Un bateau de pirates somaliens est intercepté par la marine française dans l'océan indien - 12 novembre 2009. [EPA/ECPAD/Keystone]

Pirates somaliens: comment stopper les prises d’otages?

L'émission du 5 février 2012

En 2011, on a recensé 439 actes de piraterie maritime dans le monde dont 237 ont été commis au large des côtes somaliennes. La région du Golfe d’Aden est devenue en quelques années le lieu privilégié des pirates en quête de dollars.

Et ils en ont gagné beaucoup, des dollars, grâce aux prises d’otages. En 2011, on évalue à 140 millions de dollars, le total des rançons versées à des pirates somaliens. Il y a encore quelques années, ils étaient de simples pêcheurs désœuvrés. Aujourd’hui de véritables organisations criminelles ont profité du chaos somalien pour prendre le relais.


Pourquoi l’Opération militaire Atalante ne parvient-elle pas à enrayer le phénomène ? La faillite de l’Etat somalien est-elle réversible ? Geopolitis décrypte ce qui a été fait, et ce qu’il reste à faire pour lutter contre toutes ces prises d’otages à répétition.


Infographies

Infographie geopolitis.ch [RTS] Depuis quelques années les actes de piraterie se sont multipliés. Qui sont les pirates modernes? Où opèrent-ils? Éléments de réponse avec ces infographies réalisées à partir du rapport sur la piraterie du Bureau maritime international pour l'année 2011. Voir les infographies


Liens utiles


> Informations en temps réel



Bureau maritime international (IMB)


Organisme spécialisé de la Chambre de commerce international, l’IMB a créé un centre d’information sur la piraterie maritime qui publie des rapports réguliers sur la situation et des informations en temps réel sur les actes de piraterie commis dans le monde entier.


Centre d’information sur la piraterie (en anglais)


Carte des actes de piraterie en temps réel (en anglais) 



> La lutte contre la piraterie



Militaire


Face à la menace que représentent les pirates somaliens pour le trafic des bateaux et leurs équipages, des mesures militaires ont été prises pour mettre fin aux attaques. L’Europe a lancé une opération navale conjointe, l’opération Atalante et l’OTAN a également envoyé des navires de guerre. Les navires marchands ont également pris des dispositions pour pouvoir se défendre en cas d’attaque de pirates ouvrant ainsi un marché pour des sociétés militaires privées qui proposent leurs services à l’image de Gallice Security ou Antipirates.org, issu d’une association de vétérans des troupes spéciales russes.


Le site de l’opération Atalante (en anglais)


Le site de l’OTAN pour la communauté maritime (en anglais)



Juridique


En 2010, le Secrétaire général des Nations unies a nommé Jack Lang Conseiller spécial pour les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes somaliennes. La démarche a pour objectif de proposer des solutions pour pouvoir poursuivre et incarcérer les personnes impliquées dans les activités de piraterie. En janvier 2011, un rapport a été présenté au Conseil de sécurité et une résolution a été adoptée en avril 2011. Elle introduit notamment l’idée de tribunaux spéciaux pour juger les personnes coupables de piraterie.


Le texte du rapport de Jack Lang (lemonde.fr)


Le texte de la résolution 1976 du Conseil de sécurité 



Sensibilisation


L’industrie maritime se mobilise également contre les actes de piraterie. Au-delà des mesure de défense prises par les armateurs et en plus des opérations menées par l’Union européenne et l’OTAN, des campagnes de sensibilisations sont mises en place et des sites d’informations et d’alerte sont consacrés au problème.


Le site de la campagne "Sauvez nos marins" (en anglais)


Le site "Piraterie maritime : la réponse humanitaire" - alliance de professionnels de l’industrie maritime (en anglais) 



Le rôle de l’ONU


En plus du travail réalisé au sujet des outils juridique de lutte contre la piraterie (voir plus haut), l’ONU est active par le biais de l’Organisation maritime internationale qui publie des informations et rapports sur son site. Elle a créé également en janvier 2009 un Groupe de contact de l’ONU sur la piraterie au large des côtes somaliennes (CGPCS) qui a pour but de faciliter la coopération internationale mettre fin à la piraterie maritime dans cette région du globe.


