Changer de vie pour ne pas perdre son job

Changer de vie pour ne pas perdre son job

L'émission du 31 mars 2016

Avec la crise économique et la pression sur l’emploi, il arrive de plus en plus souvent que l’on se retrouve devant un choix douloureux : accepter de quitter sa ville, son domicile, ses amis et déménager pour conserver son job. Ou alors prendre le risque de refuser la délocalisation et de ne pas retrouver de travail. Le marché de l’emploi demande de plus en plus de mobilité aux employés. Témoignages de Romands forcés au grand écart pour conserver leur job.

Dans ce reportage, Temps Présent revient, entre autre, sur la plus grande délocalisation depuis la Suisse romande, l’affaire Merck-Serono. Que sont devenus les 1250 employés après la fermeture du site de Genève, en juin 2013 ? Nous avons retrouvé d’anciens employés qui nous ont parlé de l’impact de cette délocalisation sur leur vie. Fabienne a accepté un poste en Allemagne, mais n’a jamais réussi à s’intégrer en dehors de la vie professionnelle. Pascale a refusé une délocalisation, et deux ans plus tard, elle est encore au chômage. Thomas a embarqué toute sa famille en Allemagne pour « recommencer une nouvelle vie », mais le déménagement a coûté sa carrière à sa femme.

Tous les délocalisés ne décident pas de déménager. Attachés à leur lieu de vie, ils acceptent souvent de passer plusieurs heures par jour dans le train ou d’être absent du lundi au vendredi. Est-ce que la vie de couple et de famille en pâtit ? Comment gèrent–ils les absences et la culpabilité ? Témoignages.

La délocalisation comporte un côté aléatoire, car on ne choisit ni le moment, ni la destination. Le marché du travail dicte les déplacements. Une tendance confirmée par le directeur des RH de Merck, Dietmar Eidens : " La mobilité est un must de nos jours. Jusque-là, cela concernait surtout des postes de cadre, mais, de plus en plus de flexibilité est également demandée au personnel de la production et du développement. "

Rediffusion le lundi 4 avril 2016 à 15h15 sur RTS Deux.

Générique

Un reportage de Béatrice Bakhti et Béatrice Mohr
Image : Walter Hug Son : Philippe Combes Montage : Valérie Weyer