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Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Cosmétiques : la Chimie dans la peau

L'émission du 3 mai 2005

Les cosmétiques, c'est beaucoup de rêve et de marketing, un peu de principe actif, et tout un monde d'agents conservateurs



Une crème de jour, c'est quoi ?



A la pharmacie Moudonoise, Pierre et Christian Aubort, pharmaciens, ont accepté de nous montrer comment se fabrique une crème de jour. Vous allez le voir, c’est à la fois très simple et très compliqué.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Christian Aubort: «Dans une crème, la partie liquide s’appelle la phase aqueuse, on augmente sa température pour réaliser l’émulsion. C’est de l’eau purifiée, stérile, qui permet de diminuer les agents conservateurs que l’on introduit par la suite dans nos crèmes. Une crème de jour, c’est une émulsion, c’est un peu comme une mayonnaise. On mélange une phase aqueuse, l’eau, avec une phase huileuse, des graisses, et pour avoir le liant on utilise un émulgateur. Dans le cas d’une mayonnaise traditionnelle, l’émulgateur c’est la lécithine du jaune d’œuf. Dans le monde des cosmétiques, on a différents types de substances chimiques et chaque fabricant a ses petits secrets de fabrication et utilise l’émulgateur qui correspond le mieux à la qualité de la crème qu’il veut obtenir. Ensuite, dans une crème, on rajoute différents éléments comme les principes actifs, les antioxydants, les parfums et tout autre substance que le fabricant veut y introduire pour donner la qualité à sa crème. »


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Suivant le type de crème que l’on veut obtenir, on peut réaliser soit une émulsion huile dans eau, c’est-à-dire avec des petites sphères de gras prises au milieu de l’eau, soit une émulsion eau dans huile, où là ce sont les petites bulles d’eau qui sont emprisonnées dans la graisse. Et ça change tout au niveau de la manière dont la crème va se comporter sur la peau.




« Si vous avez une émulsion huile dans eau, vous la passez sous l’eau et elle s’en va facilement car la phase aqueuse est la même que l’eau du robinet. C’est une crème typiquement nutritive où il y a une grosse phase aqueuse et une phase huileuse qui permet de nourrir la peau et de la réhydrater. Si vous avez une phase inverse, donc de l’eau dans de l’huile, on arrivera moins à la laver, car l’eau va perler par-dessus la phase huileuse. Il y a un film lipidique qui reste sur la peau, que l’on arrive difficilement à enlever à l’eau. C’est une crème typiquement protectrice ».




Lorsque la crème est bien émulsionnée, il faut encore qu’elle se conserve, malgré les mauvais traitements que le consommateur va lui faire subir avec ses doigts sales et sa vie trépidante. Il faut dire qu’une crème a tout ce qu’il faut pour plaire aux germes, bactéries et autres champignons. Du gras, de l’eau, et la chaleur de la salle de bains, un vrai paradis du microbe.




D’une manière générale, les crèmes eau dans huile, où l’eau est protégée des bactéries par la graisse, ont besoin de moins d’agents conservateurs que les crèmes huile dans eau.


Pierre Aubort : « Les conservateurs, ce sont les agents qui permettent d’éviter la multiplication de toute une série de germes, que ce soient des bactéries ou des champignons, tout ce qui bouge dans ce domaine, à l’exclusion des virus. Tout ce qui peut croître est ainsi inhibé, donc la crème et ses propriétés vont être conservées relativement longtemps ».




Christian Aubort: "Il est clair que si on avait des clients qui se lavaient les mains avant de mettre de la crème, qui la conservaient dans des endroits relativement frais et peu humides, qui utilisaient une spatule pour prendre la crème, on aurait besoin de moins d’agents conservateurs. Mais puisque l’on vit dans une société où l’on veut faire les choses très rapidement, en tant qu’industriels, on doit ajouter des agents conservateurs pour maintenir la qualité de la crème et pour qu’elle reste le plus longtemps possible bactériologiquement propre ».




