Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides !

L'émission du 7 juin 2005
Il se vend pour plusieurs dizaines de millions de francs de fines herbes chaque année en Suisse


Elle est belle ma salade !



Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Jean-Luc Pecorini cultive des fines herbes. Il doit les protéger du froid, des champignons, des ravageurs et de toutes sortes de dangers, sans l'aide de produits chimiques, car, depuis quelques années, il s'est converti à la culture biologique.




Jean-Luc Pecorini, maraîcher, Biosalève: « C'est une culture qui demande des soins extrêmement particuliers. C'est aussi une culture qui redonne un sens à notre profession parce qu'il faut avoir la main verte. S’il y a un ennui sur cette culture, la culture doit être détruite car on ne peut pas intervenir dessus. Pour ce genre de produits, nous craignons les maladies telles que le mildiou. Celui-ci est essentiellement provoqué par des problèmes de chaleur et d'humidité. L'année passée, nous avons eu une attaque de mildiou sur une culture de basilic et le résultat a été assez dramatique, nous avons dû jeter 10’000 pots. Si l’on veut offrir un beau produit, il y a des risques, tant au niveau de la saveur que de la fraîcheur. »




Chez Biosalève, le terreau est également bio et les pots biodégradables.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Le pot est l'alternative à la barquette, dont le contenu se fane assez vite. Il permet d'avoir des feuilles fraîches en permanence dans sa cuisine ou sur son balcon, quand on n'a pas la chance d'avoir un jardin potager. Un pot dure jusqu'à ce qu'on ait tout mangé. Mais, contrairement à ce que certains croient, ce n'est pas prévu pour repousser, ni pour être replanté.




Quand se situe la vraie saison des fines herbes, vu qu'on en trouve toute l'année dans les magasins?




Jean-Luc Pecorini : « Nous démarrons à partir de fin mars jusqu'à fin octobre. Cela suit le rythme de la nature. »




Les plantes de Jean-Luc Pecorini n'étaient pas encore sur le marché lorsque nous avons acheté nos herbes aromatiques. Elles n'avaient pas eu assez de chaleur pour pousser à maturité, voilà pourquoi elles ne figurent pas dans le test qui va suivre.


Le test des herbettes



Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Notre test compile les résultats de 46 analyses sur 17 variétés de plantes aromatiques conditionnées en barquette, en bouquet ou en pot. Comme les chimistes avaient besoin d'au moins 200 grammes de chaque plante, nous avons parfois dû vider les rayons! Nous présentons donc nos excuses à ceux qui sont arrivés après nos enquêteurs et qui projetaient un pesto pour le dîner...




Nous avons acheté, la dernière semaine d'avril, chez Coop et Migros à Lausanne et Genève, chez Carrefour à Genève et chez Manor à Lausanne, toutes les herbes aromatiques disponibles à cette période-là. L'étiquetage et la traçabilité étaient parfois très flous. C'est le laboratoire cantonal de Genève, service de protection de la consommation, qui a procédé aux analyses.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Migros obtient proportionnellement le meilleur résultat du test. C'est aussi le distributeur qui offrait le plus de variétés à la vente, nous en avons trouvé 18, dont 13 sans pesticides. Le persil frisé, le thym, l'aneth, la menthe, la coriandre, la sauge, le persil plat, la ciboulette et le laurier vendus en barquette et produits en zone franche, en France ou en Suisse, sous le label « terre et avenir » ne présentaient aucun résidu de pesticides. Le persil haché du Maroc n'en contenait pas non plus.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Le basilic d'Israël, l'estragon du Maroc, la coriandre d'Espagne et la sauge d'Italie en barquette contenaient des traces de pesticides, mais dans les normes admises.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Un seul produit était hors norme et, à notre grande surprise, il s'agit d'un basilic BIO en pot, de la société suisse alémanique Riedwyld biokulturen. Il contenait du carbofurane. C'est un insecticide utilisé pour lutter contre les ravageurs, notamment les limaces. Pour l'instant, Migros est incapable de nous fournir une explication sur les raisons de ce résultat et dit mener une enquête pour éclaircir ce mystère.


