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ABE

Les ananas de la colère

L'émission du 6 février 2007

L'ananas frais, cultivé dans presque tous les pays tropicaux, est à la mode chez nous en hiver. Sa consommation a doublé ces dernières années, en Suisse comme en Europe. 16 millions de tonnes d'ananas frais sont produits chaque année. L'ananas contient des vitamines, on lui accorde des vertus amaigrissantes, vrai ou faux ? L'ananas est-il contaminé par les pesticides ? Peut-on accepter les conditions de travail dans les plantations, comme au Costa Rica, proches de l'esclavage ?


La success story de l'ananas


Dans le port fruitier de Port-Vendres (Pyrénées orientales,
France), spécialisé dans l'ananas, il faut 48 heures pour vider la
cargaison de 5700 tonnes de fruits d'un navire en provenance
d'Afrique.


ABE Yvan Lopez, Agréeur





« Mon travail consiste à faire un contrôle de l'état sanitaire
des fruits. Plusieurs critères entrent en jeu : l'aspect externe du
fruit, les couronnes, le pédoncule. Il faut également vérifier s'il
y a des maladies, des chocs, vérifier la sur maturité et le taux de
sucre du fruit.
»


L'ananas, l'agronome Claude Teisson l'a étudié toute sa
vie.





« Jusqu'en 1999, il n'existait que la variété Cayenne lisse,
ainsi appelée parce que c'est une variété originaire de Guyane et
que le plant n'a pas d'épines sur le bord des feuilles.





A partir de 1999 apparaît une nouvelle variété appelée Extrasweet
qui est un hybride naturel.





La variété Cayenne lisse se caractérise par une couleur orangée.
En comparaison, la nouvelle variété Extrasweet tire sur le jaune et
garde une couleur vert fluo sur le pourtour des yeux du
fruit.





« Le principal défaut de cette nouvelle variété est sa sensibilité
à un champignon, le phytophtora. Sa culture demande peut-être
l'application de plus de pesticides pour lutter contre le
phytophtora.
»





Cependant, cette variété, également appelée MD-2, a surtout des
avantages : ceux d'un fruit doux en bouche grâce à une faible
acidité, ce qui plaît aux consommateurs. Les acteurs du circuit
commercial y trouvent aussi leur compte :





Claude Teisson





« L'avantage de cet ananas, c'est son comportement en
post-récolte qui est exceptionnel. On ne connaissait jusqu'à
présent aucune variété qui se conservait et voyageait aussi
bien.





Lorsqu'un fruit débarque dans un port européen comme Port-Vendres,
le coût de production du fruit nu plantation, c'est-à-dire du fruit
jusqu'après récolte, représente à peu près le ¼ du fruit. Son
emballage et sa mise en carton représentent un autre ¼ du prix.
Enfin le transport - chargement/déchargement/assurances
représentent la moitié restante du prix.
»





Le prix varie entre 9 et 20 francs les 12 kilos, suivant la
variété et la marque.


ABE La success story de l'ananas Claude Teisson





« Dans la chaîne de production, le maillon du transport est
celui qui contrôle à peu près toute la production : il faut prévoir
longtemps à l'avance les récoltes et les tonnages qu'on va réserver
sur un bateau donc cela exige une maîtrise technique très grande.
C'est pourquoi la floraison de l'ananas est provoquée
artificiellement pour que le champ soit récolté toujours à la même
époque. Cette floraison est provoquée en appliquant sur la plante
une hormone végétale naturelle qui est de l'éthylène. Ici c'est de
l'éthylène synthétique qu'on applique sur la fleur.
»





Des générateurs d'éthylène qui seront à nouveau appliqués avant la
récolte, afin d'obtenir une coloration homogène des fruits, au
risque de livrer aux consommateurs des ananas colorés mais pas
mûrs, donc moins sucrés.





Une technique appliquée par les grandes marques américaines du
secteur, notamment Del Monte, qui a imposé la variété MD-2 au
monde, ruinant la suprématie ivoirienne sur le marché européen.