Les cosmétiques sont conçus en général pour une durée de conservation de 3 ans dans le monde entier, c’est-à-dire pour des conditions climatiques, sociales et culturelles très diverses.




Si les emballages de produits cosmétiques offrent au regard une belle pêche ou une plante vigoureuse, quand on lit la composition, on change d'univers. Une grande partie des composants de ces produits vient de la chimie pétrolière. Et plus la liste est longue, plus les risques potentiels pour la santé et l'environnement augmentent. Nous avons trouvé jusqu'à 60 ingrédients différents dans une simple crème de jour, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces ingrédients n'ont pas poussé sur un arbre au soleil!


Que choisir dans les cosmétiques ?



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Marie-France Corre, directrice des tests à la revue française « UFC - Que Choisir » : « En général, vous avez, en premier, l’ingrédient eau, « aqua » en latin, donc une émulsion huile dans eau. Sur certains produits, vous vous apercevrez que vous n’avez pas « aqua » en premier, mais de l’huile : ce qui indique un produit avec beaucoup d’huile. C’est déjà une information, parce que dans ce type de produits, vous allez avoir peu de conservateurs, alors que dans les premiers, il y en aura plus, parce qu’il y a beaucoup d’eau et donc risque de contamination ».


Marie-France Corre est une véritable spécialiste du décryptage des listes d’ingrédients : « Premier exemple, le formaldéhyde, un conservateur que l’on trouve dans certains produits et qu’il est aujourd’hui conseillé d’éviter. Vous avez soit du formaldéhyde, soit un libérateur de formaldéhyde comme le DMDM hydantoin. Notre conseil aujourd’hui, c’est d’éviter les produits qui en contiennent.




Les parabens sont une série de conservateurs, il y en a plusieurs. Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que le méthylparaben et l’éthylparaben ne posent pas trop de problèmes, mais que les autres en revanche, comme le butylparaben ou l’isobutylparaben, sont de plus en plus déconseillés. Il y a deux effets à craindre : d’abord une sensibilisation allergique à ces produits, et puis ce que craignent aussi certains scientifiques, ce sont des effets oestrogéniques, c’est-à-dire sur le système hormonal. Il est bien évident que ce n’est pas un produit qui va vous causer un problème, mais c’est l’accumulation de sources dans votre quotidien, d’expositions à ces substances-là. En tant qu’association de consommateurs, nous préférerions qu’il n’y en ait plus dans les produits de consommation, notamment dans les cosmétiques.
»


Nivea avec et sans conservateurs



Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Inventée en 1911, la Nivea était une révolution, la première émulsion cosmétique d’eau et d’huile sur le marché. Avant elle, les crèmes, c’était surtout de la graisse. Plus intéressant encore, la Nivea bleue est une émulsion eau dans huile qui ne contient pas d’agents conservateurs.




Klaus-Peter Nebel, chef des relations publiques, Beiersdorf : « Au début, évidemment, il y avait des produits conservateurs dans la crème Nivea. Depuis la fin des années 70, il n'y en a plus. Nos scientifiques ont réussi à mettre au point une formule qui protège physiquement. Il faut savoir que les germes et les bactéries se nourrissent de l'humidité, et donc nos chercheurs ont réussi à réduire la taille des petites billes d'eau protégées par une couche de graisse à tel point que les germes ou les bactéries meurent pratiquement de soif ».


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Mais depuis 1911, la ligne Nivea s’est sacrément étoffée. On trouve aujourd’hui des produits Nivea pour une multitude d’applications, de la crème anti-rides au lait corporel en passant par les produits bébé. Qui dit autres produits, dit autres formules. Et aussi des émulsions huiles dans eau cette fois qui contiennent bien évidemment des conservateurs...




Klaus-Peter Nebel: « Là où il faut le faire, par exemple pour les crèmes solaires qui sont soumises à des conditions particulièrement rudes, on a évidemment recours à des produits de conservation. Parce que le risque qu'une personne souffre d'un empoisonnement du sang à cause d'une irritation de la peau ou d'une petite lésion dans la peau est relativement grand, donc les produits de conservation sont importants. Dans les concentrations auxquelles on les utilise, ils sont absolument inoffensifs ».




