Le labo

L'émission du 14 décembre 2014

Qui est Le Havre (20h-21h)

"Le Havre est une espèce de ville nomade qui s’est momentanément pétrifiée. C’est une femme qui est de passage et qui pourrait repartir" (Arnaud Lemarchand)

Jean-Guy Coulange nous invite à l’écoute du Havre. Symphonie de sons et de mémoires croisées, de voix fantômes qui révèlent le passé d’une ville devenue invisible.

"Qui est Le Havre" n’est pas un documentaire, encore moins un reportage. C’est une écoute. Le voyageur-écouteur arrive au Havre par la mer, d'abord le chenal, puis les écluses, le Seamen’s Club, repère des marins en escale et enfin les docks et les terminaux des portes-conteneurs. Il ne verra pas la ville dont le port s’éloigne, se protège. La pièce est sonore (bruyante) de bout en bout. Des voix viennent relayer cette vision sonore, s’interrogent et racontent une ville-port qui se transforme.

"C’est une femme de marin qui pourrait bien décider de ne pas passer sa vie à attendre le retour du navigateur."

Arnaud Lemarchand dans "Qui est Le Havre", Maître de conférence en sciences économiques à l’Université du Havre.

 

Première diffusion le lundi 3 novembre 2014, RTBF La Première, émission Par Ouï-dire, RTBF.

Avec les voix de Jean-Yves Bonis, René Montier, Michel Gidon, Dimitri Bourqui, José Perrot, Jean-Pierre Bellec, Noémi Pujol, Ronan Dolain, Jean Chanterelle, Daniel Hamel et Arnaud Lemarchand. Mixage final Pierre Devalet

Prise de son, écriture et réalisation: Jean-Guy Coulange

Remerciements: Le Seamen’s Club du Havre, Le Syndicat Général des Ouvriers Dockers, Le Grand Port Maritime du Havre et la Société Boluda.

Une réalisation sélectionnée dans le cadre de l’appel à projets Du côté des ondes, soutenu par la RTBF, la Promotion des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la SACD, la SCAM, la SACD France et la SCAM France pour l’émission Par Ouïe-dire, La Première, la RTBF, production: Pascale Tison.

Un Espace pour mourir (21h-22h)

S'il y a une chose qui nous réunit tous, c'est bien la mort. Et selon les spécialistes de la médecine palliative, il n'y a pas de mort idéale.

A Lausanne ou Marseille, la médecine palliative, c’est d’abord le souci d’une certaine qualité de la vie restante.

Les médecins s'efforcent de créer l'espace personnel nécessaire à chaque patient pour mourir. En d'autres termes, chaque être humain devrait avoir la possibilité de vivre sa propre mort, selon le Professeur Gian Domenico Borasio, chef du service des soins palliatifs au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

Dans "Un Espace pour mourir", nous faisons une immersion au service de médecine palliative de Lausanne, où nous rencontrons Le Professeur Borasio et son équipe qui évoquent leur travail d'accompagnement, leur souhait de toujours se référer aux priorités du patient. Le professeur Borasio résume: "En médecine palliative, ce n’est pas le rallongement de la vie qu’on obtient, mais c’est plutôt un effet secondaire, c’est la qualité de vie. La mort en tant que telle ne nous intéresse pas tellement. Ce n’est pas vraiment difficile de rendre les dernières 24 heures agréables et dignes. La chose difficile, c’est de rendre par exemple les derniers 24 mois d’une personne vivables et agréables pour lui et pour son entourage familial."

Dans ce documentaire, nous entrons aussi dans La Maison, lieu de soins palliatifs à Gardanne, près de Marseille. Cette véritable maison à l'atmosphère familiale a été créée, à l'origine en 1994, pour accueillir les malades du Sida. Aujourd'hui, le Dr Jean-Marc La Piana et son équipe y suivent des personnes atteintes de cancer ou de maladies neurodégénératives. Leur engagement et leur dynamisme sont restés intacts. Et c'est bien pour cela que le Dr La Piana s'exprime aujourd'hui ainsi: "La médecine palliative est l’avenir de la médecine. A partir du moment où on remettra toutes ces valeurs, qui sont essentiellement humaines, dans la relation aux patients, ce qui ne nous prive pas de la réflexion technique et professionnelle, je pense qu’on y gagnera dans la relation aux patients et aux familles, on y gagnera dans la qualité des soins que l’on apportera."

Un documentaire de Sandrine Jorand

Réalisé par Jean-Philippe Zwahlen

Une coproduction LABO (Espace 2, prod. David Collin) et SUR LES DOCKS (France-Culture, prod. Irène Omélianenko).

Avec:

Au CHUV:

Le professeur Gian Domenico Borasio, neurologiste et palliativiste, Chef de service aux soins palliatifs et professeur ordinaire en médecine palliative à l'Université de Lausanne.

Le Dr Tony Tai, Sophie Ducret, infirmière cheffe, Laura Reinoldi, infirmière.

A La Maison, lieu de soins palliatifs à Gardanne, près de Marseille :

Le Dr Jean-Marc La Piana, un des fondateurs et actuel directeur, Philippe, ancien patient à La Maison.

Livres:

- "Mourir", Gian Domenico Borasio, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2014

-  "La Mort intime", Marie de Hennezel, Éditions Robert Laffont, 1995

- "Les pas de l'eau" extrait de "Où est la maison de mon ami" de Sohrab Sepehri, traduit du persan par Jalal Alavinia, Éditions Lettres Persanes, 2005

- "Mon piano bleu d'Else Lasker-Schüler", traduit de l'allemand par Jean-Yves Masson et Anick Yaiche, Editions Fourbis, 1994

- "Learning to Fall, The Blessings of an Imperfect Life" de Philipp Simmons

 

Extraits du film "C'est la vie" de Jean-Pierre Améris, avec Sandrine Bonnaire et Jacques Dutronc, 2001. Film très inspiré de La Maison à Gardanne et tourné avec le personnel soignant.

 

 

 

Nouvelle diffusion du 26.10.2014