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ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

L'émission du 26 avril 2005

Notre société est poussée inexorablement vers l’obésité. C'est un paradoxe, mais dans la grande majorité des cas, la porte d'entrée vers le surpoids, c'est précisément l'envie de maigrir.



Les sensations alimentaires



ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

Tous les régimes alimentaires permettent de perdre du poids, plus ou moins rapidement selon leur degré de restriction, mais aucun ne marche à long terme. Les études épidémiologiques montrent qu'il y a 95% d'échec. Les régimes aggravent même la situation. Ils engendrent des troubles du comportement alimentaire. Ils sont souvent la porte d'entrée vers la prise de poids chez beaucoup d'individus qui, au départ, n'ont aucun problème, si ce n'est de rêver d'une autre silhouette, que celle que leur a donné la nature et leurs gènes.




Jean-Philippe Zermati, médecin du sport et spécialiste de la nutrition : « Aujourd'hui, de plus en plus de nutritionnistes pensent que les régimes sont responsables d'une partie de cette fameuse épidémie d'obésité. Compte tenu de ce constat, je dirais donc que, quasiment éthiquement, on ne peut plus prescrire des thérapies qui sont si nuisibles et qui ont autant d'effets secondaires. »




Pourtant, quand on interroge des filles âgées de 9 à 14 ans, une sur trois dit avoir déjà suivi un régime. Au-delà, 70% des hommes et des femmes reconnaissent surveiller leur poids. Cette préoccupation peut devenir tellement importante, qu'elle finit par envahir complètement la vie et en devenir le centre. Des phases de contrôle sont alors alternées avec des périodes de découragement. Tout cela fragilise terriblement, si bien qu'il suffit d'un détail de la vie quotidienne pour se jeter sur le frigo. Dans ce cas, le lien entre l'émotion et la prise alimentaire est évident. Mais, le plus souvent, le mécanisme est bien plus complexe.




Dr Jean-Philippe Zermati : « Quand une personne avec des problèmes de poids et un fort niveau d'insatisfaction corporelle, pense à son poids, elle génère des émotions: la honte, la colère, l'anxiété, la dépression. Toutes ces émotions peuvent conduire à des prises alimentaires et celles-ci augmentent naturellement le poids. La personne est donc conduite à penser encore plus à son poids : c’est un cercle vicieux. Il y a d'autres émotions qui sont générées par les aliments eux-mêmes. Si une personne est consciente que le chocolat fait grossir, elle en mangera en ayant peur de grossir. Elle va donc générer des émotions qui la poussent à manger plus encore. Donc, au lieu de manger un carré de chocolat, elle mangera une tablette de chocolat : c'est la restriction cognitive. Toutes ces émotions circulent ensemble pour créer un énorme problème de comportement alimentaire et de poids. »


ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

On peut même se demander si le comportement alimentaire le plus fréquemment observé aujourd'hui n'est pas un comportement anormal qui se manifeste par des pensées obsessionnelles autour de la nourriture et du poids. On réfléchit de manière anormalement fréquente à ce que l'on va manger. Les règles hyper-strictes qu'imposent les régimes finissent par faire craquer. Ce n'est pas de la faiblesse, mais une réaction normale de l'organisme à une situation anormale. Quand on surveille ce que l'on mange, on a peur d'avoir faim, ce qui est paradoxal dans une société d'abondance. On se met alors à surconsommer des produits, dont on pense qu'ils ne font pas grossir, avant de craquer. Mais il suffit de manger tous les jours un radis de plus que ce que notre organisme consomme, un radis de trop par rapport à nos besoins, pour finir par grossir.




Dr Jean-Philippe Zermati : « Ce que l’on a découvert, c’est que le fait de contrôler plus ou moins mentalement le comportement alimentaire n'empêchait pas de grossir, parce que c’est un contrôle approximatif, qui n'est pas aussi fiable que le contrôle par les sensations alimentaires. Si l’on est justement dans la spirale des régimes, il faut se mettre précisément à l'écoute de ses sensations alimentaires. Lorsque l’on est dans cette recherche, on s'expose à deux problèmes : d'une part, on peut s'apercevoir qu'on ne les ressent pas et, d’autre part, on n'arrive pas à en tenir compte. »









Il faut donc comprendre pour quelles raisons sa capacité naturelle à s'autoréguler a disparu. L'origine est très rarement physiologique, mais hormonale ou génétique. Le plus souvent, la restriction alimentaire est la cause majeure des problèmes de poids. En d'autre terme, le régime est le pire remède : il perturbe l'équilibre complexe de l'organisme. C'est une solution beaucoup trop simpliste et qui peut faire beaucoup de dégâts.


