Le poisson d'élevage regrette-t-il la mer ? [Thierry Parel]

Le poisson d’élevage regrette-t-il la mer?

L'émission du 22 janvier 2013

Nous mangeons toujours plus de poisson et, vu l’état des stocks dans les océans, toujours plus de poisson d’élevage. Mais l’aquaculture peut-elle vraiment remplacer la pêche dans le futur? Peut-elle nourrir ses élevages de manière vraiment durable et surtout, fabrique-t-elle des poissons avec les mêmes qualités nutritionnelles que les poissons sauvages?

La rubrique ABE:

Groupon: achats groupés sur Internet, attention aux petits détails…

Le concept: grouper les achats de clients pour obtenir des rabais substantiels. Une démarche intéressante, encore faut-il s’entendre sur les termes inscrits sur le bon. Wendy Lederer, par exemple, a dû payer un supplément pour la coloration de ses cheveux, une offre qui n’était pas totalement conforme à la prestation indiquée sur le bon. Quant à Nawel Audemars, qui a payé neuf billets d’avion à des prix alléchants, elle n’a jamais réussi à les obtenir via le site lié à Groupon. Dans les deux cas, Groupon n’a pas assuré le service après-vente. Il a fallu qu’ABE s’y intéresse pour que, heureux hasard, les deux femmes se fassent rembourser leurs coupons!

 

La pêche en Bretagne, le point de la situation

La pêche, ça va mieux, mais de loin pas partout et pas pour toutes les espèces, sans oublier que les fameux quotas fixés par l’Union européenne ne comptabilisent pas tout ce qui est pêché et rejeté par-dessus bord. Le point au Gilvinec, en Bretagne, où les pêcheurs continuent à sortir, vaille que vaille.

La pêche en Bretagne, le point de la situation

La morue haut de gamme se trouve en Norvège

La part de l’aquaculture dans la production mondiale totale de poissons destinés à la consommation humaine est passée de 9% en 1980 à 47% en 2010! Cap sur le grand nord norvégien, dans une aquaculture haut de gamme qui élève des cabillauds, ou morues, l'un des poissons les plus péchés.

La morue haut de gamme se trouve en Norvège

Un poisson expérimental: la truite végétarienne

Actuellement, 2/3 des poissons sont nourris avec de la nourriture artificielle, avec encore trop de farine et d’huile de poisson: davantage d’élevages de poissons qui consomment encore plus de poissons! A terme, cela contribue à augmenter le risque d’une pénurie de poissons. La solution? L’élevage de truites qui se nourrissent de végétaux.

Un poisson expérimental: la truite végétarienne

Poisson sauvage ou d’élevage: le test

Nous avons voulu savoir si, pour notre santé, il vaut mieux manger du poisson sauvage ou d’élevage. Nous nous sommes limités à comparer le taux de gras et la qualité des graisses de poissons sauvage et d’élevage trouvés dans la grande distribution de Suisse romande. Nous nous sommes posés la question suivante: si beaucoup de gens mangent du poisson pour les acides gras omega-3 présents dans leur graisse, y-a-t-il plus d’omega-3 dans les poissons sauvages ou les poissons d’élevage?

Pas d’analyses, cette fois-ci, de traces de produits chimiques qui pourraient être présentes dans la chair des poissons. Nous avons déjà souvent réalisé ces analyses. Nous ne pouvons que vous conseiller d’aller revoir quelques anciennes émissions sur notre site, notamment sur les saumons: Archives ABE sur le saumon
Pas de saumon donc, mais du bar et de la dorade, considérés en général comme des poissons plutôt maigres. Au niveau des omega-3, dans les calculs, 1% correspond pour 100 grammes de poisson à la prise d’une à deux gélules de complément alimentaire omega-3 du commerce.

 

Bars d’élevage et bars sauvages

Le bar. [Stephan Fell - RTS]Les bars d'élevage renfermaient en moyenne, 6,6% de matière grasse dont  0,87% d’omega-3 et 1,15% de graisses saturées.

Nos trois bars sauvages, eux, renfermaient en moyenne 3,66% de matière grasse, dont 0,59% d’omega-3 et 0,71% de graisses saturées.

 

Dorades d’élevage et dorades sauvages

La dorade. [Stephan Fell - RTS]Les dorades d’élevage: 9,6% de matière grasse en moyenne, dont 1,21% d’omega-3 et 1,56% de saturées.

Les dorades sauvages: 5,4% de matière grasse, dont 0,34% d’omega-3 et 1,21% de graisses saturées.

 

Trois remarques pour comprendre ces résultats

Premièrement, le bar et la dorade, qu’ils soient d’élevage ou sauvage restent des aliments peu gras.

 

Deuxièmement, du fait de leur mode de vie plus sédentaire, les poissons d’élevage testés sont un peu plus gras que les poissons sauvages. Ils renferment plus de graisses totales, plus de saturées, mais également plus d’omega-3, ce qui montre qu’ils sont nourris avec des aliments très enrichis en huile de poisson ou simplement en poissons gras.

 

De l’huile de poisson qui provient de la mer. On mange donc des poissons d’élevage enrichis avec l’huile d’autres poissons, un peu comme si on mangeait un double poisson, gavé avec une nourriture riche  en omega-3. Une sorte de complément alimentaire avec des nageoires, en quelque sorte.

 

La présence relativement plus grande de graisses saturées dans les poissons d’élevage provient également de leur alimentation. Il n’est pas exclu qu’elle contienne de l’huile de palme, par exemple.

 

Davantage de gras concernant le poisson pané

Le colin. [Stephan Fell - RTS]Le poisson reste un aliment peu gras, disions-nous, mais quand il n’est pas pané, évidemment. Nous avons aussi fait analyser deux colins d’Alaska panés d’origine sauvage, des bâtonnets de poissons comme on dit.

Il faut savoir que le colin est un poisson très maigre à l’état naturel. Et bien plus du tout quand il est pané. Nos échantillons contenaient en moyenne 0.8% de matière grasse dans le poisson, mais 15,5% de matière grasse dans la panure. En tout, 0,59% d’omega-3 et 1,16% de graisses saturées, un profil pas si différent de nos bars et de nos dorades, mais obtenu avec l’huile végétale contenue dans la panure, car les acides gras retrouvés, dans ce cas, sont d'origine végétale uniquement et on ne retrouve pas les omégas-3 caractéristiques du poisson et qui sont les plus utiles.

Donc, vu le taux de graisse totale, vous allez manger plus d’omega-3 avec ces poissons panés, mais de qualité inférieure, et plus de graisses saturées aussi. Davantage de gras au total, donc, ce qui n’est pas vraiment ce que l’on cherche en mangeant du poisson.

 

Groupon: achats groupés sur Internet, attention aux petits détails…

Le concept: grouper les achats de clients pour obtenir des rabais substantiels. Une démarche intéressante, à condition qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer la machine. Nos deux témoins ont pu constater les limites des achats groupés sur internet.