Esclavage moderne en Amérique centrale


ABE Le marché de l'ananas frais a
basculé de l'Afrique en Amérique centrale. Cet "ananas sweet" a été
planté initialement au Costa Rica, devenu leader sur le marché.
Dans ce pays, plusieurs organisations non gouvernementales avaient
déjà dénoncé les conditions de production de la banane. La
situation semble encore pire aujourd'hui dans l'ananas : salaires
misérables, absence de protection contre les produits chimiques, la
liste des droits élémentaires bafoués est longue :


ABE Depuis que l'Américain Del Monte
a introduit l'ananas doux au milieu des années 90, la production
n'a cessé de croître, remplaçant en partie la banane. L'an dernier,
la Suisse d'Amérique latine, comme on surnomme le paisible Costa
Rica, a exporté plus d'un million de tonnes d'ananas. Mais ce
formidable essor a son prix, celui que paient l'environnement et
surtout les travailleurs, des Nicaraguayens pour 80% d'entre eux.
C'est le cas de ceux que nous avons rencontrés ; ils travaillent
pour un grand producteur au service de plusieurs multinationales.
Témoignages.


ABE « On commence la journée à 6
h du matin, parfois même à 4 ou 5 heures...
»





« Ça fait 5 ans que je travaille dans cette entreprise, mais
j'appelle pas ça du travail, c'est de l'exploitation. D'ailleurs,
même si on fait du travail supplémentaire, on est toujours payé au
même salaire.
»





Ces travailleurs sont soumis à des quotas de rendement et payés à
la pièce :





« On doit faire 5000 plants par jour pour être payé 2,15
colons le plant. Si on en fait moins, on est payé moins : pour 4500
plants, on gagne par exemple 1,7 colons.
»





Pour information : 1 colon = 0,0025 franc





« Je considère qu'un salaire digne, pour vivre convenablement,
devrait être de 200 dollars. Moi je touche 100 dollars par
quinzaine. Vu le coût de la vie, je ne m'en sors pas. Ils profitent
simplement du fait qu'il y a ici beaucoup d'employés potentiels,
d'innombrables Nicaraguayens sans papiers avec une famille
nombreuse... Ils savent parfaitement qu'on a besoin de ce travail
et donc ils profitent de nous. On n'est pas des 'collaborateurs' de
l'entreprise, comme ils disent, mais des esclaves !
»


ABE Travailler dans ces plantations
à des horaires et des cadences démentes, toute la journée au soleil
ou sous la pluie avec un équipement peu approprié pour évoluer aux
milieux de plantes tranchantes et piquantes, pour un salaire de
misère : tout cela, il ne fait pas bon en parler et encore moins le
montrer.





Rencontre avec un syndicaliste, sous surveillance d'un garde de la
plantation :





Didier Leiton, Promoteur SITRAP (Syndicat des Travailleurs des
Plantations agricoles)





« En ce qui concerne la situation des travailleurs, on ne peut
pas parler d'amélioration, on est même revenu en arrière de
plusieurs années, je dirais 20 à 30 ans... Les travailleurs ont
perdu beaucoup des acquis sociaux et salariaux qu'à l'époque les
syndicats avaient conquis par la lutte.
»





D'autant que se syndiquer est pratiquement interdit dans les
plantations du Costa Rica :





Didier Leiton





« Les syndiqués sont quotidiennement menacés d'être mis sur
liste noire, on change leurs tâches. Ainsi, dès qu'un travailleur
est affilié au syndicat, on lui attribue un travail moins bien
rétribué, plus pénible, en guise de représailles.
»


ABE La plupart des travailleurs
rencontrés ont choisi de rejoindre un syndicat malgré tout.





« Quand je me suis affilié au syndicat, en mars dernier, ils
m'ont conduit à l'entreprise et traité comme un terroriste... Ils
m'ont montré sur une vidéo un endroit désolé, des enfants affamés,
presque morts. C'était en fait une bananeraie abandonnée depuis des
années et ils nous ont dit que c'était la faute du syndicat !

