour mourir et se fond dans l'espace pour y retracer de nouveaux signes. Comment actionner ce mouvement ? Comment le faire vivre ? Comment dire et faire éprouver quelque chose à travers lui ? Comment le rythmer pour qu'il devienne danse ? Toutes ces questions sont celles que se pose le chorégraphe. L'espace pur est sa toile, les danseurs sont les couleurs. Et de ces couleurs, le mouvement sera le mariage. La totalité du tableau s'appelle un ballet. » (Texte de Roland Petit dans «Le Ballet de Marseille, Roland Petit», film réalisé par Dirk Sanders).

 

[Nouvelle diffusion du 28.06.2015]