Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2

Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2

L'émission du 4 décembre 2007

- Swiss propose à ses passagers de compenser le CO2 émis par leur voyage. Une enquête de Kassensturz révèle qu'il s'agit surtout de compenser sa mauvaise conscience écologique. - Le marché des sextoys explose, un marché où tous les produits ne sont pas recommandables. Des tests réalisés par ABE révèlent que certains d'entre eux contiennent des substances toxiques.


Des vols modérément écologiques


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 L'avion pollue. Un vol aller-retour
de 10 000 kilomètres va dégager 2,3 tonnes équivalent C02 par
passager, ou, en décodé, 2,3 tonnes d'émissions qui auront un
impact sur le climat. Partir sous les Tropiques à Noël, ou même
juste en Europe, voilà qui va alourdir votre conscience écologique.
Mais désormais, il y a moyen de racheter vos péchés.


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2Calculs
variables






La fondation zurichoise Myclimate a imaginé une sorte d'écotaxe
volontaire, basée sur le nombre de kilomètres parcourus et le type
de billet acheté. Myclimate investit cette obole dans des projets
de préservation du climat. Par tonne de gaz à effet de serre à
compenser, cela coûtera au passager entre 40 et 120 francs, selon
le portefeuille de projets choisi. Swiss a été convaincue par ce
système, et le propose depuis deux mois à ses passagers. Exemple :
pour un vol Genève-Dubaï, aller-retour, en classe économique,
l'émission par passager est estimée à 0.967 tonne de CO2. Etonnant
: pour le même vol, Myclimate calcule un total de 2,23 tonnes.
Pourtant, Swiss et Myclimate sont partenaires... Explications de
Jean-Claude Donzel, porte-parole de Swiss : « C'est une
compensation du CO2 uniquement, il n'y a pas d'autres effets
climatiques qui sont pris en compte. »
Myclimate, en revanche,
prend en compte toutes les émissions polluantes. Qui fait alors le
bon calcul? Nos collègues de Kassensturz ont posé la question au
professeur Thomas Peter, expert en climat à la Haute Ecole
technique de Zurich, un partenaire de Myclimate. « Chez Swiss,
on dit que c'est l'effet principal qu'il faut d'abord compenser, à
savoir le CO2. Myclimate s'efforce de prendre en compte l'effet
global du trafic aérien. Cela comprend le CO2, mais aussi les
traces de condensation et la création d'ozone dans la troposphère.
Tous ces éléments ont un impact sur le climat. De ce fait, on ne
peut ignorer ces émissions-là.»


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2Compensation
sélective






Voyons un autre exemple. Un vol aller-retour Genève - New York en
classe économique.





Calcul de Myclimate : 2,824 tonnes d'émissions polluantes.





Calcul de Swiss : 1,216 tonne.





Pour le consommateur, la différence se fait sentir au niveau du
porte-monnaie. Avec le calcul Myclimate, il déboursera 111 francs
au moins. Avec le calcul Swiss, il paiera, toujours sur une base
volontaire, 40 francs. Swiss s'offrirait-elle, au rabais, une image
de protecteur de l'environnement ? C'est l'avis du WWF. Felix
Meier, WWF Suisse : « La plupart des études et des
scientifiques sont d'avis qu'il n'est pas suffisant de compenser
uniquement les émissions de CO2. Ils disent qu'il faut absolument
prendre en compte les oxydes d'azote et la vapeur d'eau, des
émissions contribuent aussi au réchauffement de la terre.
»


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2

Ne pas culpabiliser le
client






Pourquoi Swiss s'en tient-elle alors uniquement au CO2 ? «
Nous donnons le libre choix aux passagers et nous sommes
transparents. Lorsqu'ils cliquent chez nous, il y aura
effectivement la compensation sur le vol choisi. »
Mais
cliquer pour le climat tient du parcours du combattant chez Swiss.
Cette option ne figure pas dans le processus de réservation. Il
faut chercher le chapitre « Instruments économiques » dans
la page Compagnie. Pas vraiment pratique pour un passager pressé.
Explications de la compagnie aérienne : « On ne veut pas
culpabiliser les gens, donc on laisse le choix, c'est un choix
volontaire. »
Chez Swiss, on aime donc le climat, un peu mais
pas trop. Une retenue d'autant plus regrettable que les projets de
préservation de climat que finance Myclimate, le partenaire de
Swiss, sont reconnus par les experts de l'ONU comme tout à fait
exemplaires.