»





« Je suis sur liste noire ; ça veut dire que quand je partirai
d'ici, je ne trouverai pas de travail, dans aucune entreprise. On
est allé déposer une plainte au Ministère du Travail mais comme ils
sont tous de mèche, il ne s'est rien passé... tout va bien !

»


ABE D'autre part, les travailleurs
s'inquiètent pour leur santé :





« On mange sous la pluie, le soleil, sans le moindre abri,
sans compter les produits chimiques qui sont pulvérisés toute la
journée, y compris au moment où l'on mange.
»











« On ne sait pas exactement de quels produits il s'agit, si ce
sont des produits dangereux pour nous ou non, en tout cas le corps
les absorbe. Parfois, quand on marche dans les champs on a les yeux
qui brûlent. D'autres fois, ça nous démange le long des bras, on a
des sortes d'allergies et d'autres choses de ce genre. Sous les
ongles, on a souvent des champignons à cause des produits chimiques
qui sont employés.
»





« L'eau qu'on boit est totalement sale, il faut le dire
clairement. Le puits qu'on a ici se trouve à une dizaine de mètres
des champs qui sont pulvérisés, donc on n'est sûr de rien.
D'ailleurs, nos vêtements sont lavés dans cette eau dans laquelle
sont déversés des produits chimiques.
»


ABE Il n'y a pas que le puits de ces
travailleurs qui soit contaminé, les atteintes environnementales
sont nombreuses. Alistair Smith de l'ONG Bananalink milite en
faveur des droits des travailleurs et de la préservation de
l'environnement :





« D'abord, il n'y a plus de forêt tropicale ou très peu.
D'autre part, les eaux sont contaminées par une multitude de
pesticides et vont jusqu'à la Mer des Caraïbes ; évoquons également
la question de l'érosion des sols, sans parler de leur
contamination.





« On peut dire qu'entre 1995 et 2005, il y a un taux d'utilisation
des pesticides qui est de 45kg/hectares/an, c'est-à-dire à peu près
8 fois plus qu'en Europe dans les cultures intensives de céréales.
C'est le taux le plus élevé au monde.
»





Des pratiques qui entraînent aussi des problèmes pour les
populations vivant aux abords des plantations.


ABE Rigorberto Salazar-Sanchez,
éleveur





« Regardez ce veau là-bas comme il est maigre : il a été
attaqué par les mouches, avant il était bien gros. On n'avait pas
ces problèmes de mouches jusqu'à ce qu'arrivent les cultures
d'ananas !
»





Une fois la récolte effectuée, les champs sont brûlés par des
produits chimiques puis retournés et c'est lors du processus de
décomposition des plants qu'apparaissent ces mouches. Sur les
terres distantes d'une trentaine de mètres de la plantation, elles
pullulent. On parle ici de mouches hématophages, donc suceuses de
sang. Le bétail ainsi harcelé perd du poids à vue d'œil - 1 kg par
semaine disent les paysans - alors qu'il est élevé pour sa
viande.


ABE Esclavage moderne en Amérique centrale Pour que les choses changent,
les personnes concernées en appellent à faire pression au sein des
organisations internationales et sur les distributeurs, sans aller
cependant jusqu'au boycott : le travail offert dans les
plantations, ici, on en a besoin :





Alistair Smith





« Les travailleurs demandent que leur travail soit décemment
rémunéré. Ils souhaitent que leurs droits en tant qu'êtres humains
soient respectés et que les compagnies trouvent le moyen d'utiliser
les pesticides de manière plus responsable. On en est loin, mais ce
n'est pas en laissant tomber l'achat de ces produits qu'on va
améliorer la situation au Costa Rica.
»


Pesticides et engrais, des ananas contaminés


ABE La culture de l'ananas est
particulière en ceci qu'en principe, il ne peut y avoir aucune
application de pesticides dans les mois qui précèdent la récolte du
fruit.