Patrick Edder, adjoint au chimiste cantonal, Service de protection de la consommation: « Pour moi, il s'agit d'un traitement. Dans l'agriculture biologique, toute utilisation de pesticides de synthèse est absolument interdite. On peut trouver de faibles traces dues à la contamination de l'environnement, mais, normalement, c'est 0. »


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Chez Carrefour, nous n'avons trouvé que quatre herbes, aucune bio. La menthe et le persil plat en bouquet étaient sans résidus.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Le romarin en bouquet était conforme, le labo a décelé de faibles traces de soufre.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

La sauge en bouquet, en revanche, contenait trois pesticides différents, dont deux non homologués en Suisse, ce qui la rend non conforme.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Chez Coop, nos enquêteurs ont acheté 16 produits, 7 ne contenaient aucune trace de pesticides. En bouquet, le persil frisé d'Italie, le basilic d'Israël, l'aneth, la coriandre et la menthe du Maroc ont donc été cultivés dans les règles. Le persil bio en pot était lui aussi exempt de pesticides.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

La sauge en bouquet du Brésil et la ciboulette hachée de Suisse contenaient des traces de pesticides, mais dans les normes légales.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

L'estragon d'Israël contenait 6 insecticides ou fongicides différents : 4 dans un des échantillons, mais en quantités admises, et deux, dans l'autre, dont les normes étaient clairement dépassées. Aucune de ces six substances n'est autorisée en Suisse pour les fines herbes. Deux bouquets de Thym, importés du Brésil par l'entreprise Pitchfruits, dépassaient largement les normes. Ils contenaient des insecticides: l'un de l'acetamiprid et l'autre, le pire de ce test, du Thiacloprid, dans des doses vraiment très importantes.


Patrick Edder: « Le pire pour moi, c’est ces valeurs jusqu'à 100 ou 200 fois la norme. Les insecticides sont beaucoup plus toxiques pour l'homme que ne le sont les fongicides, par exemple. Ils attaquent le système nerveux central, certains sont des perturbateurs endocriniens. Ceux ci, en l’occurrence, ont également des actions sur la tyroïde, l'un d'entre eux, le thiacloprid, a été suspecté d'être cancérigène. Mais, comme son potentiel cancérigène n'a jamais été formellement démontré sur l'homme, il est encore autorisé actuellement. »




Même si le thym du Brésil est le pire, nous avons eu un choc en découvrant que le persil haché bio, importé par Prodague de France et d'Italie, était chargé de deux pesticides différents, du dimethomorph et du carbaryl. Enfin, le basilic en pot, étiqueté lui aussi Bio Suisse de chez Pitchfruits, contenait du metalaxyl. Toutes ces substances n'ont rien à faire dans des produits estampillés bio.




Patrick Edder: « Dans ce cadre-là, il y a tromperie du consommateur. Nous allons donc infliger une amende et dénoncer le cas à l'organe de certification. Le producteur risque fort de perdre son label bio. »


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Le plus mauvais résultat a été enregistré chez Manor : sur 8 produits, 5 sont hors normes et tous, sauf un, contenaient des pesticides. Seul le basilic en bouquet était bon.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

La sauge d'Israël contenait de l'acetamiprid, et la menthe, également d'Israël, était chargée d'Imidacloprid. Ces insecticides ne sont pas homologués en Suisse pour les herbes aromatiques. Dans ce cas, c'est l'OFSP qui fixe des normes, étonnamment peu sévères. Ces échantillons sont alors conformes.


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Tout le reste: le persil frisé, le thym et l'estragon d'Israël contenaient plus de pesticides que les normes autorisées par la loi. Nous avons été déçus encore une fois avec les deux produits BIO de l'assortiment : le basilic et le thym en pot provenant du potager du Château à Rennaz. Ils contenaient les traces d'un fongicide, du difenoconazole, totalement interdit en culture biologique. En résumé, sur 6 fines herbes vendues avec le label Bio, 5 trompent le consommateur.


Patrick Edder: « On peut expliquer ces résultats par plusieurs scénarios. Le premier serait une utilisation illicite d'un pesticide pour que les herbes vendues soient plus jolies, en meilleur état, qu'il y ait moins de perte à la production. La deuxième possibilité serait que les plantes achetées, qui doivent être bio, ne le sont pas. Le producteur, en toute bonne foi, achète donc des plants bio qui ne le sont pas. Enfin, il pourrait y avoir une erreur, peut-être dans le commerce, dans la grande distribution où on peut avoir un mélange d'échantillons. Mais, dans le cas de ces échantillons, cela m'étonnerait beaucoup car ils étaient souvent bien étiquetés et bien pré-emballés. Cela arrive plus souvent avec le vrac. »




Manor a refusé de nous répondre dans une interview et conteste l'interprétation des analyses du laboratoire cantonal. La moindre des choses, pourtant, quand on a des résultats aussi catastrophiques, serait de s'adresser aux consommateurs. Nous n'avons donc pas d'explication pour l'instant.




