Babylone du 07.05.2012

L'émission du 7 mai 2012
Paul Jorion. [Jean-Benoît Maréchal - pauljorion.com]

"Une explication possible est que le capitalisme a été atteint du même mal qui venait de terrasser son rival, et la complexité devrait alors être incriminée: l’organisation des sociétés humaines atteindrait un seuil de complexité au-delà duquel l’instabilité prendrait le dessus et où, sa fragilité étant devenue excessive, le système courrait à sa perte.


Une autre explication serait que le capitalisme avait besoin de l’existence d’un ennemi pour se soutenir. En l’absence de cette alternative, ses bénéficiaires n’auraient pas hésité à pousser leur avantage, déséquilibrant le système entier.


Autre explication possible encore : du fait du versement d’intérêts par ceux qui sont obligés d’emprunter, le capitalisme engendrerait inéluctablement une concentration de la richesse telle que le système ne pourrait manquer de se gripper un jour ou l’autre.


Entre ces hypothèses, il n’est pas nécessaire de choisir : les trois sont vraies et ont conjugué leurs effets dans la première décennie du xxie siècle. Cette rencontre de facteurs mortifères explique pourquoi nous ne traversons pas l’une des crises habituelles du capitalisme, mais sa crise majeure, celle de son essoufflement final, et pour tout dire celle de sa chute." [source : 4 de couverture]


A lire:


  • Le capitalisme à l’agonie, Paul Jorion, éditions Fayard, mars 2011
  • La guerre civile numérique, Paul Jorion, éditions Fayard, mai 2011

du même auteur:


  • "L’Implosion", éditions Fayard
  • "La Crise", éditions Fayard
  •  et "L’Argent". éditions Fayard

Jeudi 3 mai à 20h15 : Conférence de Paul Jorion  au Club-44 à la Chaux-de-Fonds, NE


  • Capitalisme - Ce qui doit changer. Et les forces qui s'y opposent 

Un entretien de Jean-Marc Falcombello


Couverture de "Les monnaies du lien", Jean-Michel Servet. [éd. pul]

Affirmer
que les « monnaies primitives » sont un archaïsme peut être compris
de deux façons. Soit elles sont un état premier et imparfait de nos propres
usages monétaires supposés évolués. Soit elles sont l'expression d'une
institution essentielle et commune à l'ensemble des sociétés humaines, et
comparable aux langues. Dans ce cas, ces monnaies peuvent nous éclairer pour
repenser aujourd'hui l'institution monétaire et contribuer à répondre aux
impasses actuelles de la domination de la finance. Reprenant des travaux qu'il
a menés des années 1970 jusqu'à nos jours, l'auteur interroge la nature de la
monnaie comme lien et pose notamment la question de l'inaliénabilité de
richesses communes et du partage ainsi que celle des limites de la figure du
don pour comprendre la réciprocité. En cela, l'ambition de l'ouvrage est
d'offrir des outils nouveaux pour la socioéconomie et de contribuer à la
construction de l'économie solidaire comme une issue théorique et pratique à la
crise. (source : 4ème de couverture)


Jean-Michel Servet a été expert de la Commission européenne pour la préparation du passage à
l’euro des populations en précarité.
Il est, depuis 2003, professeur d’études du développement à l’IHEID à Genève.
Et également
chercheur associé à l’UMR 201 "Développement et sociétés".


  • Le grand renversement. De la crise au renouveau solidaire, Jean-Michel Servet, éditions de Desclée de Brouwer, 2010
  • Les monnaies du lien, Jean-Michel Servet, éditions Presses universitaires de Lyon, 2012

Un entretien de Jean-Marc
Falcombello