ABE

Voitures dangereuses / Les dessous de la crevette

L'émission du 27 février 2007

ABE dénonce un scandale économique et éthique dans le domaine de la construction automobile. Egalement sur le grill, les crevettes, dont l'élevage s'avère catastrophique pour l'environnement.

Crash-test inquiétant

Depuis plusieurs années, la plupart des grands constructeurs automobiles délocalisent la production de certains de leurs modèles. C'est le cas de Volkswagen qui fabrique sa « Fox » en exclusivité mondiale au Brésil. On retrouve alors dans une même usine brésilienne deux lignes de production, l'une destinée au marché européen et l'autre au marché sud-américain. Unique différence entre deux marchés : l'équipement de sécurité offert en série avec la voiture.



Un crash-test effectué récemment à Munich par A Bon Entendeur et Euroconsumers, association de défense des consommateurs européens et brésilienne, nous a permis de comparer les deux modèles « Fox » selon les règles du protocole officiel européen en vigueur.

ABEComment se prépare un crash-test ?



Il faut environ une demi journée de préparation pour mettre en place le crash-test. La simulation de l'accident est préparée selon un scénario proche de la réalité : deux voitures roulant en sens inverse à 64km/h entrent en collision. Jean-Marie Mortier, directeur des tests Euroconsumers, explique : « Les deux voitures vont essayer de s'éviter au dernier moment, mais malheureusement elles vont se percuter à 40% du capot ». En réalité, une seule voiture est utilisée, mais le bloc contre lequel elle va se percuter est un bloc déformable qui imite exactement la Fox venant en sens inverse.

ABE Le point d'impact est mesuré très précisément à l'aide d'un laser. On pose alors des échelles de référence sur les portes pour rendre compte des possibles déformations de l'habitacle. Les mannequins utilisés (deux adultes, un enfant de trois ans et un bébé de 18 mois) sont bourrés de capteurs afin de mesurer tous leurs mouvements en temps réel. Une pâte colorée sert à laisser des traces d'impact à chaque endroit où les mannequins vont se cogner à l'intérieur de la voiture.

On utilise un rail et un crochet pour faire avancer la voiture exactement à la vitesse souhaitée. Tous les liquides inflammables ont été retirés, leur poids étant compensé par de l'eau.

ABERésultats



Après comparaison entre ce test et le crash-test effectué une année auparavant sur la même voiture, vendue en Europe, les spécialistes mettent en avant trois lacunes concernant la voiture brésilienne :



Absence d'airbag - Absence de ceinture à prétensionneurs - Absence d'avertisseur incitant à boucler la ceinture.

ABE Du côté des mannequins, les résultats sont consternants : en raison de l'absence d'airbag, le conducteur brésilien présente un risque très élevé de blessures mortelles à la tête, au thorax et à la nuque et son passager risque, lui aussi, des blessures graves au thorax. Les enfants à l'arrière s'en tirent sans trop de mal dans les deux tests.

ABE Au final, si la voiture européenne obtenait un score global de 4 étoiles pour la sécurité adulte, l'un des meilleurs pour la catégorie des petites voitures, la Fox brésilienne n'obtient que 2 étoiles, dont une "tombante" pour symboliser le risque mortel que courent les deux passagers adultes. Un résultat très mauvais que les crash-tests européens ne voient plus que très rarement.

Encore plus surprenant selon Jean-Marie Mortier : « La voiture sans la sécurité au Brésil coûte plus cher que la voiture avec la sécurité en Europe. Pire, si le Brésilien veut acheter en option les mêmes éléments de sécurité qu'en Europe, il doit payer 2500 euros de plus ».

Des risques mortels

ABE Si l'on observe la voiture brésilienne dans le détail après le crash, on remarque que le volant est déboîté et que le plancher de l'habitacle est déformé. Par ailleurs, côté conducteur, il aurait fallu découper ou arracher la porte pour pouvoir l'ouvrir après le crash. Enfin, la liste des éléments de sécurité manquants est longue.



En effet, ces derniers sont vendus en option et coûtent très cher au Brésil !

ABE Le Brésil est aujourd'hui le plus grand constructeur automobile d'Amérique latine et le 9e constructeur mondial. L'industrie automobile représente 10% des exportations du pays et emploie 100000 personnes. La Volkswagen Fox est l'incarnation de ce succès industriel.