Cette culture se décompose en effet en deux périodes : une phase
végétative d'environ six mois, durant laquelle on applique des
traitements pour préserver la plante de ses ennemis naturels,
insectes et surtout champignons auxquels l'ananas est très
sensible. Puis une seconde phase débute au moment de l'induction de
la floraison. Dès lors, en principe, on ne devrait plus traiter les
plants jusqu'à la cueillette du fruit (une nouvelle période
d'environ 6 mois). Telles sont les techniques recommandées par les
spécialistes comme Claude Teisson. On ne devrait donc pas retrouver
de traces de pesticides dans les fruits. Mais de la théorie à la
pratique, il y a un pas, comme nous avons pu le constater lors du
test effectué par le laboratoire cantonal de Genève sur 14 ananas
frais que nous lui avons soumis :


Patrick Edder, Adjoint au chimiste cantonal, Genève





« Selon les directives légales, nous partons de l'ananas
entier, préparé, découpé, broyé. Ensuite nous faisons une analyse
complète de recherche de pesticides, recherche qui couvre 200 à 300
produits différents qu'on peut retrouver dans les produits frais
(insecticides, fongicides).
»





Récemment sensibilisé à la possible contamination de certains
ananas par des métaux lourds, le laboratoire a en outre recherché
deux d'entre eux, le plomb et le cadmium.





Deux échantillons ne comportaient aucune trace des substances
recherchées :


ABE JR ananas Pain de sucre
provenant du Bénin acheté chez Manor. Propre.


ABE Ivoria, cayenne lisse provenant
de Côte d'Ivoire acheté chez Hyper Casino. Propre.


Patrick Edder





« C'est assez rare : dans nos statistiques, 80% des
échantillons contiennent des pesticides en quantité et en nombre
plus ou moins importants.
»





Comme nos quatre échantillons qui présentent des traces de
triadimefon et de triadimenol :


ABE Rain Forest Gold Extra Sweet
Pineapple provenant du Costa Rica chez Globus.


ABE Ananas Fresco Extra Dolce Nico
Gold du Costa Rica, acheté chez Carrefour.


ABE Bomarts Extra Sweet Max Havelaar
du Ghana chez Coop.


ABE Delighana Smooth Cayenne Variety
du Ghana acheté chez Manor


Patrick Edder





« Le produit de base est le triadimefon, un fongicide qui
prévient les moisissures et la pourriture. Ce produit se transforme
dans la plante en triadimenol, lui aussi actif. Donc on a une
double activité à l'intérieur de la plante. Ce produit protège la
plante et l'ananas pendant relativement longtemps. D'ailleurs, il
est aussi utilisé après récolte pour permettre de bonnes conditions
de stockage et de transport.
»





Trois produits recèlent outre ces deux fongicides, des traces de
carbaryl, un insecticide :


ABE L'ananas Max Havelaar du Costa
Rica acheté chez Migros


ABE Tropical Gold Super Sweet Dole
du Honduras acheté chez Coop


ABE Super Sweet Gold Fyffes
provenant du Panama, acheté chez Carrefour


Les quatre produits suivants présentent à la fois des traces de
pesticides et de métal lourd, du cadmium :


ABE Del Monte Gold Extra Sweet
Pineapple du Costa Rica acheté chez Migros


ABE Agromonte Gold Pineapple Extra
Sweet du Costa Rica acheté chez Coop


ABE Del Frutal-Golden Extra Sweet
Pineapple de provenance inconnue chez Denner


ABE Enfin, l'ananas Super Sweet Max
Haavelar du Costa Rica, acheté chez Manor, présente des traces de
Carbaryl, de Triadimenol et s'agissant du cadmium, avec 0,05 mg par
fg détecté, on touche à la valeur limite imposée par la loi.


