Comment acheter sa voiture sans entrer dans la spirale de l'endettement ?

Achat de voiture: dette qui roule...

Comment acheter sa voiture sans entrer dans la spirale de l'endettement? ABE a examiné et comparé les différentes solutions: leasing, petit crédit et vente par acomptes. Et pour ceux qui veulent faire l'économie d'un achat, on vous dit tout sur l'auto partage (ou car sharing en anglais).



Comme chaque année, le Salon de l'Auto va ouvrir ses portes à Genève et les exposants vont rivaliser d'arguments pour convaincre le chaland que son rêve le plus fou est au bout du contrat de vente.




Ce ne sera pas facile, parce qu'en période d’incertitude économique, le consommateur réfléchit évidement à deux fois avant d’acheter un carrosse flambant neuf.




ABE s’est donc justement intéressé aux moyens dont il dispose pour acquérir le dernier modèle de sa marque préférée.




Seul environ 25% des Suisses qui achètent une voiture l’ont payée comptant.




Comment font les 75% qui n’ont pas les moyens ? Vente par acomptes, emprunt ou leasing ?




Le contrat de vente par acomptes




Comme son nom l’indique, dans ce genre de contrat l’acheteur verse d’abord un acompte. La loi fixe ce montant au minimum à 30% de la valeur de l’objet, ce qui, dans le cas d’une voiture, représente déjà une belle somme d’argent. Le solde doit être versé au maximum en 30 mois et si l'engagement dépasse 1000 francs, le consentement écrit du conjoint est obligatoire.




Dans notre enquête, on a constaté, que les garages proposaient rarement ce type d’arrangement. C’est normal, pour le vendeur, ce contrat est juridiquement beaucoup plus contraignant que le leasing. Donc, en général, si on n'a pas les moyens de payer une voiture cash, ce qui est toujours la solution la moins chère, le choix se limite soit à emprunter la somme nécessaire, soit, de plus en plus souvent, à contracter un leasing.


Le contrat de leasing



Pour le leasing, on sait assez précisément ce que ça représente. C’est entre 30 et 35% de tous les achats actuels de voitures, même si dans sa définition, le leasing est une forme de location !




A en juger par les annonces, le leasing serait le meilleur moyen de mettre les rêves automobiles les plus fous à la portée de presque n’importe quelle bourse. Et, plus




on s’approche du salon de l’auto, plus les offres paraissent miraculeuses. Mais les




prix affichés rendent-ils bien compte de la réalité ?




Pas exactement. Tout d’abord, il faut savoir que le contrat de leasing, en tant que tel, ne figure pas dans la loi. Avec ce genre de contrat, on est à mi-chemin entre l’achat à crédit et la location d’une voiture. Ce flou juridique profite évidemment à la société de leasing, et, quand on signe ce genre de contrat, en général, on n'en mesure pas toute la portée. Tout d’abord, il faut comprendre qu’en prenant un leasing, on ne devient pas pour autant propriétaire du véhicule. La seule chose qu’on obtient, c’est le droit d’utiliser la voiture pendant la durée du contrat, moyennant le payement d’un montant fixe chaque mois.




Cette mensualité doit donc être comprise comme un loyer. La manière dont elle est calculée ne figure jamais dans le contrat. Et quand le vendeur mentionne un taux d'intérêt, cela ne signifie pas grand chose, seul compte ce que l'on paye chaque mois.




A l'échéance du contrat, on doit rendre la voiture. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'on peut en devenir propriétaire, mais à condition bien sûr de payer un montant supplémentaire. C'est ce qu'on appelle la valeur résiduelle. Cette somme est fixée oralement avec le garagiste, au moment de la signature, mais elle ne figure jamais dans le contrat, sinon il ne s'agirait pas d'un leasing mais d'une vente. En d'autres termes, l'achat d'une voiture par le biais du leasing repose aussi sur la confiance que vous êtes prêts à accorder à votre garagiste.




En principe, moins vous payez chaque mois, plus cette valeur de rachat sera élevée.




Ensuite, il s’agit de lire attentivement les conditions générales, celles qui justement sont imprimées en petits caractères.




Dans la facture globale, il faut ajouter le dépôt d’une caution, sur laquelle, la plupart du temps, n’est versé aucun intérêt. Ensuite vous devez compter le prix d’une casco complète. C’est obligatoire.




Enfin, il ne faut pas oublier que tous les frais liés à l’emploi quotidien de la voiture sont à votre charge. On loue un véhicule, mais on paye exactement comme si on en était le propriétaire.




Finalement, il faut savoir qu’un leasing fixe un nombre de kilomètres maximum par année. S’il roule plus, le preneur devra payer pour chaque kilomètre supplémentaire. Dans notre enquête, ce coût varie entre 7 et 44 centimes en fonction du modèle de voiture. Cela signifie qu'au moment de conclure un leasing, une erreur d'estimation sur le kilométrage peut s'avérer très coûteuse à l'échéance du contrat.