A la revue « Que Choisir », Marie-France Corre ne remet pas en cause la nécessité d’une conservation adéquate et sans risques des produits. C’est plutôt le type de conservateurs choisis par l’industrie cosmétique et surtout leur omniprésence dans notre environnement qui l’inquiète : « Il y a deux choses : d’une part, on augmente le nombre de substances, les sources, et, d’autre part, les scientifiques s’interrogent aujourd’hui sur les effets à faible dose. Avant, on pensait que la dose faisait l’effet, aujourd’hui, on n’est pas sûr du tout. On sait que l’on peut avoir une grande dose d’un polluant et un effet qui va être relativement limité et on peut avoir, au contraire, de toutes petites doses et un effet beaucoup plus important


Klaus-Peter Nebel : « Premièrement, nous réduisons les risques en soumettant les produits à des tests dermatologiques approfondis. Deuxièmement, on ne peut utiliser que des substances légalement autorisées.Troisièmement, nous disposons d'une grande expérience sur la façon dont les produits agissent. Les cosmétiques ne doivent pas agir à l'intérieur du corps, mais uniquement à la surface de la peau. Donc, en s'y prenant de façon adéquate, cette problématique concernant les cosmétiques est relativement réduite ».




Va-t-on à l’avenir vers une limitation du nombre des parabens ou du formaldéhyde dans les produits cosmétiques?




Klaus-Peter Nebel : « Oui, on va bien réussir aussi à en diminuer la concentration, bien que tous les chimistes vous diront que le formaldéhyde est l'un des agents de conservation les plus connus. On en connaît les conséquences, mais il faut garder présent à l'esprit que ces substances ont un effet positif: celui d'éliminer les germes et les bactéries, ce qui permet aux produits d'être sûrs. Arriverons-nous à élaborer d'autres produits de ce type? La question reste ouverte ».




Marie-France Corre : « Je crois que tant qu’il n’y aura pas un intérêt marketing et commercial à développer des produits sans conservateurs, on n’en aura pas. Et tant que les scientifiques n’auront pas montré qu’il y a un risque même avec de faibles doses de substances chimiques, il n’y aura pas d’évolution. C’est seulement à partir de la prise de conscience des consommateurs, avec des choix vers des produits moins chargés en substances chimiques, que l’on pourra voir une progression, une évolution du marché »




Il faut rajouter que légal ne veut pas dire inoffensif, la preuve, le formaldéhyde est toujours autorisé dans les cosmétiques alors qu'il a été déclaré cancérigène pour l'homme en juin 2004 par le centre international de recherche sur le cancer. De plus, on ne sait rien de l'action synergique de différentes substances, certaines combinaisons de molécules sont peut-être néfastes mais en l'absence de recherches, on ignore si c'est le cas.


25 cosmétiques sous la loupe d’ABE



Comme elle est un peu longue et indigeste, la liste des 25 cosmétiques que nous avons examinés avec leurs conservateurs et différents allergènes figure en format PDF, à droite de votre écran, sous la rubrique "fichiers". Vous y trouverez également un résumé des informations concernant les agents conservateurs les plus fréquents dans les cosmétiques.


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Weleda, une alternative ?




Weleda, entreprise suisse avec 233 millions de chiffre d’affaires en 2003 et plus de 1300 employés, applique aux produits de soins corporels la philosophie anthroposophe développée au début du 20ème siècle par Rudolph Steiner. Elle s’interdit ainsi d’utiliser des ingrédients provenant de la chimie du pétrole, parie sur les huiles essentielles tirées de cultures bio et cultive elle-même une partie des plantes qui entrent dans la composition de ses produits. Ici, pas trace de parabens, de formaldéhydes et de phénoxyéthanol et pourtant, les produits se conservent. On en vient même à se demander pourquoi les autres en mettent autant.




