Il était une fois l'armée secrète Suisse

Il était une fois l'armée secrète suisse

L'émission du 21 décembre 2017

C’étaient de braves Helvètes sans histoire, qui vivaient une petite existence tranquille, sans que leur entourage ne se doute de rien. Pourtant, dans le plus grand secret, ils avaient appris à semer leurs poursuivants, disposaient de radio secrètes et pour certains, étaient formés à l’art du sabotage. Aujourd’hui démobilisés, ces soldats de l’ombre racontent leur appartenance à l’armée secrète suisse, la P-26, chargée d’organiser la résistance en cas d’invasion soviétique pendant la Guerre froide. Sa découverte fut un scandale.

Une armée secrète, composée de 400 membres, disposant d’explosifs, d’armes et de moyens de transmission, répartie dans quelques 80 cellules régionales, s’entraînant à l’abri des regards et portant un nom de code - P26 - digne d’un film d’espionnage… C’est l’incroyable nouvelle que les médias révèlent en février 1990 à une opinion publique abasourdie. Ce scoop, rapidement confirmé par le Conseil fédéral, soulève un énorme tollé. S’agit-il d’un réseau clandestin, animé d’intentions putschistes, voire d’extrême-droite?

Cerise sur le gâteau, cette révélation tombe au moment où l’on découvre dans les pays membres de l’OTAN des organisations semblables, dont certaines, en particulier en Italie, ont probablement frayé avec les néofascistes. Du coup, l’amalgame s’impose et les médias se lancent dans toutes sortes d’hypothèses. Le scandale est considérable. Il provoque une crise politique d’envergure.

Aujourd’hui, près de 30 ans après les faits, peut-on encore parler de scandale? La P26 est née en pleine guerre froide, dans un monde coupé en deux par le Mur de Berlin. Un contexte propice à l’émergence des "armées de l’ombre", un peu partout en Europe.

"Temps Présent" a retrouvé les principaux acteurs de cette affaire en Suisse, dont plusieurs vétérans de la P26. Délivrés du secret, ils racontent enfin leur histoire.

Rediffusion le vendredi 22 décembre 2017 à 11h25 sur RTS Deux.

Générique

Un reportage de Pietro Boschetti et Xavier Nicol
Image : Philippe Mory Son : Sébastien Fawer Montage : Bruno Saparelli