Pourtant cette forme d'arrangement a le vent en poupe. Il faut savoir que dans le parc automobile suisse, la part des voitures en leasing est en constante augmentation. Les garages adorent cette formule, c’est ce qui leur permet de continuer à vendre des voitures dans un marché qui est franchement morose depuis 1990.




Mais est-ce que ça profite aussi aux consommateurs ? Là, vous vous en doutez, la réponse est beaucoup plus nuancée.




Dans un leasing, vous avez toujours affaire à deux partenaires, un garagiste auprès duquel vous choisissez une voiture, et la société de leasing qui, elle, achète cette voiture au garagiste et vous la loue jusqu’à la fin du contrat. Au moment de la signature du leasing, le garage s'engage, vis-à-vis de la société à racheter le véhicule à la fin du contrat pour une somme inférieure à sa valeur Argus. Ce montant n'est évidemment pas communiqué au preneur.




On a donc demandé des offres détaillées, non pas aux garages, mais aux 10 sociétés de leasing qui, ensemble, représentent plus de 90% du marché. Ces sociétés sont: Amag, General Motor, Fiat Finance, Renault Crédit, Volvo, Multilease, GE Capital (Aufina), Procrédit, Interleasing et Lisca.




Comme les prix changent constamment en fonction des marques et des modèles, il nous a paru illusoire de vouloir établir un palmarès des sociétés de leasing. Ceci d'autant plus qu'en général on choisi d'abord un garage et une voiture, le nom de la société de leasing est ensuite imposé par ce choix. Donc, on a cherché à dégager les chiffres les plus importants.




D'après les données calculées par l'Argus Eurotax, en quatre ans, une voiture perd environ 60% de sa valeur marchande.




Dans notre enquête, pour une voiture de 20'000 francs, on verse en moyenne 15’600 francs en quatre ans, alors que la dévaluation réelle n’est que de 12'000 francs.




Par rapport à la valeur réelle de la voiture au moment où on la rend, le leasing signifie donc un surcoût de 3'600 francs.




Pour une voiture d'environ 30'000 francs, on verse en moyenne 24’000 francs. Le surcoût est de 6000 francs.




Enfin pour un véhicule d'environ 40'000 francs, on verse en moyenne 31’600 francs, le surcoût est donc de 7'600 francs.




Un chiffre pour résumer tout ça, en 48 mois de leasing, on paye en moyenne 80% de la valeur à neuf du véhicule, quelle que soit sa catégorie.




Cette forme de payement permet d’acquérir une voiture neuve tout les quatre ans, même si ça coûte 20% de plus que si on l'avait payée comptant et revendue à sa valeur Eurotax au bout de quatre ans.




Mais, au moment de rendre la voiture, l'addition peut se révéler beaucoup plus salée. En effet, le garagiste est en droit de facturer au preneur tout ce qui à ses yeux dépasse l'usure normale du véhicule. Souvent, cet examen peut engloutir le montant de la caution.




Pour résumer, on peut considérer qu'à condition d'être très soigneux avec sa voiture, le leasing peut être un choix de consommation. Louer un objet pour en avoir l'usage immédiat plutôt que le posséder, c’est d’ailleurs le sens premier du leasing. Simplement, dans le cas des voitures, la perte de valeur à l’argus est tellement rapide que les sociétés de leasing estiment pouvoir réclamer en 4 ans de loyer presque la totalité de la valeur à neuf de l’objet. Ca vaut quand même la peine d’y réfléchir avant de signer.




Mais, toute l’ambiguïté du leasing réside dans le fait que, pour la plupart des gens, cette forme de location est devenue un moyen de devenir propriétaire. Au terme du contrat, quand on rachète la voiture, ce qu’on a payé en plus de la valeur à neuf du véhicule, ça ressemble furieusement à l’intérêt qu’on aurait versé sur une dette. Comme avec un petit crédit d'où l'intérêt de faire une comparaison.


Petit crédit ou leasing ? ABE a comparé les deux solutions



Avec un petit crédit remboursable en 4 ans, le cumul des intérêts sur la dette implique qu'au bout du compte la voiture coûte entre 20 et 29% de plus que si elle avait été payée comptant.




Dans le cas d'un leasing de 48 mois, si à l'échéance du contrat on rachète la voiture, cela coûte entre 14 et 27% de plus que si on l'avait payée comptant.




Dans notre enquête, la moyenne de toutes les offres est de 20% pour le leasing, comme pour le crédit.