Leo Zängerle, responsable développement des produits: « C'est difficile de créer des produits de soins issus de substances naturelles car elles sont soumises à des fluctuations saisonnières, elles ne sont pas standardisées et dépendent du climat et du rythme des saisons. On a des substances de base qui présentent de légères variations. Ensuite, il est difficile de stocker ces substances et de les transformer. Prenez par exemple l’huile de lavande. Si elle n'est pas stockée de façon adéquate et si elle est exposée à l'air pendant un certain temps, il est possible que des substances se forment par un processus d'oxydation, ce qui peut entraîner un effet irritatif pour la peau, voire allergène »




Marie-France Corre : « Quand on regarde la composition de ces produits, on voit qu’en effet il n’y a pas de conservateurs d’origine synthétique, par contre il y a des huiles essentielles qui, elles, peuvent jouer le rôle de conservateurs, sans poser les mêmes problèmes que les ingrédients dont nous avons parlé tout à l’heure. Cela ne veut pas dire qu’un actif végétal ne posera pas de problème, mais on n’aura pas les mêmes effets que les parabens ou le formaldéhyde. Par exemple, on peut avoir des allergies, donc il faut être assez vigilant. »


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Comment conservez-vous vos produits ?




Leo Zängerle: « Nous avons une grande palette de mesures. Cela commence dans le choix des emballages qui doivent être imperméables à l'oxygène, ensuite dans la production, on travaille dans des conditions d'hygiène très rigoureuses. Pour nos extraits de plantes, nous utilisons de l'alcool naturel qui a un certain effet de conservation dans le produit fini, et enfin nous utilisons des huiles essentielles naturelles comme parfums qui ont aussi un certain pouvoir de conservation ».




Il faut savoir plusieurs choses: chaque fois qu'on met les doigts dans le pot de crème, on l'ensemence, mais comme en principe on n'est pas censé manger la crème, les conséquences sont rarement dramatiques. Une peau en bonne santé est capable de résister à un assaut bactérien, d'ailleurs toute la journée elle entre en contact avec toutes sortes de substances et de micro-organismes et elle est en permanence colonisée par une ménagerie microscopique. Cela dit, si on a une lésion, même minime, il existe un risque d'infection, raison pour laquelle on exige légitimement des produits propres. On peut donc, pour des raisons d'hygiène, préférer le tube au pot, et le flacon à pompe au tube. Deuxième chose, de tous les organes, la peau est le plus grand. La peau n'est pas étanche, elle est même très perméable à certaines molécules qui composent, par exemple, les cosmétiques.


Test gels douche : substances indésirables !



Parmi les produits qui entrent en contact avec notre peau, il n’y a pas que les crèmes qui contiennent des substances indésirables, il y a aussi les gels douches. Voici les résultats d'un test édifiant sur les principales marques de ces produits réalisé en collaboration avec la Fédération romande des consommateurs et les organisations européennes de consommateurs:




On commence par les produits les moins bien notés :


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Insuffisant: douche lait adoucissant COTTAGE au lait de figue à CHF 1.37/dl


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Insuffisant: gel YVES ROCHER Jardin du Monde / Amande de Californie à CHF 2.48/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Peu satisfaisant: gel douche BOURJOIS Grains de beauté hydratant et adoucissant à l'extrait de coton. C’est le produit le plus cher de notre test, soit CHF 4.25/dl.