Victime des régimes



ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

Carole Tissot : « J'ai grandi avec une mère qui ne mangeait pas et qui vivait dans l’obsession permanente de rester mince. Je me souviens qu'elle disait que le respect de soi-même était d'être mince. »




Les victimes de régimes sont nombreuses. Dans le cas Carole Tissot, les troubles du comportement alimentaire ont été clairement induits par son entourage, avec la complicité du corps médical. Elle a fait un long chemin, un long travail pour comprendre et démonter les mécanismes qui l'ont conduite à prendre du poids. Elle a aussi découvert récemment, en regardant avec sa thérapeute les photos d'elle petite, qu'elle n'était pas du tout aussi grosse que dans son souvenir. Petite fille ronde, elle ne correspondait simplement pas à l'idéal de sa maman.




Carole Tissot : « Petite fille, je n'ai jamais eu de problèmes de poids. Je ne faisais pas partie des maigrichonnes, ni des grosses. A partir de 10-11 ans, ma mère, qui a eu beaucoup de problèmes de poids dans son enfance, a voulu agir en prévention et surveiller mon alimentation. »




Lorsque Carole a 12 ans, une endocrinologue à la mode la sous-alimente et la met au régime à 600 calories par jour, à un âge où le corps est en pleine croissance. Elle se souvient encore de cette souffrance.




Carole Tissot : « J'avais faim et je mangeais des cochonneries entre les repas avec mes copines. Une espèce de processus de culpabilité s'est mise en place. J’étais une petite fille malheureuse. »


ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

Comme la petite fille ne maigrissait pas, elle a été hospitalisée pendant les vacances de Pâques au régime strict, sous surveillance, pour l'empêcher de manger en cachette et afin de la faire maigrir. Le dossier médical de 1979 est consternant: Carole y découvre la complicité du corps médical, qui cautionne les peurs de sa mère, plutôt que de la protéger. Le diagnostic est ridicule, même pour les connaissances de l'époque: discrète obésité. Bref, elle n'est pas malade.




Carole Tissot: « Je suis sortie de l’hôpital très déçue : j'avais perdu 700 grammes et je voulais mettre des salopettes, mais ma mère ne voulait pas car j'étais trop grosse. »




En fait, elle pesait 64 kilos pour 1m 58 : c'est un léger surpoids, qui, de plus, était vraisemblablement dû aux régimes qu'on lui avait infligés. Elle a 15 ans quand on l'envoie dans une clinique où on l'oblige à jeûner.


Carole Tissot: « Je suis allée dans une clinique en Allemagne. Le programme était le suivant : une purge le matin, un verre d'eau et un bouillon de légumes à midi et une cuillère à soupe de miel à 16h. Je n’avais pas faim mais, psychologiquement, c'était horrible. A la fin de ces deux semaines, j'avais perdu quatre kilos. Quelques mois plus tard, j'avais repris le double, soit huit kilos. Depuis cette époque, je ne peux pas passer un jour sans penser à mon poids. »




Ensuite, sa vie n'est devenue que restreinte. Elle ne s'aime pas, se trouve trop grosse et teste toutes sortes de régimes : Weight Wachers, régimes miracles, poudres hyper-protéinées. Elle fait du sport, perd difficilement du poids et finit toujours par en reprendre encore plus.




Il a fallu ensuite à Carole sept ans de thérapie et un long travail pour comprendre ce qui s'est passé, accepter et pardonner. Depuis un an et demi, son poids est stable.




Carole Tissot: « Je ne veux pas maigrir et je suis fière aujourd'hui de ne plus faire de régimes. »




Le fait d'avoir une mère au régime est un facteur de risque d'obésité chez un enfant. Sans culpabiliser ces dernières, les études montrent clairement que la plupart des personnes qui ont des problèmes de poids avaient une mère qui avait peur de grossir et qui ne mangeait pas la même chose que le reste de la famille.


