Paroles de caissières

L'émission du 26 janvier 2006

On les croise au moins une fois par semaine, mais parfois sans même les voir : les caissières passent pour les "petites mains" des supermarchés. Mal payées, épuisées par la manipulation quotidienne d'une tonne et demi de marchandises, agressées par les clients stressés, elles passent leur journée à encaisser. A part "bonjour, au revoir, merci", on ne les entend guère s'exprimer. Ce soir, Temps Présent leur donne la parole.

TP/Paroles de caissières

Elles sont les « bons petits soldats » de la
caisse-enregistreuse. Fidèles au poste de 7h00 à 19h00, enfermées
toute la journée dans le bourdonnant microcosme du supermarché, les
caissières exercent un métier exigeant et ingrat : « Si tu
n'étudies pas, tu finiras caissière ! ». Cette phrase illustre
parfaitement l'image de cette profession, complètement dévalorisée
et notoirement mal rémunérée.





Une profession que Temps Présent a voulu mettre sous les
projecteurs. Car malgré le stress, les sautes d'humeur des clients
et les contraintes physiques (une caissière manipule
quotidiennement près d'une tonne et demie de marchandise qui les
expose à de nombreux troubles musculeux squelettiques), ces femmes
savent le plus souvent garder le sourire. Face à la caméra, elles
témoignent de leur quotidien, comment parfois ce travail temporaire
est devenu fixe : c'est le cas de Sarah, qui était enseignante en
Tunisie, qui a du accepter un poste de caissière pour subvenir à
ses besoins et ceux de ses enfants et qui déplore le mépris des
gens pour son nouveau métier. Elles racontent également leurs
conditions de travail, les pauses non payées, les agressions
verbales et physiques qu'elles ont parfois subi, mais aussi la
dimension sociale de leurs relations avec les personnes seules, les
aînés notamment.





Considérée à raison comme la carte de visite de l'entreprise, la
profession de caissière est également devenue plus exigeante que
par le passé. Ainsi, la Migros a mis en place la filière de
formation « Caissière + » et, après de nombreux contrôles internes
dont le fameux client-mystère, veille à récompenser les meilleurs.
Un modèle de management qui, à défaut d'avoir une incidence
significative sur le salaire de ses collaboratrices, est censé
valoriser une fonction qui se trouve toujours « en bas de l'échelle
».

  • Générique

    Un reportage de Eric Burnand et Nicolas Pallay

    Image : Pierre-Alain Jaussi Son : Benoît Crettenand Montage : Catherine Kala
TP/La multinationale de la torture

Alors que le scandale des prisons secrètes de la CIA défraie la
chronique et secoue toute l'Europe, le reportage diffusé ce soir
dans Temps Présent dévoile que la torture est devenue monnaie
courante dans la lutte contre le terrorisme lancée par les
Etats-Unis. En recourant au kidnapping, des pays comme les USA et
la Grande-Bretagne délocalisent en quelque sorte leurs
interrogatoires, ce qui leur permet de recourir à la torture tout
en l'interdisant sur leur propre territoire. Les commandos de la
CIA vont et viennent à travers le monde pour enlever puis livrer
les suspects à leurs tortionnaires.





L'ONU estime que des centaines de terroristes présumés ont été
victimes de cette pratique illégale. Maher Arar, un ingénieur en
informatique canadien d'origine syrienne en témoigne. A son retour
de vacances, il est arrêté par le FBI à l'aéroport JFK de New York,
puis livré à la Syrie où il sera torturé. Pour que cesse cette
souffrance, il finira par dire ce que ses bourreaux voulaient
entendre: qu'il est membre d'Al-Qaida. Un an plus tard, les
autorités syriennes le relâchent et l'innocentent de tout lien avec
les terroristes.





La torture est également pratiquée à grande échelle en
Ouzbékistan, un pays qui fournirait par ce biais des renseignements
au services secrets de Sa Majesté, au mépris de tous les principes
défendus par la Grande-Bretagne. Mais quel crédit peut-on accorder
aux renseignements obtenus sous la torture ? En reconnaissant la
validité de telles informations, Londres n'encourage-t-elle pas
implicitement la poursuite, voire l'aggravation de cette pratique ?
C'est en tout cas l'avis de Craig Murray, ancien ambassadeur
britannique à Tachkent, la capitale Ouzbek. Pour avoir dénoncé ces
pratiques à sa hiérarchie, il a été démis de ses fonctions dans la
plus totale indifférence.





Temps Présent vous emmène ce soir dans un monde immoral et
illégal, sur les traces d'un avion mystérieux qui transporte les
futures victimes de la torture. Un monde sans tribunaux, ni
avocats, ni droit d'appel, où l'abolition des droits de l'homme est
considérée comme un simple dommage collatéral.

  • Générique

    Un reportage de Channel 4