Patrick Edder





« Il s'agit ici d'une contamination flagrante du produit. On
est exactement à la valeur à partir de laquelle il peut y avoir des
risques pour la santé. Pour nous, c'est juste conforme :
l'incertitude de la mesure ne nous permet pas de savoir si on est à
0,04 mg ou 0,06 mg.
»





Enfin, on termine par l'échantillon qui n'aurait pas passé les
mailles du contrôle officiel :


ABE L'ananas Konanga Selection en
provenance du Cameroun acheté chez Globus. Contaminé. C'est l'un
des trois pesticides détectés, le profenofos, qui pose
problème.


Patrick Edder





« Le profenofos est un insecticide phosphoré, un produit
beaucoup plus toxique que les autres. Comme les gaz de combat, il
attaque le système nerveux central. C'est très fortement
réglementé, les normes sont sévères et cet ananas dépasse la limite
de tolérance pour cet insecticide.
»





Cet échantillon n'est pas conforme à la législation suisse, lors
d'un contrôle officiel, il aurait donc été contesté par le chimiste
cantonal.





Nous avons interpellé Globus qui nous assure que l'ananas provient
d'un fournisseur occasionnel, définitivement rayé de sa liste de
partenaires. Confrontés aux résultats de nos analyses, d'autres
distributeurs promettent, eux-aussi, d'agir : pour ce qui est des
traces de cadmium, Manor étudie la possibilité de changer de
provenance, de cibler un, voire deux producteurs, afin de faciliter
les contrôles et la traçabilité. Quant à Max Haavelar, la Fondation
nous assure qu'elle mettra tout en oeuvre pour découvrir les
producteurs concernés et suspendre leurs exportations jusqu'à un
retour à la normale.


ABE Du cadmium de Chine
!






En tant que consommateur, rien ne vous empêche de poser des
questions dans les magasins que vous fréquentez. Le cadmium n'est
pas un inconnu des distributeurs : il avait déjà fait parler de lui
en automne dernier.





Le 13 octobre 2006, des boîtes d'ananas sont retirées des rayons
des magasins suisses, en raison d'un taux en cadmium supérieur à la
valeur limite légale. L'Office fédéral de la santé publique
convoque alors les milieux concernés, distributeurs, importateurs.
Bernard Klein, chimiste cantonal (VD) a assisté à la réunion.





« Pour la culture de l'ananas, on utilise des engrais et des
substances de traitement, notamment du sulfate de zinc, pour
favoriser une croissance uniforme des fruits. Il se trouve que ce
sulfate de zinc était très fortement contaminé par du cadmium et a
pu ainsi pénétrer dans les fruits.





« La plante joue le rôle d'une pompe et absorbe des éléments
présents dans le terrain. Si du cadmium s'y trouve en grande
quantité, elle l'absorbe et il y en aura dans le fruit.





« Ce sulfate de zinc provenait de Chine.
»





Del Monte, concerné au premier chef par ce problème, a admis que
la présence de cadmium résultait de l'utilisation d'un
engrais.





Bernard Klein





« Il n'y a pas eu de mise en danger de la santé du
consommateur, mais ce cadmium n'a pas à être présent dans les
fruits et légumes. Il est tout à fait évitable.
»





D'où une norme particulièrement sévère concernant les
végétaux.





Bernard Klein





« Il s'agit maintenant de voir quel est le degré de
contamination des sols. Une des mesures prévue est de stopper les
cultures sur les sols trop contaminés, de manière à éviter que ce
cadmium ne se retrouve dans les fruits.
»


ABE Pesticides et engrais, des ananas contaminés Pour en avoir le cœur net,
nous avons confié dix conserves d'ananas au laboratoire cantonal
vaudois.





Dans 9 d'entre elles, le laboratoire n'a pas décelé de traces de
résidus de cadmium. Il y a donc un net progrès depuis octobre
dernier.





En revanche, une boîte vendue par la Migros, "Pineapple dessert
Bits" de Del Monte élaboré au Kenya, contient des traces de cadmium
équivalentes à 0,02 mg par kilo. Comme Migros n'a pas manqué de
nous le rappeler, c'est moins que la valeur limite fixée par la
loi.