Le site de l’Organisation maritime internationale


Le site du CGPCS 



> La sélection d’Infosud Tribune des droits humains sur l’état de la Somalie



"Quand la guerre devient un jeu d'enfant" - 14 janvier 2011


"Sortir de l'enfer somalien" - 12 août 2011


"La reine du Khat, une femme d’affaires respectée" - 30 décembre 2011


"Viol systématique des réfugiées somaliennes" - 22 juin 2010 


Le contexte

Le contexte

Les vidéos du web

L’essor de la piraterie somalienne a conduit certains bateaux marchands à prendre des dispositions leur permettant de riposter aux tirs de Kalachnikov et parfois de lance-roquettes des pirates. Les forces navales de l’Union européenne et de l’OTAN présentes sur zone interviennent également pour protéger les bateaux marchands ou de transports humanitaires et intercepter les navires suspects. Un cocktail explosif qui a transformé la région en théâtre de guerre navale.

Alexandre Vautravers, Rédacteur en chef de la Revue Militaire Suisse, Directeur dpt Relations internationales Université Webster, Genève

Alexandre Vautravers a obtenu une thèse en Histoire contemporaine de l'Université "Lumière" Lyon2 et en Sciences économiques et sociales de l'Université de Genève. Ses recherches ont porté sur l'impact de la technologie sur la conduite de la guerre et sur l'industrie d'armement. Il a fondé cette année le Centre de recherche sur la Sécurité et le Développement au Moyen Orient (CSD). Il commande depuis 2009 le bataillon de chars 17 et est depuis 2006 rédacteur en chef de la Revue militaire suisse (RMS).
Le site de la Revue Militaire Suisse
Le site de l'université Webster à Genève
 


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Vu du passé

Proclamée indépendante en 1960, la Somalie n’a eu de cesse de vouloir réunir les territoires anciennement sous contrôle italien et britannique, comme l’Ogaden en Ethiopie, le nord-est du Kenya et une partie de la république de Djibouti. A cette volonté de reconquête s’est greffé un régime socialiste révolutionnaire au milieu des années 70. Placée dans l’enjeu stratégique entre Soviétiques et Américains, vouée au pillage et la déstabilisation, la Somalie devait connaître la ruine de son appareil d’Etat et de ses puissances vives.

Tensions en Ethiopie

Tensions en Ethiopie [RTS] En mars 1964, des combats sont engagés le long de la frontière éthiopienne. En Somalie, l’indépendance est proclamée. La nouvelle république réclame des terres au nord-est du Kenya et une partie de l’actuelle république de Djibouti. Chez son grand voisin éthiopien, le Negus, en prise avec le rébellion de l’Erythrée, est contesté par une frange de la population.


Les frontières de la République de Somalie restent à définir. (TSR 9 min 31 sec) 


Démonstration de force

Démonstration de force - Somalie [RTS] Le 6 novembre 1979, à l'occasion du dixième anniversaire du putsch militaire du général Siyad Barre, le pouvoir en place à Modgadiscio, soutenu par l'Union soviétique, organise un grand défilé militaire. L'occasion d'une démonstration de force après la défaite, en 1978, de la conquête de l'Ogaden et la fuite de nombreux réfugiés.


Défilé à Mogadiscio sous l'oeil des conseillers soviétiques. (TSR 14 min 44 sec) 


La somalie au bord du chaos

La Somalie au bord du chaos  [INA] En 1991, la chute du gouvernement de Siyad Barre plonge le pays dans une guerre civile meurtrière. Les Somaliens qui ne sont pas tués d’une balle perdue sombrent dans une famine qui s’étend dans toute la région. En mai 1991, une équipe de journalistes de France 3 se rend dans la capitale somalienne pour prendre la mesure de la situation.


Mogadiscio sombre dans le chaos. (INA 2 min 23 sec)