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Peu satisfaisant: crème douche hydratante DOVE à CHF 1.52/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Peu satisfaisant: crème douche nourrissante Calme USHUAIA au lait de Palme des îles du Pacifique à CHF 3.-/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Peu satisfaisant: PALMOLIVE Naturals au lait d’amande douce à CHF 1.58/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Peu satisfaisant: PALMOLIVE Tahiti, douche hydratante au lait de vanille à CHF 1.58/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Satisfaisant: Gel douche cream COOP Prix Garantie pour 28 centimes le décilitre.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Bon: gel douche au lait végétal LE PETIT MARSEILLAIS à CHF 1.58/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Bon: gel douche M-BUDGET qui, pour 28 centimes le décilitre, est le meilleur rapport qualité-prix de notre test.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Bon: gel douche COOP Naturaline à l’Aloe VERA à CHF 2.-/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Bon: gel douche pour peaux sensibles pH BALANCE à CHF 1.92/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Bon: gel douche de soin au lait essentiel hydratant MONSAVON à CHF 1.44/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Bon: crème pour la douche FENJAL soin intensif, la meilleure du test, à CHF 2.35/dl.


Cosmétiques : la Chimie dans la peau

Il est intéressant de noter que les produits qui obtiennent les meilleurs résultats en ce qui concerne les substances indésirables sont également bien notés pour leurs qualités cosmétiques, c'est-à-dire l'onctuosité, la facilité de rinçage etc.. Ceux qui désirent en savoir plus à ce sujet trouveront le test complet dans le numéro de mai de « J’achète mieux », la revue de la Fédération Romande des Consommateurs.




En principe, pour qu'ils méritent le terme de « cosmétique », les composants du produit ne devraient pas passer la barrière du derme, car sinon ils entreraient dans la catégorie des médicaments, ce qui signifie des études autrement plus conséquentes sur les effets potentiels. Or, des recherches ont montré que de nombreuses substances classées cosmétiques pénètrent pourtant dans l'organisme. Comme personne n'oblige les fabricants à en étudier les effets et à faire la preuve de leur innocuité, on ne sait souvent rien ou pas grand-chose des conséquences que cela peut avoir sur la santé et sur la reproduction. Il serait bon que les autorités, comme le réclament de nombreuses associations de consommateurs ou de patients, contraignent les fabricants à prouver qu'aucun des composants ne passe dans l'organisme avant de délivrer des autorisations de mise sur le marché.


Petit rapport explicatif sur les substances contenues dans les cosmétiques



TSR/ABE /3 mai 2005 Toute reproduction interdite




1: Les conservateurs




Ce sont des molécules chimiques quasi indispensables pour rendre sûre l'utilisation des produits en évitant tout développement bactérien. Ils sont indispensables dès lors que le produit contient de l’eau : toutes les crèmes et autres émulsions sont concernées, surtout celles conditionnées en pot où l’on trempe les doigts tous les matins ! Le consommateur devra être particulièrement vigilant s’il choisit un cosmétique sans conservateurs.




1.1 Phénoxyéthanol:




Le phénoxyéthanol est un éther de glycol de la série E groupe 2. En 2000 la Commision de sécurité des consommateurs avait réclamé la substitution complète des éthers de glycol de la série E . Des expérimentation animales ont montré une toxicité sur le système reproducteur et sur le développement de jeunes animaux (source NTP USA Novembre 1984).




1.2: Formaldéhyde




Le formaldéhyde est autorisé comme conservateur dans les cosmétiques à hauteur de 0.2 % maximum (sauf pour les dentifrices 0.1 % et pour les produits un aérosol où il est interdit). De nombreux produits cosmétiques contiennent du




formaldéhyde même s’il n’a pas été utilisé comme ingrédient : il peut être présent comme résidu car utilisé comme conservateur des autres ingrédients.




Le formaldéhyde est classé comme cancérogène pour l’homme et provoque des allergies chez certaines personnes.




1.3: Parabens




Ces substances provoquent des allergies de contact. Leurs effets cancérigènes ont été remis à l’ordre du jour suite à des publications récentes portant sur les déodorants: les auteurs ont identifié la présence de parabens dans des tissus mammaires cancéreux. Même si ces dernières études n’ont pas été faites dans de




conditions suffisamment rigoureuses, le doute demeure puisque le potentiel oestrogénique et reprotoxique des parabens est démontré. Cependant tous les parabens ne présentent pas le même potentiel toxique. L’utilisation du méthylparaben et de l’éthylparaben ne sera sans doute pas remise en cause au vu des travaux publiés. En revanche, il faut être plus prudent avec le propylparaben, pour lequel des effets toxiques ont été observés.