Le métabolisme de base



Le grand mystère des régimes est le fameux effet yoyo. Quand on perd 5 kilos en se privant, pourquoi en arrêtant de se priver ne revient-on pas simplement à son poids de départ? Pourquoi reprend-on systématiquement plus que ce que l'on a perdu? C'est à cause d'un mécanisme complexe d'adaptation de notre organisme à la famine, au stress métabolique, que génère toute forme de privation.




La calorimétrie indirecte sert à mesurer le métabolisme de base, c’est-à-dire le nombre de calories que notre corps brûle au repos. Si 1400 calories sont brûlées au repos, sans exercice, tout ce qui sera manger en plus de ces 1400 calories sera stocké sous forme de graisses.




Michel Golay, chiropraticien : « Nous mesurons d’énormes différences entre les individus. La norme se situe entre 1200 et 1500 calories pour une femme et entre 1500 et 1800 calories pour un homme. Il y a également des gens qui arrivent à des métabolismes de base de 2500 à 3000 calories. Les personnes qui ont fait beaucoup de régimes ont, en général, des métabolismes très bas, qui peuvent tomber jusqu'à l'ordre de 600 calories par jour. Nous avons donc des différences qui vont du simple au quintuple. »




Avec des régimes hypocaloriques, des jeûnes, l'organisme est affamé et va s'adapter. Il va mettre en place une stratégie de survie et brûler moins de carburant pour faire fonctionner les organes vitaux. Le malheur est que cela est irréversible : une fois abaissé, le métabolisme ne remonte pas. Pour l'instant, il n’existe ni médicament ni méthode pour changer cette situation.




L'évolution nous a dotés de gênes prévus pour résister aux famines. Nous nous sommes très mal adaptés à cette situation nouvelle d'abondance de nourriture, facilement accessible et bon marché, doublée d'une très grande sédentarité. Il y a un siècle encore, les gens marchaient en moyenne vingt kilomètres par jour. Nous mangeons moins de calories que nos ancêtres, mais c'est comme s’il y avait un seuil en dessous duquel l'organisme refuse de descendre, comme s’il choisissait entre prendre le risque de manquer de nutriments essentiels ou être en surpoids, préférant la deuxième solution.


Test : les diététiciennes



ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

Certains scientifiques se demandent s’il ne faut pas s'habituer à l'idée d'une humanité en surpoids. Tout cela pour dire que la vision simpliste qu’il suffit de manger moins pour maigrir est totalement dépassée depuis au moins vingt ans. En conséquence, plus aucun professionnel ne devrait conseiller de régime, et pourtant... Nous avons fait un petit sondage et nous sommes, chaque fois, repartis avec un régime.




Notre enquêtrice s'est rendue chez deux diététiciennes et un institut d'amincissement, histoire de voir ce qui est proposé à une femme de 40 ans qui a pris trois ou quatre kilos depuis qu'elle a changé de travail parce qu'elle grignotte au bureau le matin. Bien qu'elle ait un indice de masse corporel dans la norme avec ses 65 kilos, elle a déclaré qu'elle voulait perdre cinq kilos. Elle est repartie avec des conseils différents. Nous avons soumis les résultats, en les rendant anonymes, à une diététicienne diplômée, Maaike Kruseman, collaboratrice scientifique au département de médecine communautaire des hôpitaux universitaires de Genève.




Diététicienne 1 : « L’idée, c’est que je vous propose une alimentation bien équilibrée. Je vais calculer vos besoins et retranscrire en portions d’aliments, portions très usuelles. Je travaille avec un système d’équivalence, vous pouvez choisir ce que vous avez envie de faire. »




Cette première consultation est classique, très complète, trop peut-être pour quelqu'un qui vient pour un problème très précis de grignotage.