Pour Neyda, vendeuse pour Volkswagen depuis sept ans, la Fox est une vraie réussite. Pour elle, l'absence d'airbags sur le modèle brésilien s'explique par le fait qu'il n'est pas obligatoire au Brésil, mais aussi par le pouvoir d'achat moindre des Brésiliens. Or, la Fox brésilienne sans airbag coûte 3000 francs de plus que la Fox vendue en Suisse avec airbags et ABS et à laquelle il faut ajouter le prix du transport !

ABE A notre demande de tournage dans une de leurs usines, Volkswagen a prétexté la fermeture pour cause d'élaboration d'un nouveau modèle...



Pro Teste est l'association de défense des consommateurs brésiliens. Elle a soulevé le problème des équipements de sécurité différents sur les deux types de Fox et organisé le crash-test, en collaboration avec les associations européennes.



Les résultats se sont révélés encore plus inquiétants que ne le supposait l'association brésilienne. « Nous en avons conclu que la vie des Brésiliens vaut moins que celle des Européens aux yeux de Volkswagen », explique Alessandra Macedo, responsable technique de Pro Teste.

ABE Volkswagen aurait donc délibérément économisé sur la sécurité des Brésiliens. Le constructeur reconnaît en effet que ces éléments de sécurité sont vendus en option au Brésil, mais seuls 2,8% des clients les achètent. Si le prix de la Fox est plus élevé au Brésil, c'est en raison d'une fluctuation du taux de change, ajoute Volkswagen.



Reste tout de même qu'aujourd'hui, le constructeur vend moins cher en Europe une Fox parfaitement équipée. La sécurité ne devrait pas être un luxe réservé aux Européens. Les organisations de consommateurs européennes et brésiliennes se battent donc pour que les constructeurs respectent une seule norme de sécurité minimum pour tous les modèles. Dossier à suivre...

Une vie de crevette !

Alerté par les résultats d'analyses effectuées dans trois pays européens qui ont révélé la présence de résidus d'antibiotiques dans les crevettes géantes, ABE s'est penché sur la question.

ABE En Asie du Sud-Est, la crevetticulture est une industrie en plein essor, constituée par de grands groupes internationaux mais aussi des millions de petits producteurs. Denis Bailly suit ce secteur depuis des années pour le Centre de droit et d'économie de la Mer à Brest. Il nous explique :



« L'élevage de la crevette, une fois maîtrisé, a offert des opportunités de revenus qui étaient largement supérieurs aux revenus tirés de la riziculture ou de la petite production vivrière de fruits et légumes. La crevette, c'est l'or rose, un mirage économique .»

ABE Les gouvernements de ces pays en développement ont vu dans cette activité tournée vers l'exportation une véritable pompe à devises et ont été soutenus par des instances internationales comme la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Agroculture et l'Alimentation) et la Banque Mondiale.



Appâtés par le gain, beaucoup de petits paysans se sont mis à l'élevage de la crevette en abandonnant du même coup la culture traditionnelle du riz : « Ils ont été influencés par des conseillers aquacoles qui n'étaient autre que des vendeurs d'aliments artificiels, de produits dits zoo-sanitaires et d'antibiotiques », raconte Denis Bailly.



Or, la crevetticulture mal gérée peut avoir des conséquences désastreuses sur l'environnement. Pour construire des bassins d'élevage, d'immenses zones de mangroves ont été détruites. Ces zones de bord de mer, riches en végétation, en plus d'être capitales pour éviter l'érosion des côtes, servent de réserve pour la bio-diversité.

ABE Autres problèmes, celui de la salinisation des nappes phréatiques et des terres agricoles et celui de la pollution des eaux côtières suite aux rejets de boues par les fermes d'élevage. Sans oublier l'utilisation massive d'antibiotiques pour lutter contre les maladies dévastatrices pour les élevages. Comme l'explique Denis Bailly :



« Les crevettes produites en élevages intensifs produisent des volumes très importants de matières organiques qui, en se dégradant, modifient totalement l'écosystème.



« Par ailleurs, la dissémination d'antibiotiques dans le milieu naturel est inquiétant parce que nous ne connaissons pas leur impact sur les espèces naturelles
».