Sextoys : un marché en expansion


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 Il existe aujourd'hui toute une
nouvelle gamme de ce qu'on appelle couramment les sextoys.
Godemichés et autres vibromasseurs ont été relookés pour plaire à
une nouvelle clientèle, féminine et décomplexée. Enquête sur un
marché en pleine expansion.


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2Boutiques spécialisées à
Paris






En plein cœur de Paris, une boutique s'est spécialisée dans les
jouets pour grands, rebaptisés Lovetoys, des jouets d'amour.
Couleurs de bonbons acidulés, formes stylisées, packaging tendance
: voici la nouvelle génération de godemichés et de vibromasseurs,
plus ludiques que leurs grossiers prédécesseurs. Fleur Breto,
responsable presse, Passage du Désir : « Jusqu'à présent, quand
on voulait trouver un sextoy, on avait le choix : soit aller dans
un endroit très féminin, très élitiste, très beau mais dans lequel
ni mari ni petit ami ne sont à l'aise, soit aller dans un sex-shop.
Il n'y avait pas l'entre-deux. Notre leitmotiv, c'est le
développement durable du couple. Même si on n'a pas forcément envie
de se marier dans les deux heures après être venu à la boutique, on
aspire tous à trouver quelqu'un avec qui partager de bons moments,
avoir une intimité et une sexualité qui se passent bien, avec qui
on peut faire des tas de choses. »
Ce concept marketing marche
bien. En sept mois d'existence, la boutique a fait bonne chère, à
l'instar de tout un secteur qui n' hésite pas à faire sauter les
tabous au nom de l'intérêt commercial.


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2De l'accessoire médical au
boudoir






Paris y est pour quelque chose. C'est ici qu'on trouve celle qui,
par son nom, a fait sortir les sextoys des placards. Non pas Sonia
Rykiel mais sa fille Nathalie, qui a eu la fine intuition de
proposer dès 2002 des joujoux intimes dans la boutique de sa mère.
Un écrin de luxe pour des objets qui, à leurs débuts, étaient
rangés au rayon des accessoires médicaux. Dès les années 1880, des
médecins anglo-saxons et français avaient eu l'idée somme toute
assez saugrenue d'infliger un traitement par vibromasseurs aux
femmes diagnostiquées hystériques. Rattrapés par les censeurs vers
1920, ces instruments plutôt effrayants ont disparu des magazines
respectables. C'est alors seulement qu'ils ont rejoint la panoplie
érotique.





Aujourd'hui, ceux qu'on surnommait les consolateurs de veuves sont
devenus tendance, avec à la clé un nom plus vendeur. Pour séduire,
les sextoys se font même objets de boudoir, comme dans cette autre
boutique parisienne, rue du Marché-Saint-Honoré. Samantha Thouret,
directrice ventes, Yoba : « En terme d'esthétique, on cherche
des choses très ludiques, avec beaucoup de couleurs et de formes.
Rien qui rappelle le sexe de l'homme. Des objets qui vont tout
simplement être des jouets rigolos à utiliser au sein de son couple
lors de parties intimes. »
Pigalle peut attendre. Ici, lles
clients s'entichent de canaille version bourgeois-bohème, c'est les
toys-bobo. La clientèle est composée principalement de femmes entre
25 et 35 ans avec un fort pouvoir d'achat.


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2

Un filon qui
s'expose






En Suisse romande, on connaissait les sextoys dans les catalogues
par correspondance. Aujourd'hui, les joujoux plus tendance
s'affichent au grand jour. On en trouve même dans un grand magasin,
Globus, où, quinze jours à peine après leur première mise en vente,
les rayons ont été dévalisés. Les nouveaux marchands de l'érotisme
branché ont bien trouvé là un authentique filon.


