Le labo

L'émission du 12 avril 2015

Short Stories 2

Seconde série de courts et moyens métrages radio produits par "Le labo", signés d’auteurs maison, d’auteurs invités et de réalisateurs.

Un moyen métrage de Jonas Pool nous emmène sur les pas de Simbou Sinouma, dans un reportage inattendu. Quant au réalisateur Bruno Séribat, il interroge, lui, la liberté d’expression.

1. La sanza rythme mes pas

C’est le voyage de la musicienne Simbou Sinouma, virtuose d’un petit lamellophone africain qu’on appelle "sanza" ou "piano à pouces". Du village au désert, de la forêt à la ville, Simbou chemine sur une piste initiatique au rythme de sa sanza. Muette, elle s’exprime par les sons, que l’ethnomusicologue Hélène Lomine tente de traduire.

Avec Simbou Sinouma, Joëlle Fontannaz, comédienne, dans le rôle de Hélène Lomine, David Collin et Jonas Pool.

Réalisation: Jérôme Nussbaum

Un reportage (moyen métrage) signé Jonas Pool.

 

2. Liberté d'expression!

Suite aux attentats du 7 janvier 2015 à Paris, Bruno Séribat nous propose une partition chorale sur et pour la liberté d'expression. En mixant des propos tirés exclusivement du Net et des archives de la RTS. Avec en contrepoint chuchoté, des extraits du livre "Nous sommes Charlie (60 écrivains unis pour la liberté d'expression)".

Réalisation: Bruno Séribat

A lire: "Nous sommes Charlie", Editions le Livre de Poche, 2015.

Les Femmes de la Cayolle

À la rencontre de quelques femmes de la Cayolle, une cité marseillaise aux portes des calanques.

Ou comment les femmes de la Cayolle s'engagent cœur et âme pour l'avenir d’un quartier difficile.

21h-22h: au Sud de Marseille et aux portes des calanques se situe La Cayolle, un quartier de logements sociaux et de jolies maisons individuelles perchées sur la colline. Mais lorsqu'on évoque La Cayolle à Marseille, c'est surtout pour désigner le quartier du bas, les logements sociaux, un ensemble de petits immeubles et de maisonnettes individuelles.

L'école primaire est au cœur des "Femmes de la Cayolle", c'est le centre névralgique de cette cité. Ici se joue l'avenir de ce quartier. Les femmes - les mères ou enseignantes – tiennent un rôle prépondérant. Souvent discrètes, humbles mais déterminées, elles se battent au quotidien. L'école est dirigée par Chantal Renaud. Une femme d'une soixantaine d'année, petite, blonde, aux yeux clairs et souriante, elle mène son équipe avec énergie et douceur.  A un an de la retraite, elle enseigne avec une passion constante. Elle "donne tout aux enfants de ce quartier défavorisé", dit-elle.

Nous rencontrons aussi, dans le documentaire, Farida qui est née dans le quartier. Elle a connu les baraquements provisoires et vétustes des années 1950 à 1980, avant le relogement dans des immeubles neufs à la fin de cette période. Aujourd'hui, Farida est une femme pimpante, dynamique et décidée. "Je fais et je dis ce que je veux. Je ne porte pas le voile et mets des tee-shirts à manches courtes tout l'été." Après deux divorces, elle vit aujourd'hui avec sa fille de 31 ans. Ses fils se sont mariés.

Faiza est née aussi à la Cayolle. Aujourd'hui, à 34 ans, elle élève seule ses deux enfants en bas âge: "Mieux vaut être seule que mal accompagnée" commente-t-elle. La Cayolle, elle s'y sent bien. Elle y vit près de sa mère et de ses amis. Elle a grandi dans la religion musulmane, qu'elle retransmet à ses enfants ainsi que toutes les valeurs que défendaient ses parents: le respect des autres et de la différence. Actuellement, la Cayolle bénéficie d'un grand projet de rénovation urbaine, piloté et financé principalement par l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine ainsi que par les différents bailleurs des logements sociaux. Le budget investi est supérieur à 45 millions de francs. L'idée est d'ouvrir le quartier, de créer une mixité avec les habitants des environs. Mais cela suffira-t-il à créer un nouveau souffle dans ce quartier si particulier et renfermé sur lui-même?

Un documentaire de Sandrine Jorand.

Réalisation: Jean-Philippe Zwahlen.

Production: David Collin.

 

Bibliographie:

  • "Le camp du Grand Arénas , Marseille, 1944-1966" de Emile Temime et Nathalie Deguigné, Editions Autrement, 2001
  • "French deconnection" de Philippe Pujol, Editions Robert Laffont, 2014
  • "Kiffe kiffe demain" de Faïza Guène, Editions Hachette Littératur, 2004
  • "Les raisins de la galère" de Tahar Ben Jelloun, Editions Fayard, 1996

 

Musique: Peter Eötvös, Electrochronicle, BMC, 2002

Bande originale du film "Ça commence aujourd'hui", musique de Louis Sclavis.

 

[Nouvelle diffusion du 29 mars 2015]