Sur l'ensemble de ce test, tous distributeurs confondus, les analyses ont révélé la présence de 9 insecticides et 10 fongicides différents, pour la majorité non autorisée sur les fines herbes. Comment faire pour les éviter?


Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Patrick Edder: « Voici deux conseils pour éviter ces substances: consommer des herbes de saison et regarder l'étiquetage pour consommer les produits de notre région, où les contrôles sont nettement meilleurs. J'en veux pour preuve les six ou sept produits qui sont labellisés « terre et avenir », dans lesquels nous n'avons trouvé aucun résidu de pesticides. Mais cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas été traités, mais, en tout cas, les traitements ont été faits à des doses faibles, avec des délais d'attente suffisants pour qu'on ne retrouve pas de résidus. Il ne sert à rien de laver les herbes qui contiennent ces substances, car ce sont surtout des produits systémiques. Cela veut dire qu'ils sont à l'intérieur même de la plante. Les laver est utile pour éliminer les bactéries, mais ça n'enlèvera pas les pesticides. »


Des pesticides dans le bio



Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Lorsqu’un produit est non conforme, le chimiste cantonal demande des explications en premier lieu au producteur, ou à l'importateur qui est la première personne qui fait venir la marchandise en Suisse. Juridiquement, il est responsable de ce qu'il met dans le commerce. Si un distributeur est incapable de fournir ces informations, il payera l'amende et subira les sanctions. Pour tenter de comprendre ces mauvais résultats, nous avons contacté un producteur, l'entreprise Pitchfruits. Elle importe le thym du Brésil le plus gravement chargé en pesticides. Elle vend également à Coop du basilic en pot, traité au Metalxyl.




L'un des basilics bio, chargé de metalaxyl, provenait de serres installées dans la campagne genevoise, mais Philippe Vendeuil, directeur de Pitchfuits. estime avoir été trompé par son fournisseur italien.




Philippe Vendeuil, directeur de Pitchfuits : « La première chose que j'ai faite a été d’appeler mon fournisseur pour savoir d'où venait le problème. J'ai été surpris qu'il m’avoue aussi franchement qu’il a mis du métalaxyl à cause de problèmes de mildiou. C'est une entreprise agrée par Bio Suisse, j'ai le certificat, qui jusqu'à présent était renommée. J'ai donc complètement fait confiance. Je suis maintenant devant le fait accompli, ce basilic a du métalaxyl. J’ai pris la décision très rapidement de le jeter. Nous allons donc le séparer entre les pots plastiques et les mottes. Nous achetons du basilic à l'étranger car nos clients nous incitent à vendre du basilic très tôt, dès le 25 mars. Ceci est pratiquement impossible si l’on veut respecter tout le cahier des charges de la culture bio. »


Les pots de Pitchfruits ne portaient pas la mention Italie comme origine, ils étaient étiquetés Bio Suisse. L'entreprise assume donc seule la responsabilité de ce problème et aura du mal à prouver que ce basilic n'était pas sa propre production, mais qu'elle l'a importé. Ces plantes sont tellement chargées en pesticides qu'elles ne pourront même pas être vendues comme produits conventionnels, la loi n'autorisant pas l'utilisation de metalaxyl sur les fines herbes en Suisse. Philippe Vendeuil devra changer de fournisseur et dénoncer le cas à l'organisme qui a donné la certification à ce producteur. Reste que des centaines et des centaines de plantons sont perdus, en même temps que la confiance dans le label Bio.


Un distributeur face aux résultats



Test fines herbes fraîches: quand les producteurs ont la main lourde sur les pesticides!

Les distributeurs sont également responsables de ce qu'ils mettent en vente vis-à-vis de la loi et surtout vis-à-vis des consommateurs. Carrefour a renoncé à s'approvisionner chez son fournisseur habituel et promet, comme Migros et Manor, de multiplier les analyses. Si Manor a refusé une interview, en revanche, Coop, qui n'a pas non plus des résultats merveilleux et qui commercialise les herbes aromatiques de Pichtfruits, a accepté de répondre. Ce distributeur a d'ailleurs immédiatement retiré les herbes du marché quand nous lui avons transmis les résultats.