ABE Tous ces problèmes, vivement dénoncés par les organisations écologistes, ont entraîné de grosses crises et d'énormes pertes de production, ce qui a poussé l'industrie à réagir et à améliorer ses pratiques. Des réglementations ont aussi été mises en place. Mais tous les pays n'appliquent pas les conventions internationales, même quand ils les ont signées.

ABE Le bilan de la crevetticulture pour les pays en développement n'est pas pour autant totalement négatif. Si l'environnement en pâtit, il est indiscutable que le développement de cette culture a permis d'éviter l'exil de milliers de paysans vers les villes. Des richesses locales ont été créées, des modèles économiques de vie et de développement ont émergé. « Le consommateur doit donc voter pour une crevette durable », conclut Denis Bailly.



Cette crevette durable est pourtant encore difficile à repérer. En effet, les éventuels labels présents sur les paquets ne sont que des déclarations de bonnes intentions de la part de l'industrie.



Pour en savoir plusEnvironmental Justice Foundation Une association qui lutte pour la défense de l'environnement et qui agit notamment au niveau de la crevetticulture.

Antibiotiques : le test

ABE Le problème de l'utilisation des antibiotiques dans l'élevage intensif des crevettes date des années 80. Même si, au fil du temps, la situation s'est sensiblement améliorée, des crises se sont succédé. La dernière remonte à 4 ou 5 ans. Des analyses faites récemment sur des crevettes vendues en Belgique, en Espagne et au Portugal ont révélé des résidus d'antibiotiques dans des proportions assez stupéfiantes. Qu'en est-il en Suisse ?



Nous avons confié au laboratoire cantonal de Genève douze paquets de grosses crevettes d'élevage congelées, importées d'Asie et vendues en Suisse romande.

ABE Les analyses se font uniquement sur la chair et sont assez complexes, selon la nature de l'antibiotique recherché.



Pour certains d'entre eux, le laboratoire effectue d'abord des tests de dépistage sur les échantillons. En cas de résultat positif, d'autres tests sont effectués afin d'identifier l'antibiotique et de déterminer la quantité de résidus.



Pour d'autres types d'antibiotiques, on procède avant analyse à une macération de l'échantillon pour en extraire le résidu des tissus.

Résultats



Le laboratoire n'a décelé aucune trace d'antibiotique dans les échantillons suivants :

ABE Pas de résidus dans les crevettes en provenance du Vietnam des marques



Seaside (Aligro)



Silver Swan (Migros)

ABE Pas de résidus dans les crevettes en provenance du Vietnam des marques



Coop Naturaplan bio (Coop)



Arbi (Coop)

ABE Pas de résidus non plus dans les crevettes indonésiennes de



Migros



Et de Sea Master (Aligro)

ABE Pas de résidus dans les crevettes du Bengladesh des marques



Neptun (Aligro)



Jasmine (Aligro)

ABE Pas de résidus dans les crevettes d'origine thaïlandaise



Surapon Foods (Aligro)

ABE Pas de résidus d'antibiotiques non plus dans les crevettes indiennes des marques



Carrefour



Premium Silver Star (Aligro)

ABE En revanche, le laboratoire a décelé la présence de furazolidone dans les crevettes



Le Dragon en provenance d'Inde et achetées chez Aligro.



Ceci rend ce produit impropre à la consommation.

La furazolidone est un antibiotique de la famille des nitrofuranes, interdit en Suisse et en Europe. En effet, des analyses ont montré qu'une partie de la molécule composant ce produit restait fixée très longtemps dans les tissus et les muscles et qu'elle pouvait avoir des propriétés cancérigènes. Après cette découverte, des centaines de tonnes de crevettes en provenance d'Asie ont été détruites et les nitrofuranes ont été interdits. Le Laboratoire cantonal genevois est donc très surpris d'en trouver encore aujourd'hui.

ABE Confronté à ce résultat, Aligro s'est immédiatement engagé à retirer du marché les crevettes du lot incriminé et à faire doubler les contrôles des autres lots en provenance du même fournisseur. Les chimistes cantonaux quant à eux vont rester vigilants et mettent actuellement au point des analyses permettant de rechercher d'autres types d'antibiotiques probablement utilisés dans les élevages.