L'offre en Suisse romande


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 C'est sur Internet que l'acheteur
anonyme peut consulter l'offre la plus vaste. Problème : on y
trouve de tout et n'importe quoi. C'est justement pour offrir des
produits plus ciblés qu'une jeune mère de famille, ex-infirmière de
profession, a lancé cette année son propre site Internet. Basée à
Lausanne, Marina veut notamment faire découvrir les sextoys aux
femmes qui ne les ont jamais utilisés. Marina B., créatrice du site
bonbonrose.ch : « Ce qui est important, c'est que les produits
soient bien présentés, que je fasse ressortir leur beauté et
l'esthétique du produit. Pour qu'il soit efficace, il faut l'aimer,
le trouver beau, arriver à l'érotiser. Je pense qu'un produit joli
est plus facile à érotiser qu'un produit laid ou effrayant. »

Son conseil : « Incontestablement le rabbit, car c'est une
double stimulation et c'est ce qu'il y a de plus efficace. Mais
cela dépend tellement de l'histoire que l'on met autour. »


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2Témoignage





Une amatrice de sextoys se livre, un témoignage intime et anonyme.
« Au départ c'est beaucoup par fantasme [...]. J'ai eu
l'occasion de trouver un objet très sympa, vu dans un magazine.
C'était comme un œuf, on peut le porter dans la journée en ayant
plusieurs activités. Votre amant peut vous envoyer des messages par
sms. Plus le message est amoureux, plus il est engagé dans ses
désirs, plus les vibrations sont différentes... On apprend à
découvrir plus son corps car on gère soi-même les instants, on se
sent plus libre, on apprend à connaître ses plaisirs de différentes
façons. »


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2

L'avis d'une
sexologue






Le phénomène n'a évidemment pas échappé aux sexologues. Dans un
cabinet de Morges, nous sommes allés consulter une spécialiste.
L'utilisation d'un sextoy est-elle encore considérée comme déviante
? « C'est un comportement beaucoup plus normalisé. Au
contraire, le risque c'est que certaines personnes se sentent
stigmatisées car elles ne sont pas si à l'aise que cela. Il y a des
personnes qui me disent : vous comprenez, mon partenaire me
considère un peu coincé parce que les sextoys ne m'attirent pas
trop. C'est plutôt le risque inverse. »
Parfois, la sexologue
recommande elle-même l'usage de sextoys : « Je le conseille
premièrement aux femmes qui sont dans une démarche d'exploration ou
d'appropriation d'elles-mêmes. Il existe un côté découverte,
exploration de leur plaisir, de leur intériorité. Ensuite, beaucoup
de couples ont déjà utilisé un sextoy, et là, mon rôle c'est plutôt
de déculpabiliser, d'encourager, d'explorer comment il l'utilise
car il faut qu'ils l'utilisent de manière saine, pour les deux et
le couple. »
Morale de l'histoire : pour taquiner la framboise
ou jouer du mirliton, choisissez la qualité et le rire.


Sextoys : le test des phtalates


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 Certains joujoux pour adultes
contiennent des phtalates, des substances chimiques considérées
comme toxiques pour la reproduction humaine. Les phtalates sont des
dérivés de produits pétroliers utilisés pour assouplir et adoucir
le plastique, surtout le PVC. Dans les années 80 déjà, certains
phtalates ont commencé à éveiller des soupçons quant à leur
toxicité, dont le DEHP, le plus utilisé dans le monde. Jacques
Diezi, professeur honoraire en toxicologie, Université de Lausanne
: « Des essais expérimentaux ont été faits chez les rongeurs.
Ils montrent très clairement que si les doses sont assez élevées,
il y a des effets perturbateurs sur la reproduction de différente
nature, diminution de la fertilité, toxicité pour les testicules,
toutes sortes d'effets qui ont été décrits et acceptés. Simplement,
ce n'est pas un groupe de substances, même les plus actives, qui
sont très puissantes et donc il faut des doses ou des
concentrations relativement élevées pour avoir ces effets-là.
»
En 2005, l'Union européenne a usé du principe de précaution
en limitant à 0,1% la teneur de six phtalates dans les jouets que
les enfants en bas âge peuvent téter ou mâchouiller. La Suisse a
suivi cette décision. Dans le domaine des sextoys, en revanche, il
n'existe aucune limitation ou interdiction. En l'état des
connaissances, on peut pourtant logiquement se poser la question de
l'exposition aux phtalates lors du contact des sextoys avec des
muqueuses très irriguées. L'une des rares études scientifiques sur
le sujet, menée par le Ministère danois de l'environnement, assume
d'ailleurs que l'usage dans le vagin de ces produits peut être
comparé à une ingestion orale.


