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- Stagiaires, les nouveaux esclaves - A 20 ans, l'A.I c'est pas une vie

L'émission du 26 février 2015

À 20 ans, l'A.I. c'est pas une vie

Le chiffre est alarmant: le nombre de jeunes adultes au bénéfice d’une rente de l’assurance Invalidité (AI) en Suisse a augmenté de 14% ces dernières années. Certains pour des handicaps physiques ou psychiques établis, d’autres parce qu’ils sont arrivés très vite au bout de la route de l’emploi. Victimes de burn out, considérés comme incapables d’accéder au marché du travail, ils sont condamnés à vivoter d’une modeste rente, contre leur gré. Car la plupart de ces jeunes adultes ne demandent qu’à travailler. Et s’ils sont bien encadrés, ils sont parfaitement capables de réintégrer le monde du travail.

Le chiffre est alarmant: le nombre de jeunes adultes au bénéfice d’une rente de l’assurance Invalidité (AI) en Suisse a augmenté de 14% ces dernières années. [RTS/ capture d'écran]

Il est 9 heures du matin dans la campagne genevoise. Difficile d’imaginer que ces deux jeunes femmes ont été frappées par une maladie psychique alors qu’elles travaillaient. Aujourd’hui, elles cueillent des navets à l’atelier jardinage de l’Association Trajet. En fait on peut appeler ça une entreprise sociale d’insertion.

L’Assurance-invalidité, en offrant des rentes plus ou moins importantes selon la maladie, compense une productivité diminuée. Une vingtaine de bénéficiaires de l’A.I travaillent ici, à plein temps ou à temps partiel.

Du personnel les encadre, tout en leur demandant de respecter un horaire, de tenir un rythme de travail ou d’honorer un contrat. Mais le plus important ici, c’est d’apporter un peu de dignité à ceux qui se pensaient laissés-pour-compte. Pour chacun, ce travail représente une vraie preuve d’intégration.

Car le nombre de jeunes adultes touchant une rentre de l’AI est alarmant. Au-delà du mythe des "jeunes glandeurs" qui profitent de l’aide sociale , la réalité est beaucoup plus complexe. Oui, le monde du travail brise très jeune ces adultes qui ne se remettent ensuite jamais d’une première casse. Et puis, être déclaré "invalide" ne signifie pas que l’on ne sache rien faire de ses dix doigts. Démonstration.

Rediffusion le vendredi 27 février 2015 à 0h55 et 10h30 puis le lundi 2 mars 2015 à 15h45 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Jean-Bernard Menoud
    Image : Fabien Wohlchlag Son : Blaise Gabioud Montage : Xavier Brand

Stagiaires, les nouveaux esclaves

Des emplois déguisés en stages non payés, c’est la nouvelle réalité en Suisse. Connu à l’étranger, ce phénomène devient ici aussi un passage obligé avant un premier emploi. Ainsi des jeunes universitaires qui ont terminé leurs études acceptent des stages non payés pendant un an ou deux, faute de trouver un premier emploi rémunéré. Mais comment font-ils à 28 ou 30 ans sans salaire ? Plongée dans le monde des nouveaux esclaves du travail.

Camille, titulaire d’un master, cherche un premier emploi et ne veut plus faire de stage non payé. [RTS]

Camille, 24 ans, master en relations internationales avec mention, quadrilingue: stages non payés dans le monde des organisations internationales. Marion, 29 ans, master en communication visuelle, quadrilingue, stage de 6 mois non payé dans un musée cantonal. Thomas 28 ans, études en histoires de l’art et relations internationales: 18 mois de stages payés 3fr de l’heure pour une organisation non gouvernementale. A presque 30 ans, certains, faute de salaires, ont dû retourner vivre chez leurs parents. 

"Dans ces stages on demande des formations complètes, plusieurs compétences, plusieurs diplômes, des exigences identiques à un premier emploi. Donc, si c’est un véritable emploi, ça mérite salaire", estime François Lefort, Vert-Genevois qui, préoccupé par le phénomène a déposé une motion au Grand Conseil genevois. Les inspecteurs du travail, eux, craignent un système de sous-enchère salariale.

Certains secteurs sont particulièrement touchés par cette problématique : la culture, la communication et le marketing, les organisations internationales et les ONG, ainsi que les start-up.

Rediffusion le vendredi 27 février 2015 à 0h55 et 10h30 puis le lundi 2 mars 2015 à 15h45 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Myriam Gazut
    Image : Patrick Mounoud Son : Benedetto Garro Montage : Brigitte Duc