Ce problème de résidus d'antibiotiques ne concerne pas uniquement la crevette, mais aussi les produits d'origine animale comme la viande, les œufs, le miel. Les conséquences pour le consommateur peuvent être considérables, notamment en terme de résistance. Explications du professeur Philippe Moreillon, microbiologiste à l'Université de Lausanne :

ABE « Lorsqu'on utilise un antibiotique chez les crevettes ou dans une ferme de poulets par exemple, il va tuer toutes les bactéries normales qui habitent le poulet ou les crevettes. Mais parmi ces bactéries, une ou deux vont peut-être développer un mécanisme de résistance et vont remplacer les autres. Ces poulets ou ces crevettes sont ensuite consommés par l'homme alors qu'ils contiennent des bactéries résistantes, qui peuvent l'infecter et qui résisteront à l'antibiotique que pourrait prendre l'homme pour se traiter. »



Le professeur Moreillon mentionne aussi un problème d'allergie : en absorbant des résidus de tétracycline par exemple, on peut devenir allergique sans se rendre compte, ce qui enlève une arme thérapeuthique en cas d'infection.

Voitures dangereuses: une économie sordide !

Voitures dangereuses: une économie sordide !

Les dessous de la crevette

Les dessous de la crevette

Crash-test inquiétant

Depuis plusieurs années, la plupart des grands constructeurs automobiles délocalisent la production de certains de leurs modèles. C'est le cas de Volkswagen qui fabrique sa « Fox » en exclusivité mondiale au Brésil. On retrouve alors dans une même usine brésilienne deux lignes de production, l'une destinée au marché européen et l'autre au marché sud-américain. Unique différence entre deux marchés : l'équipement de sécurité offert en série avec la voiture.



Un crash-test effectué récemment à Munich par A Bon Entendeur et Euroconsumers, association de défense des consommateurs européens et brésilienne, nous a permis de comparer les deux modèles « Fox » selon les règles du protocole officiel européen en vigueur.

ABEComment se prépare un crash-test ?



Il faut environ une demi journée de préparation pour mettre en place le crash-test. La simulation de l'accident est préparée selon un scénario proche de la réalité : deux voitures roulant en sens inverse à 64km/h entrent en collision. Jean-Marie Mortier, directeur des tests Euroconsumers, explique : « Les deux voitures vont essayer de s'éviter au dernier moment, mais malheureusement elles vont se percuter à 40% du capot ». En réalité, une seule voiture est utilisée, mais le bloc contre lequel elle va se percuter est un bloc déformable qui imite exactement la Fox venant en sens inverse.

ABE Le point d'impact est mesuré très précisément à l'aide d'un laser. On pose alors des échelles de référence sur les portes pour rendre compte des possibles déformations de l'habitacle. Les mannequins utilisés (deux adultes, un enfant de trois ans et un bébé de 18 mois) sont bourrés de capteurs afin de mesurer tous leurs mouvements en temps réel. Une pâte colorée sert à laisser des traces d'impact à chaque endroit où les mannequins vont se cogner à l'intérieur de la voiture.

On utilise un rail et un crochet pour faire avancer la voiture exactement à la vitesse souhaitée. Tous les liquides inflammables ont été retirés, leur poids étant compensé par de l'eau.

ABERésultats



Après comparaison entre ce test et le crash-test effectué une année auparavant sur la même voiture, vendue en Europe, les spécialistes mettent en avant trois lacunes concernant la voiture brésilienne :



Absence d'airbag - Absence de ceinture à prétensionneurs - Absence d'avertisseur incitant à boucler la ceinture.

ABE Du côté des mannequins, les résultats sont consternants : en raison de l'absence d'airbag, le conducteur brésilien présente un risque très élevé de blessures mortelles à la tête, au thorax et à la nuque et son passager risque, lui aussi, des blessures graves au thorax. Les enfants à l'arrière s'en tirent sans trop de mal dans les deux tests.

ABE Au final, si la voiture européenne obtenait un score global de 4 étoiles pour la sécurité adulte, l'un des meilleurs pour la catégorie des petites voitures, la Fox brésilienne n'obtient que 2 étoiles, dont une "tombante" pour symboliser le risque mortel que courent les deux passagers adultes. Un résultat très mauvais que les crash-tests européens ne voient plus que très rarement.

Encore plus surprenant selon Jean-Marie Mortier : « La voiture sans la sécurité au Brésil coûte plus cher que la voiture avec la sécurité en Europe. Pire, si le Brésilien veut acheter en option les mêmes éléments de sécurité qu'en Europe, il doit payer 2500 euros de plus ».