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 ABE a fait mesurer les taux de
phtalates de seize vibromasseurs et boules de geisha vendus sur
Internet, par correspondance, dans les grands magasins et dans les
sexshops. Dix ont été fabriqués en Chine, les six autres provenant
d'Europe ; d'Allemagne, notamment. Au final, le laboratoire a pu
déterminer le grammage exact des phtalates et leur proportion par
rapport à la masse plastique siliconée totale en contact avec les
muqueuses génitales. Pour rappel, l'Union européenne a limité à
moins de 0,1% la teneur de six phtalates dans les jouets pour
enfants en bas âge. Verdict du test, avec des prix indicatifs.


Seuls deux sextoys sur 16 sont sans
phtalates


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Joyous Push Velvet Touch





- Velvet Blue Vibe


Dix objets présentent des traces de phtalates, à moins
de 0,1%


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Clint





- Natural Contours Petite





- Spectraz





- OhMiBod





- Play Dream


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Dolly Dolphin 2





- I Rub My Duckie « Paris »





- Octopus





- SmartBalls





- Galaxy Lover


Trois vibromasseurs sont largement au-delà du 0,1% de
leur masse plastique siliconée en contact, avec des teneurs en
phtalates importantes


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Sex Soda. Il contient 25,6 % de
phtalates. A noter aussi pour ce produit, la présence de paillettes
qui, selon le laboratoire d'Hambourg, ont tendance à se détacher,
et qui exposent donc l'utilisateur à des risques d'inflammation et
d'irritation





- Super Satisfaction. Sa teneur en phtalates : 36,1%.





- FuturTech Rabbit ou Rapid Rabbit 7. La teneur en phtalates monte
ici à 44,2%.


Taux de phtalates le plus élevé


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Le vibromasseur Penetrating
Pleasure. Plus de la moitié de la matière plastique siliconée en
contact est constituée de phtalates avec une teneur de 59%.



Légalement, les fabricants ne sont pas tenus d'indiquer la
composition des sextoys sur l'emballage, ce qui est tout à fait
regrettable. Certains distributeurs sont tout à fait conscients de
la mauvaise qualité de certains articles contenant des phtalates.
L'un des principaux magasins érotiques en Suisse, Erotikmarkt,
fournit à ses vendeurs un classeur de conseils à la clientèle ; en
fait une mise en garde que l'on trouve aussi en allemand sur son
site.





En voici l'extrait pour les objets en jelly, soit une sorte de PVC
qui contient souvent des phtalates. « [La jelly] a une odeur
désagréable de renfermer [sic]. Cela implique avant la première
utilisation de l'aérer ou de la plonger dans l'eau pendant
plusieurs jours. Il est conseillé de mettre un préservatif pour
éviter que le produit ne soit pompé par les parties intimes.
»


Entretien avec Françoise Weilhammer, auteur de l'enquête


Disponible seulement en vidéo.