Maaike Kruseman diététicienne dipl. médecine communautaire, HCUGE: « Cette diététicienne arrive très vite avec beaucoup de conseils, de brochures... Cela donne l'impression que l'alimentation équilibrée est quelque chose de compliqué. Je ne sais pas si la personne sait ce qu’elle doit faire avec toutes ces informations. »




Diététicienne 2 : « Cela amène à la micronutrition : plein de substances dans l’alimentation, micro-éléments, micro-particules, qui ont un rôle sur notre état de santé général et nos hormones du cerveau. »









Maaike Kruseman: « Nous sommes clairement face à quelqu'un qui veut vendre une méthode et des produits. Il n’y a pas d'efficacité scientifique prouvée de la micronutrition. »




En plus, notre enquêtrice est repartie avec un régime hyperprotéiné, inadapté à son cas.


Mais le pire, c'est dans un institut d'amaigrissement que nous l'avons trouvé. La personne présente a essayé d’impressionner notre enquêtrice au moyen d'inepties, en confondant joyeusement hypothalmus, thyroïde et théories physiologiques fumeuses. Le tout soigneusement truffé de termes comme fibrose de cellulite morte, adypocites chargés d'eau négative, etc...




Institut d’amaigrissement : « Pour travailler les graisses anciennes et nouvelles, il faut cinq séances minéraux (MCT) pour décoaguler ces anciennes graisses ; cinq séances choc thermique (FRT), froid, pour faire chuter la température du corps de 2-3°, afin de perdre vite en volume. »




Maaike Kruseman: « Nous voici dans l'antre du magicien. Ce sont des mensonges. Ces théories soit disant scientifiques sont ridicules. D'un point de vue santé publique, c’est à proscrire ! Cela peu faire des dégâts considérables sur la santé des gens. »




Sans compter les dégâts au niveau du porte-monnaie, malgré une super-offre généreuse et unique, juste pour notre enquêtrice: le traitement lui est revenu à 3000 francs au lieu de 7'075 francs, comme offre spéciale!




Pour compliquer les choses, le terme diététicienne n'est pas protégé. Seul le titre de diététicienne diplômée garantit la formation. Il faut toujours du temps pour qu'une pratique évolue et que les nouvelles connaissances remplacent les vieilles théories. On sait pourtant aujourd'hui que, pour soulager les désordres alimentaires, il faut au minimum une prise en charge au long cours, si possible multidisciplinaire: médicale, diététique et psychologique.


Dans la presse féminine



ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

Seules les personnes clairement obèses sont soignées et remboursées. Avant cela, il est très difficile de trouver de l'aide. On noie alors son angoisse dans les magazines, à la quête d'une information.




Il y a quelques chose qui nous pousse irrépressiblement vers ces magazines, comme si le simple fait de dépenser quelques francs pour les acheter faisait déjà perdre du poids. Il est donc impossible d'échapper à ces régimes accusés de participer à l'épidémie d'obésité.




Marie-France, page 108 : régime du Dr Cohen




Maaike Kruseman: « Le Dr Cohen recycle le bon vieux régime hypocalorique, alors que l'on sait que cela entraîne une reprise de poids à terme. Ce n’est donc pas une démarche très déontologique. »









Savoir Maigrir, page 25 : Chrono nutrition




Maaike Kruseman: « La chrono nutrition est une méthode qui n'a absolument pas fait ses preuves sur le plan scientifique. C'est un régime hypocalorique très restrictif. Encore une fois, des personnes sont mises en situation d'échec dès le départ. »




Weight Watchers Magazine, page 16-17




Maaike Kruseman: « Le régime WW est très équilibré, mais cela met un cadre extrêmement rigide : il faut compter des points. Cela contredit les signaux personnels et cela ne convient pas à tout le monde. Je reproche au magazine sa mise en scène des personnes qui ont perdu du poids, qui donne l'impression que leur vie a changé. »


Le poids de forme



ABE spécial régimes : stop ! Arrêtez tout, c'est dangereux !

Magali Volery a une double formation de psychologue et de diététicienne. Sa spécialité est la prise en charge des troubles du comportement alimentaire. Dans la nomenclature médicale ou psychiatrique, on considère surtout l'anorexie et la boulimie, mais la majorité des troubles se situent entre les deux : les compulsions, le grignotage, le fait de se lever la nuit pour manger, de finir les assiettes même quand on n'a plus faim, être incapable de laisser des restes ou de les jeter.




