- Touristes, n'abandonnez pas la Tunisie - Les touristes, on n'en veut plus

L'émission du 22 juin 2017

Touristes, n'abandonnez pas la Tunisie!

Contrairement à l’Europe, régulièrement victime d’attentats, la Tunisie n’a subi aucune attaque signée Daesh depuis maintenant deux ans. Pourtant, les touristes européens boudent toujours le pays, par peur. Une peur entretenue par exemple par la Suisse, qui met en garde les touristes contre le "risque d’actes terroristes". Les Tunisiens se sentent abandonnés et s’inquiètent, des touristes européens qui ne reviennent pas, c'est un pan majeur de l'économie qui s'effrite et des milliers de jeunes qui perdent leur emploi. Un vivier potentiel pour Daesh.

Touristes, n'abandonnez pas la Tunisie !

La Tunisie est passée d’une image de carte postale à celle d'un pays où l’on peut se faire tuer alors qu'on se prélasse sur la plage. Les attentats sur la plage de Sousse en 2015 ont, semble-t-il, causé un dégât d'image irréparable. Pourtant depuis 2015, le pays n’a plus subi d’attaque de Daesh ou de ses franchisés, alors qu'en Europe, elles se succèdent (Paris, Bruxelles, Nice, Berlin, Londres, Manchester).

Les Tunisiens sont choqués par ces gouvernements européens - dont la Suisse - qui continuent encore aujourd’hui à dissuader leurs ressortissants de venir en Tunisie passer du bon temps, via les "conseils aux voyageurs" notamment, encore très alarmants.

"En plombant notre économie touristique, l’Europe abandonne la Tunisie progressiste, moderne, ouverte", voilà ce qu’estiment les Tunisiens qui se sentent abandonnés par leurs frères européens. Le secteur touristique est un des poumons économiques du pays. En 2010, avant la révolution, 4 millions d’européens étaient venus profiter du soleil. La révolution, puis les attentats ont provoqué une chute de plus de 65%.

L’absence de touristes, c’est un taux de chômage qui s’accroît, un désespoir social qui peut finir par mettre en péril la toute nouvelle démocratie, seule réussite des printemps arabes. Sans espoir, les jeunes sont tentés par les extrêmes, les femmes, très actives dans le secteur du tourisme, doivent rentrer à la maison. "Le non retour des touristes européens donne raison à Daesh", résume une hôtelière.

Temps Présent a rencontré ces Tunisiens qui comptaient sur nous autres européens. Ces Tunisiens pour qui une économie qui marche est le meilleur des barrages aux islamistes et aux extrémistes.

Rediffusion le vendredi 23 juin 2017 à 10h30 et le lundi 26 juin 2017 à 15h35 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Nadia Fares et Maurine Mercier

Les touristes, on n'en veut plus

Pendant que l’Afrique du Nord pleure son tourisme en chute libre, en raison du terrorisme, l’Europe, elle, croule sous un flot ininterrompu. Un chiffre d’affaire total de 400 milliards d’euros, mais l’envers de la médaille est brutal. A Venise - 30 millions de visiteurs par an -, la gestion des déchets, les déprédations, la pollution des gros bateaux de croisière fait exploser l’une des Merveilles du monde. Et à Barcelone, c’est le comportement des visiteurs, qui transforment les quartiers en lieux de gigantesques beuveries collectives, qui provoque le raz-le-bol. Assez, les touristes!

Les touristes, on n'en veut plus

Dans le quartier de Barceloneta, les habitants n’en peuvent plus. Une photo d’un fêtard ivre, dans le plus simple appareil, a fait le tour du monde et choqué ce quartier paisible, qui a toujours accueilli avec hospitalité ses visiteurs. Les Barcelonais exigent désormais que les touristes respectent la quiétude locale ou restent chez eux. Leur faisant écho, le maire de Barcelone tire l’alarme. Sa ville n’en peut plus d’absorber ces millions de touristes, qui pèsent lourdement sur les infrastructures et agacent sérieusement ses administrés.

Même son de cloche à Venise. Surendettée malgré la ruée dans ses petites ruelles étroites et sur ses canaux, la ville n’en peut plus. Ici aussi le maire pointe du doigt les grandes companies de croisière, dont les vaisseaux gigantesques mettent à rude épreuve les vieux murs de la ville, qui s’enfoncent déjà lentement dans la mer. Sans oublier le fait que la manne touristique ne rapporte qu’à un petit groupe de familles locales qui se partagent le pactole. 

Rediffusion le vendredi 23 juin 2017 à 10h30 et le lundi 26 juin 2017 à 15h35 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Antje Christ