Karl Weisskopf, porte-parole Coop : « Nous sommes aussi très consternés parce que d'habitude les produits bio sont meilleurs que les produits conventionnels Nous avons tout de suite pris contact avec nos fournisseurs. Nous les avons mis au courant. Nous avons remarqué que, pour un produit, le persil haché, c'est une contamination involontaire, vu les taux très faibles. Nous avons demandé des réponses de l'autre fournisseur, pour le thym du Brésil qui a des résultats catastrophiques. Nous n'avons pas eu d'explications claires. Nous avons déjà eu, ces derniers mois, des problèmes avec ce fournisseur. Désormais, il ne livrera plus Coop. »




L'entreprise Pitchfruits paye très cher cette fraude et devra prouver qu'elle est bien le fait de son fournisseur, qui lui-même conteste avoir traité le basilic qu'il exporte vers la Suisse. Nous ne savons donc pas, pour l'instant, qui, dans cette affaire, a triché. Mais le fait que ce ne soit pas la première fois explique cette sanction : Pitchfruits a en effet déjà un passif de tests non-conformes, Le paradoxe de ce test est que les produits conventionnels de la région étaient sans pesticides, alors que les bio en contenaient.


Faut-il donc désormais se méfier du Bio, en particulier hors saison ?




Interview de Jacqueline Forster, porte-parole de Bio Suisse, uniquement disponible en vidéo.




La culture Bio est, avec les bonnes pratiques maraîchères, un des moyens de sortir des pesticides, même si, on l'a vu, cela ne suffit pas pour garantir de manière absolue l'absence de produits chimiques. L'autre intérêt des cultures non-extensives est la qualité même de la plante. On sait maintenant qu'un végétal n'a pas la même valeur nutritive quand il est sauvage, quand il est cultivé bio ou cultivé intensivement. Plus on est productiviste, plus la plante est chargée d'eau et moins elle est riche en micro-nutriments. Non seulement nous ne mangeons pas assez de fruits et légumes, mais, en plus, ceux-ci ont nettement perdu de leurs qualités depuis les années 50. Un problème qui se rajoute à ceux, très graves pour la santé, provoqués par l'usage des pesticides.




Interview de Jean-Marie Pelt, professeur de biologie et de botanique, uniquement disponible en vidéo


Certaines crèmes ne font pas que protéger du soleil


Crèmes solaires, comment distinguer celles qui ne contiennent pas de filtres chimiques des autres

Le mélanome est le plus grave des cancers de la peau liés au soleil et il est bien plus dangereux que ces substances. Il est donc vital de se protéger quoi qu'il en soit. Les crèmes solaires empêchent le coup de soleil. Elles évitent donc à la peau de brûler, mais les filtres chimiques ne protègent pas complètement l'ADN des cellules contre les dommages causés par les UV.




Certaines études, évidemment contestées par les fabricants, suggèrent que ces crèmes n'empêchent pas les cancers, au contraire. Se sentant protégé, on s'expose encore plus car on évite le coup de soleil qui sert justement d'avertissement: il nous prévient que la peau a souffert et la douleur nous empêche de retourner au soleil. Ces crèmes contiennent donc des substances néfastes pour notre système hormonal, comme le 4-methylbenzyliden camphre. L’utilisation de ce dernier est d'ailleurs sérieusement remise en question par l'Union européenne.


Crèmes solaires, comment distinguer celles qui ne contiennent pas de filtres chimiques des autres

Voici la liste des autres substances néfastes:




4 Methylbenzyliden camphre




Benzophenon-3




Benzophenon-4




Homosalates (HMS)




3-Bezyliden camphor (3-BC)




Octyl Dimethyl PABA




Octyl Methoxycinnamate (OMC)


Crèmes solaires, comment distinguer celles qui ne contiennent pas de filtres chimiques des autres


Crèmes solaires, comment distinguer celles qui ne contiennent pas de filtres chimiques des autres

Ce n'est pas simple de distinguer les produits qui sont exempts de filtres chimiques car, malheureusement, à quelques exceptions près, ce n'est pas clairement indiqué sur l'emballage. Parfois il est aussi écrit « filtre mécanique » ou « protection minérale », ou « filtre minéral ». Certains sont vendus comme produits pour enfants, mais sont aussi destinés aux adultes.


