- Videurs, les mal-aimés de la nuit - Beznau, la centrale nucléaire qui fait peur

L'émission du 8 septembre 2016

Videurs, les mal-aimés de la nuit

A Genève, le videur d’un bar branché a provoqué, à coups de poings, le décès d’un client. A Lausanne, les agents de sécurité seraient la cause de 8% des violences perpétrées sur le domaine public. Epinglés par les médias pour de tragiques faits divers, les videurs passent parfois pour des brutes épaisses et dangereuses. Temps Présent a enquêté sur la réalité complexe de ce métier à la fois exposé et peu encadré.

Videurs, les mal-aimés de la nuit.

Les noctambules les adorent ou les haïssent, les habitués les embrassent, les fêtards éconduits les insultent. Quand une soirée tourne à la bagarre, c’est à eux de gérer la situation, quitte à prendre des coups, quitte à en donner.. A Lausanne, ils seraient la cause de 8% des violences perpétrées sur le domaine public, selon la dernière étude disponible. Logiquement, les plaintes à leur encontre sont de plus en plus nombreuses, faisant les choux gras de la presse: la victime du bar branché genevois Rooftop42, décédé après neuf mois dans le coma, n’est que la dernière d’une longue liste.

Les débordements sont de plus en plus fréquents. Les autorités tentent donc de mettre de l’ordre dans cette profession. Depuis novembre 2014, en Suisse romande, on demande que les videurs aient une autorisation d’exercer. Mais bon nombre d’entre eux ne l’ont pas, à l’image du videur mis en cause au Rooftop42. Mais surtout, cette carte professionnelle s’obtient extrêmement facilement. Etonnant, alors que sur le terrain, leur tâche s’apparente régulièrement à celle de la police.

Rediffusion le lundi 12 septembre 2016 à 14h55 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Mauro Losa et Gabriel Tejedor
Bonus de l'émission

Les videurs doivent respecter de nouvelles conditions pour exercer

La loi concernant ces employés de sécurité s’est endurcie après qu’un videur a frappé un client qui est encore dans le coma. Le "19h30" du 5 décembre 2015.

Beznau, la centrale nucléaire qui fait peur

La Suisse risque un accident nucléaire majeur de type Fukushima, au cœur d’une des régions les plus peuplées du pays. C’est ce qu’affirment les anti-nucléaire, alors que le peuple va se prononcer cet automne sur l’avenir du nucléaire. Car autour de la vénérable centrale de Beznau (AG), dont un réacteur est à l’arrêt, la tension monte. En 2015, un millier d’irrégularités sont découvertes dans la cuve du réacteur 1. Cette pièce cruciale contient les barres d’uranium. Elle ne peut être ni change, ni réparée. Reste à savoir si ces irrégularités fragilisent ou non la cuve d’une centrale nucléaire mise en service en 1969, ce qui fait d’elle la plus plus vieille du monde.

Beznau, la centrale nucléaire qui fait peur

Le réacteur 1 de Beznau est-il mourant ou peut-il être rallumé? Axpo et l’Inspection Fédérale de la Sécurité Nucléaire devraient annoncer les résultats de leurs contrôles techniques à la fin de l’année.

Entre-temps, le peuple suisse aura peut-être déjà tranché lors de la votation du 27 novembre qui a pour objet la sortie du nucléaire.

En attendant, des documents essentiels sont retenus par les pontes du nucléaire. Au lieu de jouer la transparence, c’est un lourd secret, hérité du passé militaire de la filière nucléaire, qui entoure ce dossier ultra-sensible. Pas très judicieux, à quelques semaines d’un scrutin décisif.

Paradoxe de la politique nucléaire suisse: après l’accident de Fukushima en mars 2011, le gouvernement renonce à construire de nouvelles centrales. On parle de "sortie du nucléaire", mais aucune date d’arrêt n’est fixée pour les anciennes. Un dangereux compromis selon Christian Van Singer, physicien membre des Verts, aujourd’hui engagé pour une sortie programmée: "On nous avait dit : il y a 1 risque sur 1 million qu’il y ait un accident, soit presque rien! Or on voit aujourd’hui qu’il y a en réalité 1 risque sur 100; 5 centrales accidentées sur 500. C’est un risque insupportable pour un petit pays comme la Suisse."

Un propos trop alarmiste pour la droite de notre Parlement. Les centrales suisses sont sûres et elles évitent qu’on importe de l’électricité. Conseiller aux états UDC, Roland Eberle est également au conseil d’administration d’Axpo, l’exploitant de Beznau. "Moi personnellement, j’aimerais que la Suisse puisse subvenir seule à ses besoins énergétiques. Je ne fais pas confiance aux accords internationaux. Regardez dans d’autres dossiers jusqu’où va la solidarité européenne, par exemple avec la politique migratoire ou financière!  Ces constructions communes ne fonctionnent pas quand il y a des problèmes. Quand il fait beau oui, mais pas quand ça devient difficile."

En attendant que les résultats de l’enquête sur la cuve du réacteur 1 tombent, l’avenir de la plus vieille centrale du monde reste suspendu.

Rediffusion le lundi 12 septembre 2016 à 14h55 sur RTS Deux.

  • Générique

    Un reportage de Xavier Nicol et Christophe Ungar
    Caméraman : Philippe Mory Son : Emilie Spierer Montage : Katherine Genoud
Bonus de l'émission

En Argovie, 6000 personnes manifestent contre le nucléaire

Les manifestants revendiquaient la fermeture immédiate de la centrale de Beznau (AG). Le "19h30" du 19 juin 2016.


Les centrales nucléaires ne seraient plus rentables

Selon des estimations, le kWh coûterait à Beznau près du double que le prix de vente en Europe. Le "19h30" du 11 janvier 2016.


Beznau mon amour

L'histoire économique du canton d'Argovie est liée à l'industrie lourde et à l'énergie nucléaire. Sur son territoire, il n'y a pas moins de quatre réacteurs nucléaires en activité, plus un dépôt de déchets nucléaires, le Zwilag. En 2007, la population, majoritairement pro-nucléaire, de la commune de Döttigen est même prête à accueillir une nouvelle centrale. L'énergie nucléaire ne fait pas peur dans la région, elle est source d'emplois et de revenus. "Mise au Point" du 18 mars 2007.