Bonus de l'émission

Compensation d'émissions de CO2


Sextoys: un marché en expansion


L'offre en Suisse romande


Sextoys : le test des phtalates


Entretien avec Françoise Weilhammer, auteur de l'enquête

Compensation d'émissions de CO2

Compensation d'émissions de CO2

Sextoys: un marché en expansion

Sextoys: un marché en expansion

L'offre en Suisse romande

L'offre en Suisse romande

Sextoys : le test des phtalates

Sextoys : le test des phtalates

Entretien avec Françoise Weilhammer, auteur de l'enquête

Entretien avec Françoise Weilhammer, auteur de l'enquête

Sextoys : le test des phtalates


Certains joujoux pour adultes contiennent des phtalates, des
substances chimiques considérées comme toxiques pour la
reproduction humaine. Les phtalates sont des dérivés de produits
pétroliers utilisés pour assouplir et adoucir le plastique, surtout
le PVC. Dans les années 80 déjà, certains phtalates ont commencé à
éveiller des soupçons quant à leur toxicité, dont le DEHP, le plus
utilisé dans le monde. Jacques Diezi, professeur honoraire en
toxicologie, Université de Lausanne : « Des essais
expérimentaux ont été faits chez les rongeurs. Ils montrent très
clairement que si les doses sont assez élevées, il y a des effets
perturbateurs sur la reproduction de différente nature, diminution
de la fertilité, toxicité pour les testicules, toutes sortes
d'effets qui ont été décrits et acceptés. Simplement, ce n'est pas
un groupe de substances, même les plus actives, qui sont très
puissantes et donc il faut des doses ou des concentrations
relativement élevées pour avoir ces effets-là. »
En 2005,
l'Union européenne a usé du principe de précaution en limitant à
0,1% la teneur de six phtalates dans les jouets que les enfants en
bas âge peuvent téter ou mâchouiller. La Suisse a suivi cette
décision. Dans le domaine des sextoys, en revanche, il n'existe
aucune limitation ou interdiction. En l'état des connaissances, on
peut pourtant logiquement se poser la question de l'exposition aux
phtalates lors du contact des sextoys avec des muqueuses très
irriguées. L'une des rares études scientifiques sur le sujet, menée
par le Ministère danois de l'environnement, assume d'ailleurs que
l'usage dans le vagin de ces produits peut être comparé à une
ingestion orale.


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 ABE a fait mesurer les taux de
phtalates de seize vibromasseurs et boules de geisha vendus sur
Internet, par correspondance, dans les grands magasins et dans les
sexshops. Dix ont été fabriqués en Chine, les six autres provenant
d'Europe ; d'Allemagne, notamment. Au final, le laboratoire a pu
déterminer le grammage exact des phtalates et leur proportion par
rapport à la masse plastique siliconée totale en contact avec les
muqueuses génitales. Pour rappel, l'Union européenne a limité à
moins de 0,1% la teneur de six phtalates dans les jouets pour
enfants en bas âge. Verdict du test, avec des prix indicatifs.


Seuls deux sextoys sur 16 sont sans
phtalates


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Joyous Push Velvet Touch





- Velvet Blue Vibe


Dix objets présentent des traces de phtalates, à moins
de 0,1%


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Clint





- Natural Contours Petite





- Spectraz





- OhMiBod





- Play Dream


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Dolly Dolphin 2





- I Rub My Duckie « Paris »





- Octopus





- SmartBalls





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Trois vibromasseurs sont largement au-delà du 0,1% de
leur masse plastique siliconée en contact, avec des teneurs en
phtalates importantes


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Sex Soda. Il contient 25,6 % de
phtalates. A noter aussi pour ce produit, la présence de paillettes
qui, selon le laboratoire d'Hambourg, ont tendance à se détacher,
et qui exposent donc l'utilisateur à des risques d'inflammation et
d'irritation





- Super Satisfaction. Sa teneur en phtalates : 36,1%.





- FuturTech Rabbit ou Rapid Rabbit 7. La teneur en phtalates monte
ici à 44,2%.


Taux de phtalates le plus élevé


Sextoys : sexy et toxiques? - Compensation d'émissions de CO2 - Le vibromasseur Penetrating
Pleasure. Plus de la moitié de la matière plastique siliconée en
contact est constituée de phtalates avec une teneur de 59%.



Légalement, les fabricants ne sont pas tenus d'indiquer la
composition des sextoys sur l'emballage, ce qui est tout à fait
regrettable. Certains distributeurs sont tout à fait conscients de
la mauvaise qualité de certains articles contenant des phtalates.
L'un des principaux magasins érotiques en Suisse, Erotikmarkt,
fournit à ses vendeurs un classeur de conseils à la clientèle ; en
fait une mise en garde que l'on trouve aussi en allemand sur son
site.





En voici l'extrait pour les objets en jelly, soit une sorte de PVC
qui contient souvent des phtalates. « [La jelly] a une odeur
désagréable de renfermer [sic]. Cela implique avant la première
utilisation de l'aérer ou de la plonger dans l'eau pendant
plusieurs jours. Il est conseillé de mettre un préservatif pour
éviter que le produit ne soit pompé par les parties intimes.
»