Objectif numéro un: ne plus chercher à perdre du poids, cesser de penser balance, calories, interdits, pas gras, équilibré. Bref, sortir de ce qu'on appelle la restriction cognitive qui est le contrôle mental de son alimentation et qui finit par faire grossir.




Céline Emonet : « J'ai eu envie de faire un régime : j'ai revu des anciennes photos où je me trouvais bien à cette époque-là. J'ai fait attention, cela a marché quelques jours : j'étais contente. Puis, j'ai eu l'effet inverse : j'ai eu crise sur crise. Je me suis rendue compte que je mangeais quand je n'avais pas forcément faim, c'était surtout des habitudes à certaines heures, surtout l'après-midi. »




Magali Volery : « Vous faites face à la peur d'avoir faim. Il est vrai que, quand on a trop faim, cela peut générer des crises. Pour essayer de s'accommoder de la faim, il faut essayer de supprimer le petit déjeuner pendant quatre jours et prendre une collation avec vous. Vous ne la mangez que quand vous sentez la faim arriver. »


Petit à petit, à force d'exercices, de travail sur soi-même ou en groupe, Céline Emonet règlera ses comptes avec son histoire personnelle et sa manière de manger. Reste une question: a-t-on pu démontrer que ce type de thérapie donne de meilleurs résultats qu'un régime?




Magali Volery : « Nous obtenons de meilleurs résultats au niveau de l'estime de soi et de la qualité de vie. Au niveau de la perte de poids, nous n’obtenons pas d'excellents résultats. Il faut pourtant savoir qu’à ce niveau, il y a 95 % d'échec chez tout le monde. Aujourd'hui, il n'y a pas de solution à l'obésité qui fonctionne. »




Tout l'enjeu est de ne pas dépasser son poids de forme, qui a été prévu par nos gènes. Nous naissons avec un taux de masse grasse donnée. Dans une situation à l'abri de la faim ou de la surabondance, notre organisme maintiendra tout seul cet équilibre. Dans l'organisme tout est régulé: la calcémie, le ph, la glycémie, les hormones et le tissu adipeux. Le fonctionnement de l'organisme va maintenir la stabilité de tous ces paramètres, malgré des variations de l'environnement, exactement comme pour la température corporelle. Il régule le nombre de calories et les nutriments dont il a besoin, de manière bien plus fine et bien plus efficace que nous ne sommes capables de le faire mentalement. Cet équilibre, l'homéostasie, est aussi appelé set-point par les spécialistes. En résumé, le set point est notre poids de forme, notre poids génétique que l'organisme équilibre sans cesse naturellement, lorsque rien ne vient parasiter notre manière de manger.


Jean-Philippe Zermati: « Les régimes ne tiennent pas compte du set point. On fait maigrir les gens de manière totalement arbitraire, en fonction du désir de la personne. Cela est arbitraire : le set point n’est pas situé. Si le régime vous amène au-dessous du set point, il n'y a pratiquement aucune chance pour que vous puissiez y rester, sauf en souffrant. Si le régime vous amène à votre set point, les choses sont complètement différentes : l'effort n'est pas le même. Dans un cas, cela va vous coûter une vigilance à chaque repas, chaque jour, dans l'autre, cela ne vous coûte rien : vous mangez tout simplement dans l'insouciance complète en fonction de votre faim. Tout le monde ne pourra donc pas maigrir, précisément du fait de l'existence de cette régulation et de ce set-point.»




La conclusion est un peu désespérante, mais un remède à l'épidémie d'obésité n’est pas prêt d’être trouvé. De plus, la prévention n'est sans doute pas la meilleure solution, en particulier chez les jeunes. Les messages sont trop généraux et contre-productifs, comme pour la cigarette. Le fait de parler de pyramide alimentaire, d'équilibre, de calories aux enfants fait l'effet inverse: ils se mettent à se préoccuper du contenu de leur assiette de manière trop importante, alors qu'ils devraient rester dans l'insouciance alimentaire. Il vaut donc mieux qu'ils grandissent dans un environnement où leur est proposé une nourriture simplement variée. Il faut également qu'ils aient bien plus d'occasions de bouger et de se dépenser.


Les sensations alimentaires

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Victime des régimes

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Test : les diététiciennes

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Neurophysiologie et neuropsychologie

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