En ce qui concerne les autres parabens, -butylparaben et isobutylparaben notamment, des effets oestrogéniques ou reprotoxiques sont documentés par de nombreuses publications. Ces substances pourraient être interdites prochainement dans les cosmétiques par les autorités européennes.




Les parabens dans leur ensemble sont souvent utilisés en mélange : on en trouve rarement un seul.




1.4: Autres conservateurs et antioxydants




L'Iodopropyl butylcarbamate est un conservateur qui libère de l’ iode lors de son utilisation. Or l’ exposition de l’ organisme à de l’ iode libre augmente le risque potentiel de troubles de la thyroïde. Plusieurs états, tels la Norvège et l’Allemagne, proposent de retirer cette substance de la liste des ingrédients autorisés dans les cosmétiques. D’ autres, dont la France, proposent son interdiction dans les produits pour enfants. Même si cette substance n’ est pas encore interdite, au vu des risques potentiels on ne devrait pas en trouver dans une crème.




Le Methyldibromo glutaronitrile est également un conservateur bien connu des allergologues puisque le nombre de cas d’ allergies est en augmentation dans plusieurs pays d’Europe.




BHT est le sigle utilisé pour désigner le butylhydroxytoluène qui est un antioxydant. Des études de toxicité par voie orale montrent que le BHT est métabolisé. A des doses aiguës de 0.5 à 1 g/kg, apparaissent chez le rat mâle des dommages hépatiques et rénaux. Une exposition répétée à des doses comparables mais à court terme fait apparaître des effets toxiques hépatiques chez des rats, mâles et femelles.




En plus des effets sur le foie et les reins, le BHT appliqué sur la peau est associé




avec des effets toxiques dans les tissus pulmonaires..




Le Triclosan est un antibactérien à large spectre c'est-à-dire efficace sur un grand nombre de germes. Il est remis en cause par des chercheurs américains qui ont constaté la possibilité d’ émergence de germes résistants. La plupart des hôpitaux en Suède ont arrêté l’ utilisation de cette substance depuis plusieurs années.




2: Les 26 antialergènes




Le 7ème amendement de la directive européenne sur les cosmétiques impose - depuis le 11 mars 2005- l’ étiquetage de 26 allergènes contenus dans les parfums et cosmétiques (en Suisse cette obligation n’ est pas encore en vigueur : une consultation est en cours ).




Liste des 26 substances allergènes:




Alcool benzylique




Amylcinnamaldehyde




Alcool cinnamylique




Citral




Eugénol




Hydroxycitronellal




Isoeugenol




Amylcinnamic alcool




Salicylate de benzyle




Cinnamaldehyde




Coumarine




Geraniol




4 - (hydroxy - 4 methyl pentyl) cyclohexe - 3 enecarbaldehyde (Lyral)




Alcool 4 - methoxybenzylique (anisyl alcohol)




Cinnamate de benzyle




farnesol




2 - (4 - tert butylbenzyl) propionaldehyde [Lilial] (Butylphenyl




methylpropional)




Linalool




Benzoate de benzyle




Citronellol




Hexylcinnamaldehyde




D-limonene




Oct 2-ynoate de methyle




Isomethylionone




Evernia prunastri, extraits




Evernia furfuracea, extraits




3. Nitrosamines




La présence de TEA, triethanolamine, combinée avec celle d’ un libérateur de formaldéhyde, diazolidinyl urea ou imidazolidinyl urea, est susceptible de déclencher la formation de nitrosamines. Ces derniers peuvent passer la barrière de la peau et sont des cancérigènes reconnus. Si on peut à la rigueur admettre la




présence de ces substances dans les produits rincés comme les gels douche, leur présence dans les crèmes est plus sujet à polémique : la crème restant longtemps en contact de la peau, elle a tout loisir de pénétrer dans l’ organisme.




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