Crèmes solaires, comment distinguer celles qui ne contiennent pas de filtres chimiques des autres

Les mentions « oxyde de zinc » et « dioxyde de titane » sont l'indication que ce sont bien des filtres organiques inertes. Ils fonctionnent en difractant la lumière et en la renvoyant. Ils déposent sur la peau de minuscules particules, comme des mini-panneaux réfléchissants. Cet avantage en terme de santé est aussi un inconvénient sur le plan cosmétique: une pellicule blanche sur la peau qui gène certains. C'est pourtant le signe d'un vrai barrage entre les rayons et la peau. Quelques marques ont réussi à diminuer ce phénomène en micronisant ces filtres, c'est-à-dire en les réduisant à des particules microscopiques. Mais on y trouve parfois les habituelles substances qu'on aimerait ne plus voir dans les cosmétiques comme les parabens. Certaines marques en sont pourtant exemptes, comme Weleda.




Les chercheurs qui travaillent sur les effets de ces substances déconseillent les protections solaires avec filtres chimiques aux femmes enceintes et aux enfants jusqu'à la fin de la puberté. Ces substances passent la barrière du derme, entrent dans l'organisme et se retrouvent dans l'urine et le lait maternel. Quand elles se retrouvent dans l'eau, ces substances entrent également dans la chaîne alimentaire, via les poissons ou le réseau d'eau potable. Il n’est pas encore possible aujourd'hui de débarrasser totalement ces polluants des stations d'épuration. Nous en absorbons donc forcément par l'eau ou par l'air.


Questions/réponses concernant les UV



Crèmes solaires, comment distinguer celles qui ne contiennent pas de filtres chimiques des autres

Quels sont les UV responsables du cancer de la peau: les UVA OU LES UVB ?




Les deux, mais jusqu'au début des années 90, on croyait que c'était uniquement les UVB. C'est pour cela que les solariums délivrent des UVA. Aujourd'hui, on sait qu'ils sont tout aussi dangereux que les B et on remet en cause dans de nombreux pays d'Europe la pratique du bronzage en cabine.




Lesquels font brunir la peau ?




Les deux. Mais la pigmentation obtenue n'est pas la même. On arrive à bronzer uniquement avec des UV A (cf solarium) mais dans le soleil, comme il y a souvent plus d'UVB, ce sont eux qui font bronzer. Le rayonnement solaire varie en fonction des saisons et des latitudes. Sous nos latitudes, en été, il y a en proportion plus d'UV A, le soir que dans la journée aux heures les plus chaudes. A noter que la pigmentation obtenue avec les UV A ( apparition au bout de quelques heures et disparition au bout de quelques jours) est moins durable que celle obtenue avec les UVB (qui n'apparaît qu'au bout de quelques jours mais qui peut durer plusieurs semaines).




Est-il préférable de mettre - souvent- à intervalles réguliers - des produits avec un indice de protection –SPF- 20/30 ou alors mettre - de temps en temps - des produits avec un indice de protection –SPF- 50/60 ?




Théoriquement un SPF 60 protège deux fois plus longtemps qu'un SPF 30. On pourrait donc considérer qu'il suffit de mettre des produits SPF très élevés mais moins souvent. En réalité, la crème risque d'être éliminée par la sueur, les frottements, elle est absorbée par l'épiderme ... et perd de son efficacité. Pire si l'on prend un bain ou si l'on se douche pour se rafraîchir, comme cela peut être le cas au bord de la mer. Les SPF élevés (60 voire plus) s'imposent pour des séjours sous les tropiques. Un SPF de 30 devrait être suffisant en Europe en été à condition d’en mettre régulièrement




Il existe une douzaine de produits qui ne contiennent aucun filtre chimique sur le marché suisse. Or nous avons constaté que certains contenaient également des substances telles que Butylparaben, Propylparaben etc... Peut-on quand même les recommander ?




Il est absolument primordial que le produit solaire soit préservé, d'où l'importance toute particulière des conservateurs. A choisir entre deux maux, il faut mieux un produit solaire avec un système de conservation, même paraben, pour être sûr que le consommateur n'aura pas de problème à l'utilisation. Exception faite des produits formulés à base de glycol et d'alcool. Les spécialistes conseillent de ne pas conserver un produit solaire d'une année sur l'autre. Par ailleurs, l'utilisation d'un produit solaire est en principe saisonnière, c'est pour cela que la présence de parabens est moins critique que dans un produit d'usage quotidien.


Bonus de l'émission