Antibiotiques : le test

Le problème de l'utilisation des antibiotiques dans l'élevage intensif des crevettes date des années 80. Même si, au fil du temps, la situation s'est sensiblement améliorée, des crises se sont succédé. La dernière remonte à 4 ou 5 ans. Des analyses faites récemment sur des crevettes vendues en Belgique, en Espagne et au Portugal ont révélé des résidus d'antibiotiques dans des proportions assez stupéfiantes. Qu'en est-il en Suisse ?



Nous avons confié au laboratoire cantonal de Genève douze paquets de grosses crevettes d'élevage congelées, importées d'Asie et vendues en Suisse romande.

ABE Les analyses se font uniquement sur la chair et sont assez complexes, selon la nature de l'antibiotique recherché.



Pour certains d'entre eux, le laboratoire effectue d'abord des tests de dépistage sur les échantillons. En cas de résultat positif, d'autres tests sont effectués afin d'identifier l'antibiotique et de déterminer la quantité de résidus.



Pour d'autres types d'antibiotiques, on procède avant analyse à une macération de l'échantillon pour en extraire le résidu des tissus.

Résultats



Le laboratoire n'a décelé aucune trace d'antibiotique dans les échantillons suivants :

ABE Pas de résidus dans les crevettes en provenance du Vietnam des marques



Seaside (Aligro)



Silver Swan (Migros)

ABE Pas de résidus dans les crevettes en provenance du Vietnam des marques



Coop Naturaplan bio (Coop)



Arbi (Coop)

ABE Pas de résidus non plus dans les crevettes indonésiennes de



Migros



Et de Sea Master (Aligro)

ABE Pas de résidus dans les crevettes du Bengladesh des marques



Neptun (Aligro)



Jasmine (Aligro)

ABE Pas de résidus dans les crevettes d'origine thaïlandaise



Surapon Foods (Aligro)

ABE Pas de résidus d'antibiotiques non plus dans les crevettes indiennes des marques



Carrefour



Premium Silver Star (Aligro)

ABE En revanche, le laboratoire a décelé la présence de furazolidone dans les crevettes



Le Dragon en provenance d'Inde et achetées chez Aligro.



Ceci rend ce produit impropre à la consommation.

La furazolidone est un antibiotique de la famille des nitrofuranes, interdit en Suisse et en Europe. En effet, des analyses ont montré qu'une partie de la molécule composant ce produit restait fixée très longtemps dans les tissus et les muscles et qu'elle pouvait avoir des propriétés cancérigènes. Après cette découverte, des centaines de tonnes de crevettes en provenance d'Asie ont été détruites et les nitrofuranes ont été interdits. Le Laboratoire cantonal genevois est donc très surpris d'en trouver encore aujourd'hui.

ABE Confronté à ce résultat, Aligro s'est immédiatement engagé à retirer du marché les crevettes du lot incriminé et à faire doubler les contrôles des autres lots en provenance du même fournisseur. Les chimistes cantonaux quant à eux vont rester vigilants et mettent actuellement au point des analyses permettant de rechercher d'autres types d'antibiotiques probablement utilisés dans les élevages.

Ce problème de résidus d'antibiotiques ne concerne pas uniquement la crevette, mais aussi les produits d'origine animale comme la viande, les œufs, le miel. Les conséquences pour le consommateur peuvent être considérables, notamment en terme de résistance. Explications du professeur Philippe Moreillon, microbiologiste à l'Université de Lausanne :

ABE « Lorsqu'on utilise un antibiotique chez les crevettes ou dans une ferme de poulets par exemple, il va tuer toutes les bactéries normales qui habitent le poulet ou les crevettes. Mais parmi ces bactéries, une ou deux vont peut-être développer un mécanisme de résistance et vont remplacer les autres. Ces poulets ou ces crevettes sont ensuite consommés par l'homme alors qu'ils contiennent des bactéries résistantes, qui peuvent l'infecter et qui résisteront à l'antibiotique que pourrait prendre l'homme pour se traiter. »



Le professeur Moreillon mentionne aussi un problème d'allergie : en absorbant des résidus de tétracycline par exemple, on peut devenir allergique sans se rendre compte, ce qui enlève une arme thérapeuthique en cas d'infection.