- Déchets sauvages, la peste de nos rues - La maison des cabossés

L'émission du 1 octobre 2015

Déchets sauvages, la peste de nos rues

Chaque jour douze tonnes d’emballages, de bouteilles ou de journaux sont ramassés au sol dans une ville comme Genève. 12'000 kilos ! Le " littering" prend des proportions inquiétantes. Le fléau contamine même la campagne : à Fribourg, du bétail blessé par des fragments d'aluminium doit régulièrement être abattu. L’Office Fédéral de l’Environnement évalue à 192 millions de francs la somme nécessaire chaque année en Suisse pour ramasser ce que d’autres jettent par terre.

2015. Temps Présent. Déchets sauvages, la peste de nos rues [CHRISTIN Philippe - RTS/CHRISTIN Philippe]

"Moi, ce qui me dérange le plus, c’est la bouffe et les paquets de choses neuves. Ils sont sans arrêt en train de se plaindre qu’ils n’ont pas de sous, mais ils les jettent par la fenêtre. Il y en a qui se retourneraient dans leurs tombes s’ils voyaient ça". Samuel est pépiniériste. Il est 6h du matin en ce samedi estival au bord du lac, à Lausanne. Avec Alexandre, son collègue horticulteur, ces deux jardiniers n’ont même plus le temps d’arroser ou de tailler les arbres. Bouteilles cassées, verres en plastique, grills jetables, papiers sales, le sol est jonché de détritus. Il faut ramasser.

Le problème du "littering" ne se limite pas aux grands centres urbains. "Ces derniers temps, le respect face à l’agriculture a baissé. On a perdu un peu ce lien à la terre. Les causes de cette augmentation des déchets ? C’est aussi notre société qui vit du jour au lendemain. On s’achète des choses qui sont trois fois emballées et on ne pense plus à l’emballage". Marius Rudaz, fermier à Villars-sur-Glâne,  ramasse régulièrement des canettes d’aluminium jetée dans ses champs. Sans ce travail, ses vaches risquent des coupures après la fenaison.

La carte postale d’une Suisse "propre en ordre" est  sévèrement écornée. Si nos parcs, prés et rues reluisent à notre réveil, c’est grâce aujourd’hui à un nettoyage sans fin. Un travail de Sisyphe de plus en plus coûteux et  parfois même dangereux quand les rues sont encore animées. Individualisme, méconnaissance des coûts, utilisation de l’espace public comme d’un défouloir… si les causes sont multiples, le constat, lui, est sans appel: la propreté n’est plus en Suisse qu’une onéreuse apparence.

Rediffusion le vendredi 2 octobre 2015 à 1h25 et 10h25 puis le lundi 5 octobre 2015 à 16h30 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Florence Fernex et Christophe Ungar
    Image: Jeanne Gerster Son: Christophe Jaquier Montage: Joanne Besse
Bonus de l'émission

Pédagogie écolo

Au milieu des années 70, la prise de conscience écologique porte essentiellement sur la production des déchets que notre mode de vie, par une consommation accrue, engendre inexorablement. Puisque la Terre nous appartient (on ne saurait être plus clair) a pour vocation de faire prendre conscience aux enfants des excès de notre quotidien. Démonstration à la pédagogie appuyée.
12 octobre 1976, Divers.


Le recyclage

Qu'en est-il du recyclage des ordures ménagères? Le magazine scientifique Téléscope fait le point sur l'importance des déchets dans notre société et sur les moyens d'y remédier. Une enquête qui passe par une usine d'incinération, un laboratoire de microbiologie et le tri à la source dans la commune genevoise de Thonex.
21 janvier 1987.

La maison des cabossés

Son nom: la Maison d’Orphée. Mais dans le quartier, certains l'appellent la "Maison des fous". Ce foyer psychiatrique ouvert, au cœur de Lausanne, accueille des résidents bipolaires, schizophrènes ou qui souffrent d'addictions en tous genres. Ses pensionnaires ont tous accepté de témoigner face à la caméra de Temps Présent. Ils parlent de leur maladie, de leurs rêves et de leur quotidien, entre blues et espoir.

Les pensionnaires ont tous accepté de témoigner face à la caméra de Temps Présent. [RTS ]

Comme l'Orphée du mythe, les résidents du foyer psychiatrique la Maison d'Orphée ont eux aussi connu l'enfer. L'enfer de la maladie mentale, le repli et le rejet qu'elle provoque si souvent. Ils s'appellent Anne-Elise, Lorie, Chantal, Corinne ou Marc-Olivier. Ils sont schizophrènes, bipolaires, alcooliques repentis ou anciens toxicomanes. Tous veulent s'en sortir, remonter la pente.

Entre deux mondes

S'ils assurent avant tout le bien-être de leurs résidents, les établissements comme la Maison d'Orphée ont également pour objectif de faire office de passerelle entre l'hôpital psychiatrique et un retour à la vie normale. Un objectif difficile, car le succès n'est pas toujours au rendez-vous malgré les efforts consentis de toutes parts.

Temps Présent a voulu rendre compte de ce travail au jour le jour en suivant le quotidien des résidents et des soignants de cette maison pas comme les autres.

Rediffusion le vendredi 2 octobre 2015 à 1h25 et 10h25 puis le lundi 5 octobre 2015 à 16h30 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Cédric Louis
    Image : Pascal Gauss Son : Emilie Spierer Montage : Aline Weber