Les autorités veulent tout de même maintenir la pression : une
nouvelle campagne de contrôle est prévue au printemps, parce que le
cadmium n'est pas à prendre à la légère. C'est un élément toxique
qui s'accumule dans le corps, une ingestion chronique perturbe le
fonctionnement du foie, des reins, de la pression sanguine, et peut
provoquer des douleurs osseuses.


Des ananas pour maigrir ?


ABE L'ananas est un fruit qui
bénéficie d'un capital-sympathie important. Il ferait maigrir,
parce qu'il fonctionnerait comme un mangeur de graisses. Mais au
fond, qu'est-ce qui peut bien nous faire croire ça ? Info ou intox
?





Anne-Catherine Ginesi-Morend, Diététicienne, Consultante Unité
orthopédie traumatologie du sport, HUG





« C'est dû au fait que l'ananas contient une enzyme qui
s'appelle la broméline, dont on croit qu'elle mange les graisses
alors que c'est faux. En fait, elle ne digère pas les graisses,
mais plutôt les protéines, c'est ce qu'on appelle une enzyme
protéolytique.
»





Suivre une cure d'ananas peut faire perdre du poids, mais surtout
de l'eau et du muscle. Sans compter que cette fameuse enzyme se
trouve dans la tige et non dans la chair du fruit. Et le plus
étonnant, c'est que la broméline ne compte pas parmi les
ingrédients des gélules à base d'ananas. Celles-ci contiennent des
fibres qui s'appellent celluloses.


ABE Anne-Catherine
Ginesi-Morend





« Les fibres, ce sont des résidus des végétaux que notre
intestin ne peut pas absorber. Et dans l'intestin, les fibres ont
un peu une fonction d'éponge. C'est-à-dire qu'elles gonflent avec
l'eau et occupent un volume de l'estomac. Et cela nous aide, enfin,
c'est la publicité qui le dit, à moins manger aux repas et donc à
limiter nos prises alimentaires, dans un but de ne pas prendre du
poids, voire d'en perdre.
»





Ces fibres, on les retrouve d'ailleurs à l'état naturel dans les
fruits et légumes avec, en prime, le plaisir de manger. Pour perdre
du poids on est prêt à faire beaucoup de sacrifices, parfois sans
considérer les impacts sur notre santé.





Anne-Catherine Ginesi-Morend





« Si ces cures d'ananas ou d'autres fruits comme les raisins,
sont pratiquées régulièrement et sur une longue période, on court
le risque de créer des carences nutritionnelles parce que les
fruits nous apportent uniquement des hydrates de carbone et
certaines vitamines, certains minéraux, mais aucun des éléments qui
se trouvent dans la viande, le poisson ou les produits laitiers par
exemple.
»


ABE Des ananas pour maigrir ? Dans le domaine de l'amaigrissement, il
n'existe donc aucun produit miracle. Mais l'ananas a quand même des
atouts.





Anne-Catherine Ginesi-Morend





« En tant que fruit, l'ananas a beaucoup d'atouts santé. Il a
une teneur en vitamines C moyenne, mais intéressante. Plus le fruit
est coloré, plus il est riche en une vitamine qui s'appelle la
provitamine A et qui est une substance anti-oxydante, donc très
protectrice. Il contient également divers minéraux, donc ça reste
un fruit intéressant sur le plan nutritionnel.
»





Moralité : manger un ananas frais de temps en temps est une bonne
idée, en privilégiant des filières correctes sur le plan éthique,
respectueuses de santé publique et d'environnement.


Bonus de l'émission

La success story de l'ananas


Esclavage moderne en Amérique centrale


Pesticides et engrais, des ananas contaminés


Des ananas pour maigrir ?

La success story de l'ananas

La success story de l'ananas

Esclavage moderne en Amérique centrale

Esclavage moderne en Amérique centrale

Pesticides et engrais, des ananas contaminés

Pesticides et engrais, des ananas contaminés

Des ananas pour maigrir ?

Des ananas pour maigrir ?