Les chiffres ci-dessus ne prennent pas en compte la somme dépensée pour une CASCO complète, obligatoire dans un contrat de leasing, alors qu'avec un petit crédit, on est libre de s’assurer comme on veut. Mais quand on a quelques dizaines de milliers de francs de dettes, mieux vaut être prudent. Sinon, le risque, c’est qu’en cas d’accident on se retrouve non seulement piéton pour quelques années, mais, en plus, obligé de finir de payer son emprunt.




Donc, les deux solutions sont proches, mais le petit crédit possède un avantage: les intérêts sur la dette sont déductibles de l’impôt sur le revenu.




Pour conclure, si on compare les deux solutions, les mensualités du leasing seront moins élevées, mais il faudra tenir compte de la somme à dépenser à la fin du contrat pour racheter la voiture.




Enfin, si on renonce en cours de route, le leasing, ça peut coûter très cher.




Il faut savoir qu'en moyenne, un contrat de leasing dure 48 mois. Or, généralement, quand on signe ce genre de contrat, on ne sait pas exactement quels peuvent être les imprévus - changement de domicile, perte d’emploi, etc.- et, si l'on doit mettre un terme de façon anticipée à un contrat de leasing, ceci n'est pas toujours simple.




Le garage réclame alors une indemnité pour résiliation anticipée du contrat. Cette clause figure dans tous les contrats de leasing. Si l’on rend la voiture avant l’échéance, la société recalcule à la hausse le montant des loyers déjà versés. Les barèmes figurent bien dans le contrat, encore faut-il pouvoir les déchiffrer. Par exemple, si l'on interrompt un leasing après trois mois, le montant à verser équivaut en moyenne à 19 % de la valeur à neuf du véhicule.




Ce que les personnes ignorent, c'est qu'en matière de rupture de contrat de leasing, il n'y a rien de clair dans la loi. C'est typiquement ce qu'on appelle un flou juridique. Et ce n'est pas parce qu'on a signé un contrat de leasing, que tout ce qui est inscrit dessus est légal.




Par exemple, si un litige avec une société de leasing se termine devant un juge, il devra d'abord déterminer si le contrat est assimilable à une vente par acomptes ou à une location. Cette distinction change beaucoup de choses, parce qu'en fonction de la réponse, ce ne sont pas les mêmes règles légales qui s'appliquent.




Dans une vente par acomptes, le consommateur paye 30% de la valeur du véhicule au moment de la signature du contrat, ensuite le solde doit être versé au maximum en 30 mois. Ce type de contrat est soumis à des règles très sévères qu'on ne retrouve pas dans le leasing. Si un juge estime que le leasing est en fait une vente par acomptes, le contrat est annulé automatiquement.




Si par contre le leasing est considéré comme une location, à ce moment-là, la location peut être interrompue moyennant un dédommagement pour usure de la voiture. C'est sur cet argument-là que les sociétés de leasing justifient le montant de leurs indemnités.




Si vous ne pouvez plus payer votre leasing, la première chose à faire, c'est de rendre la voiture, et ensuite, même si la société de leasing paraît très sûre de son bon droit, ça vaut la peine de négocier avant de verser la moindre indemnité. Dans ces cas-là, il peut être très utile de demander l'avis d'un conseiller juridique, ou, par exemple, de vous adresser à la Fédération romande des consommateurs.


Car-Sharing ou Auto-Partage



Pour éviter tous ces problèmes, il y a une alternative : le car sharing, l'auto partage en français. Et la plus grande société d'Europe est Suisse, elle s'appelle Mobility.




Le principe est d'utiliser une voiture à la demande et ne payer que son utilisation. Avantages : ils sont avant tout économiques. Pour un usage de moins de 9000 km par an




et pour de petits déplacements (moins de 200 km en une fois) cela revient beaucoup moins cher que de posséder une voiture. Autres avantages : choix du type de véhicule en fonction du besoin : petite voiture, voiture familiale, voiture utilitaire. Pas de souci d'entretien, de garage, d'assurances, etc. Facturation limpide avec prix tout compris : kilométrage, durée d'utilisation, essence, assurance casco complète, dépannage, frais d'entretien, etc. Avantage aussi écologique : participation à la défense de l'environnement (diminution de la pollution, désengorgement de la circulation automobile, utilisation des transports publics, etc.).




Réservation sur simple appel téléphonique, 24 h sur 24, dans toute la Suisse. Appel via service personnalisé ( 0848 824 812), via système de réservation automatique SRA (0848 824 813) et, dès ce printemps, via Internet. La réponse est immédiate.




Coût : on peut soit être membre sociétaire (cotisation unique de 1200 fr. dont 1000




sont rendus en cas de démission) avec un




prix d'utilisation avantageux, soit utilisateur simple (cotisation annuelle de 100 fr.). Exemple de tarif pour utilisateurs de la catégorie de voiture A (la meilleure marché) 0,50 fr. le km, + 2,50 fr. par heure d'utilisation.




Bonne route !